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A l'issue d'une quarantaine d'heures de débat, la loi « Création et Internet » a été votée jeudi soir, à main levée, par les seize députés présents dans l'hémicycle. Les députés de gauche et les Verts ont voté contre ce texte qualifié « d'usine à gaz répressive et régressive », par Christian Paul, député PS. Le groupe UMP a voté pour le projet défendu par la ministre de la culture, Christine Albanel, tandis que le Nouveau Centre (NC) s'est abstenu.

Riposte graduée et suspension, une première mondiale

Intervenant trois ans après la loi DADVSI, qui a montré qu'elle n'avait pas contribué à enrayer le téléchargement illégal, Création et Internet change le paradigme : le piratage, lorsqu'il n'est pas industriel, n'est plus l'apanage du juge, mais celui d'une nouvelle entité administrative indépendante, la Hadopi, ou Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits de l'internet.

Puisqu'il parait difficile de sanctionner un foyer pour un téléchargement qu'un tiers pourrait avoir commis, par l'intermédiaire d'un WiFi trop peu sécurisé par exemple, la loi prévoit que l'Hadopi prononce des sanctions relatives à la non sécurisation de la ligne Internet de l'abonné, après une phase d'avertissement en deux temps : courrier électronique, puis lettre recommandée. Les infractions au droit d'auteur relèvent donc toujours du pénal, ce qui pour l'opposition fait peser un évident risque de « double peine ».

Pour ce faire, il faudra donc un outil logiciel, vraisemblablement payant, dont on ne sait encore rien si ce n'est qu'une fois installé, il devra garantir qu'aucun usager de la connexion à Internet ne peut plus télécharger illégalement. Pas simple. Après deux avertissements, l'abonné verra sa ligne suspendue, pour une durée allant d'un mois à un an. Les alternatives proposées, amende ou suspension des débits, ont toutes été écartées. En revanche, il a été décidé que l'abonné ne paierait pas la part correspondant à l'accès à Internet de son abonnement triple play, ce qui suppose que les FAI dévoilent la ventilation tarifaire entre les différentes composantes de leurs offres.

Le modèle instauré par cette loi a été étudié par des pays comme l'Angleterre, la Nouvelle-Zélande ou l'Allemagne, qui tous l'ont rejeté du fait des nombreux problèmes qu'il soulève.

Du filtrage, et de ses conséquences

Les députés se sont par ailleurs prononcés jeudi soir en faveur de l'article 5 du projet de loi, qui prévoit que l'on puisse ordonner le filtrage de contenus portant atteinte au droit d'auteur. Un site référençant des contenus illégaux pourrait donc se voir interdit d'accès en France. Contrairement à la "riposte graduée", cette décision ne peut ici être prise que par un tribunal de grande instance.

La neutralité du Net menacée ? Les précédents sont assez peu nombreux, et ne portaient jusqu'ici que sur des cas liés à la pédophilie ou au nazisme (comme dans l'affaire Aaargh). On observera toutefois que l'article 5 va à l'encontre de la LCEN, selon laquelle les injonctions du juge ne doivent être adressées aux fournisseurs d'accès à Internet qu'à défaut, s'il n'a pas été possible d'agir auprès de l'hébergeur (principe de subsidiarité).

Valorisation de l'offre légale ?

Si tous ne parviennent à s'accorder sur les vertus éducatives du projet de loi Création et Internet, l'idée selon laquelle il convient de développer l'offre numérique légale fait l'unanimité. Pour ce faire, le texte prévoit que la Hadopi puisse décerner un label aux distributeurs respectueux des règles, et prendre les dispositions nécessaires à la mise en avant de ces derniers. L'Autorité n'ira sans doute pas jusqu'à demander aux moteurs de recherche de survaloriser ces offres dans leurs pages de résultat, mais le principe est tout de même posé. De quoi craindre, pour certains députés de l'opposition, la mise en place d'une culture officielle et approuvée qui, bien loin d'enrichir l'offre, contribuerait à l'appauvrir.

En revanche, l'Assemblée a voté jeudi soir un amendement visant à raccourcir à quatre mois, contre six à dix-huit actuellement le délai qui sépare la sortie d'un film de son lancement dans le commerce sous forme de DVD. Elle a également tranché la problématique liée aux services de reproduction numériques tels que Wizzgo, en rejetant un amendement qui aurait permis leur légalisation, sous réserve d'une rémunération au titre de la copie privée.

Quelques réactions peu amènes

Sans surprise, des organisations comme l'April ou la Quadrature du Net déplorent le vote de cette loi, qui fait adopter à la France une position diamétralement opposée à elle du parlement européen. "Cette loi est inadaptée, inacceptable, inapplicable, d'ores et déjà dépassée, et liberticide. Elle rejoindra donc prochainement la DADVSI dans les poubelles de l'histoire législative" estime ainsi Benoît Sibaud, président de l'April.

Loi votée : et maintenant ?

Largement décrié, le texte va maintenant être examiné par la Commission mixte paritaire (CMP), réunissant sept sénateurs et sept députés, qui devra décider comment harmoniser chacune des versions revues et corrigées du texte par les deux Chambres. Majoritairement composée de parlementaires UMP ayant déjà manifesté leur soutien au projet, la CMP ne bouleversera vraisemblablement pas la loi. Certaines dispositions votées par l'Assemblée pourraient toutefois en être évincées, afin de se rapprocher de l'esprit du texte voté par le Sénat. Il reviendra ensuite devant l'Assemblée nationale pour un ultime examen, avant d'être promulgué par le président de la République, à moins d'une saisine du conseil constitutionnel - que certains députés PS ont annoncé vouloir demander.
Décidément, le périple des Google Cars ne s'avère pas de tout repos. Alors qu'au mois de janvier l'une des voitures avait percuté une biche dans un sous-bois de l'état de New-York, cette fois c'est en Angleterre qu'un autre incident s'est produit.

Lorsque l'on aborde la problématique de la protection de la vie privée, cela a tendance à en énerver plus d'un. Dernière preuve en date : un groupe d'anglais a stoppé l'avancée d'une Google Car, l'une de ces voitures pourvues d'une caméra panoramique collectant des images pour Google Street View.

L'incident s'est déroulé à l'entrée de la ville de Broughton dans le comté de Buckinghamshire. L'un des intervenants, Paul Jacobs, explique la scène : "je me trouvais au premier étage quand j'ai aperçu la voiture surmontée d'une caméra avancer dans la rue. Directement, je me suis énervé, comment peut-on prendre une photo de ma maison sans mon consentement ? Je me suis précipité dehors pour arrêter le véhicule et expliquer au chauffeur qu'il n'était pas seulement en train de violer ma vie privée mais aussi de faciliter la tâche des criminels". Par la suite M. Jacobs a averti ses voisins lesquels ont prévenu la police puis former une chaîne pour arrêter l'avancée de la Google Car et la forcer à faire demi-tour.

De son côté Google explique que ses voitures n'empruntent que des voies publiques et en ce sens respecte la vie privée des gens. L'un des porte-paroles de la firme de Mountain View explique : "nous mettons à disposition un système permettant de formuler facilement une requête de retrait d'images. Dans la plupart des cas nous procédons à leur demande dans les heures suivantes".
Et de quatre ! Après Universal et Sony BMG, puis Warner Music, le portail d'écoute gratuite en streaming Deezer annonce jeudi la signature d'un accord avec la quatrième grande major du disque, EMI. En vertu de cet accord, Deezer devrait pouvoir accueillir 450.000 morceaux supplémentaires, qui porteront son catalogue à quelque 4,5 millions de titres.

« Cet accord Européen assoie la légitimité de notre modèle économique et nous permet désormais d'étoffer nos services notamment dans l'univers mobile », commente Jonathan Benassaya, PDG de Deezer.

La start-up, qui met depuis plus d'un an un point d'honneur à régulariser sa situation auprès des différentes maisons de disque et sociétés d'auteur, il conviendra maintenant de parvenir à suffisamment monétiser son audience pour assurer sa rentabilité tout en rémunérant ses partenaires.
Après une série de discussions à l'Assemblée nationale, l'article 2 du projet de loi Création et Internet a été adopté par les députés. Le principe de riposte graduée contre les utilisateurs soupçonnés d'avoir illégalement téléchargé des fichiers sur Internet sera donc applicable. Cette décision ne manquera pas de raviver la polémique sur la manière dont l'internaute sera jugé ainsi que les débats autour de la confidentialité des données du fournisseur d'accès.

Notons que malgré l'opinion défavorable du ministre de la culture Christine Albanel, les députés sont parvenus à faire adopter un amendement par lequel, l'internaute privé de sa connexion Internet ne devra pas payer la facture de son fournisseur d'accès sur cette période.

Rendez-vous demain pour de plus amples informations à ce sujet.
En Suède, la loi régulant les usages de l'Internet et dictant les mesures antipiratages est l'IPRED (Intellectual Property Rights Enforcement Directive). Entrée en vigueur au premier avril, cette mesure autorise les ayants-droits à obliger les fournisseurs d'accès à Internet à partager les détails du trafic des utilisateurs.

Selon ces statistiques, révélées par les agences gouvernementales, 8% de la population utiliserait un logiciel peer-to-peer. Par ailleurs, si l'on se réfère aux chiffres publiés par la firme suédoise Netnod, spécialisée dans la mesure du trafic Internet, ce dernier aurait baissé de 120Gbps à 80Gbps le jour de l'entrée en vigueur de la loi. Interrogé à ce sujet par la BBC, Christian Engstrom, vice-président du parti Pirate suédois explique : "aujourd'hui l'on observe une véritable réduction du trafic Internet. Mais si l'on regarde les autres pays, un phénomène similaire s'est produit puis le trafic a augmenté par la suite". M. Engstrom ajoute que cela pourrait s'expliquer par le fait que les gens : "nécessitent quelques semaines avant de comprendre comment changer leurs options de sécurité afin de procéder à des partages de fichiers de manière anonyme". Tout comme dans l'Hexagone, l'application de cette loi est sujette à de nombreux débats. D'un côté, Kjell Bohlund, président de l'Association des éditeurs Suédois, affirme : "avant le 1er avril, la seule chose que nous pouvions faire était de partager des informations sur le téléchargements illégaux avec la police, mais ils restaient peu enclins à suivre l'affaire". M. Bohlund ajoute : "maintenant nous avons la possibilité de forcer les FAI à révéler les informations sur une adresse IP particulière".

Pour sa part, Christian Engstrom estime que la loi affecte la balance des pouvoirs : "c'est à la police de traiter les affaires de partage illégaux de fichiers. C'est à eux de faire appliquer la loi. Désormais nous avons des sociétés privées qui se donnent le droit de poursuivre les citoyens. Ce n'est pas comme cela que fonctionnent les démocraties occidentales ".

Ce soir, l'Assemblée nationale devrait voter la loi Hadopi.
Alors que le G20, réuni à Londres depuis jeudi matin, devrait décider d'agir contre les paradis fiscaux, l'Assemblée nationale engagée dans l'analyse du projet de loi « Création et Internet » a, à sa façon, étudié le problème, en votant dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement visant à ne pas intégrer dans le champ d'action de l'Hadopi les artistes français qui ont choisi de s'installer à l'étranger pour payer moins d'impôts.

En ligne de mire, des artistes comme Johnny Hallyday, dont le départ en Suisse avait fait couler beaucoup d'encre. La formulation de l'amendement est toutefois telle qu'il ne devrait toutefois pas concerner grand monde. L'acte bien-pensant du jour ?

Puisque le projet de loi représente un coût budgétaire, estimé à 6,7 millions d'euros pour 2009, qui sera répercuté sur le contribuable français, il n'est pas normal que cet investissement profite à des artistes qui ont volontairement choisi de s'installer « dans des paradis fiscaux dans le but de soustraire tout ou partie de leurs ressources au fisc », expose Jean-Luc Warsmann, auteur de l'amendement concerné.

"Aucune sanction ne peut être prise sur le fondement du présent article pour des faits concernant une oeuvre ou un objet protégé dont tous les ayants droits résident dans un État étranger ou un territoire situé hors de France à régime fiscal privilégié (1)", indique le texte.

A première vue, un artiste comme Johnny Hallyday pourrait être englobé dans cette description. La formulation "tous les ayants droits" ne laisse toutefois aucune place au doute : pour que le chanteur soit concerné, il faudrait que sa maison de disques, ses producteurs et toute autre personne amenée à percevoir des droits soient également situés dans l'un de ces "paradis", ce qui n'est pas le cas de Warner France.(1) Définis par le code des impôts, les "paradis fiscaux" ainsi visés correspondent aux états où l'on est soumis à un impôt sur les revenus ou bénéfices inférieur de plus de la moitié à celui constaté en France.
Pour fêter le cinquième anniversaire de sa Livebox, Orange à décidé de lui proposer un nouveau design et des services associés censés permettre de l'utiliser plus aisément.

Au total, ce sont 8 millions de Livebox qui sont aujourd'hui disponibles en Europe, 2 millions de clients TV sur ADSL étant référencés par Orange. D'où le décodeur TV associé à la Livebox qui va également faire peau neuve.

La nouvelle Livebox est tout d'abord compatible avec de multiples réseaux, pouvant être utilisée à la fois par les clients ADSL de l'opérateur et par les clients fibre. Ensuite, elle se veut être respectueuse de l'environnement car elle est conçue grâce à un emballage optimisé et via des matériaux recyclables. Elle exploite également un bouton marche / arrêt et peut activer ou désactiver à la volée le WiFi pour économiser l'énergie. "La livebox consomme moins de 1 watt en veille" nous précise Jean-Philippe Vanot, le directeur exécutif en charge de l'innovation et du marketing de France Telecom.

En plus d'un design revu et corrigé, cette Livebox possède en façade un bouton d'appairage WiFi, une compatibilité native WiFi-n, 4 ports Ethernet et une compatibilité avec la norme de partage de fichiers mutlimédia UPnP (Universal Plug & Play) DLNA (Digital Living Network Alliance). Cette dernière fonction lui permet notamment de gérer les fichiers stockés dans le périphérique Home Library que commercialise Orange depuis quelques mois, et ce directement en accédant à ses données depuis la télévision.

La nouvelle Livebox sera proposée à la location au même prix que l'ancienne (3 euros par mois) d'abord à Paris et en région parisienne à partir du début du mois de mai et ensuite dans toute la France d'ici à la rentrée.

Dans le même temps, c'est donc également le décodeur TV d'Orange qui va être doté d'un nouveau design à partir de la fin 2009. Fourni gratuitement contre un dépôt de garantie de 49 euros, ce décodeur va adopter un design proche de celui de la nouvelle Livebox.

Côté technique, ce décodeur est compatible avec les bouquets TV du groupe par ADSL, TNT HD et prochainement (en 2010) par satellite. Il propose toujours un contrôle du direct, un disque dur de 160 Go, une compatibilité DLNA et deux ports USB (pour relier manettes de jeu, clés USB ou disque dur).

En plus d'une mise à jour d'ordre esthétique, ce décodeur va proposer de nouveaux services dont l'un permettant d'accéder à des widgets sur sa télévision. Orange est actuellement en train de recruter des partenaires de contenu pour proposer de nouveaux widgets à ses clients, le groupe prévoyant dores et déjà de lancer une offre de météo, d'information trafic ou encore d'actualités (horoscope, informations, sport).
Selon l'AFP, la Chine aurait renforcé son système de filtrage de l'Internet, notamment en ce qui concerne l'accès à des vidéos jugées inappropriées. Plus précisément, cette nouvelle loi dispose le filtrage des vidéos "incitant à la haine au sein des communautés ethniques" ou "dénigrant" la police nationale ou les forces de l'armée.

Cette mesure entre en vigueur deux semaines après la diffusion d'un clip montrant des soldats chinois prendre d'assaut un monastère tibétain. Très rapidement les serveurs du site YouTube furent innaccessibles pendant plusieurs heures et les autorités locales furent soupçonnées d'en avoir bloqué l'accès.

Depuis plusieurs années, la Chine tente de réguler l'Internet au sein de son pays. Les moteurs de recherche, par exemple, se sont accordés à pratiquer de l'auto-censure afin de ne pas retourner des résultats pouvant porter préjudice au gouvernement, tels que les sites des dissidents.

En ce qui concerne la diffusion de médias étrangers, la Chine n'accepterait qu'une vingtaine de films par an, seulement après avoir retiré tout élément jugé problématique.
On imagine le cabinet de Christine Albanel trop sage pour se livrer aux traditionnels "poissons" du 1er avril. Cette année, ses membres auront toutefois dû composer avec une variante légumière de cette vénérable tradition : l'artichaut d'avril. A l'initiative du collectif Internet mon amour, quelques dizaines d'artistes et d'internautes se sont en effet donnés rendez-vous mercredi, vers 12 heures, dans les jardins du Palais Royal... un artichaut à la main.

Pourquoi un artichaut ? Il fallait un objet aussi absurde que le projet de loi "Création et Internet", répondent les participants de cette flashmob, qui n'ont pas été autorisés à dépasser les grilles du ministère pour y déposer leurs gerbes d'artichaut. Ils ont toutefois été rejoints par quelques employés du ministère, bouteille de vinaigrette à la main. Comme quoi... si la rue de Valois défend des projets impopulaires et sans doute inefficaces, quelques traces d'humour subsistent !
Alors que l'Assemblée s'achemine doucement vers le vote de la loi « Création et Internet », les députés ont examiné mercredi les amendements relatifs à l'article 2 du texte, qui définit le principe de riposte graduée tel que l'a voulu le gouvernement. Plusieurs d'entre eux visaient à évincer du projet la très controversée suspension de l'abonnement à Internet, pour la remplacer par d'autres mesures répressives. L'amende et la réduction des débits alloués à la ligne Internet de l'abonné dont la ligne aurait été utilisée pour des téléchargements illégaux ont notamment été examinés. Sans succès.

Les votes ont donc permis d'entériner le modèle initial du dispositif de rispote graduée, qui prévoit une suspension de l'abonnement à Internet d'un an maximum, après réception de deux avertissements : courrier électronique, puis lettre recommandée. Les détracteurs du projet n'ont pourtant pas manqué de faire valoir les nombreux obstacles à la mise en place d'un tel dispositif.

L'argumentation a notamment porté sur la faisabilité technique de la coupure de l'abonnement qui, pour ne pas priver un foyer de ses principaux moyens de communication, doit pouvoir se faire sans porter préjudice aux services de téléphonie et de télévision sur IP. Pour le gouvernement, ici représenté par Christine Albanel, ministre de la Culture, et Franck Riester, rapporteur UMP du projet, celle-ci ne fait aucun doute, et ne pose pas de problème aux fournisseurs d'accès.

Jean Dionis du Séjour a de son côté fait remarquer que la fédération française des télécoms avait émis un avis défavorable sur le sujet, soulignant que les études de faisabilité ont été réalisées après que les fournisseurs d'accès eurent signé les accords de l'Elysée, et que la question des coûts, que certains estiment particulièrement élevés, n'avait pas été réglée.

Soutenue par J. Dionis du Séjour, ainsi que par les députés UMP Patrice Martin-Lalande et Alain Suguenot, l'amende lèverait ce problème, mais ne constitue pas pour autant une solution satisfaisante aux yeux des représentants du gouvernement. « Soit le montant de l'amende est très faible – onze, trente-huit euros – et ce sera un permis de charger illégalement. Soit le montant est élevé – 150, 200 ou 300 euros – et ce sera catastrophique pour celles et ceux qui seront sanctionnés. », a résumé Franck Riester, reprenant une position déjà défendue par Christine Albanel.

Autre point d'achoppement : la réduction des débits, introduite dans le texte par le Sénat, qui vise à offrir une sanction palliative, en attendant que les fournisseurs d'accès soient effectivement capables d'assurer la suspension de l'abonnement, notamment dans les zones non dégroupées. Cette mention autorisait « en fonction de l'état de l'art, la limitation des services ou de l'accès à ces services, à condition que soit garantie la protection des œuvres et objets auxquels est attaché un droit d'auteur ou un droit voisin ». Elle a finalement été supprimée, au motif qu'elle risquait d'entrainer des inégalités de traitement.

Pour l'instant, l'Hadopi disposera donc de deux moyens concrets d'action : la suspension, qui ira d'un mois (en cas de « transaction » avec l'internaute) à un an, ou l'obligation d'installer un logiciel de « sécurisation » de la ligne, notamment pour les zones où il ne serait pas possible de « découpler » l'accès à Internet de la téléphonie et de la TV.
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