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Suite au rejet surprise du texte, le 9 avril dernier, la seconde lecture du projet de loi Création et Internet se poursuit à l'Assemblée nationale depuis lundi après-midi, 16 heures. Après une première séance, jeudi dernier, consacrée aux questions générales, les députés s'attaquent cette semaine au fond du texte, avec l'examen puis le vote des articles du projet de loi, ainsi que des amendements qui les accompagnent.

Deux séances, les lundi 4 et mardi 5 mai, sont réservées à cette seconde lecture, à l'issue de laquelle devrait intervenir le vote solennel. Au vu des tensions que cristallise désormais le texte, il n'est toutefois pas exclu que les discussions se prolongent un ou deux jours supplémentaires. On pourra suivre en direct les débats sur le site de l'Assemblée nationale via un lecteur Flash, également accessible ci-dessous, ou importer au sein d'un logiciel comme VLC le flux MPEG-4 fourni.

Lundi après-midi, les débats ont un goût de déjà-vu pour qui a déjà suivi les premières passes d'armes à l'Assemblée, fin mars et début avril. Du côté des partisans du texte, soit la majorité des députés UMP présents dans l'hémicycle, on maintient que le texte est juste et qu'il parviendra à améliorer la situation financière des créateurs, aujourd'hui fortement pénalisés par le piratage. A l'inverse, les détracteurs du projet souligne que ce dernier laisse de côté les créateurs en n'ayant finalement pour unique objet que la défense des intérêts des maisons de disque.

De part et d'autre, on se renvoie les listes d'artistes constituées pour ou contre le texte, de la "liste des dix mille" constituée par la Sacem en soutien à la loi Hadopi, aux prises de position publiques adoptées par des artistes comme Cali. Dernier exemple en date, brandi par l'UMP Frédéric Lefebvre : une tribune, publiée lundi dans les colonnes du quotidien Le Monde, dans laquelle Pierre Arditi, Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Bernard Murat et Michel Piccoli, artistes qui se revendiquent "de gauche", invitent le PS à ne pas s'opposer au texte.

A 17h30 lundi, la totalité des amendements discutés visant à réformer tout ou partie des dispositions du texte, ou leur substituer d'autres mécanismes comme celui d'une licence globale a été rejetée.
De l'intérêt de séparer vie privée et contacts professionnels ? Une salariée de l'assurance Nationale Suisse a été remerciée par son employeur, au motif qu'elle avait mis à jour son profil Facebook lors d'un arrêt maladie.

Révélée par l'édition suisse allemande de 20 Minutes, l'histoire remonte à novembre 2008. Souffrant de migraines, la jeune femme demande un congés maladie, au motif qu'elle ne peut passer sa journée devant un écran, et doit rester dans l'obscurité pour soulager ses douleurs. Alitée, elle passe le temps, et décide de mettre à jour son profil Facebook depuis son téléphone portable.

Une semaine plus tard, elle est convoquée par sa direction, qui lui signifie son renvoi, en lui expliquant que si elle pouvait surfer sur Facebook, elle était sans doute en mesure d'accomplir son travail.

Plus fort que l'inspection du travail ? La jeune licenciée raconte que peu de temps avant cet incident, elle a accepté un contact non identifié sur Facebook et suppose que c'est par ce biais que son employeur a eu vent de ses mises à jour. Ce dernier nie toute tentative d'espionnage, et dit avoir été mis au courant par un collaborateur.
Fête du Travail, mais aussi journée traditionnellement dévolue aux revendications sociales, le 1er mai verra cette année un défilé anti-Hadopi. Organisé par différents groupes d'intérêt soucieux d'interpeller l'opinion publique à quelques jours de la reprise des débats relatifs à la loi Création et Internet à l'Assemblée nationale, le 4 mai, le cortège s'ébranlera à Paris, vendredi à 14 heures, à partir de l'angle de l'avenue Denfert-Rochereau et de l'avenue de l'Observatoire, sous l'égide de l'intersyndicale des journalistes, également concernée par le projet de loi de lutte contre le piratage.

« Au prétexte de protéger l'industrie culturelle contre le téléchargement illégal, le gouvernement autorise la mise en place de milices privées du net, la surveillance a priori des réseaux et la coupure de la connexion Internet. », explique dans un communiqué le FDN (French Data Network), rejoint par des associations comme Libre-Accès, Kassandre, Inlibroveritas ou Musique Libre.

« Cédant aux pressions d'une minorité d'éditeurs qui ont tourné le dos à leur engagement premier, la Commission des lois a introduit des amendements qui dépouillent les journalistes de la majorité des droits qu'ils ont aujourd'hui sur leurs oeuvres et ruinent l'espoir d'une sérénité retrouvée dans bien des rédactions. Le SNJ, première organisation de journalistes, dénonce vigoureusement ce revirement qui pourrait conduire le Pouvoir législatif à mettre à mal une démarche portée par une majorité de partenaires sociaux et la totalité de la profession, pour satisfaire les seuls appétits de quelques intérêts privés. », souligne de son côté le syndicat des journalistes dans un communiqué du 29 avril.

Une partie des députés les plus virulents envers le texte devraient se joindre au mouvement, parmi lesquels Partick Bloche, Jean-Pierre Brard, Nicolas Dupont-Aignan ou Alain Lipietz. Les manifestants défileront pour l'abandon du projet de loi, et demanderont que l'on favorise « l'émergence de modelés économiques alternatifs aux grands conglomérats assurant une juste rémunération des artistes ».
Après que le premier ministre François Fillon a annoncé les conditions d'attribution de la quatrième licence 3G dans l'Hexagone, Eric Besson, alors secrétaire d'État à l'économie numérique, précisait qu'un appel d'offres devrait être effectué à la fin du mois de février.

Pourtant, cet appel d'offres n'a toujours pas été lancé et le gouvernement s'est récemment expliqué au sujet de ce retard. En effet, selon un communiqué de l'AFP, Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'industrie et de la Consommation, a expliqué sur Radio Classique : "nous avons décidé, pour être absolument inattaquables sur ce point, de demander une étude complémentaire sur le montant de la licence".

Dans les années 2000, chacun des trois opérateurs Orange, SFR et Bouygues Telecom avait dû s'acquitter de 619 millions d'euros pour obtenir une licence d'utilisation d'un lot de fréquence à 15 MHz. Puisque les fréquences ont été divisées en trois lots, en février dernier, le gouvernement avait décidé de vendre chacun d'entre eux pour 206 millions d'euros.

Orange, SFR et Bouygues Telecom, qui ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée d'un quatrième opérateur sur le marché de la 3G, avaient déclaré à plusieurs reprises qu'ils pourraient très bien saisir la justice s'ils estimaient les conditions financières de ces nouveaux lots anti-concurrentiels.

Monsieur Chatel précise : "nous avons demandé à la commission chargée d'évaluer les actifs de l'État de vérifier que ce montant correspond clairement à l'évaluation de la quatrième licence". Cette étude devrait se dérouler sur plusieurs semaines et l'appel d'offres serait finalement lancé dans le courant de cet été.
Jason Milmont, âgé d'une vingtaine d'années, vient d'être condamné à cinq ans d'emprisonnement avec sursis pour avoir créé l'un des malware les plus sophistiqués selon les experts.

En effet, l'année dernière, le jeune homme de Cheyenne, dans l'état du Wyoming, avait plaidé coupable pour la création du ver Nugache, qui aurait infecté entre 5000 et 15 000 machines en 2007. Ces ordinateurs, devenus zombis, composaient un botnet utilisé pour recueillir des informations bancaires, tels que les numéros de cartes de crédit rentrés sur Internet. En plus de cette peine, il devra payer une amende de 36 859 dollars à hauteur de 250 dollars tous les mois.

Selon John Powell, porte-parole du procureur, le juge Williams Downes - en charge de cette affaire - affirmait que "le jeune était très talentueux et espérait qu'il le mettrait à profit pour la bonne cause".

Dave Dittrich, un chercheur de l'Université de Washington, affirme que Jason Milmont aurait crée une nouvelle technique de gestion de botnets en utilisant un réseau peer-to-peer. "Il s'agit d'une manière très différente de contrôler plusieurs ordinateurs tout en se dissimulant davantage", explique l'expert à ComputerWorld. D'ailleurs le ver Conficker, qui défraie la chronique depuis quelques temps, utiliserait une méthode similaire. "D'un certain côté, Nugache faisait un meilleur usage du peer-to-peer que Conficker", ajoute Dave Dittrich.
Selon une étude du cabinet Forrester Research, Internet Explorer 6 et 7 seraient toujours en tête du marché des navigateurs utilisés dans un cadre professionnel. Cependant, à l'image de l'utilisation par le grand public, le logiciel de Microsoft afficherait une baisse d'activité notamment au profit de solutions concurrentes telles que Mozilla Firefox et Google Chrome.

L'analyste Sheri McLeish explique que de plus en plus de sociétés s'orientent vers un modèle SaaS (Software as a Service) - avec par exemple des outils du type Google Documents. En conséquence, les DSI reconsidèrent le navigateur par défaut déployé sur les machines des employés.

L'étude de Forrester, effectuée au second semestre de l'année dernière, a pris en considération les usages de 51,913 employés. En décembre 2008, la part de marché d'Internet Explorer 6 était de 60,2% (contre 66,6% six mois plus tôt). Cette baisse s'explique en partie par une mise à jour vers Internet Explorer 7 qui enregistrait une part de 39% en décembre 2008 contre 33,4% en juillet de la même année. D'une manière générale, le navigateur de Microsoft a vu son taux d'utilisation baisser de 81,3% en juillet à 78% en décembre.

L'histoire est tout autre pour le logiciel Firefox dont le taux d'utilisation est passé de 16,9% à 18,2% sur cette même période. Introduit au mois de septembre dernier, Chrome a d'emblée recueilli 1,6% des utilisateurs puis 2% en décembre. Enfin, les navigateurs Safari et Opera ont affiché une part de marché régulière, respectivement de 1,4% et 0,2%.

Reste à savoir si cette tendance se confirmera, si Internet Explorer 8 rectifiera le tir pour Microsoft ou si Firefox 3.5 et Chrome 2.0 augmenteront leur part de marché respective.
Un compromis a finalement été trouvé mercredi entre le parlement européen et les représentants des différents états membres au sujet du fameux amendement 138, devenu 46, alors que les députés français entamaient leur nouvel examen de la loi Création et Internet. Si le texte initialement déposé par Guy Bono puis repris par Chaterine Trautmann risquait d'entrer en contradiction avec le principe de riposte graduée prévu par le gouvernement français, la version finalement retenue laisse une certaine latitude d'action à l'Hadopi. Les députés européens à l'origine du texte se disent toutefois satisfaits de ce compromis.

Dans sa version initiale, votée par le Parlement européen puis rejetée par le conseil de l'Union, l'amendement 138 prévoyait qu'aucune restriction à une liberté fondamentale ne puisse être prononcée sans l'accord d'une autorité judiciaire. Une composante préjudiciable au projet de loi Création et Internet, puisque ce dernier propose la mise en place d'une autorité administrative, l'Hadopi, capable de prononcer une suspension de l'abonnement à Internet alors qu'elle ne relève pas du pouvoir judiciaire.

Le compromis du 29 avril énonce maintenant qu'une suspension interférant avec la liberté d'utilisation des moyens de communication électronique ne peut être prononcée que par un « tribunal indépendant et impartial établi par la loi et agissant dans le respect du procès équitable en conformité avec l'article 6 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme ».

Pour Alain Lipietz, député Vert qui rapporte cette décision, ce choix est une avancée dans la mesure où il aurait suffi au gouvernement français de changer l'autorité administrative en autorité judiciaire pour se mettre en conformité avec cette disposition du paquet Télécoms. « Je rappelle qu'en France les commissaires de police par exemple sont "officiers de police judiciaire", ce qui a permis au gouvernement français de prétendre que l'amendement 138 n'empêchait pas l'adoption de la loi Hadopi : il suffisait de proclamer l'Hadopi "autorité judiciaire" ! », explique-t-il.

Guy Bono se félicite également de cette décision, qui a selon lui « l'avantage de constituer une base juridique contraignante qui permettra par la suite de lancer une procédure d'infraction contre le gouvernement français pour non respect du droit communautaire si le projet de loi Hadopi est adopté en l'état ».

Il faudra maintenant attendre que le Parlement européen s'empare du sujet en session plénière, la semaine prochaine, date à laquelle l'Assemblée nationale conclura ses discussions sur la loi Création et Internet.
Des informations courtes, localisées et destinées à son entourage : Microsoft souhaiterait-il combiner Twitter à Google Latitude ? La firme de Redmond vient de mettre en ligne la première version bêta publique d'un futur service à dimension sociale, Vine, destiné à tenir informé son entourage de ses dernières pérégrinations, notamment lors d'une situation de crise.

« La bêta de Vine vous connecte aux gens et aux lieux auquels vous tenez le plus, lorsque c'est nécessaire. Restez en contact avec votre famille ou vos amis, et soyez informés lorsque quelqu'un a besoin d'aide », explique Microsoft sur le site de Vine.

Accessible depuis un téléphone mobile, mais aussi depuis un ordinateur à l'aide d'un petit client logiciel, Vine affiche l'activité des personnes qui se situent dans votre entourage proche sur une carte, l'idée étant que le service doit pouvoir être utilisé pour envoyer des alertes, en cas d'accident grave. L'idée serait venue à Microsoft pendant la période de déroute qui a suivi l'ouragan Katrina, en Floride, lorsque des milliers de personnes se sont trouvées dans l'impossibilité d'entrer en contact avec leur famille.

Le système permettrait de définir quel type d'information souhaite recevoir l'utilisateur pour chacun des membres de son réseau (urgences uniquement par exemple), et saurait accueillir des alertes en provenance d'autres réseaux sociaux, tels que Facebook. Il permettrait en outre de piocher parmi d'autres sources d'information, comme les dépêches d'urgence émises par le gouvernement.

Microsoft va même jusqu'à proposer aux utilisateurs de la version bêta, pour l'instant limitée à la région de Seattle, des cartes à imprimer et découper, puis garder sur soi pour qu'en cas d'accident, les secours puissent prévenir les proches de la victime par l'intermédiaire de Vine. Reste à savoir quel écho trouvera le service, et si Microsoft saura sur le plan technique trouver les ficelles qui le rendront indispensables en cas de crise sérieuse, lorsque ni téléphone mobile, ni accès à Internet, ne fonctionnent.

Si l'idée semble digne d'intérêt, elle devrait toutefois ne pas être du goût du finlandais Nokia, qui propose depuis fin 2008 un service également baptisé Vine, permettant de partager ses contenus multimédias, en les associant à une carte numérique permettant de les suivre en ligne...
Après avoir implémenté la technologie d'Oddpost au sein de son service de webmail, Yahoo! a racheté la société open source Zimbra en septembre 2007. Si la suite d'outils collaboratifs de Zimbra est premièrement destinée aux serveurs d'entreprises, depuis deux ans, la firme de Sunnyvale travaille sur une version destinée au grand public : Yahoo! Zimbra Desktop.

Disponible gratuitement sous Windows, Mac et Linux, Zimbra Desktop se veut une alternative originale à Windows Mail, Eudora ou Thunderbird en intégrant directement au sein du logiciel une interface de programmation en Ajax capable de communiquer avec différents services web. Zimbra offre les traditionnels configurations POP ou IMAP des clients de messagerie classiques. Alors que l'IMAP était réservé aux utilisateurs de Yahoo! Mail Plus, depuis le mois de juillet 2008, les comptes basiques de Yahoo! peuvent également profiter de ce protocole. Par ailleurs Zimbra synchronisera automatiquement les contacts et les calendriers rattachés à votre compte Yahoo! et Gmail. L'application dispose également de fonctionnalités jusqu'alors réservées aux entreprises. En plus d'un gestionnaire de tâches, l'utilisateur pourra directement sauvegarder les pièces jointes d'un email au sein d'un porte-document pour une plus grande facilité d'accès. Enfin, notons également que l'interface du logiciel est personnalisable au travers de thèmes graphiques.La communication avec les services web est réalisée de plusieurs manières : la localisation d'une adresse avec Yahoo! Maps, la prévisualisation une page web en affichant une vignette, la sauvegarde automatique des images sur Flickr ou encore l'intégration du moteur de recherche de Yahoo! Interrogé par nos soins, un ingénieur de Zimbra nous explique qu'à l'avenir, pour les utilisateurs de comptes Yahoo! Mail, ces petites applications - les Zimlets - se synchroniseront aux services web embarqués au sein de Yahoo! Mail dans le cadre de l'Open Strategy.

Ce n'est pas la première fois que nous entendons parler de technologies web directement intégrée dans un logiciel et plus particulièrement un gestionnaire de courriers électroniques. En octobre dernier, au travers d'un entretien, David Ascher, à la tête de Mozilla Messaging, nous expliquait que Thunderbird se dirigeait également dans cette direction.

Yahoo! Zimbra Desktop 1.0 est disponible au téléchargement ici.
La fondation Internet Watch (IWF) vient de publier son rapport annuel pour 2008. L'année dernière l'on aurait enregistré une baisse de 10% des sites à caractère pédo-pornographique, en revanche, il apparaît que des images seraient toujours en distribution sur plusieurs plateformes commerciales.

En effet, la fondation note que 74% des domaines sous surveillance propose leurs images indécentes sur un marché noir mais surtout que 75% de ces domaines ont été achetés auprès de 10 bureaux d'enregistrement. "Cela souligne l'importance des efforts effectués au niveau international par les bureaux d'enregistrement", explique l'étude.

Depuis sa création en 1996, la fondation Internet Watch aurait traité 200 000 cas reportés par les internautes. Sur l'année 2008, 58% des sites incriminés contenaient des images d'enfants dans une situation choquante (torture, pénétration), contre 47% en 2007. 69% des victimes de la cyber pédo-pornographie semblent âgés de moins de 10 ans (contre 80% en 2007), 24% auraient 6 ans ou moins, 4% auraient 2 ans ou moins.

"Même si ces sites diminuent en nombre, ils restent un problème très sérieux", explique Peter Robbins, directeur de la fondation. Il ajoute : "nous avons travaillé en partenariat avec Hotlines et plusieurs autorités autour du monde pour encourager une action internationale et avoir un réel impact mais ces sites Internet opèrent d'une manière très sophistiquée, ce qui rend la tâche très complexe".

Vous pouvez retrouver le rapport dans son intégralité ici (PDF en anglais).
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