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Après avoir repris le second examen du projet de loi "Création et Internet" le 6 mai dernier, cet après-midi, l'Assemblée nationale procédera au vote solennel. Malgré les nombreux amendements de l'opposition, le texte actuel s'est véritablement durci par rapport à son adoption en première lecture le 2 avril dernier. Ainsi l'internaute condamné dont la connexion Internet serait suspendue devrait continuer à payer son fournisseur d'accès à Internet. Le texte oblige également l'internaute à sécuriser sa connexion au moyen de logiciels payants et non interopérables.

Rappelons qu'en parallèle de ce vote, dans le cadre des discussions relatives au Paquet Telecom, le parlement Européen s'est à nouveau prononcé en faveur de l'amendement 138, soumis par Guy Bono, qui compromet le principe de riposte graduée désiré par la France.

S'il venait à être voté à l'Assemblée, le texte de la loi "Création et Internet" devrait retourner au Sénat et être examiné par la Commission des affaires Culturelles. Dans le cas où les sénateurs décident d'ajouter un amendement, le texte devrait alors repasser par l'Assemblée.
C'est donc aujourd'hui que l'Assemblée nationale a procédé au vote solennel du projet de loi Création et Internet. Ce dernier, assoupli par l'Assemblée en première lecture, puis légèrement durci par l'harmonisation de la Commission mixte paritaire conformément aux attentes du Sénat, a effectivement été rejeté à la surprise générale le 9 avril dernier. Il prévoit pour rappel de suspendre l'accès à internet des internautes suspectés de piratage selon le principe de riposte graduée.

L'examen a repris le 6 mai sur la base du texte adopté par l'Assemblée le 2 avril, et le projet s'est de nouveau durci en seconde lecture au fil de nouveaux amendements qui ont été votés par les députés. L'idée du remplacement de la suspension de l'abonnement par une amende a bel et bien été rejetée, l'internaute privé de connexion à internet étant qui plus est tenu de payer son abonnement suspendu, ce qui soulève le problème de la double peine.

Reste enfin à déterminer si l'accès à internet est, au même titre que le droit à l'antenne par exemple, un droit fondamental. Le parlement européen s'est effectivement de nouveau prononcé en faveur de l'amendement 138, selon lequel une entrave aux libertés fondamentales ne peut être prononcée que par une autorité judiciaire, l'Hadopi du projet de loi Création et Internet n'étant qu'une autorité administrative.

Au terme d'une session d'explication des votes éclair, dont vous trouverez le compte-rendu ci-dessous, l'Assemblée a comme prévu adopté le projet de loi Création et Internet par 296 voix contre 233. Dans le cadre d'une séance comportant d'autres votes importants, 557 votants s'étaient réunis, pour 529 suffrages exprimés.

La loi n'a toutefois pas terminé son parcours tortueux et les premières coupures ne sont pas attendues avant 2010. Le texte doit effectivement être validé par la Commission des affaires Culturelles du Sénat, avant d'être de nouveau examiné demain par les sénateurs, qui pourront soit l'adopter en l'état, ce qui devrait vraisemblablement arriver, soit proposer de nouveaux amendements et le renvoyer le cas échéant à l'Assemblée, qui aurait alors le dernier mot.

Le conseil constitutionnel, que le parti socialiste devrait saisir, devra alors valider le texte, avant que le gouvernement ne publie les décrets d'application pour que la loi entre enfin en vigueur. Restera à mettre en place l'Hadopi et à adapter les infrastructures des fournisseurs d'accès, moyennant plusieurs millions d'euros d'investissements, pour que les premières coupures puissent intervenir.

L'amendement 138 quant à lui ne poserait aucun problème, d'après l'UMP Philippe Gosselin qui rappelle que "quand bien même l'accès à internet serait un droit fondamental, il devrait toujours se concilier avec d'autres droits fondamentaux", dont "le respect de la propriété fait partie". Il en va autrement pour le député européen Guy Bono, père de cet amendement, pour qui la loi Création et Internet est une "expérimentation douteuse qui s'oppose aux principes fondamentaux du droit européen" et qui rendra "bientôt la France hors-la-loi".Les explications de votes des différents groupes

La séance s'est ouverte à 16h20 dans un hémicycle bien plus rempli que les fois précédentes, avec les explications de votes des différents partis, chaque intervenant disposant de 5 minutes.

À gauche, Patrick Bloche a annoncé que le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) voterait contre cette loi "d'exception et d'intimidation", craignant que, "inefficace, dépassée et inapplicable", elle "ne soit jamais mise en oeuvre". Il a rapidement été rejoins par Martine Billard du groupe gauche démocrate et républicaine (GDR) qui craignait pour sa part qu'elle "ne rapporte pas un euro de plus aux artistes".

Le groupe du nouveau centre (NC), pour qui le "piratage fait peser une menace sur l'avenir même de la création", a quant à lui indiqué qu'il voterait majoritairement en faveur de cette loi. À droite, Philippe Gosselin a enfin indiqué que l'union pour un mouvement populaire (UMP) voterait majoritairement pour ce projet de loi, qui propose selon lui une "méthode pédagogique et préventive" contre le piratage.
Depuis quelques mois, le portail Internet Yahoo! suit une stratégie d'ouverture visant transformer ses produits phares en outils communautaires. Baptisée l'Open Strategy, cette initiative se base sur des interfaces de programmation ouvertes aux appiications tierces reliées par un protocole d'identification unique utilisant la technologie OAuth.

Après avoir dévoilé un profil social sur lequel l'internaute pourra regouper ses différentes activités communautaires en authentifiant une cinquantaine de services web, la firme de Sunnyvale a dévoilé une nouvelle page d'accueil en phase d'évaluation et sur laquelle il est possible de rajouter quelques applications. Puis la dimension communautaire continua à être déployée sur quelques uns de ses sites Internet, à l'image de Yahoo! Music. Depuis quelques temps, certains utilisateurs de Yahoo! Mail bénéficient également d'applications tierces éditées par Wordpress, Xoopit, Flickr ou encore Family Journal.

Aujourd'hui, l'équipe de Yahoo! Mail a rajouté la possibilité de publier un petit message directement depuis la page d'accueil du webmail afin de mettre à jour son profil d'activité. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits dans les efforts de Yahoo! sur l'Internet social et si la société, qui a connu des jours bien meilleurs, saura s'imposer face à Facebook et Twitter ?
Qu'il s'agisse de placer les onglets au-dessus de la barre de navigation, d'améliorer les performances du moteur JavaScript ou de mettre au point une page de démarrage basée sur l'historique de navigation, les navigateurs reprennent bien souvent quelques idées chez la concurrence afin d'augmenter leurs parts de marché.

En dévoilant son navigateur Chrome en septembre dernier, Google a introduit une nouveauté fondamentale à savoir : un processus unique par onglet permettant d'assurer une meilleure stabilité du logiciel dans le cas où l'utilisateur rencontrerait une erreur JavaScript lors du chargement d'une page web. C'est alors que la gestion des services web ressembla à celle des logiciels sur un système d'exploitation. Par la suite, cette technologie fut implémentée au sein d'Internet Explorer 8.

Au travers d'un projet mené par Benjamin Smedberg, Joe Drew, Jason Duell, Ben Turner et Boris Zbarsky, le navigateur Mozilla Firefox pourrait à son tour suivre cette voie. En effet, l'équipe devrait commencer à plancher sur le sujet dès la mi-juillet en implémentant cette fonctionnalité au sein d'un onglet de manière relativement brute, c'est-à-dire sans la prise en charge de connexion sécurisée. On estime qu'une version de Firefox embarquant cette technologie finalisée devrait être dévoilée dans le courant de l'année 2010.

Pour de plus amples informations, veuillez trouver la feuille de route ici (en anglais).
Alors que plusieurs constructeurs de netbooks envisagent de commercialiser leurs machines sous le système d'exploitation Android (sponsorisé par Google), il semblerait que la firme de Mountain View s'intéresse elle-même de plus en plus à ce marché. En effet, sur le site américain de Craiglist, la société californienne a publié une annonce invitant les utilisateurs de mini-portable à remplir une étude visant à déterminer l'ergonomie de leur machine.

Au coeur de ce projet, il semblerait que Google souhaitent développer certaines de ses applications de telle sorte qu'elle s'affichent correctement sur un écran dont la dimension est comprise entre 7 et 10 pouces, c'est-à-dire entre le smartphone et l'ordinateur portable traditionnel. Plusieurs sessions d'évaluation auront lieu entre les 11 et 16 mai prochains dans les locaux de Google en Californie ; les participants recevront une compensation de 75 dollars.

Cindy Yepez, du département publicité chez Google, explique : "cette étude permettra à l'équipe de Google de mieux comprendre vos besoins afin d'y répondre en améliorant nos produits ". Notons également que les participants souhaitant répondre à cette étude devront signer un accord de confidentialité.
Après une plainte déposée par l'éditeur norvégien Opera Software contre Microsoft pour abus de position dominante, la Commission Européenne demanda à la firme de Redmond de commercialiser son système d'exploitation en y incluant d'autres navigateurs qu'Internet Explorer. Cette décision fut largement applaudie par la Fondation Mozilla ainsi que Google qui estiment que la position anti-concurentielle d'Internet Explorer défavorise leur marché et est un frein majeur pour l'innovation.

Pour Microsoft l'enjeu est de taille : il s'agit non seulement de stabiliser la part de marché de son navigateur - déjà fragilisée - mais aussi celle de ses sites Internet (services Live.com et MSN). D'ailleurs, samedi dernier, le Financial Times rapportait que Microsoft était en train de retourner l'argument des plaignants directement contre eux. Ainsi la société aurait déclaré que l'intégration de logiciels compétitifs au sein de Windows poserait inévitablement une menace pour le marché de la recherche sur Internet. En effet, qu'il s'agisse de Chrome, Firefox ou Opera, chacun d'entre eux utilise le moteur de Google par défaut. Microsoft souligne également que Google pourrait signer une série de partenariats avec différents constructeurs OEM afin qu'ils préconfigurent leur moteur par défault. Enfin, la firme estime que si elle venait à être obligée d'intégrer des logiciels compétitifs tiers au sein de Windows, cela pourrait également poser un problème au niveau des droits d'utilisation de sa propre marque et donc être en violation de sa propriété intellectuelle.
Parmi les projets de la Fondation Mozilla, Prism - introduit il y a un an et demi - permet de transformer un site Internet en application web. Ce dernier s'affiche alors dans une fenêtre dédiée et peut être lancé à partir d'un raccourci spécifique. Ces SSB (ou Site Specific Browser) permettent notamment de tirer parti des applications web sur lesquelles l'internaute passe de plus en plus de temps (webmails, services communautaires...). L'idée de transformer un service web en logiciel fut ensuite reprise au sein du navigateur Safari.

Vendredi dernier, Mozilla a annoncé la disponibilité de Prism 1.0 en version bêta. Parmi les nouveautés introduites dans cette mouture, notons une nouvelle interface de programmation. Pour chaque application, il sera aussi possible de configurer la police et le proxy ainsi que d'effacer à la volée les données confidentielles. Prism 1.0 prend désormais en charge une icône dans la barre de notification (sous Windows et Mac OS X) ainsi qu'un menu dédié (également accessible depuis le dock sur Mac). Enfin Prism est également compatible avec les sites en connexion SSL.

La technologie de Prism est notamment intégrée au sein de Zimbra, un gestionnaire de courrier électronique open source développé par Yahoo! offrant un accès direct à différents services Internet. Pour de plus amples informations ou télécharger Prism 1.0 bêta, rendez-vous ici.
Depuis quelques semaines, le moteur de recherche Wolfram Alpha défraie la chronique et promet de retourner à l'internaute des résultats plus pertinents que ceux de Google. A l'origine de ce projet nous retrouvons le physicien britannique Stephen Wolfram, notamment connu pour ses travaux sur le logiciel Mathematica.

Wolfram Alpha se base sur les technologies standards de la sémantique comme le langage d'ontologie web (OWL), RDF ou le langage de requête Sparql recommandé par le consortium W3C. En structurant les données du web et en couplant ces dernières à plusieurs millions d'algorithmes le moteur est alors capable d'afficher une réponse précise à une question bien spécifique.

Sur leur blog officiel, l'équipe d'ingénieurs de Wolfram Alpha annonce que certains testeurs ont désormais accès au moteur de recherche, lequel devrait être disponible à partir du 18 mai prochain.
Bouygues serait sur le point de se joindre à la plainte conjointe déposée à Bruxelles par Free et SFR contre France Telecom pour abus de position dominante, rapporte aujourd'hui le Figaro sur son site internet. Les concurrents d'Orange lui reprochent "les tarifs pratiqués en matière d'abonnement et d'accès à la boucle locale, ce que l'on appelle aussi le dégroupage".

Les fournisseurs d'accès à internet alternatifs doivent effectivement louer les infrastructures techniques de l'opérateur historique pour se connecter à leurs clients. France Telecom facturerait ainsi à ses concurrents 9,29 euros hors taxe par mois une ligne en dégroupe total, alors qu'il ne lui en couterait que 6,77 euros.

Les plaignants réclament ainsi le séparation en deux de France Telecom, avec d'une part les activités de gestion du réseau, et d'autre part les activités commerciales. Orange serait ainsi sur un pied d'égalité avec ses concurrents et serait amené à louer les lignes à France Telecom avec des conditions équitables. À Bruxelles, la comissaire Viviane Reding serait favorable à cette "séparation fonctionnelle", alors que France Telecom y est totalement opposé.
Le nouveau vote, par le Parlement européen, de l'amendement dit "138", a donné mercredi à la ministre de la Culture une nouvelle occasion d'affirmer que selon elle, ce texte n'avait aucune raison d'influencer les débats français liés à la loi "Création et Internet", une position qu'elle revendiquait déjà fin 2008, lors des premiers émois causés au niveau européen par la question de la suspension de l'abonnement à Internet.

« Christine Albanel prend acte du vote intervenu ce matin au Parlement européen, amendement qui n'a aucun lien direct avec le projet de loi Création et Internet et qui a pour seul effet d'en retarder l'adoption définitive. », indique la rue de Valois dans un communiqué.

Initialement déposé par les députés Bono et Cohn-Bendit, l'amendement dont il est question prévoit pour mémoire qu'aucune atteinte aux « droits et libertés fondamentaux » des internautes ne puissent être prononcés sans le recours à une autorité judiciaire.

« Or, l'accès à Internet à son domicile ne s'est vu reconnaître le statut de " liberté fondamentale " à l'égal, par exemple, de la liberté de croyance, de la légalité des peines ou du droit de propriété, dans aucun pays du monde. », poursuit le ministère de la Culture, pour qui l'amendement 138 n'englobe donc pas le principe de riposte graduée soutenu par le gouvernement français.

Quelle qu'en soit finalement la portée, le vote de l'amendement 138 revêt tout de même, pour les opposants au projet de loi Hadopi, une forte valeur symbolique, dans la mesure où l'attention se concentre sur les problèmes que soulèvent la suspension de l'abonnement à Internet.
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