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Si la dernière mouture en date de Firefox, la 3.6, reste inchangée, la fondation Mozilla a mis en ligne mardi soir deux mises à jour destinées aux branches 3.0 et 3.5 de son navigateur vedette.

Ces correctifs de maintenance, estampillés 3.0.19 et 3.5.9, visent essentiellement à corriger des problèmes de stabilité et de sécurité pour ceux qui pour une raison ou pour une autre auraient choisi de ne pas passer à la dernière version en date, la 3.6.2.

Dans le même temps, le client de messagerie Thunderbird passe en version 3.0.4, ce qui lui permet de profiter de plusieurs dizaines de corrections diverses. De nombreux changements, dont on trouvera le détail via ce lien, interviennent également au niveau de l'interface, de la gestion des onglets et du moteur de recherche intégré au logiciel, qui se dote de nouvelles options permettant d'affiner ses requêtes.

Mozilla promet également une meilleure gestion des comptes synchronisés au moyen du protocole IMAP, avec une récupération des messages en tâche de fond par défaut, de façon à améliorer les performances générales. L'option est accessible dans l'onglet Synchronisation et Stockage du menu de gestion des comptes.

Ces mises à jour peuvent être récupérées directement par l'intermédiaire du logiciel concerné, ou téléchargées depuis nos serveurs sur les fiches dédiées à Firefox et Thunderbird.
Sur son blog de Google Code, le responsable des produits Eric Sachs, explique que l'équipe de Gmail vient d'ouvrir les protocoles OAuth et IMAP/SMTP afin de proposer un dispositif d'authentification sécurisé auprès des éditeurs tiers.

Le protocole OAuth s'apparente aux systèmes d'authentification propriétaires existants utilisés par les autres acteurs majeurs de la Toile tels que Yahoo BBAuth, AOL OpenAuth ou encore les interfaces de programmation de Flickr et d'Amazon. Traditionnellement, pour autoriser une application tierce l'internaute doit rentrer son identifiant et son mot de passe, une pratique qui ne fait pas l'unanimité. De côté, OAuth fonctionne sur un principe de certificat, l'utilisateur n'aura donc pas à entrer ses identifiants de connexion.

A l'instar de Yahoo! Mail ou d'AOL Mail qui proposent déjà une galerie d'applications tierces afin d'enrichir les fonctionnalités de leur webmail, Gmail devrait alors inspirer les éditeurs et se transformer en plateforme de développement. A titre d'exemple, la firme Syphir a mis au point une application pour iPhone baptisée SmartPush et qui permet de créer une série de filtres pour les messages de Gmail devant être envoyés en push vers l'utilisateur. De son côté la société française Kwaga a tiré parti des accès OAuth et IMAP pour mettre au point un système de notification et de filtres basé sur Adobe AIR.
Linus Upson, vice-président de l'ingénierie chez Google, annonce sur le blog de Chromium que la firme travaille conjointement avec Mozilla afin de déterminer un modèle unique de gestion de plugins. M.Upson explique qu'aujourd'hui les mécanismes "varient d'un navigateur à l'autre et selon les systèmes d'exploitation. Il en résulte des incompatibilités, une baisse des performances et des soucis de sécurité".

A cette occasion Google et Adobe planchent sur l'intégration du lecteur Flash directement au sein du navigateur Google Chrome. Bien que la firme de Mountain View soutienne la technologie du HTML5, cette dernière n'est cependant pas en mesure de remplacer systématiquement Flash Player. "Le lecteur Adobe Flash Player est le plus utilisé des plugins de navigateur. Il permet de concevoir un large éventail d'applications sur Internet, du jeu à la vidéo en passant par les services professionnels", explique Linus Upson.

Lorsqu'il téléchargera Google Chrome, l'internaute bénéficiera de la dernière version de Flash Player. Par ailleurs, chaque nouvelle mouture du plugin sera déployée automatiquement via le système de mise à jour de Chrome. Il n'y aura donc pas besoin de télécharger séparément un fichier, une action potentiellement dangereuse pour les internautes comme l'expliquait le magazine BKis la semaine dernière. Enfin les deux parties travaillent également sur le système de sécurité afin d'allouer un espace mémoire et un processus exclusif pour les pages web nécessitant Flash Player.

Reste à savoir si Google travaillera également main dans la main avec les autres éditeurs de plugins. L'on pourrait ainsi imaginer l'intégration de Silverlight par défaut. Une première version de Chrome embarquant Flash Player est déjà disponible au téléchargement ici pour Windows, Mac et Linux.
Newzbin, l'un des plus importants annuaires de fichiers binaires disponibles via les newsgroups, vient d'être condamné par la justice du Royaume-Uni à la demande de plusieurs majors du cinéma. Twentieth Century For, Universal, Warner Bros, Paramount, Disney et Columbia Pictures avaient attaqué le moteur de recherche pour infraction à la propriété intellectuelle.

Pourtant, la défense de Newzbin vaut celle de The Pirate Bay ou de See-link, une ligne qui devrait aussi être adoptée par l'éditeur d'Emule Paradise en septembre : tous ces sites n'hébergent aucun fichier à proprement parler, mais donnent seulement les liens permettant de les récupérer. Newzbin facilite l'accès aux fichiers binaires pour les utilisateurs de Usenet. Sans cette aide, la collecte et le décodage des nombreuses parties d'une vidéo ou d'un logiciel seraient fastidieuses, tant les fonctions de recherche et de stockage des newsgroups sont contraignantes. Le rôle de Newzbin, c'est donc de classer les téléchargements disponibles, et d'en extraire des traceurs permettant de récupérer les différentes parties d'un fichier. Des logiciels en distribution libre sont disponibles (comme des systèmes d'exploitations basés sur Linux), mais la majeure partie des documents échangés sont sous copyright.

Newzbin fait payer son service 30 pence la semaine, soit à peu près 34 centimes d'euros. Selon les documents publiés par le tribunal anglais, Newzbin aurait ainsi effectué un chiffre d'affaire supérieur à 1,13 million d'euros en 2009, dont 405 000 euros de bénéfice net.

Le principal acteur de Newzbin, Chris Elsworth (aussi connu sous le pseudonyme « Caesium »), s'est défendu d'avoir connaissance d'une infraction à la propriété intellectuelle sur son site, et a relativisé le volume de contenus illégaux. Une position que les majors ont trouvé risible. Elles ont produit un rapport sur 50 000 critiques de films associées à un lien de téléchargement dans le site. 97,5% pointaient vers l'Internet Movie Database, un site qui répertorie tous les comptes-rendus et informations de films. Selon les studios, c'est une preuve suffisante que les contenus en question étaient des films commerciaux. Le juge a retenu cet argument dans son arrêt final.

Le dernier argument de Chris Elsworth n'a pas mieux fonctionné : un avertissement présent sur Newzbin rappelait l'intérêt de la lutte contre les infractions à la propriété intellectuelle. Une mention que le juge a trouvé « uniquement cosmétique ». Il a suggéré que si le site était si soucieux de respecter la législation, il aurait arrêté d'indexer des groupes de discussion comme alt.binaries.warez.

Le juge a finalement prononcé une injonction pour que Newzbin enlève tous les liens vers des fichiers appartenant aux six majors représentées. Il a néanmoins refusé la requête des studios pour une interdiction de tous les contenus litigieux, et a repoussé la question des dommages et intérêts à une future audience, en avril. D'ici là, Newzbin devra supprimer tous les contenus signalés, et introduire une politique de modération a priori, qui l'obligera à autoriser manuellement les nouvelles fiches avant leur mise en ligne publique. Une obligation « temporaire » selon Newzbin, qui estime qu'elle ne durera que « jusqu'à ce que nous puissions retourner au tribunal, ou que nous implémentions une solution moins onéreuse de filtrage automatique ».

Petite pique ou vraie rébellion, toujours est-il que le site précise aussi que « désormais les inscriptions sont ouvertes. Vous n'aurez plus besoin d'une invitation pour créer un nouveau compte. » Reste que sans les contenus illégaux, le service risque de perdre de son intérêt pour beaucoup de clients.
Le 15 janvier dernier était lancé le concours Francomot, ouvert à tous les étudiants et initié par le secrétariat d'Etat à la Coopération et à la Francophonie. Le but : faire disparaître les anglicismes et franciser les mots devenus courants, mais pas corrects.

Soumis aux propositions des participants, les mots « buzz », « tuning », « chat », « talk » et « newsletter » ont trouvé leur traduction en français. Le Parisien a révélé hier matin les résultats pour les deux premiers termes. Les autres seront dévoilés prochainement lors de la remise des prix.

Pour « buzz », c'est finalement « ramdam » qui a été choisi par un jury composé de célébrités comme MC Solaar, parmi les propositions des étudiants. Il ne faudra plus dire « tuning » mais « bolidage ». Pour la traduction de « chat », plusieurs mots-candidats sont envisagés. Les plus populaires pour le moment sont « bavardage », « blabla », « cybercercle », « jacasse » ou encore « clavardage », déjà utilisé par nos cousins québécois, champions de la francisation des mots anglais. Pour « talk », « cacoforum », « causerie » ou encore « parlotte » font partie des favoris. Enfin, pour « newsletter », le jury choisira entre « cyberbulletin », « infolettre » ou encore « periodiciel ».

La grande inconnue est maintenant de savoir si ces mots réussiront à se faire une place dans le langage courant. Xavier North, de la Délégation générale à la langue française a expliqué au Parisien « que l'on ne peut pas prédire l'avenir d'un mot. L'usage est souverain et ne se décrète pas. C'est le locuteur qui décide en dernière instance ».
Acheter depuis son mobile n'aura jamais aussi simple. Lundi, l'AFMM a annoncé le lancement officiel d'une solution de paiement destinée aux téléphones portables par l'intermédiaire de laquelle le montant des achats sera reporté directement sur la facture mobile de l'abonné. Le projet a recueilli l'adhésion des trois opérateurs français, Orange, SFR et Bouygues Telecom.

De quoi relancer le business des logos et des sonneries ? MPME, pour « Micro-Paiement Mobile & Enablers », est comme son nom l'indique une solution dédiée aux micro-transactions : achat de biens virtuels ou envoi de petites sommes d'argent par voie numérique. Un secteur sur lequel le SMS surtaxé règne aujourd'hui en maitre, en dépit des contraintes qui lui sont inhérentes.

Essor du Web et des applications mobiles aidant, il manquait donc aux éditeurs une solution technique leur permettant d'intégrer un dispositif de paiement en deux clics, estime l'Association Française du Multimédia Mobile.

C'est donc là qu'arrive le MPME et sa procédure de paiement simplifiée. Qu'il soit sur un site mobile ou au sein d'une application, l'internaute qui souhaite acheter un contenu est immédiatement conduit vers une page de confirmation fournie par son opérateur. En un clic, il valide la transaction, qui sera alors reportée sur sa facture mensuelle ou débitée de compte carte, avant de revenir au service d'origine et d'accéder à son contenu.

Pour les éditeurs désireux de monétiser leurs services mobiles par le biais du micro-paiement, la solution présente l'avantage de toucher la grande majorité des utilisateurs de mobiles en France, tout en facilitant grandement l'acte d'achat puisqu'il n'est pas nécessaire pour le consommateur d'envoyer un SMS, de créer un compte client ou de fournir un numéro de carte bancaire.

L'intérêt n'a d'ailleurs pas échappé aux spécialistes du secteur puisque sept d'entre eux ont annoncé sur les dernières semaines la mise en place de nouveaux outils de paiement tirant parti du MPME. « La mise en place de MPME, une brique de paiement simple et intuitive, sera un relais de croissance pour les acteurs du web, qui souhaiteront directement facturer leurs contenus, comme les acteurs de la presse écrite », se félicite par exemple Nicolas d'Hueppe, directeur général de Cellfish Media France.
Un tribunal de l'Utah, aux Etats-Unis, vient de trancher un différend sur la propriété intellectuelle d'UNIX en faveur de Novell. Ce jugement est un revers pour le groupe SCO, qui affirmait qu'en autorisant une autre entreprise à prendre en charge le système d'exploitation utilisé par de grands groupes, Novell avait cédé les droits de propriété.

SCO group, une société informatique qui édite notamment OpenServer et UnixWare, espérait une victoire pour se tirer de sa quasi-faillite, et utiliser le jugement dans une autre affaire qui l'oppose à IBM. Dans cet autre procès, SCO accuse IBM d'avoir utilisé abusivement le code d'UNIX pour améliorer le système d'exploitation open-source Linux.

Rappel des faits

L'affaire contre Novell remonte très loin. En 2003, SCO attaque IBM pour violation de ses droits sur UNIX : AIX, un système lancé par IBM, utiliserait du code créé par SCO dans un projet commun avec Big Blue avorté. SCO réclame alors 1 milliard de dollars, avant de faire monter la sauce en déposant une seconde plainte, demandant 3 milliards de dollars de dommages et intérêts. Ce procès lance une série d'actions en justice. SCO est mal en point, et tente de faire valoir ses droits sur UNIX, et donc sur Linux, auprès de nombreux éditeurs. Novell se retrouve dans le coeur de la bataille après le rachat de SuSe Linux, une distribution qui utiliserait du code d'UNIX System V, cédé à SCO en 1995.

C'est la première fois que SCO tente de faire valoir en justice sa propriété intellectuelle sur UNIX, que Novell lui aurait cédée avec UNIX System V. En 2007 pourtant, Novell est reconnu propriétaire d'UNIX. SCO n'évite la faillite que de peu, mais décide de faire appel. Cette stratégie finit par payer en 2009 avec la décision de la cour d'appel, qui confirme la propriété de SCO sur UNIX. SCO peut alors reprendre ses procès, d'où les attaques contre Novell et IBM aujourd'hui. C'est l'un de ces deux derniers procès que vient de perdre SCO.

Fin de la controverse ?

« Une déconvenue », pour l'avocat de SCO, mais pas la fin de la bataille : le groupe va demander à récupérer les droits sur UNIX, « même si nous ne les avions pas avant ». L'affaire perdue était un procès en diffamation contre Novell, qui aurait « atteint le business et la réputation de SCO en affirmant avoir transmis le code source et des droits d'utilisation, mais pas la propriété intellectuelle », propriété reconnue en 2009. SCO demandait 215 millions de dollars de dommages et intérêts.

Novell, de son côté, se déclare évidemment satisfait de la décision du juge, et voit dans l'action de SCO une « attaque sur Linux. Novell reste décidé à promouvoir Linux, y compris en le défendant sur la question des droits. » Novell a acquis les droits sur UNIX à AT&T en 1992, et SCO prétend les avoir achetés en 1995 (sous le nom Santa Cruz Operations à l'époque), en payant Novell avec 6,1 millions d'actions SCO, évaluées à plus de 100 millions de dollars.

Argument massue de Novell dans le procès : il était clair pour tout le monde que Novell avait conservé les droits pour toucher des royalties, « puisque SCO a payé jusqu'à maintenant ces royalties ». En échange des actions versées, SCO a simplement eu le code source d'UNIX, et le droit de distribuer sous licence des versions améliorées du système. Selon Mike Jacobs, l'avocat de Novell, « c'est une victoire importante pour la communauté open-source, car SCO a fait valoir des droits importants sur Linux à travers UNIX ». Même réaction du côté d'IBM, qui estime que ce jugement « démontre l'échec de la stratégie judiciaire de SCO. IBM reste confiant quant au bien-fondé de sa position. »
La société Automattic présente un nouveau service baptisé VaultPress afin de sécuriser et effectuer des sauvegardes pour les utilisateurs de blogs Wordpress installés sur leurs propres hébergeurs. Notez que ce dispositif est déjà utilisé sur les serveurs de la société pour les blogs de type Wordpress.com pour lesquels on compterait à ce jour 10 millions d'utilisateurs.

VaultPress effectue des sauvegardes en temps réel de chacune des modifications effectuées sur le site. Outre la base de données contenant l'ensemble des billets, VaultPress sécurise également les plugins, les thèmes, les commentaires mais aussi les différentes versions d'un même article. En cas d'incident un mécanisme de restauration pourra ainsi être activé.

Pour Automattic, il s'agit également d'une nouvelle source de revenus. En effet, cette option sera facturée aux alentours de 20 dollars par mois et pourra être mise en place pour un ou plusieurs weblogs. Selon une petite étude du site Pingdom publiée l'année dernière, sur les 100 weblogs les plus populaires, 27 d'entre eux seraient basés sur Wordpress, 16 sur Typepad, 14 sur Blogsmith, et 12 sur Movable Type. Parmi les blogs utilisant la plateforme de publication Wordpress nous retrouvons entre autres le WSJ magazine, People, MTV, Reuters ou encore Le Monde... Autant dire que les gros clients potentiels ne manquent pas.

Une première bêta est disponible sur invitation ici.
Symantec, l'éditeur américain spécialisé dans la sécurité, vient d'identifier une ville de l'est de la Chine comme capitale du cyber-espionnage. Shaoxing, c'est son nom, se taille donc une solide réputation de paradis des pirates.

Symantec a tracé 12 milliards d'emails pour aboutir à cette conclusion : une plus grande quantité que prévu d'attaques ciblées viennent de Chine. Les chercheurs de l'entreprise ont trouvé près de 30% de courriels malicieux en provenance de la République populaire, dont 21,3% pour la seule Shaoxing. Ils ont été capables d'identifier les cibles favorites de ces emails : des experts asiatiques en politiques de défense, et des militants des droits de l'homme, suggérant une implication forte de la part du gouvernement chinois.

L'éditeur de solutions de sécurité a tracé ces 12 milliards d'emails dans le cadre de l'enquête sur les attaques visant Google en Chine. Envoyés en petit volumes, avec des pièces jointes semblant légitimes, ces messages contenaient un code malicieux prêt à s'installer sur l'ordinateur du destinataire berné par leur aspect tout à fait normal. « Le but ultime est d'accéder à des données sensibles ou aux systèmes internes, en ciblant certaines personnes ou des entreprises », indique le rapport.

Symantec est ainsi parvenu à tracer les adresses IP des ordinateurs pour trouver la source des attaques, alors que les pirates étaient auparavant parvenus à se cacher derrière des serveurs basés à Taiwan. La découverte de l'éditeur montre que la Chine est la source de 28,2% des attaques ciblées dans le monde, juste devant la Roumanie et ses 21,1%, supposée être une source importante d'attaques pour la fraude commerciale. Les Etats-Unis viennent en troisème position avec 12% des attaques, devant Taiwan et la Grande-Bretagne.
La commission européenne vient d'annoncer son intention de bloquer les sites Internet proposant du contenu pédopornographique. La directive n'est pas encore approuvée, elle doit encore passer devant le Parlement européen et les 27 ministres concernés. Son adoption serait un revirement de la politique européenne sur la régulation d'Internet.

En matière d'abus sexuels faits aux enfants, la ligne de la Commission ne peut être que la fermeté : « Quelles que soient les actions qu'elle peut entreprendre contre ce fléau, l'UE doit agir et agira », martèle la commissaire chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström. La nouvelle directive sur la protection des enfants, qui reste donc à adopter, prévoit le blocage de l'accès aux sites pédopornographiques, qui n'ont « rien à voir avec la liberté d'expression », précise la commissaire. « Si nous n'agissons pas, les utilisateurs d'Internet pourront considérer à terme ces images comme normales. »

En 2005, la commissaire en charge de la société de l'information et des médias, Viviane Reding, avait pourtant mis un terme aux rumeurs de directive pour réglementer Internet. « J'ai entendu dire, ici ou là, que Bruxelles avait l'intention de réglementer l'Internet et d'introduire une nouvelle couche de bureaucratie. Sincèrement, cela n'a aucun sens. », avait-elle déclaré. Elle avait cependant annoncé qu'il était « du devoir de la Commission de proposer un cadre permettant de protéger en la matière des valeurs européennes communes. Mais je n'ai pas la moindre intention de réglementer l'Internet. »

Le blocage, solution ultime ? Ce n'est pas l'avis d'Alvar Freud, du Groupe de travail contre le blocage d'Internet et la censure (AK Zensur, le site est en allemand). Son association a analysé plusieurs listes de blocage européennes avec des procédures automatisées, et a écrit aux hébergeurs des sites supposés afficher des contenus pédopornographiques (ce qui n'a pas pu être vérifié avant envoi des emails, la consultation de tels sites étant interdite en Allemagne). En 12h, il a obtenu la suppression de 60 sites hébergés aux Pays-Bas, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Danemark et en Russie. Le chiffre est à mettre en relation avec les 1943 sites signalés à 348 prestataires de 46 pays. Sur ces hébergeurs, 250 ont répondu, et la plupart des sites ont été reconnus comme légaux ou supprimés.
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