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Le 4 juillet 2005, le sénateur Michael Dreyfus-Schmidt avait soumis au Sénat une proposition de loi pour pénaliser les auteurs de phishing, cette pratique visant à attirer l'internaute vers un site frauduleux. Cependant, M.Dreyfus Schmidt s'est éteint le 7 septembre dernier et, selon le règlement de la Haute assemblée, ce texte ne peut être approuvé et devient donc obsolète.  En classant le texte sous l'appellation "usurpation d'identité numérique", M. Dreyfus-Schmidt souhaitait mettre à jour le code pénal en y ajoutant l'article 323-8:

"Est puni d'une année d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende, le fait d'usurper sur tout réseau informatique de communication l'identité d'un particulier, d'une entreprise ou d'une autorité publique. Les peines prononcées se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles qui auront été prononcées pour l'infraction à l'occasion de laquelle l'usurpation a été commise.".

Michael Dreyfus-Schmidt avait déclaré à Zdnet qu' : "il y a deux possibilités pour s'attaquer à ces phénomènes : soit l'on s'attache à certifier l'identité de quelqu'un avec une mesure technique, comme la biométrie, soit on utilise le droit" avant d'ajoute que la première "apporte une réponse de principe qui ne rentre pas dans un débat technologique complexe"

En 2007, l'APWG (Anti-Phishing Working group) avait classé la France au 5e rang mondial sur la liste des pays hébergeant des sites de phishing avec un taux de 2,7%. Dans les autres pays jugés potentiellement dangereux, les règlements sont déjà en vigueur. Ainsi, il est estimé que 28% des faux sites résident sur le sol américain. Le 9 juillet 2004, le pays a donc adopté le Anti-Phishing Act ainsi qu'un renforcement des peines quelques jours plus tard avec le "Identity Theft Penalty Enhancement Act". En juin 2005, la Grande-Bretagne à voté le Fraud Bill avec une peine de dix ans de prison pour tout escroc ayant tenté une usurpation d'identité numérique.

Dans l'Hexagone, le code pénal prévoit de sanctionner l'usurpation de fonction. Par ailleurs, tout escroc tentant de prendre le nom d'une personne tierce à des fins frauduleuses est passible d'une peine de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. L'objectif de M.Dreyfus-Schmidt était non seulement de simplifier la procédure, mais aussi de recentrer le texte sur l'usurpation d'identité numérique sur les réseaux informatiques c'est-à-dire en déterminant des critères d'identité pour les internernautes tels que les adresses e-mail ou les pseudonymes.

Si l'usurpation d'identité est lourdement sanctionnée, selon le site e-juristes.org, le phishing est caractérisé par plusieurs actes frauduleux et son auteur peut aussi être jugé pour spamming, escroquerie, abus de confiance, accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, collecte frauduleuse de données nominatives ou encore contrefaçon de marque.
Alors que le concept de riposte graduée à la française se voit menacé au niveau européen, Nicolas Sarkozy en appelle directement au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Dans une lettre, faxée vendredi soir et reproduite (PDF) par le site Ecrans.fr, il lui demande le retrait pur et simple de l'amendement 138, pourtant voté à une très large majorité par les députés européens le 24 septembre dernier.

Approuvé par 573 voix contre 54 dans le cadre des débats sur le « paquet télécom", l'amendement 138 prévoit qu'aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des citoyens ne peut être apportée sans le recours à une autorité judiciaire, à moins que la sécurité publique ne soit menacée. Sous réserve que l'accès à Internet soit considéré comme un droit d'importance, dans la mesure où il participe à la liberté d'expression et d'information, cet amendement déposé par les députés Bono et Cohn-Bendit réduit les efforts français en matière de riposte graduée à néant.Sarkozy, Albanel : pas sur la même longueur d'ondes

Immédiatement, le cabinet de Christine Albanel, ministre de la Culture, tente de minimiser la portée de ce vote, et déclare que celui-ci ne compromet pas le concept de la riposte graduée. Il semblerait que le président de la République en ait jugé autrement.

"Il est notamment fondamental que l'amendement n°138 adopté par le Parlement européen soit rejeté par la Commission. Cet amendement tend à exclure la possibilité pour les Etats membres d'appliquer une stratégie intelligente de dissuasion du piratage", explique Nicolas Sarkozy, après s'être réjoui de l'adhésion des Etats membres de l'Europe au principe de dissuasion dans le cadre du piratage. "Pour écarter l'amendement, je sollicite votre engagement personnel et celui de la Commissaire en charge du dossier, qui connaît particulièrement la situation des créateurs", appuie-t-il encore. Pourquoi un tel appel si l'amendement 138 était sans risque pour la riposte graduée à la française ?

Le projet de loi "Création et Internet" devrait passer en première lecture au Sénat dans le courant du mois de novembre, et pourrait faire l'objet d'une procédure d'urgence permettant un vote définitif avant la fin de l'année, pour une entrée en vigueur début 2009. Du côté européen, le Conseil des ministres de l'Union aurait la possibilité de rejeter l'amendement 138, dans le cadre de son étude du paquet télécom, planifiée pour le 27 novembre prochain. Dans ce cas, il pourrait signer son retour lors de la seconde lecture du texte au Parlement européen, mais la France disposerait d'un laps de temps permettant de le faire voter sans se placer en porte à faux avec les positions de l'Europe, dont elle assure la présidence jusqu'au 31 décembre prochain.Un "autoritarisme" pointé du doigt

Abus de pouvoir ? "Nicolas Sarkozy dirige un pays qui a fondé et préside l'Union Européenne. Il devrait admettre que le droit communautaire s'applique aussi à la France et retirer son projet de loi. Mais il ne pense qu'à servir les lobbies du disque et du film qui veulent coûte que coûte faire un précédent en Europe, pour ensuite généraliser la riposte graduée. Le hic, c'est que face aux risques politiques, Viviane Reding, la commissaire en charge du dossier, a renoncé à piétiner le vote sans appel du Parlement européen. Dans sa lettre, Sarkozy demande donc à Barroso de tordre le bras à Reding. En effet, si la Commission ne supprime pas l'amendement, la France devra obtenir un vote contre l'intégralité du Paquet Télécom pour empêcher que l'amendement soit adopté par le Conseil. Ce serait mission impossible", commente l'un des cofondateurs du collectif La Quadrature du Net.

"L'annulation pure et simple d'un vote des représentants élus au suffrage universel direct par l'ensemble des citoyens européens ne serait rien de moins qu'un nouveau déni de démocratie de la part d'un chef d'État souhaitant avant tout servir les intérêts des quatre majors du disque et de ses amis de l'industrie musicale", fustige de son côté le député socialiste Jean-Louis Bianco.

Que fera José Manuel Barroso ? Contactée, selon Le Point, par la rue de Valois, Viviane Reding, commissaire européen en charge de la société de l'information - et donc voix de Viviane Redong, aurait refusé de s'engager ouvertement contre l'amendement 138, même si elle a déjà manifesté son soutien au concept de riposte gradée. Les députés européens risquent quant à eux de n'apprécier que moyennement l'éventuel rejet d'un amendement approuvé par 573 d'entre eux.Mise à jour, 15h : Martin Seylmar, porte-parle de la Commission européenne pour les questions touchant à la société de l'information et des médias, indique aujourd'hui à Clubic.com que l'institution a bien pris connaissance de la lettre envoyée par Nicolas Sarkozy. Il y rappelle que l'amendement 138 a été adopté à une large majorité, et que la Commission européenne respecte le choix fait par le parlement.

"Du point de vue de la Commission, cet amendement est un rappel important de principes légaux clé, inhérents à l'ordre légale de l'Union européenne, et tout particulièrement des droits fondamentaux du citoyen. Le texte de cet amendement est délibérément rédigé de manière à laisser aux Etats membres la latitude nécessaire à l'obtention d'un équilibre entre certains droits fondamentaux, en l'occurrence le droit au respect de la vie privée, le droit à la propriété et des recours efficaces et le droit à liberté d'information et d'expression", explique Martin Seylmar.

"La Commission comprend que ce problème est d'une importance politique certaine en France, où se prépare une loi qui propose l'instauration d'une nouvelle Autorité nationale de l'Internet qui pourrait avoir un rôle de surveillance et éventuellement de restriction de la connexion à Internet des Français", poursuit-il, avant d'inviter le gouvernement à discuter de cette question avec les 26 autres Etats membres.

Interprétation ? Par la voix de leur représentant, Martin Seylmar, Viviane Reding et José Manuel Barroso accusent réception du message, mais ne semblent pas enclins à donner suite à la requête. La bataille se jouera donc maintenant au niveau du Conseil de l'Union, puis de la seconde lecture du texte au Parlement européen.
Le gouvernement français a lancé hier une consultation publique au sujet du déploiement du très haut débit. Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'industrie et de l'emploi ainsi que Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de l'industrie et de la communication, à l'initiative de cette consultation, ont pour objectif de desservir 4 millions d'abonnés d'ici 2012.

La consultation porte sur cinq décrets, dont quatre s'inscrivent au coeur de la Loi de Modernisation de l'Économie. Ils ciblent le droit à la fibre optique (inspiré du droit à l'antenne), le pré-équipement des immeubles neufs en fibre optique, la convention entre opérateur et propriétaire (mutualisation des câblages installés) et l'information de l'État et des collectivités territoriales sur les infrastructures implantés sur leur territoire. Ces décrets visent à réduire les couts de déploiement, à faciliter le câblage des immeubles et à permettre l'accès de tous aux débits nécessaires pour les services du futur.

Ouverte jusqu'au 15 octobre la consultation a pour objectif la publication des décrets avant la fin de l'année 2008. Il était temps, tant le déploiement de la fibre parait pour le moment hasardeux. En outre, en attendant l'avènement du très haut débit pour tous, reste également à relier les derniers exclus du haut débit.
L'opérateur Orange devrait annoncer prochainement le lancement d'un bouquet de cinq chaînes de télévision payantes autour du cinéma. Cette formule serait proposée en option aux abonnés Orange, à un tarif inférieur à 15 euros par mois. Xavier Couture, directeur de la division contenus d'Orange, a confirmé cette semaine au magazine Ecran Total les plans déjà dévoilés en avril dernier.

"Notre conception intègre d'origine les trois écrans - téléviseur, ordinateur, mobile, avec des fonctionnalités nouvelles", a par ailleurs révélé Xavier Couture. Le détail de cette nouvelle offre, qui reste toutefois subordonné à l'autorisation du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) devrait être révélé au cours d'une conférence de presse le 8 octobre prochain. Le lancement serait quant à lui prévu pour le mois de décembre.

Après avoir lancé une chaîne dédiée au football, Orange confirme une nouvelle fois son intention de ne pas rester un simple fournisseur de "tuyaux" et d'infrastructures, que d'autres emprunteraient pour proposer leurs propres services, mais bel et bien de développer une véritable offre de contenus qui lui seraient propres.
Bien que les jeux olympiques de Pékin aient permis de placer la question de la censure chinoise du Web sur le devant de la scène, il semblerait que celle-ci soit toujours une réalité. Un groupe de chercheurs canadiens a récemment découvert que les conversations tenues au travers de la messagerie instantanée écrite du logiciel Skype étaient surveillées et censurées. Plus d'un million de messages contenant des termes jugés répréhensibles aurait ainsi été archivé, accompagné de l'adresse IP des personnes les ayant émis. Cette opération de censure concernerait aussi bien les utilisateurs du logiciel Skype que les internautes ayant opté pour "Tom Skype" une version allégée du logiciel, conçue par une coentreprise montée avec un opérateur local, Tom online.

Membres du Citizen Lab - groupement d'activistes dont l'un des membres est à l'origine de l'outil de contournement de la censure Psiphon - ces chercheurs expliquent dans un rapport avoir découvert un réseau de huit machines sur lesquelles sont stockés ces messages. Ils soulignent par ailleurs n'avoir eu aucun mal à accéder à ces données confidentielles puisque celles-ci sont hébergées sur un réseau de serveurs publics, auxquels les autorités chinoises n'ont logiquement aucun mal à se connecter.

"Dans quelle mesure Tom online et Skype coopèrent-ils avec le gouvernement chinois à la surveillance des communications d'activistes et de dissidents aussi bien que de citoyens ordinaires", s'interrogent alors les auteurs du rapport. A partir de cette liste de message, ils ont entrepris de reconstituer la liste des mots clé qui auraient pu servir à la sélection des messages archivés, et ont - sans surprise - localisé des thématiques récurrentes comme le Falun Group ou l'indépendance de Taïwan. Relayée par le New York Times, l'affaire prend rapidement une ampleur gênante pour Skype.

"En avril 2006, Skype a publiquement révélé que Tom opérait un filtrage des contenus texte qui bloquait certains mots dans les conversations et a également dit que lorsqu'un message était jugé répréhensible, il était simplement écarté, et non affiché ou transmis où que ce soit", a rappelé jeudi Josh Silverman, président de Skype. Selon lui, Tom online aurait donc changé sa politique depuis cette date. Joint par Skype, l'opérateur aurait depuis fermé l'accès public à ces serveurs. Dans un laconique communiqué, Tom s'est contenté de rappeler qu'en tant que société chinoise, il ne faisait que se conformer aux règles édictées en Chine.
Alors que son grand rival Wal-Mart a finalement décidé de mettre fin à son aventure dans la vidéo à la demande, le groupe Carrefour a lancé jeudi son vidéoclub sur Internet pour la France. Opérée par Glowria, la plateforme propose un catalogue d'environ 6.000 titres. L'ensemble est proposé sur le mode de la location, pour une durée de 24 ou 48 heures, à des tarifs compris entre 0,99 et 4,99 euros. Pour certains titres, il est également possible d'opter pour la formule du téléchargement définitif avec sauvegarde. Dans ce cas, la copie numérique téléchargée reste acquise à l'utilisateur, qui peut la consulter autant de fois qu'il le veut, sans limitation dans le temps.

Sans surprise, l'offre VOD de Carrefour utilise un format protégé par un système de gestion des droits numériques, indispensable pour condamner l'accès au fichier après un certain laps de temps. Ici, c'est la formule Windows Media qui a été retenue : il faudra donc disposer d'un ordinateur équipé de Windows. On notera que le téléchargement et la consultation de vidéos sur le service de VOD de Carrefour suppose l'installation d'un utilitaire dédié, le "Vidéo Manager Carrefour".
Le téléchargement illégal est au coeur de l'actualité ces derniers temps, avec notamment la polémique qui entoure la loi Création et Internet. Tandis que certaines entreprises comme CoPeerRight proposent des solutions alternatives, l'institut de sondage français BVA publie l'Observatoire des nouvelles technologies et des multimédias. L'étude, réalisée pour le compte de The Phone House, de BFM et de La Tribune, porte sur les usages et les comportements d'un échantillon représentatif de la population française ainsi que d'un échantillon de technophiles face à diverses problématiques dont le commerce et le téléchargement en ligne.

L'étude montre d'abord que 91% des français qui disposent d'Internet à leur domicile sont connectés en haut débit ou en très haut débit et que 92% sont équipés d'un équipement multimédia (dont 100% des moins de 25 ans). Elle s'intéresse ensuite aux pratiques des internautes dans leur ensemble, mais aussi des technophiles en particulier, par rapport au téléchargement légal et illégal. Sont jugés technophiles les sondés qui déclarent avoir beaucoup d'intérêt pour les NTIC mais aussi ceux qui disposent à la fois d'un téléphone portable, d'une connexion Internet à leur domicile et d'un produit high tech (un baladeur numérique ou un PDA par exemple).

Elle montre ainsi une importante évolution des comportements face au téléchargement illégal, tandis que le téléchargement légal n'a quasiment pas évolué. En septembre 2008, 81% des connectés français déclarent ne jamais télécharger illégalement des films ou des musiques. Ils étaient 76% l'année précédente. Les technophiles quant à eux étaient 36% à télécharger au moins de temps en temps illégalement en 2007, dont 12% régulièrement, ils ne sont plus que 25% en 2008, dont 8% régulièrement. Les français ne semblent en revanche pas être férus de téléchargement légal puisqu'ils ne sont que 2% à le pratiquer régulièrement, 82% de la population n'ayant jamais acheté un morceau ou un film en ligne.

Bien qu'une part importante de la population française ne puisse donc être inquiétée par une accusation pour téléchargement illégal, l'opinion face au projet de loi Hadopi semble globalement défavorable. 38% du grand public estime en effet que ce projet de loi permettrait de faire évoluer les pratiques, 50% estime que non, 12% ne s'est pas prononcé. Plus concernés, les technophiles sont 40% à penser qu'une telle loi pourrait faire évoluer les choses, 6% ne s'étant pas prononcé. Enfin, les moins des 25 ans sont 60% à estimer qu'elle n'influencerait pas les consommateurs.

Quoi qu'il en soit, en attendant la mise en place d'une solution de représsion du piratage, les ayants droits et les distributeurs peuvent quant à eux réfléchir à de nouveaux moyens d'attirer le consommateur, tant la vente dématérialisée peine à s'imposer en France.
Mercredi dernier, Steve Ballmer, le PDG de Microsoft, a annoncé que lors de la conférence PDC, qui se déroulera du 26 au 30 octobre prochains, Microsoft devrait présenter son Windows Cloud OS, un système d'exploitation permettant aux développeurs de programmer des applications web.

Avec le service de Windows Live Mesh, Microsoft a déjà présenté un concept de cloud computing sous la forme d'un système d'exploitation virtuel sur lequel l'utilisateur peut synchroniser les données de différents appareils (ordinateurs, smartphones...)

Selon plusieurs analystes, le domaine du cloud computing à un bel avenir devant lui. IBM, par exemple, travaille sur de telles technologies avec plus de 200 chercheurs à plein temps. La société a récemment annoncé avoir investi 200 millions de dollars dans ce secteur.

De son côté, Amazon qui propose déjà une solution de stockage virtuel (Amazon S3) a déclaré que les systèmes Microsoft Windows Server ou Microsoft SQL Server pouvaient désormais être virtualisés sur la plateforme Amazon Elastic Compute Cloud (EC2) notamment pour la gestion de plusieurs bases de données. Hier la société a déclaré : " la possibilité de faire tourner un environnement Windows au sein de Amazon EC2 a été l'une des fonctionnalités les plus demandées et nous sommes ravis d'offrir cette nouvelle option".
En ces temps troublés par les débats préliminaires au vote de la future loi "Création et Internet", voulue par l'Elysée et le ministère de la Culture, la société parisienne CoPeerRight Agency sort de la pénombre et explique à Clubic.com que le dispositif de riposte graduée pourrait certes endiguer une partie du piratage mais qu'il existe une solution tout aussi efficace, et plus simple à mettre en place : le filtrage des sites qui permettent d'accéder à des liens de téléchargement P2P ou à des contenus protégés par le droit d'auteur.

Spécialisée dans les outils de détection des pirates, CoPeerRight Agency a défrayé la chronique à plusieurs reprises ces dernières années, notamment en tentant de mettre des bâtons dans les roues de l'un de ses concurrents en 2005, arguant d'un brevet protégeant les méthodes de détection d'un internaute sur les réseaux P2P. Une réputation sulfureuse, voire franchement hasardeuse pour les défenseurs des libertés individuelles, mais qui ne semble guère déranger la firme. Ainsi parle-t-elle d'un "nuancier de tons amers ou enjoués" au sujet des articles de presse la concernant.

Entretien avec Mathieu Gaudet, responsable de la communication chez CoPeerRight Agency, autour de la question, ô combien polémique, du filtrage des sites Web.

Clubic.com : Mathieu Gaudet, bonjour. Avant tout, pouvez-vous nous rappeler quelles sont les principales activités de CoPeerRight Agency en matière de lutte contre le piratage ?

Mathieu Gaudet : Notre activité consiste à protéger les oeuvres de nos clients et les droits qui y sont associés, sur Internet. Nous disposons d'un certain nombre de technologies qui nous permettent de répondre à un triple objectif de prévention, de dissuasion et de brouillage. Par prévention, nous entendons le ciblage et le repérage des principaux diffuseurs de contenus protégés par le droit d'auteur. En matière de dissuasion, nous sommes par exemple en mesure d'envoyer des messages d'avertissement aux internautes en passant par les messageries instantanées intégrées à des clients comme eMule ou Shareeza.

Enfin, le brouillage consiste à élaborer ce que nous appelons des fichiers leurre, qui sont ensuite envoyés sur le réseau pour encombrer les files d'attente, et rendre plus difficile l'accès aux fichiers dont l'échange est illégal. En France, nous nous cantonnons aux deux dernières activités, puisque ce sont les seules pour lesquelles nous avons obtenu l'aval de la Cnil.

En quoi selon vous le dispositif de riposte graduée souhaité par le gouvernement ne convient-il pas à la situation actuelle ?

C'est un dispositif très lourd, coûteux et qui implique de compiler des milliers d'adresses IP. Dans les pays où elle est déjà en vigueur, la riposte graduée a montré qu'elle pouvait se révéler efficace. Le problème est que depuis trois ans, on attend cette loi. Trois ans pendant lesquels il aurait été possible d'engager une action, et par exemple de commencer à cibler les premiers diffuseurs, puisque c'est de ce petit groupe de deux ou trois cents personnes au maximum que part la quasi-totalité des fichiers. Au final, si la riposte graduée n'est pas retenue, on aura perdu trois ans. Le cadre légal existe, les outils existent, mais pour l'instant rien ne se passe.

Dès lors, que suggérez-vous ?

Nous souhaitons alerter les pouvoirs publics sur le fait que de plus en plus de sites Web diffusent des liens de téléchargement P2P, BitTorrent ou eDonkey. Nous en avons identifié plus de 200, francophones, qui recensent des liens à caractère illégal, auxquels s'ajoutent bien sûr les grands comme The Pirate Bay, Mininova ou SnowTigers. En filtrant l'ensemble de ces sites, on obtiendrait très rapidement une baisse du nombre de téléchargements illégaux, sans qu'il soit nécessaire de légiférer ou d'engager d'importantes sommes d'argent. Suite au blocage de certains sites comme The Pirate Bay en Italie (prononcé en août, mais levé le 25 septembre dernier, NDLR), nous avons immédiatement observé une nette diminution des échanges effectués à l'aide de BitTorrent.

Les sites comme The Pirate Bay parviennent pourtant régulièrement à obtenir gain de cause auprès des tribunaux lorsqu'on tente de les bloquer. Le cas Sharemula en Espagne en est un exemple. Que répondriez-vous à leurs objections ?

Sharemula a effectivement gagné en appel en Espagne, mais il y aura sans doute une nouvelle défense. Les administrateurs de ce type de sites se défendent en expliquant qu'ils n'hébergent directement aucun fichier. Nous pensons cependant que dans la mesure où ils qualifient les liens, ils opèrent un contrôle des contenus qui sont diffusés chez eux. Les liens de nos fichiers leurre sont par exemple régulièrement supprimés après quelques heures. Les sites comme YouTube ou Dailymotion se retranchent aussi derrière le statut d'hébergeur, mais eux suppriment les fichiers problématiques lorsqu'on leur demande.

Admettons qu'un filtrage efficace et exhaustif soit mis en place. Certains arrêteraient sans doute de télécharger, mais l'on sait pertinemment qu'il n'est pas très difficile de contourner ce genre de protection. Proxys, chiffrage des contenus, anonymiseurs d'IP ou, encore plus simple, un client comme eMule, qui intègre un moteur de recherche et permet donc de se dispenser des sites d'échange de liens ?

Nous serons là pour anticiper certaines parades. Après tout, il a fallu plusieurs années à un site comme SnowTigers pour connaitre cette popularité, il ne serait donc pas difficile de détecter ses successeurs. Avec eMule, la donne est différente, mais il nous reste la possibilité d'envoyer des messages de dissuasion et d'utiliser des leurres pour rendre le téléchargement illégal assez contraignant pour en détourner les internautes.

Filtrer les sites qui diffusent des liens P2P ou qui proposent le téléchargement direct de fichiers n'enrayerait peut-être pas le piratage, mais aiderait à en limiter la portée. On sait qu'il restera toujours entre 10 et 20% d'irréductibles, mais nous estimons être en mesure de proposer une solution simple à mettre en oeuvre, respectueuse des internautes dans la mesure où l'on n'accumule pas des dizaines de milliers d'adresses IP et, enfin, ne nécessitant pas le vote d'une nouvelle loi.Mathieu Gaudet, merci.
Pour s'affirmer dans le domaine du e-commerce et rester compétitif face à ses concurrents, le géant Amazon renforce son image de marque et multiplie les options de livraisons rapides en dévoilant de nouvelles offres auprès de ses clients. En effet, selon le baromètre  du premier semestre 2008 publié par la DGCCRF, 3 857 plaintes ont été déposées cette année suite à des problèmes de livraisons, dans le secteur de la vente à distance, cela représente près d'un quart des réclamations, c'est-à-dire une progression de 69% par rapport au semestre précédent.

Ainsi, Amazon France lance un nouveau service baptisé Amazon Premium permettant aux clients de profiter de livraisons Express gratuites, sans limite et sans minimum d'achat. Pour un prix annuel de 49 euros,  les clients d'Amazon Premium recevront l'article acheté le lendemain de leur commande et sous 48h pour les villes de la France métropolitaine et la Principauté de Monaco.  Amazon affirme que ces mêmes clients pourront également bénéficier de réductions sur les options "Livraison Éclair" et "Livré en Soirée".

Dévoilée le 26 septembre dernier, l'offre "Livré en Soirée" est réservée aux clients parisiens qui peuvent recevoir leurs achats le jour même de la commande si cette dernière est passée avant 12h30. Les articles seront alors reçus entre 19h et 22h. Le samedi, pour toute commande passée avant 9h30, la livraison sera effectuée entre 15h30 et 18h30. Ce service est facturé 22,90 euros, mais pour les clients d'Amazon premium, ce coût est réduit à 6,99 € par article.
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