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Nous apprenions mardi via le Financial Times que Google avait décidé d'abandonner le système Windows en interne. Cette décision fait suite aux attaques en provenance de Chine subies par le géant de la recherche. Le système de Microsoft aurait été jugé trop peu sécurisé et, à moins d'une dérogation, les employés devront alors utiliser une distribution de Linux ou le système Mac OS X.

L'ampleur médiatique de cette histoire semble avoir atteint Microsoft et sur son blog officiel, Brandon LeBlanc, responsable des communications, a décidé de réagir. En revenant sur les dessous de cette affaire, il réfute les propos du Financial Times qui rapportait alors : "Windows est réputé pour être plus vulnérable aux attaques des hackers et aux virus que les autres système d'exploitation".

Brandon LeBlanc affirme pour sa part qu'il n'en est rien : "en terme de sécurité, même les hackers le soutiendront, nous faisons plus d'efforts que les autres au regard de la sécurité de nos produits (...) même des éditeurs tiers tels que Cisco nous certifient que nos investissements en la matière sont plus importante que chez les autres". M. LeBlanc en profite pour citer un article d'InfoWorld traitant de la sécurité sur Mac OS X suite à la découverte d'un nouveau malware ciblant le système d'Apple. Il rappelle également que l'université de Yale a abandonné son projet de migrer vers Google Apps.

Reste qu'en comparaison à Linux, la part de marché de Windows en fait une véritable cible d'attaque pour les personnes malintentionnées souhaitant déployer massivement un virus ou un cheval de Troie. Le prochain Chrome OS, qui vient d'être confirmé pour cet automne, sera largement basé sur l'informatique hébergée accessible via un navigateur. Reste à savoir si les dispositifs de sécurité implémentés au sein de ce dernier se révèleront efficaces.
Contrairement aux propos avancés par les Echos, les premiers e-mails provenant de l'Hadopi partiront à la fin du mois de juin. Le site en ligne du quotidien précise pourtant que la mise en place de la riposte graduée devrait ainsi intervenir en juillet et non plus le 21 juin, comme prévu.

Contacté par nos soins, Eric Walter, secrétaire général de l'Hadopi dément l'information des Echos : « J'aurais également aimé obtenir plus de précisions sur cette information. Nous n'avons pas été contactés par un journaliste sur le sujet. » En apportant plus d'explications sur le calendrier de l'Hadopi, le responsable nous précise que « les mails partiront bien fin juin. Nous attendons toujours l'avis de la Cnil auprès des ayant-droits, de l'autre côté l'appel de French Data Network auprès du Conseil d'Etat n'est pas suspensif. »

Si l'autre projet issu d'Hadopi, à savoir la carte musique-jeunes, paraît enterré, le calendrier de la riposte graduée pourrait donc bien arriver à son terme. D'un côté, la Cnil doit encore rendre son avis sur la collecte des adresses IP auprès des ayant-droits et également se positionner sur la conformité des logiciels de sécurisation. De même, un recours contre la loi Hadopi avait été émis par l'association FDN (French Data Network, un FAI, ndr) pour « non-consultation de l'Arcep » sur le dossier.

La Fête de la Musique sera donc bien le jour consacré au lancement de la riposte graduée. Certains internautes français seront donc amenés à surveiller leur boite mail.
La récente intervention de Dimitri Mader, alias Zac, connu pour être webmaster du site de téléchargement Wawa-Mania fait débat. Jeudi dernier, des personnes soutenant l'homme de 21 ans s'étaient rendus avec quelques comparses dans les locaux de l'ALPA, un ayant-droits. Cette sortie a été mal vue par certains blogueurs et un front critique s'est formé. Suite à un article contestant la politique de Wawa-Mania, le blog Bluetouff a même subi une attaque DDOS.

Rappel des faits. Dimitri Mader, également appelé Zac, est poursuivi pour « contrefaçon d'oeuvres de l'esprit en bande organisée ». Webmaster du site de téléchargement Wawa-Mania, il doit verser une caution de 20.000 euros afin d'éviter une mise en détention provisoire en attendant son procès. Cherchant à faire entendre sa cause, des membres de l'Atild ont alors investi les locaux de l'Alpa, un ayant-droits.

Cette action « coup de poing » a, dès lors, été diversement appréciée du côté des internautes. Certains blogs ont commenté la situation de manière plutôt critique. C'est notamment le cas de Bluetouff qui a publié un article (redirigé ici) à charge intitulé : « Wawa-Mania est bien une organisation structurée de cyber délinquants ». Quelques heures après, le blog tombe et son auteur confie « vouloir arrêter toutes actions ».

Plusieurs questions ressurgissent alors sur les méthodes de Wawa-Mania et de l'Atild lorsqu'Aurélien Boch, président de l'Atild lance au NouvelObs : « Nous avons découvert qui a lancé ces attaques et nous avons leur engagement de ne pas les poursuivre. Nous pouvons garantir au blogueur qu'il peut dès à présent accéder à son site ». Etrange feu vert… d'autant que certains internautes se posent toujours des questions quant au financement de Dimitri Mader, preuve en est cette discussion avec l'Atild sur Irc.

Le coeur de la question réside en effet sur les ressources financières de Wawa-Mania. Dimitri Mader a avoué avoir perçu « environ 47.000 euros en trois ans, soit un salaire de 1.500 euros par mois dont 1.200 euros pour couvrir les frais d'hébergement sur des serveurs iraniens » en revenus publicitaires.

Malgré le soutien du Parti pirate, la position de Dimitri Mader s'avère désormais délicate. S'il avoue vouloir « se calmer » dans le futur, d'autres actions commandos ou de communication pourraient bien être initiées dans les jours à venir. Le site de l'Atild a, en effet, posté un étrange message le 1er juin : « Si l'un(e) de vous connait le milieu de la montgolfière, et notamment quelqu'un qui défend nos idées, merci de nous contacter svp. Merci d'avance ». Pour information, l'autorisation de survol de Paris doit être demandée à la préfecture de Police.
Dans l'adversité, il faut se diversifier : c'est probablement la devise des administrateurs du controversé site de recherche de torrents The Pirate Bay, qui viennent de lancer un site de rencontres, en partenariat avec Meezoog.Pirate Date, c'est son nom, se présente comme un site de rencontres autour du "partage" : pas du partage de fichiers cette fois, mais du partage d'informations d'amis, via Facebook Connect. « Les pirates partagent leurs amis célibataires avec les autres membres, pour créer un océan de possibilités et une qualité de correspondances pour tout le monde. » Tout un programme.

Le service, qui se présente comme « protégé » et « transparent », se propose donc de chercher dans les amis des amis de ses amis les personnes au profil proche du nôtre, pour une mise en relation, et plus si affinités. Une "jauge de proximité sociale" est même proposée pour définir la compatibilité entre les personnes.

A en croire la page d'accueil du site, Pirate Date semble cibler en priorité un public masculin, probablement à l'image des utilisateurs de The Pirate Bay. Le moteur de recherche de fichiers bittorrents semble donc désireux de se diversifier alors qu'il est toujours au cœur d'ennuis judiciaires.

Reste que le succès d'un tel site reste une vraie interrogation : qui osera partager des infos personnelles avec un service en lien direct avec un site de partage illégal ? Si la démarche de The Pirate Bay apparait comme originale, son issue reste des plus incertaines.
La nouvelle plate-forme de la compagnie ferroviaire vient de voir le jour. Prévu pour le 1er juin, le site dévoile ses atours et promet de rendre plus visibles les détails des tarifs des billets de train. Face à des problèmes de sécurité ou des mises à terre du service, le site s'était fait l'écho de nombreuses critiques. La nouvelle version doit donc redorer l'image Web de la SNCF...

La volonté du nouveau voyages-SNCF.com est donc d'améliorer la visibilité des offres train-vol-hôtel-séjour. De même, le moteur de réservation se veut plus accessible dès la page d'accueil et devrait permettre de réaliser plus rapidement une réservation en ligne. Pour autant, une fois le choix des destinations opérée, rien ne change vraiment sur le site. La même barre propose de choisir son trajet selon les horaires, les tarifs étant alors variables.

Autre ajout, les espaces communautaires ont été mis en avant. Dans la partie droite, le Lab, le Forum ou encore la Radio SNCF sont disponible depuis la page d'accueil. Ces quelques modifications cosmétiques ont été apportées afin de tenter d'en finir avec une mauvaise image coriace. Dernier en date, à veille du week-end de la Pentecôte, la SNCF était victime d'un problème informatique qui bloquait l'ensemble de son système de réservations Web, mobile et par téléphone. Une fois encore la page d'accueil affichait la maxime : « L'accès au service central de réservation de billets de train de la SNCF est partiellement indisponible »...
Avis aux possesseurs de chats qui se demandent ce que font leurs félins durant leur absence : Sony Computer Science Laboratories a présenté la semaine dernière, durant l'Open House 2010, un dispositif permettant de suivre en temps réel les pérégrinations des matous sur Twitter.

Développé en collaboration avec l'université de Tokyo, le dispositif, baptisé Cat@Log, consiste en un collier intégrant un GPS, une puce Bluetooth, un appareil photo numérique et un accéléromètre, qui permettent de localiser et de déterminer les activités de l'animal, où qu'il soit. Il est ensuite possible d'associer le tout à un compte Twitter, qui se met à jour via une connexion Bluetooth à un ordinateur, et affiche des indications sur ce que fait le chat. La démonstration de Sony CSL proposait 11 phrases fixes, mais le fabricant envisage d'en proposer beaucoup plus.

Le dispositif intègre également un système de reconnaissance de visages… de chats, conçu par le laboratoire de Sony en utilisant des photos de plusieurs milliers de félins disponibles sur Internet, rapporte TechOn. Une fonction qui permettrait alors d'établir la liste des "fréquentations" du chat en géolocalisant les rencontres.

Pour le moment, le Cat@Log n'en est qu'au stade du prototype, et Sony Computer Science Laboratories n'à rien laissé sous-entendre d'une possible commercialisation d'un tel dispositif, assez limité en l'état : la connexion via Bluetooth demande en effet que l'animal soit à proximité d'un ordinateur pour enclencher le transfert d'informations, ce qui se révèle peu pratique lorsque le chat est un adepte des promenades.

Alors, chatter avec son chat sur Twitter, bientôt une réalité ? Rien n'est moins sûr : ce qui l'est, par contre, c'est que certains minets auraient sans doute des choses bien plus intéressantes à raconter que certains humains sur le site de microblogging.
La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ou Loppsi doit être examinée ce jour au Sénat. La Chambre haute souhaite éviter le passage par le juge avant tout blocage d'un site jugé pédo-pornographique. Si elle est adoptée, cette mesure pourrait bien être retoquée par le Conseil constitutionnel.

La Loppsi revient dans l'actualité. Outre le fait que le projet de loi vise à créer un délit d'utilisation frauduleuse de données à caractère personnel, elle doit « aggraver les sanctions de certains délits de contrefaçon et accroît la protection des internautes contre les images de pornographie enfantine ». Le sénateur Jean-Patrick Courtois (UMP) souhaite introduire quelques amendements qui risquent fort de faire débat.

Le sénateur de Saône-et-Loire estime que « l'intervention a priori de l'autorité judiciaire ne répond ni aux exigences de la pratique ni à celles du droit ». Le nouveau texte viserait donc à se passer de l'avis du juge avant la fermeture ou le blocage d'un site comportant des images « manifestement pornographiques ».

La situation ressemble fort à l'épisode portant sur la loi Hadopi et le retoquage des neufs sages en octobre dernier. Le Conseil constitutionnel avait été saisi par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale qui estimait que : « Dans ces conditions, le législateur ne pouvait, quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions, confier de tels pouvoirs à une autorité administrative dans le but de protéger les titulaires du droit d'auteur. Ces pouvoirs ne peuvent incomber qu'au juge. » Le Conseil constitutionnel avait alors estimé que se connecter au Web était un droit fondamental.

Il est donc très probable que ces nouveaux amendements ne passent pas la porte du palais du Luxembourg et du Sénat.
Nous vous en parlions cette semaine, cette fois il semble qu'au sein même de la majorité présidentielle, les avis sur Hadopi divergent. Certaines personnalités qui s'étaient opposées au texte de loi affirment désormais clairement leur opposition. A l'heure où l'Hadopi n'est pas encore légalement mise en place, ces « sorties » en sonneraient-elles déjà la fin ?

L'agitation politique autour de la loi Hadopi repart pour un tour. Le texte ne serait même plus soutenu par sa base politique. Clubic évoquait hier la nouvelle vision d'Internet prônée par l'UMP, à la demande de Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Dès lors, le parti n'a pas hésité à contester les positions soutenues par Hadopi. Pourtant, il est connu que la défense du droit de propriété intellectuelle et la lutte contre le piratage (qualifié de « vol à l'étalage ») était un voeu présidentiel

Après que ce rapport portant sur « l'éthique du numérique » et soutenu par 28 personnalités de droite, ait souhaité « éviter une logique qui oppose consommateur et éditeur et prendre davantage en ligne de compte le rôle du distributeur », certains députés donnent encore des coups de canifs dans la loi.

Ainsi Hervé Mariton, qui avait pourtant voté pour Hadopi a expliqué au Point.fr que « Nous sommes passés clairement à autre chose, je ne veux pas épiloguer à ce sujet. Mais nous ne sommes ni pro ni anti-Hadopi ». De mots tempérés qui s'ajoutent à ceux du député Patrice Martin-Lalande (qui s'était abstenu) : « ce texte est techno-dégradable. La loi est déjà dépassée avant d'avoir été votée ». Ambiance.

Critiqués pour le suivisme lors des débats sur Hadopi (un site, députésgodillots.info avait même été édité pour l'occasion), il semble donc que certains députés n'hésitent plus à dévoiler complètement leur opposition. Signe d'une mouvance politique et/ou d'une prise de conscience (tardive) quant à l'application de la loi Hadopi, les choses bougent.

Ces mouvements peuvent être qualifiés d'étranges puisque l'Hadopi attend toujours non seulement l'autorisation de la Cnil auprès des ayant-droits pour collecter des adresses IP mais également ses décrets d'application. Sans volonté politique, ces derniers pourraient bien ne pas voir le jour.
Jean-Noël Saunier est PDG de Flumotion, une plate-forme originaire d'Espagne qui propose une solution de stockage, trancodage et distribution de vidéos. Dernier tour de force en date : Flumotion a fait la démonstration d'un flux diffusé en direct encodé en WebM, un codec annoncé par Google seulement 48h plus tôt.

Jean-Noël Saunier, bonjour. Pourquoi une prise en charge aussi rapide du codec de Google ? Un simple coup marketing ?

C'est sûr que c'est une façon de montrer la puissance de notre technologie, donc c'est bon pour notre image. Mais notre engagement en faveur des codecs leaders remonte à plus loin. Dès 2007, au début de nos activités commerciales, nous avons deux objectifs : prendre en charge les codecs leaders du marché, et les codecs open source. Le codec WebM, basé sur le VP8 (développé par On2 Technologies, société que Google vient de racheter, NDLR), remplit ces deux conditions à la fois. C'était donc une évidence pour nous de l'offrir. Nous l'avons fait très rapidement pour montrer au marché qu'avec notre propre technologie, nous sommes capables de contrôler toute la chaîne de valeur, de l'acquisition à la distribution du contenu. Ca nous permet d'aller très vite dans l'implémentation et la mise à disposition de tout nouveau codec sur nos plateformes.

Cela ne veut pas dire que l'adoption par nos clients va être massive et immédiate. Simplement, nous avons pu mettre en place des beta-testeurs, et nous déployons le codec sur la plateforme pour qu'il soit pleinement utilisable. Le problème maintenant, c'est pour les clients : c'est à eux de savoir si cela fait sens d'utiliser le VP8 ou non. Ils vont sans doute attendre une plus grande démocratisation du HTML 5, ou une intégration du VP8 dans Flash. Les prochaines versions de navigateurs et de Flash player seront compatibles. Mais de fait, nous avons montré l'intérêt de contrôler notre technologie.

Beaucoup d'autre solutions passent par des fournisseurs extérieurs. Nous avons nos propres serveurs, notre propre plateforme de distribution du contenu... Il n'y a pas besoin d'attendre que des prestataires externes fassent leurs mises à jour. Comme nous maîtrisons tout, nous pouvons implémenter un codec aisément. Ca aurait pu être n'importe quel codec, d'ailleurs, mais nous souhaitons appuyer le VP8 comme codec open source. Nous sommes intéressés par la démocratisation de l'utilisation de la vidéo en ligne, et nous pensons qu'un format open source puissant et optimisé aidera au final toute la chaîne et le marché à développer la consommation de vidéos.

Est-ce que la pérennité de l'ouverture du format par Google est garantie ?

C'est à Google de répondre, puisque ça leur appartient. Ils l'ont étudié, et eux seuls peuvent donner les garanties. Nous, ce qui nous intéresse, c'est qu'un acteur important du monde en ligne veuille investir dans un codec ouvert. C'est une entreprise qui a les moyens de se l'offrir, et je ne pense pas que leur intérêt soit de capter un public pour monétiser leur codec en le rendant payant un jour. Ils doivent être capables de l'ouvrir pour que les producteurs de contenus l'utilisent, mais leur objectif n'est pas d'être un spécialiste des rentes sur un codec vidéo.

Ce qui intéresse Google, c'est de démultiplier l'utilisation de la vidéo. C'est là qu'est leur marché. Plus ils démocratisent un codec, moins il coûtera cher. Aujourd'hui, la gestion des licences coûte beaucoup d'argent, or si Google aide à démocratiser la vidéo en ligne, cela générera plus de trafic et plus de recherche, donc plus de publicité... Google gagnera au final plus d'argent en maintenant son codec ouvert. Et n'oublions pas que Youtube est le plus gros site du monde sur le secteur.

Google est en effet un géant avec des moyens considérables... Est-ce que ça signifie que c'en est fini du débat Flash contre HTML 5 ?

Flash a tout de même encore du temps devant lui. La solution HTML 5 est intéressante, et c'est une alternative sur le marché pour consommer des vidéos, mais Flash player reste déployé sur beaucoup de machines, que ce soit chez les utilisateurs finaux ou les producteurs de contenu. Et d'ailleurs, l'intérêt de Flash est de permettre l'intégration de publicité pour monétiser ses contenus. Il faut attendre que le HTML 5 propose une solution de ce type avant de se demander s'il pourra enterrer Flash. Dans tous les cas, il n'y aura pas de migration brutale du jour au lendemain. Ca reste un enjeu de moyen terme.

Plus largement, je pense que le VP8 aidera au final l'émergence du HTML 5. Il sera possible de regarder des vidéos sans télécharger de plug-in de lecture... C'est intéressant. Cela dit, à mon avis, la problématique des codecs multiples continuera d'exister. Plus il y a d'accès à travers différents appareils, plus la complexité augmente. Avant, avec la télévision, le problème des codecs ne se posait pas : c'était simple car il y avait une fenêtre d'accès, la TV. Aujourd'hui, on peut accéder à la vidéo par différents mobiles, par différents navigateurs de PC équipés de différents lecteurs, comme Silverlight ou Flash par exemple. Donc le VP8 ne va pas venir pour simplifier tout ça, c'est une nouvelle offre.

D'ailleurs, vous pouvez avoir un codec unique, ça ne règlera pas tous les problèmes. Il faut aussi gérer les tailles d'écrans, et optimiser les frames par seconde en fonction du matériel utilisé pour lire la vidéo. C'est ce que nous intégrons dans notre solution, en proposant une optimisation pour les différents types de matériels. Quand Microsoft dit vouloir simplifier la chaîne avec un lecteur unique - Silverlight - sur Xbox, PC, et téléphone Windows, c'est surtout un intérêt commercial qui les guide. Car si on veut atteindre un maximum d'audience, il faut aussi pouvoir aller sur l'iPhone, sur des téléphones Android, des tablettes ou autres. Donc les producteurs de contenu voudront continuer à être dans la gestion de multiples formats et de multiples terminaux.

Brightcove arrive en France, Kewego s'apprête à faire de grosses annonces... Comment se situe Flumotion sur ces marchés ?

Nous offrons une solution globale, avec notre propre technologie, nos propres serveurs, notre propre plateforme de distribution du contenu, et des solutions d'encodage et de monétisation. Brightcove est sur un bout de la chaîne, mais pas sur l'intégralité. De plus, nous avons des partenaires qui nous permettent d'attaquer le marché européen. Nous avons par exemple un accord avec NTT qui déploient nos solutions au sein de leur offre logicielle. On offre d'ailleurs des solutions innovantes, comme la découpe à la volée pendant un live. Ce qui signifie qu'une fois la retransmission du direct achevée, la vidéo est automatiquement prête pour être diffusée en VOD. Avec la course à l'information actuelle, il faut aller de plus en plus vite. Nous apportons donc une plus value en se débarrassant d'une étape généralement effectuée manuellement.

Depuis 2007, nous nous sommes concentrés sur le marché espagnol, dont nous sommes originaires. Mais nous nous voyons depuis le début comme une entreprise européenne basée à Barcelone, plutôt que comme une entreprise espagnole. Nos clients sont des médias importants, ou des groupes qui ont besoin de produire des vidéos de consommation. Le marché européen est fragmenté, mais nous avons des ressources multiculturelles importantes dans Flumotion qui sont un avantage. Nous connaissons déjà les marché, et nous rentrerons plus facilement. Les Etats-Unis ne sont pas exclus, mais il faut faire le développement en plusieurs étapes. C'est par exemple plus facile d'offrir un support technique en Europe, grâce notamment à nos partenariats. C'est une stratégie qui nous permet de rester cohérents.

Jean-Noël Saunier, je vous remercie.
Lors de la conférence D8, organisée comme tous les ans par le Wall Street Journal, Steve Jobs s'est prêté de bonne grâce au jeu de l'interview et a évoqué quelques thèmes chauds du moment. En tête : l'iPhone 4G perdu, Google, Adobe, l'iPad... Le patron d'Apple en a profité pour régler ses comptes... une bonne fois pour toute ? Pas sûr.

Concernant l'iPhone 4G et l'affaire Gizmodo, Steve Jobs a confirmé qu'il s'agissait bel et bien d'un prototype égaré lors d'un test en conditions réelles, tout en indiquant qu'il y avait « débat quant à savoir s'il a été laissé dans le bar, ou bien volé dans le sac » de l'ingénieur. Il révèle également que ce n'est pas Apple qui a contacté la police en premier lieu, mais le colocataire de Brian J. Hogan, le jeune américain qui avait trouvé le prototype dans un bar de San José. Mais la firme de Cupertino a néanmoins bien porté plainte contre Gizmodo : « La pire chose à faire aurait été de laisser faire » a commenté Jobs.

Google a également été au coeur de la discussion : Steve Jobs a confirmé que le moteur de recherche et ses applications ne seraient pas supprimés de l'iPhone. Walt Mossberg, journaliste au Wall Street Journal, a également interrogé le patron d'Apple sur le positionnement de la firme par rapport à la concurrence de Chrome OS et Android. A ce titre, Jobs a nié mener une croisade contre ses opposants : « Nous ne nous sommes jamais vu dans une guerre de plateformes avec Microsoft, ou qui que ce soit ... C'est peut-être pour ça que nous avons perdu. Mais nous ne nous somme jamais lancé de nous-mêmes dans une telle guerre ; nous voulons juste faire de bons produits. » La société ne compte pas non plus se lancer dans la recherche, et ce malgré le récent rachat de l'application de recherche vocale Siri.

Puis est venue l'affaire Adobe, et précisément la lettre ouverte de Jobs contre Flash : le PDG en col roulé s'est, à nouveau, défendu d'être en guerre contre l'entreprise, mais a expliqué que les attaques répétées d'Adobe contre Apple l'ont « fatigué », et l'ont poussé à écrire sa désormais célèbre lettre.

« Nous voulons juste faire de bons produits. Nous estimons que Flash n'est pas un bon produit, nous l'avons donc laissé de côté. » a-t-il expliqué, avant d'ajouter se concentrer sur des « technologies en ascension » : « Flash a fait son temps et le HTML5 représente l'avenir. Nous avons demandé à Adobe de nous montrer quelque chose de mieux, ils ne l'ont jamais fait ». Pas de guerre, mais une grosse flèche lancée là où ça fait mal, tout de même.

Jobs s'est également exprimé au sujet de Foxconn, et de l'inquiétante vague de suicides qui a lieu dans son usine de Shenzen, où est notamment fabriqué l'iPhone : « Foxconn n'est pas un atelier misérable. Ils ont des restaurants et des cinémas… Mais ça reste une usine. 400 000 personnes travaillent là-bas. Le taux de suicide est inférieur à celui des Etats-Unis » a-t-il temporisé, tout en indiquant que les évènements actuels étaient tout de même « préoccupants ». Si le PDG d'Apple n'a pas évoqué les récentes rumeurs concernant une prime versée aux employés fabriquant les produits griffés d'une pomme, il a cependant confirmé que du personnel de la marqué avait été dépêché à Shenzen, pour enquêter.

Le patron de la firme de Cupertino s'est également épanché sur l'iPad, et sur l'avenir des tablettes en général. Pour Steve Jobs, les PC ont du souci à se faire face à ce nouveau marché. Pour l'expliquer, il a utilisé une métaphore des plus originales : « Quand les Etats-Unis étaient un pays rural, toutes les voitures étaient des camions. Mais quand les populations ont commencé à migrer en ville, les gens ont commencé à utiliser des voitures. Je pense que les PC vont connaître le même destin que les camions : ils seront de moins en moins utiles. »

C'est donc un Steve Jobs ouvert au dialogue qui a exposé son point de vue hier soir, quitte à remettre de l'huile sur le feu de certains sujets quelques peu délicats. Gageons que les contre-attaques ne se feront pas attendre...

L'intégralité de la conférence est disponible, en vidéo et en anglais, sur le site du Wall Street Journal.
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