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En fin de semaine dernière, des propos relayés par le général américain Keith Alexander témoignaient de son inquiétude au sujet d'un worm baptisé Stuxnet. Ce malware aurait déjà infecté un nombre inconnu de centrales électriques, d'oléoducs et d'usines. Il se serait même permis de viser une installation nucléaire iranienne.Des propos qui ont fait tâche d'huile puisque dans un premier temps, le secrétaire général des serveurs informatiques industriels d'Iran aurait confirmé ces attaques sur ses installations. Mahmoud Alyaee expliquait alors à l'agence de presse Reuters que le 25 septembre, 30 000 ordinateurs ont été infectés par le virus Stuxnet.

La thèse de l'infection généralisée était donc plausible. Jusqu'a ce qu'un démenti cinglant ne vienne contredire ces propos. Ce dimanche, des responsables iraniens ont affirmé que la centrale nucléaire de Bushehr et les systèmes gouvernementaux en Iran « n'avaient pas été affectés par le virus informatique Stuxnet ».

Précisément, le virus aurait en fait touché les ordinateurs personnels de certains employés de la centrale et environ 30.000 fournisseurs d'accès à internet. Les installations de la centrale seraient saufs.

Reste la question de l'origine du malware. Selon Symantec, 60% des ordinateurs infectés par ce virus se trouvent en Iran. Les autorités iraniennes préfèrent accuser des « ennemis étrangers » d'avoir créé le virus. Stuxnet conserve donc une part de mystère.
le 24/09/2010 à 13:32
Microsoft peaufine encore Hotmail
L'équipe de Windows Live continue de plancher sur son service de courriers électroniques. Cet été Hotmail a été mis à jour avec de nouvelles fonctionnalités permettant de mieux gérer ses messages et la prise en charge de Microsoft Exchange ActiveSync. En plus de pouvoir créer des filtres à la volée, le dispositif anti-spam a été renforcé et les messages peuvent être consultés sous forme de conversations. Microsoft y a aussi intégré Office Web Apps pour la consultation des pièces jointes, et Skydrive pour l'envoi de ces dernières. Par ailleurs il est désormais possible de prévisualiser les médias reçus directement au sein de sa boite mail.

L'équipe annonce de nouveaux changements à venir. En effet, le raccourci permettant de filtrer les messages contenant les numéros de suivi d'un colis trouve désormais une réelle utilité. Dans cette section pré-configurée qui ne contenait que les messages du service postal américain, l'internaute y retrouvera désormais les informations provenant de Fedex, DHL et UPS.

Facebook s'intègre un peu plus aux services de Microsoft. Le réseau communautaire est déjà disponible via le client Windows Live Messenger ainsi que sur l'application iPhone. Prochainement il sera possible de discuter avec ses contacts sur Facebook Chat directement depuis le webmail. Par ailleurs, l'internaute pourra mettre en ligne une série de photos jusqu'à 10 Go via l'intégration de Skydrive. Jusqu'à présent cette option n'était disponible qu'aux Etats-Unis. Notons que la limite allouée aux pièces jointes traditionnelles s'aligne sur la concurrence en passant 25 Mo.

La lecture directe des vidéos insérées aux sein des messages se cantonnait à YouTube et Hulu. L'équipe y a également ajouté la prise en charge de DailyMotion et Justin.tv. Enfin, toujours dans l'optique de simplifier la gestion du courrier, Hotmail introduit également la possibilité de créer des sous-dossiers.
La firme américaine vient d'être condamnée par le TGI de Paris au sujet des ses suggestions. Le tribunal a mis en cause le directeur de la publication de Google.fr et Google Inc. pour diffamation au sujet des Google Suggest.

Ces recherches associées sont un « reflet des recherches des internautes ». Pourtant, le tribunal a bien donné raison à une personne qui avait été impliquée dans une affaire de corruption de mineure et fait l'objet d'une condamnation. Google Suggest faisait alors apparaître des termes comme viol, condamné, sataniste ou prison associés à ses nom et prénom.

Le site Legalis.net précise même que la Justice a estimé que « ces propositions, prises séparément, et plus encore associées les unes aux autres, constituent ainsi, au moins par insinuation, des faits précis susceptibles de preuve et évidemment de nature à jeter l'opprobre sur qui en est l'objet. »

Google a donc dû supprimer ces suggestions sous astreinte de 500 euros par jour puisqu'elle a jugé que la firme était « impliquée » par le choix de ces suggestions.
le 24/09/2010 à 13:32
LinkedIn s'invite sur Windows Live
Toujours plus communautaires, les produits de la famille Live accueillent désormais le réseau professionnel LinkedIn. C'est ainsi qu'après avoir annoncé l'intégration prochaine de Facebook Chat au sein de Hotmail, les contacts de LinkedIn pourront trouver leurs places au sein du carnet d'adresses. Par ailleurs, à partir du logiciel de messagerie instantanée Windows Live Messenger l'internaute sera en mesure de mettre à jour son flux d'actualités sur le réseau LinkedIn.

En avouant qu'il peut être relativement périlleux de migrer ses contacts depuis différents réseaux communautaires au sein d'un même carnet d'adresses, l'équipe de Windows Live explique que la synchronisation de ses relations de LinkedIn sera facilitée par un système capable d'analyser les noms afin d'éviter les éternels doublons. Microsoft estime par ailleurs qu'il est important d'avoir à disposition les informations pertinentes pour répondre à une situation donnée ; par exemple pouvoir jongler entre les adresses email personnelles et professionnelles. Indirectement Microsoft semble donc sous-entendre que son webmail peut désormais satisfaire les tâches professionnelles.

LinkedIn trouvera donc sa place au sein du client Live Messenger aux côtés des services Facebook et MySpace avec la possibilité d'ajouter une personne à ses favoris. L'intégration est également portée sur l'application iPhone. En rappelant que l'utilisateur peut régler les paramètres de confidentialité, Microsoft explique les statuts et informations personnelles seront synchronisées entre les sites Live.com et les profils de LinkedIn. C'est ainsi qu'il sera possible de partager une nouvelle activité professionnelle avec ses contacts de Windows Live Messenger.
De l'aveu même de Facebook, c'est la pire interruption de service qu'ait connue le site sur les quatre dernières années. Après que les utilisateurs eurent constaté divers dysfonctionnements et ralentissements entre mercredi et jeudi, le numéro un mondial des réseaux sociaux a subi une interruption de service d'environ deux heures jeudi soir, entre 20h30 et 23h (heure française).

Sensible dans le monde entier, la panne a immédiatement suscité un flot de questions et de commentaires, aussi bien chez les accros au service que chez les professionnels du réseau. Dans le lot, certains avancent l'hypothèse d'une attaque par déni de service de grande ampleur. Selon les ingénieurs de Facebook, la réponse serait bien plus triviale : le site aurait été victime d'un simple problème informatique.

Plus tôt dans la journée, Facebook s'est révélé hors ligne ou inaccessible pour la plupart d'entre vous pendant environ 2 heures et demi. C'est la pire interruption de service que nous ayons rencontrée en plus de quatre ans, et nous voulions en premier lieu vous présenter nos excuses, a indiqué Robert Johnson, directeur de l'ingénierie logicielle chez Facebook, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Il explique que la défaillance responsable de la sévérité de cette panne se situait au niveau d'un système automatisé chargé de vérifier la validité de certaines valeurs stockées en cache, pour éventuellement les remplacer par des données à jour. La configuration de ce système aurait été modifiée à de telle façon jeudi que chaque tentative de connexion au site entrainait la détection d'une valeur invalide et donc, une tentative de mise à jour de cette dernière. Facebook faisant face à un important afflux de visiteurs, le système de gestion des bases de données du site aurait été rapidement surchargé par ces requêtes en série.

Facebook assure avoir résolu le problème, mais indique avoir dû, à cette fin, couper l'accès au site, avant de le rétablir progressivement, ce qui explique pourquoi les utilisateurs se sont d'abord vus retourner des messages d'erreur lors de leurs tentatives d'interactions avec le service, avant de ne plus pouvoir y accéder pendant quelques dizaines de minutes.

Reste à savoir si cette panne aura eu un impact sur la productivité en entreprise aux Etats-Unis, le taux de natalité en Asie, ou l'audience des programmes de télévision du soir en France !
le 24/09/2010 à 13:32
Microsoft met à jour Office Web Apps
Microsoft annonce une série de nouveautés pour ses outils bureautiques hébergés Office Web Apps. Après avoir rendu ces derniers disponibles outre-Atlantique et outre-Manche, sept nouveaux pays pourront en profiter dont la France. Dernièrement Office Web Apps fut implementé au sein de Hotmail pour la consultation et l'édition de documents reçus en pièce jointes.

En précisant que 90% des documents hébergés sur les serveurs de Microsoft furent initialement créés sur les applications locales de la suite Microsoft Office, l'équipe ajoute la possibilité d'ouvrir un fichier consulté directement au travers de ces dernières. D'une certaine manière, ce pourcentage soutien les propos que Microsoft a longtemps tenus à savoir : une stratégie 100% hébergée ne s'avérerait pas satisfaisante pour les utilisateurs et l'époque du logiciel classique n'est pas révolue.

L'équipe a rajouté la possibilité de pouvoir directement insérer sur son site ou son blog des présentations PowerPoint ainsi que des feuilles de calcul d'Excel. A l'instar du service web Slideshare, les documents PowerPoint pourront être affichés en plein écran. L'équipe ajoute que les transitions seront également conservées. De leurs côtés, les documents Excel pourront être présentés avec des droits d'écriture aux internautes, non pas pour modifier le contenu mais pour effectuer des calculs avec les formules spécifiées par son auteur ; par exemple pour simuler des mensualités sur un emprunt ou des tarifs dégressifs pour une commande en ligne.

Notons enfin que Excel rejoindra Word et PowerPoint sur les téléphones mobiles. Trois mois après son lancement Office Web Apps comptait 20 millions d'utilisateurs.
C'est non sans une certaine fierté que l'encyclopédie libre Wikipédia a annoncé cette semaine avoir dépassé le million d'articles rédigés dans la langue de Molière, faisant de la mouture française la troisième à dépasser ce palier après la version anglaise (3,4 millions) et la version en allemand (1,1 million).Lancé en mai 2001, Wikipédia en français est le fruit de 300 000 contributeurs enregistrés, et des dizaines de milliers d'autres qui contribuent de façon totalement anonyme à cette encyclopédie libre et communautaire. Le million d'articles est réparti dans près de 1 000 portails thématiques, le plus riche étant celui dédié au cinéma qui cumule pas moins de 45 000 articles. En 9 ans, les articles du site ont bénéficié (ou subit) de près de 60 millions de modifications.

Si l'on en croit le débat qui a eu lieu hier au sein de la communauté Wikipédia, le millionième article serait celui consacré au prêtre, linguiste et explorateur Louis Babel, créé le 21 septembre dernier.

Dans son ensemble, Wikipédia est aujourd'hui disponible dans 267 langues, pour un total d'articles qui dépasse les 15 millions toutes versions confondues.
Le projet était dans les cartons depuis quelque temps déjà, il est désormais en passe d'être réalisé. Orange, associé au consortium LION 2 (Lower Indian Ocean Network) compte construire un nouveau câble sous-marin de télécommunications dans l'Océan Indien. Il devrait lier Madagascar au reste du monde via La Réunion et l'Ile Maurice.En dehors du projet de construction, ce nouveau « tuyau » représente une nouvelle manne pour le développement économique de cette région, base arrière de l'Afrique pour la Chine et également choisie pour la délocalisation de certaines activités par des géants des Telecoms.

Selon un communiqué de France Telecom-Orange, ce câble sera long d'environ 3 000 km et « prolongera le câble LION déjà existant jusqu'au Kenya en desservant Mayotte. Ce câble permettra de fournir à Mayotte, pour la première fois, un accès au réseau internet haut-débit ».

Pour la réalisation de ce projet, Orange et ses filiales Mauritius Telecom, Orange Madagascar et Telkom Kenya, ainsi que les opérateurs Emtel, Société Réunionnaise du Radiotéléphone et STOI Internet, ont constitué un consortium afin d'investir 56,5 millions d'euros. Signe qu'Orange a depuis longtemps pris pied dans cette région.

De même, Orange est également partie prenante au déploiement de câbles sous-marins sur la façade Atlantique du continent. Une présence stratégique qui a également pour but de contrer l'offensive économique de certaines sociétés chinoises dans cette partie du globe.
L'administration Obama souhaite présenter prochainement au Congrès américain un projet de plan d'action en cas de cyber-attaque. Les Etats-Unis cherchent ainsi à se protéger grâce au renforcement de la structure de décision militaire.Le New-York Times reprend les propos du général Keith Alexander. Il évoque un scénario désormais connu des professionnels de la sécurité dans lequel le réseau électrique américain est visé par une infection de malwares. Le responsable donne donc de la voix puisqu'il cherche à rendre effectif le nouveau cyber-commandement américain. Ce dernier doit d'ailleurs être opérationnel le 1er octobre prochain.

Le général Alexander souhaite donc que l'attention subsiste au sujet de la sécurité des réseaux. Un rappel alors que certaines informations font montre d'inquiétudes au sujet d'un worm baptisé Stuxnet. Selon le Financial Times, il aurait déjà infecté un nombre inconnu de centrales électriques, d'oléoducs et d'usines. Il se serait même permis de viser une installation nucléaire iranienne.

Pour rappel, ce type de malware se diffuse grâce à des périphériques de stockage comme des clés USB puis s'infiltre sur des postes fonctionnant sous Windows. Puisqu'éviter la propagation d'une telle menace peut apparaître comme très compliquée, l'Etat-major américain tente donc d'anticiper en prévoyant une batterie de contre-mesures en cas d'infection généralisée.
Plusieurs sociétés et organisations engagées dans la lutte contre le téléchargement illégal ont subi ces derniers jours de violentes attaques de type DDOS visant leurs sites Web. Organisées au nom de la défense de The Pirate Bay, icône du libre échange de fichiers, elles envisagent jour après jour de nouvelles cibles et pourraient, si l'on en croit les échanges lors desquels elles sont fomentées, rapidement se tourner vers la France. Le site Hadopi.fr, dont le lancement est imminent, devrait constituer l'une des futures victimes, tout comme celui de Trident Media Guard (TMG), la société qui opère des outils de surveillance du réseau pour le compte des ayant-droits. Qui sont les internautes responsables de ces attaques, comment procèdent-ils et que veulent-ils vraiment ?

« Mon nom est légion car nous sommes nombreux »

Pour mener une attaque de type DDOS, il faut qu'un grand nombre de machines se synchronisent pour simultanément assaillir de requêtes la cible. Dans les milieux du cybercrime, on réalise ce genre d'opérations à l'aide de botnets, ces réseaux d'ordinateurs infectés à l'insu de leur propriétaire. Ici, il n'est pas impossible que des botnets aient été mis à contribution, mais la portée de l'attaque vient essentiellement du nombre de participants réunis.

Un nom revient de plus en plus souvent dans la presse lorsqu'il s'agit d'illustrer la puissance des foules à l'heure du Web. Il s'agit de 4chan, l'un des plus importants image boards de la planète, d'où sont issus bon nombre des mèmes qui constituent, à leur façon, un pan de la culture Web moderne. Au sein de ce gigantesque espace de discussion, la modération n'intervient que dans les cas les plus extrêmes. S'y sont forgées des communautés adeptes de l'humour vache, trash, voire franchement gore. L'une d'elles a choisi de délaisser le culte du LOL au profit de causes plus sérieuses. Elle se fait appeler « Anonymous » (anonyme), en référence à l'anonymat qui est la règle sur 4chan, parfois abrégé en « Anon ».

La voix d'Anon ne fait pas dans la dentelle. Sur les images que concocte la communauté revient ainsi régulièrement cet emprunt à l'Évangile selon Marc : « Mon nom est Légion car nous sommes nombreux ». Son existence a pour la première fois été portée à la connaissance du grand public début 2008, après qu'une campagne de communication eut accompagné une attaque menée contre différents sites Web rattachés à l'église de scientologie.

En 2010, Anon s'est trouvé une nouvelle cible : les organisations ou institutions qui, au nom d'intérêts économiques, soutiennent la mise en place de mesures visant à restreindre les libertés qu'autorise aujourd'hui Internet. Le libre échange de fichiers par exemple.

Oeil pour oeil, dent pour dent ?

21 heures. C'est à quelques minutes près le laps de temps pendant lequel le site de la MPAA, association qui représente l'intérêt des studios américains, a été inaccessible entre vendredi et samedi dernier, suite à une virulente attaque de type DDOS (Distributed denial of service). Appelée « déni de service » en français, elle consiste à envoyer simultanément un nombre très important de requêtes vers un serveur informatique de façon à engorger ce dernier jusqu'à saturation. La RIAA, qui défend les maisons de disque, a subi le même sort entre samedi et dimanche, tout comme la société indienne AirPlex Software, spécialisée dans la lutte contre le téléchargement illégal.

D'après « Anonymous », l'attaque en question serait une réponse aux récents agissements d'Airplex Software. Chargée de défendre techniquement certains représentants de l'industrie du cinéma, elle est en effet accusée d'avoir tenté de compromettre le bon fonctionnement du site The Pirate Bay par l'intermédiaire d'une attaque de type DDOS. Dans la foulée de l'action entreprise à l'encontre d'Airplex, Anon annonce vouloir s'en prendre à la MPAA, la RIAA et les cabinets d'avocats qui servent leurs intérêts. Nom de code : « Operation Payback is a bitch ».

LOIC, meilleur ami des script kiddies

Comment s'organisent ces attaques ? Ces derniers jours, on a vu les appels se multiplier sur les forums de 4Chan. L'invitation prend généralement la forme d'une vignette annonçant la tenue d'une action dans les jours à venir, suivie de l'adresse vers un canal de discussion IRC (Internet Relay Chat) sur lequel les personnes intéressées peuvent discuter du mode opératoire. Virale et basée sur des outils où l'anonymat est la règle, l'opération ressemble à une initiative communautaire spontanée. Autrement dit, si maître d'oeuvre il y a, il cultive la discrétion...

Le néophyte qui débarque en affichant son désir de participer à ces attaques se verra rapidement orienté vers LOIC (Low Orbit Ion Canon, référence à Star Wars), un logiciel open source particulièrement simple d'emploi dédié aux attaques de type déni de service. On lui communiquera ensuite l'heure de l'attaque et l'adresse IP du serveur qui héberge le site cible. L'opération ne pouvant fonctionner que si beaucoup d'utilisateurs lancent la procédure simultanément, l'internaute de passage se verra vivement encouragé à recruter de nouveaux participants. A lire les questions que posent les nouveaux venus, on comprend bien que le gros des troupes n'a rien d'un hacker au sens noble : si certains témoignent d'un véritable savoir faire, la plupart ne sont que des script kiddies, cette appellation péjorative désignant les amateurs qui jouent au pirate en manipulant des outils qu'ils ne comprennent qu'à peine.

Émeute 2.0

Manifestation spontanée, violente, résultant d'une émotion collective : voilà des attaques qui collent parfaitement à la définition de l'émeute. Quels que soient les propos belliqueux tenus en ligne, les victimes de ces attaques n'ont pour l'instant pas l'intention de s'en laisser conter.

L'une d'entre elles, ACS:Law, est société de conseil en justice spécialisée dans les affaires de propriété intellectuelle, qui a notamment réussi à faire que soient transmises par des FAI locaux les adresses IP d'internautes convaincus de téléchargement illégal via BitTorrent. Attaqué en début de semaine, son site est revenu en ligne, puis a coulé de nouveau. Son patron, Andrew Crossley, semble pourtant n'en avoir cure. « Je suis plus ennuyé par le fait que mon train ait dix minutes de retard ou que je doive faire la queue pour un café que par le fait de perdre mon temps avec ce genre de saloperies », a-t-il ainsi balancé au site The Register.

En France aussi, on doit se poser la question puisque le futur site de l'Hadopi, dont le lancement est imminent, fait partie des futures cibles évoquées sur les boards dédiées au sujet. Interrogé sur le sujet, Eric Walter, secrétaire général de l'Autorité, a très clairement expliqué que le site ne serait tout simplement pas armé pour résister à un DDOS de grande ampleur. Discours implicite : pourquoi attiser leurs ardeurs alors qu'ils se lasseront d'eux mêmes après avoir obtenu la chute du site ?

Une arme à double tranchant ?

A plusieurs reprises, nous avons profité de l'anonymat fourni par ces salles de discussion pour interroger quelques internautes parmi les plus véhéments. « Anon4 » s'est chargé de nous résumer la démarche sous-tendant l'opération, en un discours bien rôdé de quelques lignes, assez proche de celui des affiches virtuelles de propagande utilisées par la communauté. Il n'en reste pas moins édifiant.

« L'opération Payback signifie pour chacun des Anon que si nos gouvernements nous laissent tomber, si personne en politique ou en économie n'est capable de protéger notre culture et Internet, nous serons là pour frapper et nous battre. Payback est un message envoyé aux Anons. Pas aux enfoirés du copyright, mais à nous même et il nous dit : nous avons des armes, nous pouvons nous en servir. Un DDOS avec LOIC, c'est la plus facile (à utiliser). C'est la première mais ce que Payback veut dire, c'est que s'ils continuent à se dresser contre nous, nous les blesserons avec des armes plus sophistiquées ». Menace latente : après le DDOS, le hack pour une guerre en bonne et due forme ? C'est ce que prônent certains. L'effet V for Vendetta ?

Parmi les nombreux opposants que mobilisent, en France ou à l'étranger, les lois telles qu'Hadopi, tous ne voient pas d'un très bon oeil cette montée de violence, qu'il parait objectivement difficile d'associer à la doctrine de la guerre juste tant le problème de la régulation du Net est complexe.

« Nous ne cautionnons pas ces attaques vaines et contre-productives, qui amènent de l'eau au moulin de nos adversaires, qui stigmatisent déjà les internautes et les criminalisent », défend par exemple le Parti pirate français. « Si nous comprenons et partageons la colère et l'indignation des internautes, et plus largement, des femmes et des hommes qui voient leurs libertés et leurs droits sacrifiés au nom du copyright/droit d'auteur, nous savons aussi que seule une vigilance citoyenne et un engagement politique sans faille viendront à bout des politiques répressives menées contre nos libertés fondamentales ».

Désabusée, la génération Y ? « Les actions politiques ne servent à rien, quand le gouvernement veut passer une loi en force, il le fait. Alors allez expliquer aux kids enragés qu'il faut "s'engager" quand ils peuvent faire sauter un site en une soirée », répond un internaute. Pas tout à fait faux... mais pas tout à fait sans conséquence : après l'émeute vient souvent le durcissement des lois.
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