France : le premier pays en open source

le 23/04/2009 à 23:50
France : le premier pays en open source
D'après une étude publiée par l'éditeur des solutions Linux Red Hat et l'institut Georgia Tech, la France serait en pôle position des pays engagés dans le monde de l'open source. Ce rapport prend en considération plusieurs critères à savoir : l'indice global national d'adoption des solutions open source et la pénétration de ces dernières au sein des instituts publics et du secteur privé. Les chercheurs se sont aussi intéressés au nombre d'oeuvres publiées traitant du sujet, à la proportion d'ingénieurs certifiés par Red Hat, ainsi qu'aux statistiques du Linux Counter, un site au travers duquel l'internaute peut s'enregistrer en tant qu'utilisateur Linux.

La France obtient le meilleur score en ce qui concerne le déploiment du logiciel libre au sein des infrastructures gouvernementales. Ainsi le mois dernier nous apprenions que la Gendarmerie Nationale avait économisé 50 millions d'euros suite à son processus de migration vers les logiciels bureautiques d'OpenOffice.Org initié en 2004. L'on peut aussi mentionner le Ministère de l'Agriculture qui annonçait en 2007 vouloir adopter le système d'exploitation Mandriva. En France, le logiciel libre est principalement représenté par l'association April qui a récemment lancé une campagne promotionnelle afin de sensibiliser le grand public et les entreprises.

Derrière la France, nous retrouvons l'Espagne, l'Allemagne, l'Australie et la Finlande. Etant donnée la nature-même du logiciel libre, cette étude, qui donne une idée de l'activité globale, n'est bien évidemment pas définitive. Certaines statistiques pourraient évoluer, notamment le nombre de traductions fournies pour chaque logiciel open source, l'un des autres critères également pris en considération par les analystes.

Retrouvez une carte détaillée et interactive ici.

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LaCie a annoncé hier le lancement de Wuala en France et dans certains autres pays d'Europe. Le service de stockage en ligne était déjà accessible du monde entier mais il est désormais traduit, entre autres, dans la langue de Molière. Wuala propose les fonctions habituelles, du stockage au partage en passant par la sauvegarde automatique ou le travail collaboratif. Pour se différencier de ses nombreux concurrents, Wuala garantit "une sécurité et une fiabilité totale".Stockez en peer to peer

Pour ce faire, toutes les données stockées en ligne sont non seulement stockées sur l'infrastructure de Wuala mais aussi dans le nuage Wuala, constitué des autres utilisateurs du service. Il s'agit ainsi du premier service de stockage en ligne reposant en partie sur un procédé distribué en peer to peer (pair à pair), ce qui devrait prémunir les utilisateurs d'un cas de force majeur, d'une panne ou même d'une faillite. Pour assurer la confidentialité des données, les fichiers sont chiffrés par l'ordinateur de l'utilisateur (à l'aide de l'algorithme RSA 2048 bits) et découpés en multiples morceaux, de sorte qu'aucun autre utilisateur ne puisse reconstituer un fichier.Troquez votre espace disque

Mais le principe du réseau maillé permet d'ailleurs d'obtenir gratuitement un confortable espace de stockage. Chaque utilisateur peut troquer une part de son espace disque aux autres utilisateurs, pour récolter en retour autant d'espace de stockage dans le nuage, à condition toutefois d'être suffisamment connecté. Il faut ainsi être connecté au moins 4 heures par jour (17% du temps) pour pouvoir troquer de l'espace disque, puis la limite est proportionnelle au temps passé en ligne : un utilisateur connecté la moitié du temps (50%) peut ainsi troquer 50 Go. Il n'est toutefois pas précisé ce qu'il advient du surplus de données lorsque le temps de connexion se réduit.

Il est en revanche possible d'acheter de l'espace de stockage supplémentaire selon des tarifs dégressifs. Cinq offres s'échelonnent de 10 Go à 1 To pour 25 à 1 000 dollars par an. Partagez vos données

Le logiciel, qui est d'ailleurs multiplateforme (Windows, Mac OS X et Linux) et même en partie open source, permet de programmer des sauvegardes régulières avec gestion des révisions antérieures. Il offre également la possibilité de partager des données avec une sélection d'amis, de collaborateurs ou d'en rendre certaines publiques. Des groupes permettent enfin de travailler en collaboration sur des fichiers, en commentant les modifications apportées.

Wuala fournit 1 Go gratuitement à chaque utilisateur. À l'occasion du lancement, il offre 1 Go supplémentaire pour un an aux 200 lecteurs de Clubic les plus rapides, après création d'un compte et saisie du code promo ci-dessous. La création d'un compte, le téléchargement du logiciel et l'obtention de plus amples informations se font dès à présent sur le site internet de Wuala.
Deuxième personnalité à répondre à nos questions sur l'investissement, Jeremie Berrebi est le PDG de Zlio.com. Plus récemment, on a entendu parler de lui en lien avec le fonds Kima Ventures, qu'il tient avec Xavier Niel, PDG d'Iliad (Free). Installé en Israël, Jeremie Berrebi fait toujours partie de l'environnement technologique français, et revient pour nous sur les perspectives de Kima Ventures, après une série d'annonces d'investissements (Lengow, Plyce, Architurn, etc).

Jeremie Berrebi, bonjour. Pour Kima Ventures, le marché d'investissement est clairement mondial. Une façon de dire qu'il faut sortir des frontières françaises ?

Il manque effectivement en France une culture internationale. La réussite de la Silicon Valley s'explique en partie par le fait que les startups n'y montent pas des services dédiés aux Etats-Unis uniquement, mais globaux. En France, plusieurs freins sont récurrents : par exemple, on y parle très mal anglais. C'est assez impressionnant de voir que parmi tous les directeurs des acquisitions des grosses entreprises américaines ou autres, aucun ne passe jamais en France. Ils vont en Angleterre, où ils basent souvent leur siège européen, ils vont constamment en Suède, souvent en Allemagne, et en Israël, on en rencontre toutes les deux semaines. Mais en France, à part pour la conférence Le Web, non. Notre but, avec Kima Ventures, est de faire réellement entrer les entreprises dans le jeu international. Nous avons une forte partie dédiée au réseau, avec un site web où les entrepreneurs peuvent discuter, etc. Eh bien, même si 70% des entreprises sont françaises, on n'y parle qu'anglais.

On peut dire que c'est plus facile pour les Etats-Unis, parce qu'ils ont un marché énorme à la base. Mais le marché européen est gigantesque, et malgré tout il reste encore plus inconnu pour les entreprises françaises. Ce sont des cultures réellement différentes. Par exemple, il y a récemment eu un investissement de Kima en Espagne, mais personne ne s'en est rendu compte. Personne ne l'a relayé sur Twitter en France, personne ne l'a vu. Il n'y a pas de communication entre les différents pays, ce qui rend un marché européen très difficile. D'autant que chaque marché est immense, et on pourrait croire qu'il suffit à une entreprise. Atomico a réussi avec un marché minuscule : Skype est une vraie société internationale, parce que le pays d'origine est tellement petit qu'il a fallu à l'équipe en sortir. En Israël, c'est le même constat : avec 6 millions d'habitants en tout, impossible de se développer uniquement sur le plan national. Prenez PriceMinister, en France. C'est une vraie réussite, mais le développement à l'étranger est très mitigé. Ca commence tout juste en Angleterre. Kelkoo a aussi eu une stratégie d'expansion, en rachetant des sociétés dans d'autres pays. Ca leur a coûté beaucoup d'argent, mais ça a finalement payé, puisqu'ils ont été rachetés par Yahoo.

Ne peut-on voir un manque d'investissement dans cette situation ?

Mais il y a beaucoup d'investissement ! Il faut simplement voir à quel niveau on se place. Avec Kima Ventures, notre modèle est d'investir des sommes limitées, en multipliant ces investissements. Ca limite les pertes, c'est un modèle probabiliste qui permet de financer les pertes des huit entreprises qui ne perceront pas. Ainsi, si on a cinq gagnants sur dix investissements, on peut largement rembourser ce qu'on a investi. Mais ces investissements sont importants : nous mettons de l'argent plus tôt qu'ISAI par exemple, mais aussi parce que la demande se situe tôt à notre niveau. Les choses changent pour les entreprises : aujourd'hui, on peut monter une société et atteindre la profitabilité avec 300 ou 500 000 euros, parce que les campagnes AdWords sont faciles, que l'hébergement ne coûte rien, que les plate-formes techniques sont déjà toutes prêtes à 90% si on veut développer un service : il suffit d'acheter des briques open-source et de les assembler. On voit des services qui se lancent aux Etats-Unis avec 100 000 euros, alors qu'il leur fallait un million dans les années 2000.

Avec ce type de schémas, la profitabilité peut être atteinte au premier tour, ce qui permet à des investisseurs plus gros de remettre de l'argent pour la phase de croissance. C'est une nouvelle ère pour les startups : on répartit le risque avec de petits tickets. C'est aussi possible aujourd'hui parce qu'il y a des entrepreneurs qui ont réussi grâce au web. Autre gros changement : le modèle premium. On peut désormais vendre un service qui répond à un besoin. Il y a deux ou trois ans, on se disait Un jour, on paiera sur Internet. Aujourd'hui, les services premium ont fait la preuve que c'était possible. Après, on se heurte au problème des applications qui ont le mieux fonctionné : beaucoup d'entreprises ont des modèles dépendants de Facebook, de Twitter ou de plate-formes logicielles comme celle d'Apple. Si cette connexion est coupée, l'entreprise est morte. C'est une vraie question, notamment quand on voit des comptes Facebook fermés pour des raisons obscures, ou les limites posées par Apple pour la diffusion d'applications sur iPhone ou iPad. Mais ça reste un magnifique marché. Avec Kima Ventures, notre objectif est d'investir dans 100 sociétés en deux ans.

C'est un problème d'effet de mode ? Il semble qu'avec Plyce ou FreshPlanet par exemple, vous jouez sur le tableau du réseau social et des jeux pour iPad...

Pas forcément. En tout cas on ne se pose pas la question en ces termes. D'ailleurs, je souligne que FreshPlanet ne fait pas que des jeux pour iPad. Ils savent en faire partout, et leur premier jeu était d'ailleurs un quizz de reconnaissance de musiques sur Facebook. De toute façon, il faut attendre qu'il y ait assez d'iPad vendus, donc ce n'est pas ce qui compte le plus pour FreshPlanet. Ils ont une bonne équipe, des jeux pas chers à développer, et certains vont prendre. Nous ne considérons pas cet investissement comme dangereux. Pour les questions du lien avec Facebook, c'est évidemment un risque, à cause du problème de dépendance, mais nous conservons des rapports réguliers avec eux.

Le gros problème du moment pour beaucoup de services qui complètent les plate-formes ou les sites existants, c'est que si Apple décide de créer une application qui fait la même chose par exemple, c'est terminé. Mais Plyce existera bientôt sur Android et BlackBerry, ce qui permet de limiter ce risque. Je suis d'ailleurs très étonné que les communautés européennes ne cherchent pas à mettre de garde-fous à ces positions dominantes, qui constituent le gros danger du moment. Microsoft a été condamné pour Internet Explorer, alors qu'ils permettent depuis toujours d'installer n'importe quel logiciel. Pour Apple, sur mobile, ce n'est pas le cas. La seule réponse que peuvent apporter les entreprises pour l'instant, c'est la diversification sur toutes les plate-formes. Pour en revenir à Plyce, je ne pense pas qu'ils peuvent l'éjecter, car alors ils devraient aussi le faire pour Foursquare, ce qui serait un énorme scandale.

La géolocalisation est donc une vraie tendance de fond ?

Attention pour l'instant : c'est encore une technologie jeune. La géolocalisation se base sur des technologies qui n'étaient pas standardisées. Si on voulait faire une application pour les trois opérateurs français, il fallait trois API différentes. Aujourd'hui, il y a une arrivée de la géolocalisation parce qu'il suffit de développer pour Apple et pour Android. Et c'est quelque chose qui va marcher, oui, parce que le moment arrivera où les entreprises en tireront des bénéfices, par la publicité locale par exemple, et que les utilisateurs y trouveront une réponse à leurs besoins. De toute façon, une fois encore, nous ne nous posons pas la question en terme de mode ou non. Nous investissons sur des marchés que nous connaissons, tant du point de vue du modèle, que des besoins. Et nous pouvons tester ces marchés : quand Lengow a voulu obtenir un financement par exemple, un simple mail à Pixmania et à d'autres marchands a permis de voir que ça les intéressait en temps que clients. Il est donc simple de voir que ça peut fonctionner. Parfois, on a des coups de coeur aussi. Notre dernier investissement a par exemple été décidé en 30 minutes.

Bref, notre problème est de savoir à quel besoin répond un service. Plyce par exemple, a été présenté comme le Foursquare européen, mais ce n'est pas ça. Foursquare est un jeu, Plyce est un service utile. On a l'habitude de l'appeler Placebook entre nous, le Facebook des lieux. Je suis à un endroit, et je vais obtenir toutes les informations de mon réseau sur cet endroit. Des coupons de réduction, par exemple. C'est un service pratique à la base. Après, est-ce que les utilisateurs en feront un service de rencontre, ou de couponing... On verra plus tard. Le problème aujourd'hui, c'est de savoir ce que fera Facebook. Mais si le site commence à donner des informations sur les lieux, et qu'on passe à un niveau supérieur, il deviendra plus complexe. Je n'ai pas l'impression que ça va arriver en frontal. Par contre, il est certain que la fonctionnalité de check-in géolocalisé arrivera dans Facebook. Certains disent que si elle n'a pas été annoncé au F8, c'est parce qu'ils comptent racheter Foursquare. Mais le service de couponing, il n'est encore prêt, et je pense qu'on a encore du temps devant nous. C'est cette question du besoin qu'on regarde toujours. Et je peux vous dire que c'est une question qui n'est pas bien traitée par la majorité des dossiers qu'on reçoit.

Jeremie Berrebi, je vous remercie.

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