gOS Cloud : un navigateur comme système d'exploitation

le 02/12/2008 à 23:04
gOS Cloud : un navigateur comme système d'exploitation
Alors que le marché du netbook est en pleine croissance, plusieurs fabricants sont tentés d'embarquer des distributions de Linux optimisées pour un usage minimal principalement orienté vers les services en ligne. Parmi ces systèmes d'exploitation, gOS, développé par la firme californienne Good OS LLC, vient de franchir une nouvelle étape.

Baptisé gOS Cloud, le système redéfinit véritablement le système d'exploitation car ce dernier se résume à... un simple navigateur. A la différence du système Express Gates, proposé sur certains netbooks, avec gOS, le système d'exploitation est véritablement fusionné avec un navigateur ressemblant fortement à Google Chrome.Présenté au Netbook Summit World qui s'est tenu sur Paris hier, le gOS Cloud conserve le dock similaire à Mac OS X présentant des raccourcis vers des services en ligne, lesquels peuvent aussi fonctionner en mode plein écran. Le plus impressionnant concerne probablement "l'infrastructure propriétaire de Cloud qui vous permet de démarrer des applications, telles que Skype ou Media Player, en les ouvrant dans de nouveaux onglets".

Pour parvenir à un système aussi minimaliste, l'équipe de développement utilise un kernel de Linux compressé au-dessus duquel s'ajoute le navigateur. Il en résulterait un système démarrant au quart de tour, fonctionnant sur les processeurs x86 standards et ne nécessitant que 128 Mo de mémoire vive et 35 Mo d'espace sur un disque dur ou un espace de stockage SSD. Directement depuis le dock du système, il est aussi possible de redémarrer directement sur Windows XP ou Vista.

Pour couronner ce lancement, gOS présente aussi un partenariat avec Gigabyte le fabricant de netbook tactiles. gOS Cloud n'est pas encore disponible au téléchargement mais vous retrouverez de plus amples informations ici.

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Au lendemain de la PDC 2008 qui s'est déroulée entre les 27 et 30 octobre dernier, les discussions vont bon train sur l'avenir de Windows et la direction vers laquelle les développeurs de Microsoft envisagent de se tourner. En effet, le géant de Redmond a non seulement levé le voile sur Windows 7, mais aussi sur une nouvelle plateforme hébergée, Windows Azure. Qu'il s'agisse de programmation sur nuages de serveurs (cloud computing ), de SaaS (Software as a Service) ou de solutions hybrides Software + Service (logiciel plus service complémentaire en ligne), il est clair que déploiement d'Internet jouera un rôle fondamental dans le système de demain.

Mais jusqu'à quel point peut-on mélanger le système d'exploitation avec des services en ligne ? Certains s'accordent à penser que l'avenir réside dans les solutions complètement hébergées, et fleurissent déjà les webtop, ces bureaux virtuels extensibles au travers de différentes applications Internet riches.

Alors où sont les limites ? A quoi ressemblera le système d'exploitation de demain ? En se penchant sur la question, Clubic s'est entretenu avec les principaux acteurs de l'industrie.Au lendemain de Windows XP, beaucoup avaient prédit que Microsoft changerait son modèle économique et distribuerait son prochain système d'exploitation par téléchargement Internet. Pourtant, il n'en fut rien et ce ne sont pas moins de cinq versions différentes de Vista qui sont commercialisées sur DVD. La récente annonce de Windows Azure et des services qui en découlent, tels que Live Mesh, pourraient-ils changer la donne et redessiner l'avenir de Windows ?

Chez Microsoft France, Jakob Harttung, directeur des opérations au sein de la division plate-forme et écosystème, nous explique que le modèle software + service annoncé sur Office 14 au mois d'octobre n'est pas qu'une étape transitoire vers une solution toute hébergée. Aussi, ce dernier précise : "ce modèle n'est pas récent, c'est ce que nous faisons depuis des années avec les emails et Outlook".

De la machine vers le web, il y a aussi le phénomène des netbooks, ces mini ordinateurs portables spécialement conçus pour un usage d'appoint résolument tournés vers Internet. Asus, pionnier en la matière, fut aussi le premier à proposer un espace de stockage virtuel, l'Eee Box. Quelques semaines plus tard, Dell, signa un partenariat avec Box.net pour offrir à ses clients un service similaire. Cependant les choses commencent à prendre une nouvelle envergure et récemment la société Good OS LLC a levé le voile sur gOS Cloud, un système d'exploitation optimisé, basé sur un kernel de Linux compressé et directement fusionné à un navigateur Internet.

Récemment, nous nous sommes entretenus avec l'équipe de développement de Live Mesh, un service de Microsoft permettant de synchroniser ses données entre plusieurs appareils ou de récupérer ses dossiers et documents via une interface web. A l'avenir, il sera possible d'y ajouter différentes applications et de les utiliser en mode déconnecté sur les technologies de Silverlight ou Flash. Live Mesh se destinerait-t-il à être un mini système d'exploitation pour netbook ?

Jeff Hansen, directeur général marketing des produits Windows Live, expliquait alors : "Live Mesh est véritablement une solution software + service. Personnellement je ne me vois pas héberger toutes mes données sur Internet. Ce qu'il faut réellement c'est faire la part des choses entre le web et le logiciel en prenant le meilleur de chacun."

Interrogé sur le potentiel d'un système conçut spécifiquement pour les netbooks tel que gOS Cloud, Jakob Harttung déclare que "le différentiel de prix avec ce que l'on perd en capacité ne semble pas intéressant" avant d'ajouter : "XP se développe très fortement sur le netbook et d'après les premiers retours que nous avons reçus, Linux ne semble pas satisfaisant pour les besoins du client". M Harttung conclut qu'à l'avenir : "les netbooks pourront supporter Windows 7".

Face à cette position, David Liu, PDG de Good OS LLC, déclare : "je pense que les prix de Microsoft seront toujours très compétitifs. mais plutôt que de rentrer en compétition, nous en sommes complémentaires et ajoutons une plus value similaire à d'autres sociétés développant des logiciels pour Windows. Nous pensons qu'il s'agit-là de la meilleure approche".Du côté d'Apple, la firme de Cupertino ne semble pas vraiment intéressée par le secteur des netbooks mais commence depuis quelque temps à se pencher sur des solutions software + services. Ainsi, la dernière version du navigateur Safari permet de créer à la volée des SSB (Site Specific Browser), c'est-à-dire de transformer des sites Internet en applications présentées au sein d'une fénêtre dédiée du navigateur.

Depuis quelques années déjà, les logiciels du pack iLife peuvent être couplés au service MobileMe (anciennement .Mac). Interrogé par nos soins sur l'avenir du système d'exploitation, Chris Bourdon, chef produit de Mac OS X à Cupertino déclare : "ce sera intéressant de voir de quelle manière les applications installées interagiront avec le net à l'avenir. Il est clair que cette époque est belle et bien arrivée avec l'intégration de l'iDisk au Finder mais aussi sur iPhoto qui permet de publier facilement ses images sur Internet [...] En ce qui me concerne, j'imagine qu'il y aura de plus en plus de solutions intégrant les deux parties plutôt qu'un virement total vers Internet. ".Outre la distribution gOS, Linux n'est pas en reste dans la stratégie des services web et lorsqu'il publia la feuille de route de la prochaine version d'Ubuntu - Jaunty Jacklope - Mark Shuttleworth, PDG de Canonical LTD, invita l'ensemble de la communauté à se rassembler au prochain sommet des développeurs au quartier général de Google et expliqua : "à Prague, nous avons déjà discuté des fondations préliminaires pour les weblications [...] et comme nous souhaitons intégrer ces services dans 9.04, les discussions seront plus poussées à Mountain View". Ainsi, l'une des principales orientations de la plus populaire des distributions de Linux consistera à lever la barrière et à fusionner certains services Internet avec des applications installées sur la machine de l'utilisateur. Dans cette optique Adobe vient de sortir la version 1.0 de AIR, un ensemble de technologies permettant de faire tourner en local des applications Internet riches.

Il serait légitime de se demander qu'elles sont les frontières symboliques au-delà desquelles l'utilisateur refusera d'intégrer Internet à son système. Pour David Liu, "ce serait les performances tant au niveau du réseau que de la navigation, mais certains projets tels que le WiMAX et Chrome nous montrent que cela pourrait bientôt changer" avant d'ajouter : "d'une manière générale, je suis d'accord avec les intervenants de Microsoft et Apple. Je ne pense pas qu'il y aura un OS hébergé sur lequel Microsoft basera son modèle économique avant un bout de temps. Cependant avec cette vague de software + services, nous observons aussi un nouveau phénomène : bureau + services".

Il est intéressant de noter que du côté des fournisseurs de services, tels que Google ou Yahoo!, c'est précisément le chemin inverse qui est emprunté et, tout en continuant le développement de nouvelles solutions hébergées, chacun tente plutôt de s'installer sur l'ordinateur de l'utilisateur (Gears, BrowserPlus). Outre-Atlantique, ce phénomène porte le nom de stratégie web-to-OS. Après avoir dévoilé le navigateur Chrome, doté d'un moteur JavaScript largement optimisé pour les services web 2.0, Google a récemment annoncé son Native Client avec pour ambition de faire tourner les applications web directement sur le processeurs de la machine. De son côté, en 2005, Yahoo! Mail semble avoir d'abord parié sur les technologies de JavaScript asynchrone et Dom d'Oddpost pour offrir une interface riche rappelant celles des clients de messagerie installés. Cependant le rachat du Zimbra en 2007 semble répondre à un réel besoin de la part du consommateur pour qui la rapidité d'exécution et d'ergonomie du logiciel reste primordiale.

Au travers de ces différents discours, il apparaît que le système d'exploitation de demain ne sera pas virtuel, mais bel et bien réel. Dans la mesure où le service web de demain est véritablement perçu comme un complément au système d'exploitation plutôt que comme une substitution à part entière, la bulle Internet semble être inéluctablement rattachée au marché du PC et tirera bientôt profit de son architecture technologique toujours plus puissante pour exécuter les applications Internet riches.
Avec Live Mesh, dévoilé en avril dernier, Microsoft nous a présenté un service web ambitieux qui a pour vocation de synchroniser les données pour l'ensemble de vos machines, mais aussi d'autres périphériques communicants. A la PDC08, qui s'est déroulée du 27 au 30 octobre 2008, l'équipe en charge de Mesh a annoncé l'ouverture de l'environnement de développement baptisé Live Framework et au travers duquel les éditeurs peuvent publier leurs applications directement sur Mesh.

Clubic s'est entretenu avec Jeff Hansen, directeur général marketing des produits Windows Live, Angus Logan, chef produit de Windows Live et James Senior, spécialiste technique.

Clubic : Combien de personnes travaillent au sein de Live Mesh ?

Jeff Hansen : Spécifiquement sur Live Mesh, il y a environ une centaine de personnes.

Angus Logan : Et puis plus généralement, nous comptons environ 500 personnes au sein de Windows Live.

Jeff Hansen : Au début, l'équipe était assez restreinte puis, ces 18 derniers mois, elle n'a cessé de grandir.

Pourriez-vous rappeler les enjeux de Live Mesh ?

Jeff Hansen : Nous avons conçu Live Mesh autour de deux grands défis. D'un côté, nous voulions trouver un moyen de rassembler tous les contacts de l'utilisateur et leur fournir des outils de partage de données. Puis, il y a les applications. Où puis-je me servir de telle application et de quelle manière puis-je l'utiliser collaborativement ? En avril dernier nous avons dévoilé une version CTP de Live Mesh. Puis, à la PDC nous avons annoncé le Live Framework, c'est-à-dire l'ouverture de la plateforme aux développeurs qui pourront donc créer des applications directement utilisables depuis Mesh.

A ce sujet, vous avez lancé le MeshPack auprès des développeurs, pourriez-vous nous en parler un peu ?

Angus Logan : Le MeshPack comporte quatre applications développées par différentes équipes de Microsoft. Ce sont principalement des jeux, mais chacune d'entre elles met en valeur les possibilités de développement du Live Framework. Certaines de ces applications ont été développées par notre équipe de Boston et le département de Windows Live travaille aussi d'autres projets similaires.

Jeff Hansen : A la PDC nous avons présenté les applications tierces de différents partenaires comme British Airways, BlockBuster ou encore une version spéciale de l'iPlayer de la BBC.

Concrètement, lorsque l'on installe une application tierce, de quelle manière cela se déroule-t-il ?

Angus Logan : Aujourd'hui, dans la version CTP de Live Mesh, nous avons un onglet intitulé "Apps". Pour l'instant, nous ne savons pas encore à quoi ressemblera la version finale, ni quelles applications nous y trouverons. À partir de cet onglet, nous arrivons dans la galerie d'applications disponibles. Prenons l'exemple de Mesh List. Il s'agit d'une simple liste que l'on peut partager avec ses contacts. Avant l'installation, il est possible de définir la manière dont elle communiquera avec son profil, ses amis, son ordinateur et si le flux des activités devra être mis à jour à chaque fois que vous l'utilisez.

Ces applications sont donc automatiquement synchronisées en mode déconnecté ?

James Senior : Oui, tout est automatiquement synchronisé et l'on retrouve un raccourci de cette application directement sur le bureau. L'application tourne toujours dans le Live Framework et peut être codée en Silverlight, Flash ou Java, cela n'a pas d'importance. Par exemple j'ai synchronisé l'application de Blockbuster et les bandes-annonces sont automatiquement mises en cache; je peux donc les lire en mode déconnecté, dans un avion par exemple.

Peut-on envisager un nouveau commerce de solutions Software + Service ? À l'avenir, y aura-t-il une boutique d'applications ?

Jeff Hansen : A court terme, nous attendons des éditeurs qu'ils « meshifient » leurs logiciels afin que ces derniers puissent être utilisés dans Mesh. Par exemple, s'il y a deux logiciels au sein d'une maison, Mesh peut devenir un centre de partage pour les utilisateurs. Pour offrir une telle capacité, les éditeurs pourront, s'ils le souhaitent, faire payer la version Mesh de leur programme. A long terme, nous envisageons effectivement d'ouvrir une boutique dédiée aux applications payantes.

Live Mesh fonctionnera bientôt avec les smartphones sous Windows Mobile 6, envisagez-vous de prendre en charge d'autres téléphones ?

Jeff Hansen : Absolument, nous souhaitons étendre la compatibilité de Live Mesh à autant de smartphones que possible.

Angus Logan : Ceci dit il est possible de développer votre propre outil de synchronisation. Vous êtes sous Symbian ? Pas de problème, nous sommes super ouverts. Tout ce qui communique avec le protocole HTTP peut être intégré à Mesh et il n'y a pas besoin d'être spécifiquement un développeur de .NET.

Jeff Hansen : Notez qu'il existe aussi une version wap de Mesh

Quels autres périphériques peuvent être associés à Live Mesh ?

Jeff Hansen : nous avons des discussions avec plusieurs fabricants de téléphones mais aussi d'imprimantes ou de cadres photo numériques. À vrai dire, les possibilités sont énormes. Il y a ce gars, Amiga, qui a développé un système reliant sa voiture à Mesh. Il l'appelle la MeshMobile. Sa bibliothèque musicale est directement synchronisée entre son ordinateur et sa voiture. Le plus impressionnant, c'est qu'il utilise Live Maps et synchronise toutes les minutes la localisation géographique de sa voiture et partage le tout avec contacts au travers de Mesh !

Dans la mesure où les utilisateurs de Linux bénéficieront de la technologie Silverlight grâce à Moonlight, peut-on envisager qu'un client Mesh soit développé spécifiquement pour ce public de la même manière qu'il existe une version pour Mac OS X ?

Jeff Hansen : Non, il y a pas de projet pour un tel développement.

Microsoft a récemment annoncé la prise en charge de l'OpenID, cela signifie-t-il qu'à l'avenir je pourrais utiliser Live Mesh avec n'importe quel identifiant OpenID ?

Jeff Hansen : Non pour l'instant Live Mesh fonctionne avec les comptes Live ID comme Hotmail, MSN, Live et il est possible d'associer une adresse email personnelle à un compte Live mais l'OpenID ne fait pas vraiment partie de notre stratégie.

Puisque je peux rattacher des ordinateurs Mac à Mesh, me sera-t-il possible à l'avenir de personnaliser l'interface graphique du service web afin d'avoir un bureau virtuel ressemblant plus à Mac OS X qu'à Windows Vista ?

Jeff Hansen : Ce n'est pas sur notre feuille de route actuellement mais il se pourrait que cela soit possible par la suite.

Angus Logan : Nous avons recueilli plein de retours d'utilisateurs au travers de notre communauté Mac. Certains s'interrogent sur l'ergonomie du service et l'on voit bien qu'il y a une différence de prise en main chez ces utilisateurs. Certains disent : « mais pourquoi avez-vous fait cela comme ça ... ? » ou : « ca aurait été mieux si vous aviez fait comme ça... ».

Récemment, la société Good OS LLC a annoncé gOS Cloud, un système basé sur un kernel de Linux compressé démarrant en quelques secondes sur un système directement embarqué au sein d'un navigateur. Pensez-vous qu'à terme Live Mesh - avec ses outils de synchronisation et son utilisation connectée/déconnectée - puisse être une solution pour les netbooks comme mini système d'exploitation ?

Jeff Hansen : Live Mesh est véritablement une solution software + service. Personnellement je ne me vois pas héberger toute mes données sur Internet. Ce qu'il faut réellement c'est faire la part des choses entre le web et le logiciel en prenant le meilleur de chacun.

James Senior : Nous n'aspirons pas à transformer Live Mesh en mini système d'exploitation. Je ne me vois pas utiliser continuellement un navigateur. Les applications installées sur la machine restent beaucoup plus ergonomiques.

Quand est prévu le lancement final de Live Mesh ?

Jeff Hansen : Mesh sera intégré à la famille des produits Live à la fin de la quatrième génération des services [NDLR: Wave 4].

Le service Mesh sera-t-il directement intégré à Windows 7 ?

Jeff Hansen : Non nous ne pensons pas qu'il sera directement intégré au système d'exploitation mais à la sortie de Windows 7 il y aura bien sûr un client compatible.

Je vous remercie

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