Linux : sortie d'un Mandriva Mini pour les netbooks

le 10/09/2008 à 22:26
Linux : sortie d'un Mandriva Mini pour les netbooks
L'avenir de Linux passera-t-il par le marché, en plein essor, des netbooks, ces petits ordinateurs portables à bas prix ? Alors que Microsoft durcit ses positions sur ce marché, en prolongeant la durée de vie de Windows XP et en accordant certaines remises exceptionnelles aux fabricants, l'éditeur français Mandriva en semble convaincu. Cette semaine, il annonce la sortie de Mandriva Mini, sa première distribution Linux spécialement conçue spécialement pour les netbooks. Mandriva Mini sera donc proposée à tous les concepteurs, fabricants ou distributeurs d'ordinateurs portables de type netbook (OEM et ODM), aussi bien sur les marchés émergents que dans les zones industrialisées.

« Nous sommes fermement convaincus que pour Linux, qui a très bien réussi dans le monde des serveurs, les netbooks sont une opportunité de prendre une part importante du marché », affirme avec optimisme François Bancilhon, PDG de Mandriva. Pourquoi choisir Linux plutôt que Windows ? "Il n'est guère logique de placer un système à 40 euros sur une machine qui en vaut 200", ajoute-t-il. Pour répondre aux besoins des assembleurs et vendeurs de netbooks, il faudrait selon Mandriva proposer un système à la fois peu onéreux, flexible, personnalisable et peu gourmand en ressources, puisque ces machines disposent d'une configuration moins puissante qu'un PC « traditionnel ».

Avec une séquence de boot rapide (entre 15 et 40 secondes, en fonction de la plateforme), une compatibilité assurée avec les principales clés USB 3G du marché, et une interface (les bureaux Gnome ou KDE sont proposés) adaptée aux écrans de petite taille des netbooks, la Mini de Mandriva est donc censée coller parfaitement avec les usages attendus sur ce genre de machines. Mandriva affirme en outre avoir adapté son système aux systèmes de stockage à mémoire Flash, en développant des interactions avec le contrôleur dédié permettant de gérer l'emplacement des informations en fonction de l'état des cellules de mémoire Flash. "On peut bien sûr installer une Mandriva classique sur un netbook, et cela fonctionnera, mais mieux vaut utiliser un système vraiment adapté à ce type de machine", résume l'éditeur.

Comme convenu, c'est le Gdium, un netbook lancé fin septembre par Emtec (groupe Dexxon) qui embarquera le premier la distribution Mandriva Mini. Annoncé en mai dernier, le Gdium se démarque de ses concurrents sur le plan technique par l'utilisation d'un processeur reposant sur l'architecture MIPS-64 et produit par STMicroelectronics, alors que l'essentiel du marché se repose sur l'Atom d'Intel ou, dans une moindre mesure, sur les puces de Via. Un choix quelque peu inattendu, mais qui présenterait deux avantages majeurs : une relative indépendance vis à vis d'Intel, soupçonné d'orchestrer à sa façon le marché des netbooks du fait de l'écrasante domination de son processeur Atom, et une porte d'entrée privilégiée vers le marché chinois, ou la puce MIPS a été conçue.

le Gdium, présenté comme un terminal venant s'inscrire dans une logique globale allant d'un client mobile à des services en ligne, se différencie également par son absence de mémoire interne. Système d'exploitation et données personnelles sont en effet stockés dans une clé USB, la G-Key, qui viendra prendre place à l'avant de l'appareil. Une même machine pourrait ainsi être aisément utilisée par plusieurs personnes, chacune disposant de sa propre clé et donc de son propre environnement. Si la demande existe, Emtec se propose à terme d'intégrer à cette clé un lecteur d'empreinte digitales qui, couplé à un système logiciel, permettra de disposer d'une authentification forte. Désireux d'investir le segment de l'éducation, Emtec entend associer le Gdium à une série de services en ligne, qui proposera des contenus réalisés par des enseignants ou par une communauté qui semble-t-il reste à construire. Sortie prévue fin septembre, à un prix d'environ 379 euros avec une clé USB de 16 Go.

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A l'occasion de l'Open World Forum, qui s'est déroulé la semaine dernière, Clubic s'est entretenu avec Anne Nicolas vice-président de l'ingénierie chez Mandriva, une occasion de faire le point sur la société française créée en 1998. Anne Nicolas nous présente Mandriva 2010, la prochaine version du système d'exploitation grand public basé sur Linux.

Sauriez-vous me dire quelle est la part de marché de Mandriva en France et dans le monde ?

Anne Nicolas : C'est très compliqué de connaître de chiffres exacts. Nous comptons plutôt en nombre de téléchargements. Nous ne pouvons mesurer que ce que l'on vend mais nous ne maîtrisons pas tous les miroirs. D'autant que selon leurs administrateurs, ces miroirs sont plus ou moins limités. On essaie cependant de mettre en place des outils de mesures. On estime le nombre de téléchargements à 4 millions par an dont 2,5 millions pour Mandriva Spring 2009.

Mandriva est une distribution grand public livrée avec KDE ou GNOME. Finalement qu'est-ce qui différencie Mandriva sous Gnome d'Ubuntu ?

AN : A la différence de Canonical, chez Mandriva, nous avons choisi de ne pas privilégier GNOME ou KDE. Nous ne proposons pas d'ISO spécifique. D'après les retours de nos utilisateurs on est presque à 50/50. Plus précisément, 57% des utilisateurs préfèrent KDE et 43% utilisent GNOME. Pour ces deux environnements Mandriva propose une interface unifiée avec une même intégration de tous les logiciels.

Travaillez-vous sur d'autres environnements ?

AN : Oui pour les netbooks nous avons LXDE par défaut. Nous avons besoin d'un environnement sexy et léger. Nous intégrerons bientôt Moblin au sein de Mandriva Mini. Nous travaillons également avec KDE sur un gestionnaire optimisé et basé sur Plasma.

Que nous réserve la prochaine mouture de Mandriva 2010 ?

AN : Nous continuons à travailler sur le temps de boot. Nous y avons intégré la toute dernière version de KDE 4.3 qui embarque plus d'applications et dont l'intégration a été améliorée. Par exemple avant on ne pouvait pas poser d'icônes sur le bureau, il fallait donc revoir l'ergonomie. Aussi les utilisateurs étaient partagés sur le menu. Nous avons essayé de leur donner des repères. Nous avons également revu le contrôle parental et les outils de sécurité, par exemple pour définir une tranche horaire sur laquelle l'enfant va pouvoir se servir de la machine. La gestion des profils réseaux a été améliorée et il est désormais possible de configurer le réseau Wifi par défaut, les options de proxy ou l'installation des médias selon qu'on se trouve sur son lieu de travail ou chez soi. Nous avons également fourni beaucoup de travail sur la mise à jour de drivers d'imprimantes, notamment de la marque Canon.

Pourriez-vous rappeler la date de sortie ?

AN : Mandriva 2010 est prévu pour le 3 novembre et nous publierons une RC2 jeudi prochain.

A la sortie de Mandriva Spring 2009, vous évoquiez plusieurs projets parallèles, notamment en ce qui concerne un démarrage instantané de la machine. Qu'en est-il aujourd'hui ?

AN : Les résultats sont plus spectaculaires pour les versions OEM car nous pouvons véritablement adapter le système à la machine du constructeur. Pour ces versions le temps de démarrage est aux alentours de 6 à 10 secondes dans le pire des cas. Cette technologie a été transférée dans la version Mandriva One avec un gain moyen de 20% au démarrage.

Qu'en est-il de vos travaux sur le BIOS ?

AN : Cela reste toujours à l'état de projet et pour l'instant c'est notre département de recherche qui s'y intéresse. Cela devrait également permettre d'améliorer le temps de démarrage.

Vous aviez également mentionné un projet de Web OS ?

AN : Nous avons sorti un espace de stockage en ligne. Nous voudrions ensuite proposer de stocker le profil utilisateur. Puis, à terme, nous souhaiterions mettre à disposition un bureau distant accessible soit via un navigateur soit via une amorce comme un CD ou une clé USB qui se connecterait directement sur Internet. On espère sortir quelque chose en 2010.

Au mois de juillet, Mandriva a publié un communiqué en réponse à l'annonce de Chrome OS de Google en rappelant que Mandriva existait depuis plus de dix ans. Craignez-vous Google sur ce marché ?

AN : Google a une force de frappe conséquente. Ils savent faire passer leur technologie simplement en communiquant. Ils ont beaucoup de produits très populaires. On se doit d'occuper le terrain et de réagir.

Je vous remercie
Ce mois-ci, l'équipe chargée du développement de JoliCloud a annoncé le déploiement progressif de la version 1.0 de son système d'exploitation. Dévoilé en 2008, Jolicloud cible principalement les netbooks et a été développé sur une base Debian et Ubuntu. Le moteur de rendu, initialement propulsé par Firefox, a récemment été changé en faveur de Chromium. En mélangeant services web et logiciels natifs, le système tire parti du HTML 5 et embarque également Wine pour faire tourner les applications de Windows.

Clubic s'est entretenu avec Tariq Krim, fondateur de Jolicloud mais également de Netvibes. L'occasion de mieux cerner la stratégie de cet entrepreneur français qui parie sur l'ergonomie de son système et pour qui l'avenir réside incontestablement dans le service hébergé

Il existe déjà plusieurs systèmes spécialement conçus pour les netsbooks (UNR, Mandriva Mini, MeeGo). En quoi Jolicloud se différencie-t-il ?

Tariq Krim : Jolicloud a été le premier OS alternatif conçu pour netbooks avec l'idée que l'interface devait être simple et élégante et que le système devait utiliser au mieux les ressources de la machine.

Je pense que nous avons révolutionné la simplicité d'un OS alternatif. Nous avons développé des outils pour permettre à n'importe qui d'installer Jolicloud en 3 clics. Nous avons beaucoup travaillé pour que tout fonctionne du premier coup. Ubuntu par exemple ne fonctionne parfaitement bien qu'avec les machines pour lesquelles Canonical a des partenariats commerciaux comme Dell. Cette philosophie du confort de l'utilisateur d'abord nous a même obligés à faire des efforts supplémentaires pour que certains composants soient supportés, tels que les cartes graphiques GMA500 et Ion "out of the box". Nous avons été les seuls à le faire de manière systématique et avec l'envie que des non-habitués prennent du plaisir à l'utiliser.

Avec Jolicloud, notre première cible, c'est le netbook acheté sous Windows. Jolicloud permet de lui redonner une nouvelle vie sur le canapé, en vacances, dans les transports pour écouter de la musique et voir des films, mais nous observons que de plus en plus de professionnels l'utilisent pour travailler.

Nous avons investi beaucoup de temps pour produire une interface qui simplifie la vie des utilisateurs, un point qui m'est cher, en utilisant les technologies Web les plus modernes.

Nous avons voulu développer nos interfaces en JavaScript, HTML5, CSS3, et notamment utiliser des technologies très récentes comme les WebSockets. Grâce au mode hors-ligne, nous pouvons fonctionner même sans connexion Internet. De plus, comme nous maîtrisons le navigateur (Chromium), nous avons la possibilité de proposer des interfaces très élégantes et facilement mises à jour.

Les systèmes que vous évoquez sont basés sur une vision du passé, développés avec des technologies natives et des outils d'installation d'un autre âge.




Jolicloud mélange les applications locales et hébergées. Ne serait-il donc pas logique de coupler le système à un service de pages personnalisables accessible depuis n'importe quel navigateur, et pourquoi pas un rapprochement avec Netvibes ?

T.K : Les applications natives sont à terme appelées à être réinventées ou à disparaître. Des technologies comme Native Client et WebGL vont permettre de tout faire dans le browser. Pour l'instant ce n'est pas le cas, et pour utiliser Spotify, VLC ou encore Skype, il faut utiliser des programmes spécifiques. Pour offrir le meilleur des deux mondes, nous avons décidé d'intégrer le support des applications natives Linux et Windows (grâce à Wine).

Mais la prochaine étape c'est clairement les Web apps, des applications écrites en technologies Web mais dont l'interface se rapproche d'une véritable application. Le meilleur exemple qui me vient à l'esprit c'est 280 Slides qui remplace Keynote sur le Web.

Nous sommes très attentifs à l'évolution des services Internet qui remplacent les applications natives et nous avons mis en place un App Center qui répertorie déjà plus de 700 applications. Naturellement Netvibes en fait partie.




La sortie prochaine de Chrome OS et les partenariats OEM de Google sont-ils une menace pour vous ?

T.K : Nous ne le pensons pas.

Nos relations avec Google sont excellentes. Pour nous Chromium c'est le nouveau middleware de l'Internet.

Je pense que Jolicloud et Chrome OS ont deux stratégies de marché différentes. Avec sa taille, Google va privilégier la vente denetbooks avec Chrome OS préinstallé, quand Jolicloud propose aux utilisateurs qui ont une machine Windows d'installer un double boot Windows / Jolicloud. Techniquement, il devrait être possible d'acheter un netbook Windows, d'installer uniquement Jolicloud et de demander le remboursement de Windows, qui représente une part significative du prix de la machine. Je serais intéressé de savoir si certains de vos lecteurs ont tenté l'expérience.

Côté fonctionnalités, je pense que nous sommes vraiment allés plus loin au niveau de l'expérience HTML5 mais aussi au niveau de l'intégration de l'aspect social. Ce n'est que le début car nous avons beaucoup de choses qui vont encore améliorer la symbiose entre le Web et l'ordinateur.

Dans tous les cas, il est important que des acteurs comme Google soient présents pour faire évoluer les mentalités et notamment convaincre le monde de l'entreprise que Windows peut être remplacé par une solution Web.




Quelle fut la réaction des utilisateurs lorsque vous avez changé le moteur de rendu en utilisant celui de Chrome plutôt que celui de Firefox ?

T.K : Les gens ont bien compris notre démarche. Au delà de la vitesse de développement et la rapidité du moteur de rendu de Chromium, c'est la vision de Google pour faire avancer HTML5 et un meilleur support de Linux qui nous a poussé à faire la transition. Je pense que Mozilla a réussi son pari de fournir une alternative crédible à IE, mais n'a pas su encore s'adapter au monde “post-browser”. Je suis un supporter de Mozilla depuis ses premiers jours, mais pour en avoir parlé longuement avec John Lilly, ex-CEO de Mozilla, le navigateur en tant qu'application va disparaître et la seule chose importante sera le moteur de rendu que l'on pourra installer partout en tant que composant. Sur ce point WebKit a une bonne longueur d'avance sur Mozilla.

Avez-vous songé à signer quelques partenariats de distribution afin de déployer Jolicloud en tant qu'Instant OS ou comme système principal sur une tablette ?

T.K : Oui.

Combien de personnes travaillent sur Jolicloud ? (employés et communauté de dév compris)

T.K : Nous sommes une petite structure.

Quel est le modèle économique de Jolicloud. Pensez-vous faire de l'argent avec ce dernier ?

T.K : Jolicloud est gratuit et le restera. Nous réfléchissons à des services premium pour nos utilisateurs avancés, mais pour l'instant notre objectif est de convaincre des millions de personnes dans le monde qu'ils n'ont pas besoin de changer d'ordinateur pour avoir une machine plus rapide et simple à utiliser mais juste d'installer Jolicloud.

Une logithèque d'applications payantes pourrait-elle voir le jour ?

T.K : Vendre des applications marche bien dans les environnements fermés comme celui d'Apple. Vendre des applications Web me semble beaucoup plus compliqué. Notre vision c'est que comme pour le monde de la musique, le Web a ses majors et ses acteurs indépendants. Nous allons promouvoir les acteurs indépendants du Web et promouvoir leur services premium. Je crois plus à des logiques d'abonnements que du paiement à l'acte.

Que nous réservent les prochaines versions de Jolicloud ?

T.K : Beaucoup de bonnes surprises.




Vous êtes déjà connu pour avoir créé Netvibes, y a t-il d'autres projets qui vous intéresseraient à l'avenir, par exemple sur le marché du smartphone ?

T.K : Avec Netvibes nous avons démocratisé l'usage des widgets et notre Ecosystem préfigurait déjà le modèle de l'App Store. Je pense que le concept de widgets a évolué pour devenir des apps sur smartphones. Le marché actuel est fragmenté par la lutte entre Android et iOS pour devenir la plateforme dominante. Elles obligent les développeurs à produire différentes versions.

La tendance du "Web as the OS Interface", c'est-à-dire la possibilité d'avoir une machine qui démarre directement dans une interface HTML5 va bouleverser les équilibres dans le monde des smartphones. Android et iOS ont déjà une date d'expiration, peut-être 2 ou 3 ans encore, dans leur forme actuelle. Avec Safari, l'iPhone 4 a déjà des capacités de navigation aussi puissantes que l'iPad. Combien de temps avant que les performances ne soient plus question de la taille de la machine ?

Aujourd'hui, la plus petite résolution que nous supportons est le 7 pouces de l'Eee PC originel. Rien ne nous empêche dans le futur d'adapter Jolicloud à des écrans plus petits.

Je vous remercie

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