Espagne : des sites de partage hors-ligne en signe de protestation

le 20/12/2010 à 00:00
Espagne : des sites de partage hors-ligne en signe de protestation
Alors que l'Espagne compte bientôt mettre en place une législation de type Hadopi, certains sites de partage montrent leur désaccord. La plupart d'entre eux ont donc monté l'opération « No al cierre de webs » (non à la fermeture du web) et se sont mis hors ligne en signe de protestation.Des sites comme Seriesyonkis, Seriespepito, series danko, Peliculasyonkis, Divxtotal, Mydescarga, Cinetube ou encore Subtorrents ont décidé d'arborer ou de faire rediriger leur site vers le collectif « anti-censure ». Il faut dire que la loi espagnole comparable à l'Hadopi et à la loi sur la confiance en l'Economie numérique (LCEN) a été très critiquée. Elle devrait pourtant bientôt voir le jour d'ici février prochain.

Cette loi, appelée aussi Sinde Act (du nom du ministre de la Culture, Ángeles González-Sinde) a pour but de dresser une liste de sites de partages afin de mieux contrôler leur contenu. Une position amèrement acceptée car le ministère pourrait alors se joindre aux plaintes d'ayants droit et bloquer voire fermer certains sites.

Enfin, la critique de la loi est d'autant plus acerbe qu'elle a récemment fait l'actualité dans le cadre d'une fuite organisée par Wikileaks. Au début du mois, on apprenait ainsi que l'ambassade des Etats-Unis à Madrid aurait proposé de soumettre rapidement au vote ce projet de loi de type Hadopi.

Dès fin 2009, les ministres espagnols de la Culture et de l'Industrie expliquaient alors vouloir se diriger vers un blocage des sites. Une position jugée douce, loin des préconisations françaises, ciblant directement l'utilisateur.

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Connue en Espagne sous le nom de « Sinde Act » (du nom du ministre de la Culture, Ángeles González-Sinde) la loi vient d'être rejetée par la Commission des affaires économiques de la chambre des députés en Espagne. Dans la droite ligne d'Hadopi, les dispositions du projet devaient mener à un blocage du Web via les FAI.Il faut croire que les fruits de la colère des acteurs espagnols du numérique ont été cueillis. Certains sites de partage ont clairement montré leur désaccord face aux dispositions de la loi en montant l'opération « No al cierre de webs » (non à la fermeture du web). Afin de signifier leur mécontentement, la plupart d'entre eux se sont mis hors ligne en signe de protestation.

Concrètement, la loi avait pour but de dresser une liste de sites de partages afin de mieux contrôler leur contenu. Une position amèrement acceptée car le ministère aurait pu se joindre aux plaintes d'ayants droit et bloquer voire fermer certains sites. Quant aux FAI, ils étaient relégués au rang d'exécutants, chargés de bloquer les sites visés.

Bien que considérée comme moins répressive que l'Hadopi française (qui cible et sanctionne directement l'internaute) la loi Sinde prévoyait de pouvoir demander le retrait des contenus à la justice. Cette dernière disposait de quatre jours pour ordonner ou non le blocage d'un site.

Enfin, ce retrait est également un désaveu pour les tenants d'un contrôle du Web. Selon des fuites organisées par Wikileaks, l'ambassade des Etats-Unis à Madrid aurait proposé aux espagnols de soumettre au vote ce projet de loi. Pourtant, fin 2009, les ministres espagnols avaient expliqué aux représentants qu'ils souhaitent mettre en place ce système mais sous un « modèle espagnol » à savoir « plus démocratique »…

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