Une nouvelle alerte sur la pénurie de l'IPv4

le 20/01/2010 à 23:35
Une nouvelle alerte sur la pénurie de l'IPv4
Ce n'est pas une nouvelle, le protocole Internet de version 4 (IPv4) arrive à saturation. Ce dernier est en effet limité à 4 294 967 296 adresses IP. Selon le groupe Number Resource Organization (NRO), moins de 10% d'entre elles resteraient libres à ce jour. Rappelons que la NRO est une organisation coordonnant les activités des cinq Registres Internet régionaux dont le RIPE NCC pour la zone Europe-Asie.

Axel Pawlik, président du NRO, affirme ainsi : "les adresses IPv4 étant limitées, cela ne nous permettra pas de concrétiser notre rêve d'un Internet accessible à tous". Il ajoute que la migration vers l'IPV6 constitue une étape importante qui devrait permettre à plusieurs milliards de gens et d'appareils d'être connectés dans les prochaines années. Premier fournisseur d'accès à Internet français à avoir basculé son réseau sur l'IPv6 en mars 2003, Nerim expliquait ainsi qu' "avec une population humaine de 50 milliards d'habitants, où chaque personne disposerait d'une centaine d'accès Internet il y aurait assez d'adresses pour que chaque ordinateur, imprimante, téléphone mobile, console de jeu, système d'alarme, réfrigérateur, cafetière ... ait un accès Internet complet avec une adresse IP unique pour chaque appareil". Plus précisément ce nombre d'adresses IPv6 s'élèverait à 3,4×1038.

Par le passé plusieurs experts avançaient une saturation de l'IPv4 en 2011, cependant, M. Pawlik confie à ZDnet UK que cette échéance se place plutôt aux alentours de 2012. Aujourd'hui les Etats-Unis détiendraient deux tiers des adresses Internet, contre 15-20% en Europe et 10% en Asie. Interrogé par nos soins en octobre dernier, Loïc Damilaville, adjoint au directeur général de l'AFNIC (l'association chargée du nommage de la zone .fr) déclarait : "Il existe un marché parallèle de l'IPv4 (...) les grandes entreprises bien fournies essaient de les revendre mais c'est interdit".

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Suite à un discours donné par John Curran, président et PDG de l'American Registry for Internet Numbers (ARIN), une nouvelle alerte vient d'être sonnée sur la saturation prochaine du protocole IPv4. L'homme chargé de diriger le registre Internet pour les Etats-Unis, le Canada et les Caraïbes annonce qu'il ne reste plus qu'un an avant l'échéance fatidique.

Théoriquement limité à 4 294 967 296 adresses IP, l'IPv4 peut cependant être étendu par des techniques de traduction d'adresses NAT ou par l'usage d'adresses IP dynamiques. Cependant ce type de procédures ne fait pas l'unanimité. En 2008 Google expliquait par exemple que cela "compliquait l'architecture de l'Internet, posait des barrières pour le développement de nouvelles applications et allait à l'encontre des principes d'un réseau ouvert ». Pour cette raison la migration vers l'IPv6, qui permettrait d'accueillir 2128 d'adresses IP, est perçue comme la réelle solution face à cette pénurie.

Selon le site ipv6.he.net, spécialisé dans les certifications d'infrastructures IPv6, il resterait à ce jour 233 335 600 d'adresses IP de version 4. A ce rythme-là la migration deviendrait obligatoire dans 342 jours précisément. Depuis 2002, et afin de préparer cette migration, l'Union Européenne a investi 90 millions d'euros et prévoyait qu'un quart du trafic Internet européen soit en IPv6 cette année. Dans l'Hexagone, en 2005 le FAI Orange Internet s'est lancé dans l'expérience suivi par Free.fr en septembre 2007. Au mois de juin Facebook a également annoncé avoir commencé la migration.

Pour reprendre les propos de Nerim, qui fut le premier fournisseur français à y avoir basculé son réseau en mars 2003 : "avec une population humaine de 50 milliards d'habitants, où chaque personne disposerait d'une centaine d'accès Internet il y aurait assez d'adresses pour que chaque ordinateur, imprimante, téléphone mobile, console de jeu, système d'alarme, réfrigérateur, cafetière ... ait un accès Internet complet avec une adresse IP unique pour chaque appareil.".

Reste que comme le souligne Ars Technica, tout le monde ne s'accorde pas sur la date de cette échéance. En 2003, l'Internet Engineering Task Force, un groupe participant à l'élaboration des standards l'Internet, avait prédit une pénurie d'adresse IP en 2005. A contrario Geoff Huston, chercheur à l'APNIC - le registre Internet pour la zone Asie-Pacifique - évaluait de son côté qu'une migration vers l'IPv6 deviendrait inévitable entre 2038 et 2045.

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