La révolution des logiciels libres

le 14/12/2009 à 22:00
La révolution des logiciels libres
La révolution des logiciels libres fut lancée dans les années 80, entre autre par Richard Stallman. Depuis, le phénomène a pris de l'ampleur.

Le 12 janvier 2010 à 17h30, Richard Stallman présentera en avant-première de la sortie du livre : "Richard Stallman et la révolution des logiciels libres" (disponible en librairie le 21 janvier 2010) aux Editions Eyrolles, sous la forme d'une conférence.

La conférence orientée autour de 4 axes (suivie de Q/R et d’une séance de dédicaces) :
- Biographie : portrait d'un jeune hacker, Harvard et le MIT
- Naissance du logiciel libre puis de l'Open Source
- Logiciel libre et législation
- L'avenir du logiciel libre : la vision de R. M. Stallman

Pour connaître le communiqué officiel, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous.

- Communiqué Richard Stallman et la révolution des logiciels libres

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De passage à Paris pour présenter sa biographie « Richard Stallman et la révolution du logiciel libre », publiée aux éditions Eyrolles, le fondateur du mouvement GNU a véritablement marqué l'histoire de l'informatique. Cette oeuvre a été écrite par le journaliste américain Sam Williams puis revue et augmentée par M. Stallman lui-même. Notons également la participation de Christophe Masutti et Alexis Kauffmann de l'équipe de Framasoft qui se sont chargés de la traduction française. Dans ce livre, l'auteur revient sur l'actualité internationale du Libre et la problématique de propriété intellectuelle. Clubic en a profité pour poser quelques questions au père du logiciel libre.

Si vous soulignez l'importance d'utiliser des logiciels libres, en revanche, dans certaines situations il n'existe pas forcément de solutions alternatives et les logiciels propriétaires se révèlent particulièrement puissants.

Richard Matthew Stallman : On parle de logiciel « privateurs » parce que ces derniers vous privent de votre liberté. Vous savez, c'est une question de choix. Vous avez le choix de conserver votre liberté et faire le travail de cette manière ou de travailler autrement. Cela dépend véritablement de vos valeurs. Si vous préférez la liberté alors vous travaillerez d'une certaine façon et ferez ce que vous pouvez avec un logiciel libre, sinon vous devez accepter d'être privé de votre liberté. A quel logiciel faisiez-vous référence ?

Disons Final Cut par exemple ?

RMS : Je ne connais pas ce logiciel et de toute façon je ne suis pas prêt à céder ma liberté. Encore une fois c'est une question de priorité personnelle.

L'une des libertés du projet GNU est celle d'étudier le code source d'un logiciel et de le modifier selon ses besoins. Mais pour un programmeur n'est-il pas plus louable d'écrire entièrement un logiciel plutôt que de s'inspirer d'un code existant ?

RMS : Non. Non car étendre les fonctionnalités d'un logiciel existant est très utile aussi.

Quelles sont les équivalents de la GPL dans des domaines autres que le logiciel ?

RMS : Une des licences de Creative Commons est une licence copyleft Share Alike. Il existe une licence avec et une sans copyleft.

Concernant la licence BSD, cette dernière est-elle dangereuse ?

RMS : La licence BSD donne aux utilisateurs des libertés mais elle autorise aussi les logiciels privateurs. Aujourd'hui c'est quand même ambigu. Il existe deux licences BSD. En soit, la licence BSD n'est pas injuste parce qu'elle n'enlève pas de liberté.

Aujourd'hui nous avons la combinaison du système GNU au noyau Linux. Qu'en est-t-il du kernel GNU ?

RMS : Il y a un noyau GNU mais il ne fonctionne pas très bien.

Est-il toujours en développement ?

RMS : Oui il est encore un peu en développement. Pour nous l'important c'est plutôt d'améliorer les programmes libres qui se positionnent face aux logiciels privateurs.

L'arrivée de Google sur le marché des systèmes d'exploitation, ca vous inspire quoi ?

RMS : Il y a trois choses. Il y a Chrome, Chrome OS et Chromium. Chrome est un logiciel privateur. Chromium, c'est open source et je crois que c'est plus ou moins libre mais pas complètement. L'important c'est que leur intention est de le distribuer de telle sorte que l'utilisateur ne peut pas installer de programmes. C'est un problème assez grave. Aussi, c'est un système qui a été mis au point pour diriger l'utilisateur vers des solutions hébergées.

C'est un problème selon vous ?

RMS : Oui les applications en ligne, c'est comme un programme privateur. L'utilisateur perd son informatique. On envoie les données au serveur mais on n'a pas le code source ni même l'exécutable.

D'ici cinq à dix ans que souhaiteriez-vous qu'il se passe sur la scène de l'informatique ?

RMS : Je voudrais bien sûr que les logiciels privateurs disparaissent ainsi que les applications hébergées. Je voudrais que le partage soit légalisé et que la surveillance, qui ne cesse d'augmenter, soit mise sous contrôle. Aussi je voudrais que la censure soit éradiquée. La censure est sans doute la pire chose qui existe.

A noter : cet entretien aurait dû être publié en format vidéo, cependant, sur demande de Richard Stallman ce dernier a été retranscrit. En effet, M. Stallman n'accepte la publication de vidéo qu'au format libre Ogg Theora.
L'édition 2007 des Journées du Logiciel Libre se tenait ce weekend à CPE Lyon, sur le campus scientifique de La Doua. Organisé tous les ans, cet évènement est l'occasion pour les différents acteurs du libre de tenir des stands et d'organiser des conférences sur une thématique générale. L'édition 2007 visait large en s'axant sur deux sujets : "Les logiciels libres et les libertés individuelles" et "Les logiciels libres pour tous et toutes".

La première thématique a notamment été abordée par Frédéric Couchet, Délégué Général de l'APRIL. L'association, qui milite pour promouvoir et protéger le logiciel libre, a profité de l'occasion pour faire un bilan de l'initiative EUCD.Info, destinée à lutter contre la directive EUCD dont la loi DADVSI est la transposition française. Un bilan en demi teinte, puisque comme Frédéric Couchet l'a admis, la loi a été votée. Il estime malgré tout que la pression exercée par l'association, et notamment le succès de la pétition en ligne, a contribué à faire bouger les mentalités et à imposer l'APRIL comme un acteur crédible. Frédéric Couchet est également revenu sur le site Candidats.fr dont le but est de sensibiliser les élus aux problématiques du logiciel libre, en leur faisant notamment signer un Pacte du Logiciel Libre. Plus de 60 députés élus ont actuellement signé le pacte et la mobilisation continue à l'approche des élections municipales.

Annoncé pour une présentation de Firefox 3, Tristan Nitot dont la venue est toujours un moment fort des JDLL, a d'emblée dissipé les malentendus : le président de Mozilla Europe a tout de même procédé à une brève démonstration de la version alpha du navigateur, mais son intervention était principalement axée sur l'avenir de Mozilla, et notamment celui, controversé, de Thunderbird. Selon Nitot, la polémique autour de l'avenir de Thunderbird provient essentiellement de difficultés de communication : "le projet fonctionne mais Thunderbird compte entre 5 et 10 millions d'utilisateurs, soit beaucoup moins que Firefox. Quand il y avait un conflit de ressources entre les deux projets, l'arbitrage se faisait généralement en faveur de Firefox, ce qui nous a poussé à chercher une solution pour que Thunderbird évolue plus rapidement. Certains ont alors pensé qu'on voulait se débarrasser de Thunderbird". Tristan Nitot se veut confiant au sujet de la filiale de Mozilla dédiée au client mail (voir notre brève Mozilla crée une société dédiée à Thunderbird), rappelant qu'elle dispose d'un budget de 3 millions de dollars pour gérer un seul projet, alors que la Fondation Mozilla, à sa création, devait se contenter d'un million pour gérer la suite Mozilla, Firefox et Thunderbird. Il a également évoqué quelques pistes pour l'évolution du logiciel, telles que l'ajout d'un agenda partagé, l'intégration avec des réseaux sociaux ou encore la VoIP.

L'autre chantier de Mozilla est le moteur Mozilla 2, qui doit prendre la suite de Gecko, et notamment équiper la version mobile de Firefox dont le projet a récemment été révélé (voir notre brève Mozilla prépare la version mobile de Firefox). Mozilla 2 a pour principal but de simplifier le code afin de le rendre plus simple à maintenir et permettre son exécution sur des plates-formes mobiles. Fidèle à son franc parler, Tristan Nitot a renvoyé les solutions existantes dans les cordes : "aujourd'hui, on a le choix entre des navigateurs mobiles qui ne sont pas très bons, et des navigateurs en Java, c'est à dire de la m...". Il estime néanmoins que le marché du navigateur mobile n'est pas encore mur et que Mozilla a une place importante à y jouer : "Le marché est actuellement verrouillé par les fabricants de téléphones et les opérateurs mais c'est en train de changer avec l'iPhone et peut être le Google Phone (...) Nous avons créé Mozilla pour briser le monopole de Microsoft et nous nous réjouissons de la concurrence de Webkit (NDLR : moteur utilisé par Safari) ou Opera, mais il n'y a pas de rasion que Mozilla ne soit pas sur ce marché. D'ailleurs, tous les efforts que nous réalisons sur le mobile bénéficieront également au desktop. Même si on se plante, on disposera toujours d'un navigateur au code mieux optimisé".

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