Antitrust : Microsoft répond à Bruxelles

le 11/05/2009 à 22:17
Antitrust : Microsoft répond à Bruxelles
Après une plainte déposée par l'éditeur norvégien Opera Software contre Microsoft pour abus de position dominante, la Commission Européenne demanda à la firme de Redmond de commercialiser son système d'exploitation en y incluant d'autres navigateurs qu'Internet Explorer. Cette décision fut largement applaudie par la Fondation Mozilla ainsi que Google qui estiment que la position anti-concurentielle d'Internet Explorer défavorise leur marché et est un frein majeur pour l'innovation.

Pour Microsoft l'enjeu est de taille : il s'agit non seulement de stabiliser la part de marché de son navigateur - déjà fragilisée - mais aussi celle de ses sites Internet (services Live.com et MSN). D'ailleurs, samedi dernier, le Financial Times rapportait que Microsoft était en train de retourner l'argument des plaignants directement contre eux. Ainsi la société aurait déclaré que l'intégration de logiciels compétitifs au sein de Windows poserait inévitablement une menace pour le marché de la recherche sur Internet. En effet, qu'il s'agisse de Chrome, Firefox ou Opera, chacun d'entre eux utilise le moteur de Google par défaut. Microsoft souligne également que Google pourrait signer une série de partenariats avec différents constructeurs OEM afin qu'ils préconfigurent leur moteur par défault. Enfin, la firme estime que si elle venait à être obligée d'intégrer des logiciels compétitifs tiers au sein de Windows, cela pourrait également poser un problème au niveau des droits d'utilisation de sa propre marque et donc être en violation de sa propriété intellectuelle.

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La Commission européenne a indiqué lundi 23 avril 2007 avoir reçu les réponses de Microsoft relatives à sa dernière requête 'antitrust'. Transmise le 1er mars dernier, celle-ci concerne les tarifs pratiqués par l'éditeur sur les informations techniques destinées aux concurrents. Bruxelles juge ces tarifs trop élevés (la firme de Redmond réclame 5,95% des recettes générées par les logiciels qui utilisent ses protocoles 'serveur'), tandis que Microsoft craint de se voir imposer la gratuité de ces informations.

Enième épisode d'une saga antitrust ? En mars 2004, l'exécutif européen a imposé au numéro mondial du logiciel des mesures correctives visant à garantir l'interopérabilité entre PC/Serveurs sous Windows et logiciels concurrents, et l'a condamné à 497 millions d'euros d'amende. En juillet 2006, Microsoft s'est vu infliger une nouvelle amende de 280,5 millions d'euros. L'éditeur, qui a fait appel de ces deux décisions, tente de répondre aux attentes de la Commission, sans grand succès.

Parallèlement à l'examen de la pertinence des informations fournies par Microsoft, Bruxelles va étudier la réponse 'tarifs' de l'éditeur. Faute de se conformer "totalement" à la décision antitrust européenne de 2004, l'éditeur américain risque de se voir infliger une astreinte journalière qui pourrait être supérieure à 2 millions d'euros par jour.

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