Microsoft travaille déjà sur Internet Explorer 9

le 06/05/2009 à 17:33
Microsoft travaille déjà sur Internet Explorer 9
Les choses sérieuses ont déjà commencé pour Internet Explorer 9, qui entre aujourd'hui dans une nouvelle phase de développement, quelques semaines seulement après la publication d'Internet Explorer 8. Les ingénieurs de Microsoft ont effectivement mis en place un nouveau formulaire sur le site Microsoft Connect, destiné à recueillir des suggestions d'améliorations pour la prochaine version du navigateur internet.

La publication de ce formulaire marque le début de la phase de recherche, au cours de laquelle les développeurs rassemblent des informations. Il s'agit donc de soumettre non seulement de nouvelles fonctionnalités, mais aussi les soucis rencontrés avec l'actuelle version du butineur. Les internautes privilégiés ayant accès au programme Connect sont également invités à noter les suggestions déjà publiées, les mieux notées étant traitées en priorité.

Microsoft aura en outre la bonté d'indiquer quelles suggestions ont été passées en revue, chose qui n'était pas faite jusqu'à présent. En combinant ces informations aux notations des suggestions, il sera donc possible de suivre quelles nouvelles fonctionnalités ont le plus retenu l'attention.

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Hier, Opera Software a annoncé la sortie de la version 9.6 de leur navigateur. Afin de promouvoir cette nouvelle version et de sensibiliser les Français aux standards du web, l'équipe norvégienne sillonne les campus des grandes villes de l'Hexagone. A cette occasion Clubic s'est entretenu avec Johan Borg, vice-président du département des produits pour le grand public, Charles McCathieNevile, chargé du respect des standards W3C et Dieu Anh Le Vu, assistante Marketing.

Clubic.com : Lorsque l'on voit les autres navigateurs intégrer les fonctionnalités que vous avez inventées, telles que la navigation par onglets, la navigation web gestuelle ou le Speed Dial, vous répondez généralement être plutôt flattés qu'outragés. Mais les développeurs de ces autres navigateurs vous demandent-il la permission de reprendre telle ou telle fonctionnalité ?

Johan Borg : Non, pour être franc il n'y a aucune communication. Quoiqu'en y repensant, c'est arrivé une fois et c'est Microsoft qui nous a téléphoné à propos d'une fonctionnalité mineure, ils voulaient s'assurer que cela ne nous dérangeait pas ».

Charles McCathieNeville : Nous communiquons discrètement avec les équipes des autres navigateurs principalement en ce qui concerne les failles de sécurité. C'est sans doute le plus important. Si jamais on découvre que quelque chose ne va pas alors on les prévient ».

On dit souvent qu'Opera est le navigateur le plus rapide. En revanche quels sont les points négatifs que vous recevez le plus fréquemment de la part de vos utilisateurs ?

CM : Que ce n'est pas super populaire ! (rires).

JB : C'est une bonne question, certains souhaiteraient changer les boutons ou certains éléments de l'interface. La demande qui revient le plus souvent, c'est la possibilité d'avoir des extensions comme Firefox.

CM : Mais en fait, on intègre des outils similaires directement dans le navigateur. Par exemple, Dragonfly est l'équivalent de Firebug et UserJS est le GreaseMonkey d'Opera.

JB : Généralement ces critiques tournent autour des points forts de nos concurrents, et notamment le fait qu'Opera ne soit pas open source.

Justement, à ce sujet, pourquoi avoir décidé ne pas ouvrir votre code source aux développeurs ?

JB : Pour faire comme Netscape, non je crois pas ! (rires).

CM : On n'a pas la motivation d'être open source. On ne veut pas perdre de temps.

JB : On ne veut pas dire du mal de l'open source, mais Firefox n'est qu'une couche sur le code de Netscape. Finalement, le plus intéressant dans ce système, c'est l'interface graphique à laquelle les utilisateurs peuvent collaborer avec les thèmes ou les extensions.

CM : Et puis notre modèle permet de payer les développeurs.

Dans la version 9.6 d'Opera vous avez travaillé sur Opera Link, la fonctionnalité de synchronisation des données. Pourrait-on envisager une synchronisation sur les serveurs d'Opéra avec des services web pour proposer quelque chose de similaire à MobileMe d'Apple ?

JB : Opera Link est environnement de développement sur lequel on peut rajouter plusieurs fonctionnalités. Cela peut donc être envisageable.

CM : Nous allons à notre rythme et nous faisons ce qu'il faut pour que l'outil soit utilisable. Nous avons encore beaucoup de travail sur Opera link. Nous ne souhaitons pas copier intégralement MobileMe mais effectivement nous allons dans cette direction.

Opera est très attaché à l'optimisation du web, comment réagissez-vous face à des applications web 2.0 faisant usage du JavaScript, parfois à outrance ?

CM : Et bien nous essayons d'alléger la page en intégrant directement dans le navigateur des éléments de l'interface de programmation de ces services web. Par exemple, une simple fonctionnalité tel qu'un menu déroulant peut faire plusieurs dizaines de lignes de code et nous réduisons tout cela à une ou deux lignes dans le moteur d'Opera. Au final, l'affichage de la page est plus rapide et la consommation de mémoire vive est globalement réduite. Aussi, nous essayons de sensibiliser les gens aux standards du web.

Quelles sont vos relations avec le consortium W3C ?

CM : Et bien en fait je faisais partie de cet organisme avant. Nous sommes deux ou trois chez Opera à venir de ce milieu.

Si Opera n'existait pas, quel navigateur utiliseriez-vous ?

CM : Il faudrait l'inventer ! (rires). J'ai essayé plusieurs navigateurs par le passé et si j'utilise Opera aujourd'hui c'est parce qu'il me donnait la possibilité de bloquer les publicités ! Je pense que j'utiliserais Omniweb.

JB : Moi, ça serait Flock, juste parce qu'il est beau.(rires)

Parlons un peu d'Opera Mobile. Lorsque je surfe sur mon téléphone, vous compressez les pages web sur votre serveur pour me les renvoyer plus rapidement. Pourrions-nous imaginer qu'un jour Opera y intègre des publicités côté serveur ?

JB : Techniquement, c'est tout à fait possible à réaliser.

CM : Nous n'intégrerions de la publicité que si cela porte un intérêt pour l'utilisateur.

JB : Pour cela il faudrait être sûr de bien cibler l'utilisateur. Les publicités contextuelles de Google dans les résultats du moteur de recherche, par exemple, ne sont pas toutes pertinentes.

Microsoft travaille sur Internet Explorer Mobile 6, Google a levé le voile sur Chrome Light pour Android et Mozilla prépare son navigateur mobile Fennec. Tout cela ne vous fait-il pas peur?

JB : Internet Explorer Mobile 6? Ca fait quoi... 7 ans qu'ils travaillent dessus ?! (rires)

CM : Pour Opera Mobile, nous avons inventé un affichage qui s'adapte à l'écran. Mais nous avons encore beaucoup de choses à faire. Le logiciel peut être encore largement amélioré.

JB : Nous vendons Opera Mobile aux opérateurs et aux fabricants de téléphones. Ce modèle est particulièrement développé au Japon. Cela fait dix ans que nous sommes sur le marché du téléphone portable. Je pense qu'il sera plus difficile pour Mozilla de pénétrer sur ce secteur.

Et Chrome Light n'est-il pas une nouvelle menace pour Opera Mobile?

CM : Non, ca ne nous fait pas peur. Au contraire, cela développe l'esprit de compétition. Pour reprendre le proverbe d'un de mes collègues sud-africains : le matin, dans le désert, la gazelle se lève et sait qu'elle devra courir pour ne pas être mangée par le lion. Mais le lion sait aussi qu'il devra courir pour chasser la gazelle et ne pas mourir de faim. Au final, l'important pour tout le monde, c'est de courir et d'aller de l'avant !

Pensez-vous développer pour la plateforme Android ou l'iPhone?

JB : Le marché de l'iPhone n'est pas très intéressant notamment parce qu'Apple bloque le développement. En revanche, pour Android, il faut voir ce que ça va donner. Si cela devient populaire alors effectivement, cela peut être intéressant.

Pensez-vous qu'il soit pertinent d'intégrer de nouvelles technologies web dans Opera Mobile comme Flash ou Silverlight?

CM : J'aimerais bien que Flash disparaisse, le web est mieux sans Flash! (rires). Flash complique la vie du développeur web. Aujourd'hui il est possible de remplacer Flash en utilisant les standards du web.

JB : Par ailleurs, ce serait plus simple si Flash ne nécessitait pas l'installation d'un plug-in.

Et après Opera 9.6?

JB : Il y aura Opera 10! (rires)

CM : Oui, nous travaillons actuellement sur Opera 10.

Pas de version 9.7 donc?

JB : Mmmm on ne sait pas encore. Opera 9.6 est une version intermédiaire.

CM : En fait, Opera 10 ne devrait pas trop tarder et sortira plutôt dans quelques mois que dans quelques années.

Merci
La semaine dernière, la société Opera Software a publié la version 10.50 de son navigateur Internet pour Windows. Outre une nouvelle interface et une meilleure intégration à Windows 7, le logiciel embarque un nouveau moteur JavaScript, la nouvelle librairie graphique Vega et la version 2.5 du moteur de rendu Presto. De passage à Paris pour la promotion du navigateur, Charles McCathieNevile, chargé de la prise en charge des standards, revient avec nous sur les plaintes déposées auprès de la Commission Européenne et le modèle de développement suivi par la société norvégienne.

Quand et comment s'est passé le premier dépôt de plainte auprès de la Commission Européenne ?

Charles McCathieNevile : Je ne suis pas sûr mais je crois que c'était en 2008, il y a à peu près deux ans. Nous avons expliqué qu'il y avait un problème sur le marché et qu'il était plus facile pour tout le monde de se baser sur les standards du web.

Globalement cela n'a pas été difficile parce qu'il y avait déjà eu le cas similaire de Windows Media Player. Il y avait donc un précédent. Il suffisait juste que quelqu'un porte plainte.

Aujourd'hui l'écran d'installation (ballot screen) mis en place par Microsoft vous semble-t-il satisfaisant ?

CM : Oui c'était dans les réponses que l'on attendait. On avait pensé au ballot screen et cela faisait parti de nos propositions. On n'a pas fait ça pour l'argent !

Outre un choix élargi pour l'internaute, qu'apportera le ballot screen pour Opera ? Une meilleure part de marché ?

CM : Nous nous attendons à ce que plusieurs consommateurs fassent leur choix. Nous savons que la plupart se dirigera vers Internet Explorer. On ne s'attend pas à une croissance de 10% de part de marché même si l'on espère une légère hausse. Nous souhaitons surtout que la nature du marché change. Par exemple un ami pourrait recommander d'utiliser Opera et laisser faire le bouche-à-oreille. Pour nous c'est important. Aussi nous espérons que les développeurs se rendront compte de l'importance des standards et qu'ils ont une responsabilité à assumer.

Lors des actions auprès de la Commission Européenne vous avez été rejoints par Mozilla et Google. Pensez-vous qu'ils partageaient la même vision que la vôtre ?

CM : Chez Mozilla ils ont souvent les même objectifs que nous. C'est un fabricant de navigateur spécialisé. Depuis l'arrivée de Chrome, ce n'est plus le petit bébé de Google. Ils doivent faire leur propre vie. ils ont donc un réel intérêt avec ce ballot screen. Google, c'est une grande entreprise ; ils font plein de choses. Le navigateur Chrome est une toute petite partie de leurs activités. Je ne sais pas trop mais j'espère qu'ils avaient la même vision.

Pensez-vous que Microsoft ait changé ces dernières années, notamment lorsque l'on entend parler de la prise en charge du HTML5 au sein d'Internet Explorer 9 ?

CM : Moi j'ai vu un changement. Ils n'ont rien fait pendant 5 ou 6 ans et ils se sont remis à travailler. Déjà c'est bien! J'ai aussi vu un changement d'attitude. Ils se sont remis à participer à la standardisation. Je crois que c'est nécessaire pour eux parce que Microsoft n'est plus aussi puissant sur le web. D'ailleurs ils ont eux-mêmes reconnu les problèmes du navigateur IE6.

Nous savons qu'Opera a un modèle de développement fermé mais avez-vous déposé des brevets ?

CM : Oui nous en avons quelques uns, par exemple en ce qui concerne les protocoles de communication entre les applications. Pour les brevets, nous suivons la politique du W3C. On prend les brevets en mode défense. Nous estimons que le brevet n'aide pas l'industrie en général et nous n'attendons pas d'argent.

Lorsque l'on évoque les similitudes entre les différents navigateurs, vous répétez à tue-tête que l'imitation est flatteuse. On a quand même du mal à y croire...

CM : J'avoue que de temps en temps ca m'énerve d'entendre les autres dire que Firefox a tout inventé. Mais finalement l'important c'est de faire le meilleur navigateur. Nous aussi nous avons copié quelques trucs. En fait je dirais même que parfois c'est énervant de ne pas être copié.

Dans quel cas par exemple ?

CM : Par exemple au sein du CSS2 lors de la déclaration de la feuille de style il existe le type "projection" qui fonctionne super bien pour les présentations. C'est un truc de base et personne d'autre ne le fait.

Un modèle de développement hybride de type Chrome/Chromium cela ne vous intéresse pas ?

CM : C'est un peu ce que l'on fait. On protège le code parce que c'est plus efficace mais on laisse ouvert le niveau supérieur. Il y a Safari qui utilise Webkit mais dessus ils ont mis des codes fermés. Chez nous les utilisateurs peuvent installer des widgets, ajouter des boutons ou des menus. On fait aussi des outils de personnalisation permettant de repackager Opera et de le redistribuer. Aussi il y a Dragonfly, notre outil de debugging qui est actuellement sous licence BSD mais on devrait ensuite passer à une licence Apache.

Comment expliquez-vous votre part de marché en Russie (25%) ?

CM : A l'époque où Opera était payant, on a vu que cela ne marchait pas très bien en Europe de l'Ouest mais en Russie ca allait plutôt bien. Il n'y avait pas beaucoup d'argent mais beaucoup d'utilisateurs ! Aussi il y a quelques années l'infrastructure n'était pas aussi développée qu'en Europe et cela correspondait très bien à Opera. Enfin il y a une très forte communauté. Un administrateur réseau va par exemple recommander Opera à l'un de ses amis....

Si vous deviez faire un reproche pour chacun des navigateurs Firefox, Chrome, Safari et IE, quel serait-il ?

CM : Je trouve que Firefox manque de fonctionnalités. Il faut sans arrêt aller chercher des extensions. Je n'utilise presque jamais Internet Explorer parce que je ne suis pas sous Windows. Je n'ai joué qu'un tout petit peu avec Chrome. En ce qui concerne Safari, je ne peux tout simplement pas trouver de fonctionnalités, tout est fermé !

L'année dernière, si Opera n'existait pas, vous auriez surfé sur Omniweb, est-ce toujours le cas ?

CM : Probablement. Je regarderais aussi du côté d'iCab. Sur Linux j'utiliserais sans doute Konqueror.

Avec Opera 10.5 vous avez introduit la librairie graphique Vega. Pouvons-nous espérer la prise en charge de l'accélération matérielle ?

CM : Tout à fait, c'est l'un des grands buts de Vega. C'est un processus sur lequel nous travaillons peu à peu.

Dans la thématique du Web 3D, prenez-vous part aux travaux du groupe Khronos ?

CM : Oui nous y sommes. L'un de nos développeurs sur Vega travaille sur WebGL. En revanche nous ne connaissons pas vraiment la feuille de route.

Quand les versions Mac OS X et Linux d'opera 10.5 seront-eles disponibles ?

CM : Nous avons dû décaler les projets pour la sortie du ballot screen et donc retarder ces versions. Nous avons effectué divers changements. Par exemple la version Mac OS X est basée sur Cocoa. Nous avons fait quelque chose de similaire pour Linux en coupant les dépendances à QT pour que le logiciel soit mieux intégré au système. Je dirais que c'est une question de semaines.

Enfin quels sont les projets à venir pour Opera ?

CM : Dans un futur proche nous sortirons les nouvelles versions d'Opera Mini et Opera Mobile. Après en ce qui concerne la 3D, je ne sais pas trop je dirais peut-être que ca viendra dans un an. Nous allons travailler davantage sur Vega et Carakan (NDLR : nouveau moteur JavaScript). Nous allons aussi nous concentrer sur Opera Link qui permet la synchronisation des favoris, de l'historique ou encore des notes. Aussi nous ajouterons un mode sécurisé sur Unite pour le transfert des données plus sensibles ; aujourd'hui nous sommes juste en HTTP. Nous pensons publier une API de Link pour que la technologie puisse être intégrée sur d'autres navigateurs. Enfin nous continuerons à densifier la prise en charge des standards du HTML5 et du CSS3.

Je vous remercie

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