60% des internautes défavorables à la loi Hadopi

le 08/04/2009 à 12:17
60% des internautes défavorables à la loi Hadopi
Alors que le Sénat vient de publier la dernière version en date de la loi "Création et Internet", accessible en ligne via ce lien, un sondage réalisé par l'Ifop pour le compte du Journal du Dimanche révèle mercredi que 60% des sondés se disent défavorables au dispositif de riposte graduée défendu par le gouvernement.

Les nombreuses réactions suscitées par le texte sur le Web en général et parmi vos très nombreux commentaires de nos lecteurs suffisaient jusqu'ici à montrer que le projet Hadopi ne recueille qu'un assentiment très modéré parmi la population des technophiles. Il semblerait finalement qu'il en aille de même pour le commun des internautes.

Réalisé auprès de 1004 internautes entre les 6 et 8 avril, le sondage de l'Ifop indique en effet que 33% des sondés se disent « plutôt favorables » ou « tout à fait favorables » à la riposte graduée. 18% expriment l'opinion « plutôt pas favorables », et 42% votent « pas du tout favorables ». Parmi les sympathisants UMP, 46% approuvent alors que 51% rejettent la riposte graduée. Toutes gauches confondues, l'opposition à ce dispositif monte à 69%.

Sur l'ensemble des internautes interrogés, 24% estiment que le dispositif se révèlera efficace, tandis que 69% estiment qu'il ne le sera pas. Parmi ceux qui admettent pratiquer le téléchargement illégal, la proportion de ceux qui pensent que la riposte graduée ne portera pas ses fruits montera à 80%. Endurcis dans le crime, sauraient-ils déjà parfaitement vers quelles autres sources d'approvisionnement se tourner ? On pourra consulter le détail de cette étude via ce lien (PDF).

Rappelons que la commission mixte paritaire, chargée d'harmoniser la future loi entre les deux versions du texte successivement votées par le Sénat, puis par l'Assemblée, est revenue sur un certain nombre de mesures votées début avril par les députés, à commencer par celle qui préconisait que l'abonné suspendu ne paie pas la part correspondant à l'accès à Internet de son abonnement triple play.

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Le téléchargement illégal est au coeur de l'actualité ces derniers temps, avec notamment la polémique qui entoure la loi Création et Internet. Tandis que certaines entreprises comme CoPeerRight proposent des solutions alternatives, l'institut de sondage français BVA publie l'Observatoire des nouvelles technologies et des multimédias. L'étude, réalisée pour le compte de The Phone House, de BFM et de La Tribune, porte sur les usages et les comportements d'un échantillon représentatif de la population française ainsi que d'un échantillon de technophiles face à diverses problématiques dont le commerce et le téléchargement en ligne.

L'étude montre d'abord que 91% des français qui disposent d'Internet à leur domicile sont connectés en haut débit ou en très haut débit et que 92% sont équipés d'un équipement multimédia (dont 100% des moins de 25 ans). Elle s'intéresse ensuite aux pratiques des internautes dans leur ensemble, mais aussi des technophiles en particulier, par rapport au téléchargement légal et illégal. Sont jugés technophiles les sondés qui déclarent avoir beaucoup d'intérêt pour les NTIC mais aussi ceux qui disposent à la fois d'un téléphone portable, d'une connexion Internet à leur domicile et d'un produit high tech (un baladeur numérique ou un PDA par exemple).

Elle montre ainsi une importante évolution des comportements face au téléchargement illégal, tandis que le téléchargement légal n'a quasiment pas évolué. En septembre 2008, 81% des connectés français déclarent ne jamais télécharger illégalement des films ou des musiques. Ils étaient 76% l'année précédente. Les technophiles quant à eux étaient 36% à télécharger au moins de temps en temps illégalement en 2007, dont 12% régulièrement, ils ne sont plus que 25% en 2008, dont 8% régulièrement. Les français ne semblent en revanche pas être férus de téléchargement légal puisqu'ils ne sont que 2% à le pratiquer régulièrement, 82% de la population n'ayant jamais acheté un morceau ou un film en ligne.

Bien qu'une part importante de la population française ne puisse donc être inquiétée par une accusation pour téléchargement illégal, l'opinion face au projet de loi Hadopi semble globalement défavorable. 38% du grand public estime en effet que ce projet de loi permettrait de faire évoluer les pratiques, 50% estime que non, 12% ne s'est pas prononcé. Plus concernés, les technophiles sont 40% à penser qu'une telle loi pourrait faire évoluer les choses, 6% ne s'étant pas prononcé. Enfin, les moins des 25 ans sont 60% à estimer qu'elle n'influencerait pas les consommateurs.

Quoi qu'il en soit, en attendant la mise en place d'une solution de représsion du piratage, les ayants droits et les distributeurs peuvent quant à eux réfléchir à de nouveaux moyens d'attirer le consommateur, tant la vente dématérialisée peine à s'imposer en France.
LCEN, DADVSI, HADOPI et maintenant LOPSSI... Malgré la succession de lois sur l'économie numérique et le durcissement des sanctions contre le piratage des oeuvres culturelles, les associations d'internautes comme la ligue ODEBI ne relâchent pas la pression sur les pouvoirs publics et les industries musicales.

Après avoir perturbé fin juillet les forums des sites internet d'artistes tels que Patrick Bruel, Benabar ou M. Pokora, la ligue annonce une nouvelle série d'actions dès le 13 août prochain. « L'attaque portera contre des cibles plus difficiles que la précédente attaque : nous invitons tout nos commandos à venir prendre en main les outils qu'on leur donne pour garantir le meilleur anonymat au moment de l'assaut et multiplier les identités pour saturer l'espace ennemi. », précise la ligue dans un communiqué.

Attaque, cible, commando, assaut, ennemi... outre un vocabulaire particulièrement martial, la ligue organise même une « armée numérique », composée de 180 activistes, chargés d'infiltrer les forums et de mener les actions les plus médiatiques.

« Nous parlons 'de guerre de l'information'. A aucun moment nous n'appelons ou ne souhaitons des actions violentes (..) Le terme 'armée' répond à la nécessité de se coordonner et d'agir de manière concertée avec des objectifs clairement définis, une hiérarchie et des 'tactiques' de combat informationnel » nous explique un représentant de cette ligue qui entend réagir de manière « symétrique » aux « lobbys qui agissent de manière ostentatoire vis à vis des représentants du peuple ».

Un « hack-tivisme » qui commence d'ailleurs à porter ses fruits puisque cette ligue, créée il y a déjà 7 ans, revendique désormais plus de 3000 sympathisants pour une audience de plus de 5000 visiteurs par jour sur son site internet, Odebi.org. Reste à savoir si ces actions, aussi médiatiques soient-elles, auront un réel impact sur les pouvoirs publics.

Selon un récent sondage Ifop/JDD, plus de 60% des Français sont défavorables à la loi création & internet ce qui n'empêche pas le gouvernement de vouloir renforcer l'arsenal législatif, visant à réduire le piratage des oeuvres culturelles sur internet.

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