Facebook plus fort que MySpace ?

le 22/05/2008 à 21:58
Facebook plus fort que MySpace ?
Avec plus de 116 millions de visiteurs uniques "monde" en avril 2008, Facebook prend pour la première fois l'ascendant sur le leader du marché : MySpace. Selon ComScore Media Metrix, le réseau social cofondé et dirigé par Mark Zuckerberg a attiré 116.375.000 visiteurs uniques le mois dernier, contre 115.734.000 pour MySpace, propriété de News Corp, empire média de Rupert Murdoch.

Par ailleurs, sur un an, l'audience de Facebook a progressé de 100%, contre seulement 10% pour son rival, toujours numéro un mondial des réseaux sociaux en nombre de membres (MySpace revendique plus de 110 millions d'utilisateurs actifs à travers le monde, contre 70 millions pour Facebook). En France, Facebook compterait aujourd'hui quelque deux millions de membres.

Les deux plates-formes sociales nées en 2004 aux Etats-Unis restent les plus visitées parmi les sites communautaires étudiés par comScore. Facebook et MySpace sont suivis par : Flickr.com, un site Yahoo de partage de photos ouvert à la vidéo (47,1 M de VU en avril) ; le réseau social Hi5 (45,5 M) ; le réseau Orkut géré par Google (30,4 M) ; le réseau Bebo racheté par AOL (25,1 M) ; Imeem, à la fois un réseau social et plate-forme d'écoute de musique en continu (22,8 M de VU en avril, ce qui représente une progression de 280% sur un an !) et, enfin, cocorico, le Skyrock Network (20,4 M).

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Fréquentés par des populations relativement jeunes, les réseaux sociaux tels que MySpace ou Facebook risquent fort de se changer en terrains de chasse pour toute une faune de prédateurs sexuels, contre laquelle il convient de prendre des mesures préventives, estiment plusieurs états américains. A l'initiative de MySpace et de quelques procureurs américains, un groupe de travail dédié à ces questions sera prochainement créé aux Etats-Unis. Il envisagera notamment la protection du jeune public face aux menaces que peuvent représenter pour lui l'anonymat permis par les réseaux sociaux.

Détenu par le groupe News Corp. de Rupert Murdoch, MySpace craint que sa responsabilité puisse être engagée lorsqu'une agression sexuelle est commise suite à une rencontre via ses services. Diverses attaques ont déjà été lancées à son encontre après que des jeunes filles ont été agressées par des adultes qui se faisaient passer, en ligne, pour des adolescents de leur âge. En juillet dernier, MySpace avait déjà procédé à la fermeture de 29.000 comptes associés à de potentiels délinquants sexuels.

Réseaux sociaux, associations de protection de l'enfance et autres prestataires de service en ligne seront invités à rejoindre ce groupe de travail, qui fédère par ailleurs 49 des 50 états américains. Les membres devraient réfléchir aux méthodes à mettre en oeuvre pour vérifier l'âge d'un internaute lors de son inscription à ces services. Quels que soient les procédés mis en oeuvre, il parait difficile de totalement circonvenir les délinquants sexuels, qui manifestent généralement un talent certain pour contrefaire une identité.

Les différents acteurs auraient toutefois convenu que le profil d'un internaute âgé de moins de seize ans soit automatiquement réservé à ses contacts et qu'un adulte de plus de dix-huit ans ne puisse ajouter un adolescent à son réseau sans au moins connaitre son nom ou son adresse email, de façon à limiter les rencontres hasardeuses.

L'état du Texas, le seul à ne pas avoir signé l'accord visant à la création de ce groupe, se montre particulièrement sceptique. Pour Greg Abott, son procureur général, il est impossible de prétendre garantir la sécurité des mineurs sans la mise en place généralisée d'un système basé sur la vérification de l'âge de l'internaute. Le Texas a donc refusé de signer cet accord afin de ne pas donner un illusoire sentiment de sécurité à ses administrés, explique encore Abott.
Alors qu'il s'apprête à accueillir une nouvelle maquette et ligne directrice, le réseau social MySpace se retrouve sous le joug d'un ultimatum lancé par sa maison mère, News Corp. Le groupe de médias du magnat de la presse Rupert Murdoch voit en effet d'un mauvais il le manque de rentabilité du site, racheté au prix fort 580 millions de dollars en 2005.

"Nous voulons voir le chiffre d'affaires aller dans la bonne direction, sur un chemin clairement tracé allant vers la rentabilité" a expliqué aux analystes Chase Carey, le directeur d'exploitation de News Corp. Très largement dépassé en termes de visites et d'inscrits par Facebook, MySpace peine aujourd'hui à attirer les annonceurs, une situation qui entraine une baisse de ses revenus publicitaires. "Les pertes actuelles ne sont ni acceptables, ni viables" a-t-il indiqué, avant d'ajouter que les chiffres du trafic n'allaient pas "dans la bonne direction" et qu'il fallait les "stabiliser".

Pour ce faire, Chase Carey compte grandement sur la nouvelle version du site, destinée à la "génération Y" des moins de 35 ans et orientée plus largement qu'avant sur la culture et le divertissement. Un changement de cap qui conservera les connexions avec les autres réseaux sociaux comme Facebook et MySpace, implémentées ces derniers mois.

Un remaniement qui sonne comme une dernière chance pour MySpace, devenu visiblement encombrant pour News Corp. "Nous jugeons en trimestre, pas en années" a souligné Chase Carey : une petite phrase qui pourrait signifier que le sort du réseau social pourrait être scellé courant 2011.

Pour autant, le groupe News Corp ne se porte pas mal, et a enregistré une hausse de ses bénéfices de 36% durant le premier trimestre de son exercice décalé, représentant 775 millions de dollars. La firme tire son épingle du jeu grâce son "activité mondiale de télévision par câble" a déclaré Rupert Murdoch.

Sur Internet, les choses sont par contre un peu plus compliquées puisque, outre le problème MySpace, les sites d'infos "à péage" du groupe trouvent difficilement leur public : les sites du Times et du Sunday Times ont en effet vu leur audience chuter sévèrement, passant de plus de 3 millions de connexions mensuelles à l'époque du gratuit à 105 000 accès payants en 4 mois. Une situation qui n'inquiète cependant pas Chase Carey qui estime qu'un tel modèle doit "se construire au fil des ans".

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