Weave : une couche de services Web pour Firefox

le 24/12/2007 à 20:52
Weave : une couche de services Web pour Firefox
Vos préférences Firefox accessibles en tout temps et en tout lieu ? C'est ce qu'ambitionne de proposer la fondation Mozilla avec le projet Weave (du verbe anglais signifiant tisser), un environnement d'exécution en ligne dont la première version bêta vient tout juste d'être lancée. Initialement dévolu à la synchronisation des informations personelles de l'utilisateur de Firefox, Weave s'ouvrira à de nouveaux services et de nouvelles applications au fur et à mesure de son développement, promet Mozilla. Des interfaces de programmation (API) ouvertes faciliteront l'accès des applications tierces à Weave dès le début de l'année 2008, promet Mozilla, qui signe ici son entrée dans le service en ligne. Un tournant décisif ?

Pour l'instant, Weave se présente comme une extension Firefox, compatible avec la dernière bêta en date de la version 3 du navigateur. Après installation, la première étape consiste à synchroniser les informations personnelles du navigateur sur les serveurs de Mozilla, des favoris à l'historique en passant par les différentes préférences, de façon à retrouver ses réglages favoris depuis n'importe quel terminal connecté à Internet et à disposer d'une sauvegarde en ligne en cas d'incident.

Comme le résume le schéma ci-dessous et afin d'aller plus loin qu'une extension comme Google Browser Sync for Firefox, l'idée serait ici de permettre l'exploitation des informations personnelles par des services Web, mais également par les proches de l'utilisateur, l'ensemble de ces interactions étant régies au sein d'un environnement d'exécution, Weave. Une série d'outils et d'interfaces de programmation devrait être mise à disposition pour autoriser cet accès en permettant à l'utilisateur de gérer comme il l'entend les permissions attribuées. Partage de favoris avec ses proches ou gestion automatique des identifiants lors de la connexion à un site Web sont quelques-unes des premières applications concrètes des services que Weave pourrait proposer à l'utilisateur. Dans sa version 0.1, Weave effectue une synchronisation automatique des informations toutes les trente minutes.

De nombreux internautes sont encore réticents à l'idée de centraliser leurs informations personnelles au sein d'un service en ligne, mais la fondation Mozilla devrait veiller à ce que Weave ne fasse pas l'objet d'atteintes à la vie privée. Peut-être l'usager sera-t-il plus enclin à faire confiance à Mozilla qu'à une société à but clairement lucratif comme Google ? Quoi qu'il en soit, Weave est d'ores et déjà perçu comme la première brique d'un véritable environnement Mozilla en ligne.

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Une semaine après la sortie de la première Release Candidate de Firefox 3.5 et à quelques jours de la sortie de la version finale, l'équipe de Mozilla sillonne l'Europe pour faire la promotion du navigateur Internet. A cette occasion Clubic s'est entretenu avec Mike Shaver, vice-président en charge de l'ingénierie et Johnathan Nightingale, responsable de la sécurité. Ils ont accepté de répondre à quelques unes de nos questions sur les nouvelles fonctionnalités embarquées au logiciel.

Clubic : Ces derniers temps, la bataille des navigateurs semble s'être focalisée sur les performances du moteur JavaScript. En comparaison à SquirrelFish ou Google V8 êtes-vous satisfaits de TraceMonkey ? Pensez-vous pouvoir l'optimiser davantage ?

Mike Shaver : Nous avons de meilleures performances que SquirrelFish ou V8. Mais bien sûr l'on pourrait encore optimiser TraceMonkey. En fait on a dû arrêter le développement pour Firefox 3.5. Le moteur JavaScript est actuellement 30% à 50% plus rapide que dans la dernière version de Firefox.

Jonathan Nightingale : Nous aurions pu travailler dessus pendant deux années d'affilée.

MS : Nous croyons beaucoup à la technologie du tracé. C'est aussi une manière de lancer un défi directement à Microsoft, de les inciter à faire un meilleur navigateur. Ils devraient se dire : « après tout, si une petite équipe peut faire cela, alors nous devrions être capables d'en faire autant ».

Pensez-vous que dans les versions ultérieures, les performances du moteur JavaScript formeront toujours le nerf de la guerre ?

MS : Le JavaScript est très important. Cela constitue la couche de toutes les activités pour des sites comme Gmail, YouTube ou encore eBay. Mais il y a aussi d'autres éléments comme la vidéo, les graphiques ou la prise en charge de l'accélération matérielle. On travaille par exemple avec ARM pour rendre le navigateur encore plus rapide et profiter au maximum de tous les processeurs. Aussi, il ne faut pas oublier la fluidité de l'application ou encore les performances de l'Awesome Bar.

Parmi les nouveautés de Firefox 3.5, il y a la géolocalisation. Pourriez-vous nous en toucher deux mots ?

MS : Aujourd'hui nous avons de plus en plus de données localisées notamment sur les plateformes mobiles. Pour Firefox 3.5 nous utilisons l'interface de Google Services qui se base sur la triangulation WiFi et nous avons mis au point une petite démo. Les informations rendues sont beaucoup plus précises qu'avec une simple adresse IP. Vous pouvez également choisir de partager votre localisation si vous le souhaitez. Nous avons aussi publié une FAQ très claire pour que les personnes qui ne sont pas familières avec cette technologie puissent trouver immédiatement les réponses à leurs questions.

Admettons que mon ordinateur portable puisse accueillir une puce 3G. Pourrais-je profiter également d'une triangulation cellulaire ?

MS : Tout à fait nous avons un plugin à cet effet.

Est-ce que ces données géolocalisées peuvent vous aider dans le développement du navigateur par exemple pour recueillir des informations plus précises sur les retours des utilisateurs en cas de problèmes ?

MS : Oh non absolument pas. Nous ne les collectons pas.

JN : Effectivement ce serait très intéressant mais nous ne souhaitons pas nous placer dans une position où les données des utilisateurs risques d'être exposées.

Cela fait quelques temps que les utilisateurs réclament un mode de navigation privée. Cette fonctionnalité était-elle difficile à implémenter ou simplement pas prioritaire ?

JN : Le travail sur le mode navigation privée a commencé depuis la version 3 de Firefox. Il ne s'agit pas simplement de ne pas enregistrer l'historique de navigation. Ca va beaucoup plus loin. En mode de navigation privée rien est enregistré qu'il s'agisse de l'historique, des cookies, rien.... En fait le système doit être détachable de l'ensemble. Par exemple si vous devez quitter votre ordinateur ou si le navigateur plante, même dans ces cas-là rien ne doit être retenu.

MS : En complément vous y trouverez également des options pour effacer toutes les données répertoriées dans l'heure ou dans la journée.

JN : On a fait en sorte de proposer des outils vraiment faciles de prise en main.

Quelle fut la raison principale pour laquelle Mozilla a rejoint Apple et Opera dans le travail sur HTML 5.0 plutôt que XHTML 2.0 ?

MS : La vérité c'est que XHTML 2.0 n'est pas vraiment une continuité de HTML 1. Avec HTML 5.0, cela permet de rajouter des éléments tout en assurant une compatibilité avec les sites Internet codés par le passé.

JN : Imaginez que l'on dise aux développeurs de refaire entièrement leurs sites Internet ! Cela ne serait pas pensable. Pour profiter de HTML 5.0, il leur suffira simplement de rajouter les balises.

Y a t-il des fonctionnalités faisant initialement partie de la feuille de route de Firefox 3.5 qui n'ont pas vues le jour ?

MS : Je n'en vois qu'une qui me vient à l'esprit : CTRL + Tab. Cela permet de passer d'un onglet à l'autre comme l'on peut changer d'application rapidement sur certains systèmes d'exploitation. Il y a eu de nombreux débats à ce sujet, notamment sur l'apparence visuelle de cette fonctionnalité. L'on s'interrogeait sur ce à quoi les miniatures des onglets devaient ressembler pour que cette fonctionnalité soit véritablement efficace.

JN : Finalement, nous n'avons pas encore réussi à déterminer clairement ce qui serait le mieux pour l'utilisateur.

D'une manière générale quels sont les principaux reproches que vous recevez sur Firefox ?

JN : Sous Windows, lorsqu'un utilisateur désinstalle Firefox nous lui demandons les motivations de ce choix. Au travers des résultats, il apparaît qu'en seconde position ils le désinstallent pour le réinstaller par la suite. En revanche, il semble que les autres raisons majeures soient liées à des plantages. D'ailleurs nous allons continuer nos efforts dans l'optimisation de Firefox. Lors de leur dernière keynote, Apple expliquait que les raisons principales des plantages étaient liées aux plugins et aux onglets. A l'avenir nous pensons donc placer ces derniers dans différents processus.

Nous lisons les projets d'Aza Raskin sur la gestion des onglets, nous apprenons la réflexion autour du nouveau système d'extensions JetPack. La prochaine version de Firefox sera-t-elle aussi importante ?

MS : Nous ne savons pas encore quel numéro portera la prochaine version de Firefox. Nous faisons attention à ces dénominations désormais ! (NDLR : Firefox 3.1 est devenu Firefox 3.5). Il y aura peut-être Firefox 3.6 avec plusieurs optimisations ici et là. Nous devrions en savoir plus à ce sujet dans un mois.

JN : Beaucoup des projets d'Aza Raskin font partie de Mozilla Labs. Si certains d'entre eux s'avèrent populaires alors effectivement nous les intégreront dans les prochaines moutures de Firefox.

A l'image de Canonical qui propose le service de synchronisation Ubuntu One, pensez-vous que Weave puisse conduire Mozilla à proposer des services web ?

MS : Non pas vraiment. Weave permet de synchroniser les données. Nous souhaitons rester du côté technique plutôt que d'offrir une gamme de services en ligne. Nous ne souhaitons pas que les gens se sentent obligés d'utiliser un outil dédié pour profiter de certains services web comme peut le faire Apple avec MobileMe par exemple.

Je vous remercie.

Egalement de passage à Paris, le président de Mozilla Europe, Tristan Nitot, s'est exprimé sur les sujets bouillants de la fondation Mozilla. Quelle est la position de la fondation sur la question du monopole d'Internet Explorer ? Où en sont les relations avec Google depuis la sortie de Chrome ? Lisez l'entretien sur Neteco.com.

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