Musique : streaming ou téléchargement ?

le 18/10/2010 à 11:44
Musique : streaming ou téléchargement ?
En estimant le chiffre d'affaires réalisé par les services de musique en ligne, un cabinet estime que le futur de l'industrie musicale se trouve dans l'écoute en ligne via le streaming. Informa Telecoms et Media explique qu'avec 20 millions d'abonnés, un tel service pourrait dégager jusqu'à 77,7 millions d'euros de chiffre d'affaires.L'information reprise par l'agence de presse Reuters est le signe qu'un changement de mentalités pourrait s'opérer chez les diffuseurs de musique en ligne. En France, une des preuves de ce changement s'avère être l'alliance entre le site Deezer et Orange afin d'augmenter le nombre d'abonnements payants.

Reste pour autant à connaître la viabilité des modèles économiques basés sur l'écoute en ligne comme Spotify, Pandora ou Rhapsody. Ces types de services sont basés sur la publicité et le nombre d'abonnements payants. Pour autant, l'étude (payante) montre que leur rentabilité doit passer par des accords avec de grands opérateurs comme en suède entre TeliaSonera et Spotify…

A lire également

À l'heure de l'adoption de la loi Création et Internet, la concurrence fait rage sur le segment de la musique légale. Si les boutiques de téléchargement légal peinent à compenser la baisse des ventes de disques, les sites gratuits d'écoute en streaming enregistrent quant à eux une forte hausse de leur audience. Un nouvel acteur est sur le point de proposer une nouvelle approche à mi-chemin entre ces deux solutions.

Le site internet Beezik va effectivement proposer du téléchargement gratuit et légal, financé sans surprise par la publicité. Mais contrairement aux réclames classique de Deezer ou Jiwa, les morceaux du catalogue de 2 millions de titres seront proposés en échange du visionnage de vidéos de 10 à 15 secondes. Les chansons, issues dans un premier temps des "plus grands labels musicaux", dont l'intégralité des catalogues d'EMI et d'Universal Music, seront au format MP3 (donc sans verrou numérique), en "qualité CD".

Non content d'offrir gratuitement de la musique, le service promet de plus de rémunérer l'internaute. Pour chaque téléchargement, il recevra 30 centimes de bon d'achat auprès d'une sélection de partenaires dont les noms n'ont pas été révélés.

Rendez-vous début juin, date à laquelle le lancement du site est prévu, pour voir si le service tiendra parole dans ce contexte économique difficile, en particulier pour la publicité.
Face à l'arrivée prochaine d'Hadopi, les ayants-droit tentent de sentir l'avenir du secteur de la musique et de l'audiovisuel. Le Snep a donc tenu à dévoiler ses chiffres de vente du marché pour le premier semestre 2010. Si les ventes physiques de musique continuent de diminuer, la part du téléchargement légal connaît un essor de 12%. Effet Hadopi ou pas.

Le constat est clair. Les ventes d'albums (-2 %) et de titres seuls (-3,8 %) continuent de diminuer sur le marché physique. C'est un tout autre son de cloche que rapporte David El Sayegh, directeur général du Snep à propos du marché dématérialisé. Les ventes par téléchargement continuent de prendre une part plus importante dans le panier de consommation des internautes français. L'ayants-droit constate sur le téléchargement légal une hausse de 47,2 % de la vente d'albums (soit un marché estimé à 180,4 millions d'euros) et de 33 % pour les titres seuls.

Il faut donc croire que malgré le téléchargement illégal, l'offre de musique en ligne permet actuellement à plus en plus d'internautes de consommer de la musique. De même, le Snep remarque que le streaming musical représente une part plus faible de cette consommation. Les revenus des abonnements de sites ou de logiciels de streaming représentent 11,5 millions d'euros.

Pour autant, le débat s'engage dès à présent sur le paysage futur de l'offre légale. David El Sayegh, regrette « le manque d'investisseurs industriels sur le marché. C'est pourquoi Google, Amazon, Samsung ou encore Nokia font également des tentatives. Mais globalement l'offre légale n'est pas assez suffisante ».

Il faut dire que le service d'Apple; iTunes, profite des certaines largesses de l'Union européenne. Implantée au Luxembourg, la firme avait même été accusée par le Sénat de ne pas payer la TVA française alors qu'elle réalise des ventes sur le territoire. Ces firmes déclarent la majeure partie de leurs revenus dans d'autres états de l'Union européenne comme le Luxembourg ou l'Irlande, où la fiscalité est alors plus intéressante.

Un constat que confirme Denis Ladegaillerie, président du Snep. Après un calcul rapide, il explique : « Sur un titre vendu à 99 centimes, Apple réalise 30 % de marge. Il récolte alors environ 29 centimes par titre vendu. En France, le système est bien moins favorable pour un opérateur puisqu'il va devoir s'acquitter de la TVA, sa marge ne sera alors que de 10 % ». Une barrière qui pourrait donc freiner certains investisseurs à tenter l'aventure du téléchargement légal.

Reste donc à savoir quelles seront les alternatives pour développer des plateformes légales. Selon le Snep, la carte Musique-jeunes devrait être lancée fin octobre. Enfin, une nouvelle médiation sera organisée entre ayants-droits, sous la houlette d'Emmanuel Hoog, afin de mieux organiser la gestion collective des droits en France. Là aussi, le risque sera d'éviter qu'un système de répartition trop « à l'ancienne », de type Sacem, ne vienne alourdir l'offre légale.

Commentaires

Ecrire

Ecrire un message

Votre message vient d'être créé avec succès.
LoadingChargement en cours