Publicité en ligne : une charte pour le "droit à l'oubli"

le 01/10/2010 à 21:07
Publicité en ligne : une charte pour le "droit à l'oubli"
Après le lancement, en novembre dernier, d'un cycle de réflexion autour du "droit à l'oubli numérique", ce n'est pas vers une proposition de loi mais vers une charte qu'a pour l'instant choisi de se tourner le secrétariat d'Etat au Numérique emmené par Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce document, qui a été signé jeudi par dix organisations représentant les professionnels de la publicité en ligne vise à mieux encadrer certaines pratiques, notamment en matière de publicité ciblée.

La publicité ciblée, c'est ce concept selon lequel on va profiter de votre historique de navigation, de vos préférences, des recherches effectuées sur les moteurs ou de votre position géographique pour affiner le message publicitaire qui vous est adressé, en partant du principe que plus fin aura été le ciblage, plus rapidement vous succomberez.

Non sans avoir au préalable fait valoir que 74% des internautes se disaient enclins à disposer d'un droit à l'oubli, la secrétaire d'Etat a, dans son allocution introductive, rappelé très justement que « sans publicité, il n'y aurait pas d'Internet gratuit ». « Il y a là un équilibre à trouver : si la publicité en ligne est le carburant de l'Internet, elle ne doit pas pour autant étouffer et inquiéter l'utilisateur », a-t-elle encore résumé.

Selon NKM, le socle législatif actuel se révèle tout à fait adapté à la conciliation de ces deux objectifs antagonistes que sont l'exploitation des données personnelles par la publicité et la protection de la vie privée. Nul besoin de légiférer donc, mais juste de faire s'accorder les différents protagonistes. C'est l'objet de cette charte en huit points.

Parmi les recommandations issues de la charte : faire de l'accord de l'internaute un préalable indispensable avant de croiser des données comportementales à des données personnelles si celles-ci sont détenues par des acteurs différents ; mettre en place des dispositifs permettant aux internautes de refuser le ciblage ou, à défaut, de le personnaliser en fonction de leurs centres d'intérêt ; ou adapter la durée de vie des cookies publicitaires à la durée du cycle d'achat du produit qu'ils concernent, en fixant par défaut cette dernière à 60 jours, sans pour autant interdire de modifier cette durée. La dernière mesure n'a dû soulever aucune réticence : elle correspond en effet aux habitudes en vigueur chez la plupart des prestataires.

Bienvenues, pas franchement révolutionnaires, les recommandations de la charte constitueront toutefois un bon galop d'essai en vue du texte de loi qui se profilera en 2011, quand la France adaptera en droit local les dispositions du Paquet télécom.

A lire également

Deux semaines après avoir encadré la signature d'une charte "Droit à l'oubli" dans le domaine de la publicité en ligne, le secrétariat d'Etat au Numérique se félicite mercredi d'avoir pu reproduire la démarche avec un certain nombre de représentants des univers de la recherche en ligne, de la publication de contenus et des réseaux sociaux.« Les acteurs de l'Internet s'engagent à donner une traduction concrète aux principes de consentement, de droit à l'information et de droit d'oposition, prévus par la loi », explique ainsi le secrétariat d'Etat piloté par Nathalie Kosciusko-Morizet. « Parmi les dispositions les plus significatives et les plus attendues, on trouve la mise en place d'un "bureau des réclamations" virtuel et la facilitation de la suppression d'un compte, mesures plébiscitées respectivement par 92% et par 97% des internautes ».

Les moteurs de recherche signataires s'engagent quant à eux à ne plus référencer des données qui ont fait l'objet d'une demande de suppression ou qui figurent dans des « espaces personnels » dont le propriétaire souhaite conserver la confidentialité.

« Les engagements concrets ainsi définis pourront servir de base à un futur accord international », s'est félicitée Nathalie Kosciusko-Morizet. « Nous devons adopter des règles collectives de bonne conduite pour renforcer la protection de la vie privée sur Internet. De tels engagements ne pourront être pleinement efficaces que s'ils sont partagés au niveau mondial », a-t-elle ajoutée.

Derrière les principes en faveur du « droit à l'oubli numérique » édictés par cette charte (PDF) ne réside toutefois aucune obligation de mise en application par les signataires. Parmi ces derniers, on trouve quelques grands noms du Web "social" hexagonal tels que Copainsdavant, Pagesjaunes, Skyrock ou Viadeo, mais Microsoft, pour MSN et Bing, est le seul acteur américain de poids. Les paraphes de Google et de Facebook font quant à eux défaut.

Commentaires

Ecrire

Ecrire un message

Votre message vient d'être créé avec succès.
LoadingChargement en cours