France.fr a coûté 4 millions d'euros

le 18/08/2010 à 20:28
France.fr a coûté 4 millions d'euros
Alors que le site « vitrine » de la France avait eu déjà quelques retards à l'allumage, France.fr inquiète désormais pour son budget. Estimé à 1,6 millions d'euros par le SIG (Service d'Information au Gouvernement), le budget serait en fait deux fois plus important que prévu. Entre retouches graphiques et travail sur la seconde version, la facture semble salée.

A en croire le Canard enchaîné, le coût total de la conception du site France.fr est estimé à 4 millions d'euros environ. Les différents prestataires auraient alourdit leurs factures par rapport au budget initial. Pourtant, la plaquette officielle (pdf, page 7) expliquait clairement que « Le montant maximum du marché est de 1.610.519,25 € TTC mais, au jour de son lancement, le portail France.fr a coûté 862 705 € TTC (développements techniques, créations graphiques, animations, traductions en 5 langues, animations et contenus éditoriaux inclus). »

Pourtant, la société Modedemploi chargée de la conception et de la réalisation aurait facturé tout le budget « officiel ». Une facture de 1,242 millions d'euros et deux de 755.000 euros pour les années entre 2010 et 2012... De quoi faire exploser la ligne directrice d'autant que la version actuellement en ligne n'est pas celle finale puisque selon Thierry Saussez (interrogé par la rédaction), le chef du SIG, une version interactive sera disponible mi-novembre...

Après le lancement raté, France.fr a continué de payer les factures puisque le même Thierry Saussez aurait alors jugé les graphismes du site « trop datés et trop ringards ». Du coup, la direction artistique a été confiée au designer Oraïto. Chargé du « Studio graphique », le montant du changement est alors facturé pour 100.000 euros. Enfin, l'agence de publicité Euro RSCG s'est chargée du logo et de sa mise en avant pour 28.500 euros. Le prix total de la conception du portail (graphismes et gestion des contenus) avoisinerait donc les 3 millions d'euros.

Sans même évoquer le changement d'hébergeur, le journal estime donc que le portail a coûté la somme de 4 millions d'euros. Bien loin des positions officielles qui estimaient que 800.000 euros avaient seulement été engloutis sur un budget d'1,6 millions d'euros.

Le site ne fonctionne que depuis lundi dernier...

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Suite à notre article montrant que le budget du site France.fr était évalué à 4 millions d'euros, le directeur du Service d'information au Gouvernement (SIG) a tenu à apporter une réponse aux allégations du Canard enchaîné par le biais d'un commentaire posté sur notre site. L'un des arguments avancé par le responsable tourne autour de « l'importance de mettre en place cet outil de cohérence à l'échelle mondiale. »
Afin d'obtenir plus de précisions, la rédaction s'est entretenue avec Thierry Saussez. Interview.

L'article du Canard enchainé (18/08) précise que le coût total du site France.fr est de 4 millions d'euros. Ces chiffres sont-ils exacts ?

Comme je le précise dans mon commentaire, et je pense être clair, il s'agit d'extrapolations virtuelles. Il s'agit d'une somme basée sur des montants maximum de marchés publics et ne reflète en rien ce qui a été avancé pour la création et la gestion du site.

Par ailleurs, ce qu'affirme le Canard enchaîné est impossible. Les factures d'avance (1,242 millions d'euros et deux fois 755.000 euros entre 2010 et 2012, ndr) n'existent pas, l'Etat lance un appel d'offre puis règle une fois que la prestation est faite. Je précise aussi que la prestation d'Oraïto est comprise dans celle attribuée à la société Modedemploi. De même, le document visible sur le journal ne montre pas d'en-tête ni d'intitulé. On ne va pas mener une enquête sur le sujet, mais il n'y pas de « bon de commande pour 2013 »…

Quelles sommes ont été et seront avancées pour le site ?

A la date du 14 juillet, ce sont 860.000 euros qui ont été engagés. Après le bug et l'introduction de la carte interactive, nous sommes aujourd'hui à 1 million d'euros engagés. Tout cela est le prix de la création après un an de travail entre les différents acteurs et aussi le réseau interministériel. Cet investissement est celui de la première année et sera supérieur à celui qui sera fait les prochaines années.

D'ailleurs tout cela est très clair et très transparent puisque les comptes 2010-2011 sont contrôlés et publics, tout le monde pourra savoir début 2011 ce qui a été dépensé.

Quels sont les premiers retours en matière de fréquentation et d'image de ce qui se doit d'être une page d'accueil officielle de la France ?

Pour l'instant, il y a un effet buzz autour de France.fr mais nous avons nos premiers chiffres qu'il faut affiner. Sur les premières 24 heures (le site est ouvert depuis ce lundi 16 aout, ndr), nous avons eu 200.000 visites pour pas moins de 600.000 pages vues. Le temps moyen de visite est alors de 5 minutes en moyenne. Tout cela avec uniquement un référencement naturel.

Désormais, nous cherchons des éléments comparatifs sur d'autres sites étrangers comme ceux des Etats-Unis, de l'Italie ou encore de l'Espagne. En ce qui nous concerne, nos moyens sont certes convenables, mais limités...
Les jeux sont faits. Annoncée en février dernier par Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, à un prix de 206 millions d'euros, il sera finalement nécessaire d'investir une somme de 240 millions d'euros pour s'offrir la tant convoitée quatrième licence 3G.

C'est en effet la Commission des participations et des transferts (CPT) qui, saisie par Bercy début mai, vient de donner son prix définitif. Pour rappel, Orange, SFR et Bouygues Telecom ont acquis il y a près de 10 ans des licences 3G nationales via des fréquences de 15 Mhz pour un montant unitaire de 619 millions d'euros. Cette fois, ce sont donc les 3 blocs de fréquences 5 Mhz, dont l'un réservé à un nouvel entrant, qui vont coûter plus cher que prévu.

Mais visiblement, pas assez au goût des opérateurs historiques qui feront tout pour empêcher un nouvel acteur de venir les concurrencer, ces derniers craignant toujours que l'État ne cherche à favoriser l'entrée d'une nouvelle marque de la téléphonie mobile avec un prix de licence trop peu élevé par rapport aux réalités économiques du marché. A ce sujet, un opérateur avait d'ailleurs déjà fait pression en annonçant vouloir contester ce prix "devant Bruxelles. Nous porterons plainte pour rupture d'égalité, et pour aide d'État illégale", rapportait-il alors dans les colonnes du Figaro.

Reste à savoir quels seront les opérateurs qui décideront de participer à l'appel d'offres - prévu pour juillet - pour disposer de cette licence, et qui devront investir au moins un milliard d'euros dans la construction d'un nouveau réseau qui ne devrait être exploitable qu'à partir de 2011. Et ce alors que les MVNO (Coriolis Telecom, Virgin Mobile, Auchan Mobile, Prixtel) commencent déjà à casser les prix avec des offres illimitées en voix ou en data. Si l'opérateur néerlandais KPN (présent via le MVNO Simyo en France) annonçait ne pas s'y intéresser, Virgin Mobile "étudie" toujours la question, de même que Numéricâble. Pour sa part, Iliad, propriétaire du FAI Free, semble plus que jamais intéressé par cette licence malgré le fait que la société tablait sur un prix de licence de 210 millions d'euros.

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