L'Arcep est déçue par le retard de la fibre optique

le 09/06/2010 à 22:05
L'Arcep est déçue par le retard de la fibre optique
A l'occasion de son rapport annuel, l'Arcep a dévoilé quelques unes de ses critiques à l'égard des projets « chauds » du moment. Le président de l'Autorité de régulation des télécoms, Jean-Ludovic Silicani, a appelé à un meilleur déploiement de la fibre optique.

« On est surpris et déçus jusqu'à maintenant. Il y a un décalage très fort entre le nombre de foyers raccordés à la fibre optique (800.000) et le nombre de foyers abonnés (80.000) » a déclaré à l'AFP le président de l'Arcep. Cette situation s'expliquerait par la bonne qualité de l'ADSL et les prix bas pratiqués par les FAI.

Pour autant une accélération importante du déploiement de la fibre optique (FTTH) devrait avoir lieu durant les 12 prochains mois. Encore une fois, les chanceux seront les zones densément peuplées…

Interrogé par le site ITespresso, Edouard Barreiro, le chargé de mission en charge des questions TIC pour le compte d'UFC-Que Choisir expliquait le retard de la fibre en estimant que : « Le cuivre, parce qu'il est très rentable pour tout le monde (via les offres ADSL) est un frein au développement de la fibre. De plus, Orange tire une rente exceptionnelle de la location de sa boucle de cuivre (ce qui est anormal puisqu'il s'agit d'une facilité essentielle, ce qui signifie que son prix doit converger vers son coût). »

Autre sujet évoqué, les licences de téléphonie mobile de quatrième génération (4G) seront attribuées aux opérateurs d'ici l'été 2011. L'Arcep avait mené une consultation publique puis des auditions de différents acteurs du secteur au printemps. La balle est donc désormais dans le camp des opérateurs.

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L'exécutif européen ouvre une consultation sur la régulation applicable aux réseaux d'accès haut débit de nouvelle génération. La définition d'un cadre commun (services régulés, conditions d'accès, taux de rendement et primes de risque) "vise à favoriser l'égalité de traitement des opérateurs à travers l'UE et à assurer la prévisibilité réglementaire dont les investisseurs ont besoin", a souligné jeudi dans un communiqué la Commission européenne.

Ouverte jusqu'au 14 novembre 2008, la consultation publique servira de base à une recommandation que la Commission formulera l'an prochain. Bien entendu, l'exécutif européen a d'ores et déjà son idée : les régulateurs nationaux (l'Arcep en France) devraient autoriser l'ouverture à la concurrence de l'accès aux réseaux des opérateurs dominants "au niveau le plus bas possible", en particulier l'accès aux gaines, afin que les concurrents puissent y déployer leurs propres fibres optiques, et l'accès aux fibres sombres, lorsqu'il n'y a pas de gaines disponibles. Par ailleurs, a ajouté Bruxelles, "les taux de rendement devraient être déterminés en fonction des risques associés à ce type d'investissement, en tenant compte du fait que la moyenne pondérée du coût nominal avant impôts du capital a oscillé entre 8 et 12% ces dernières années pour les opérateurs de réseaux fixes et mobiles."

Neelie Kroes, commissaire en charge de la concurrence, a insisté : "nous voulons des règles nationales qui, non seulement, favoriseront les investissements colossaux nécessaires pour passer à la fibre optique, mais renforceront également la concurrence dans le secteur du haut débit". Il est temps ! A l'heure des premiers déploiements, l'Europe, avec 1,2 million de connexions fibres optiques (contre 229 M de lignes en cuivre, d'après l'Idate), reste en retard par rapport aux Etats-Unis (2 millions de connexions fibres) et, surtout, au Japon (11 millions de connexions fibres).

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