L'Arjel ouvre les paris en ligne

le 08/06/2010 à 21:59
L'Arjel ouvre les paris en ligne
L'autorité de régulation des jeux en ligne vient de dévoiler la liste des sociétés qui sont autorisées à organiser des paris en ligne sur le territoire français. Onze opérateurs sont ainsi agréés pour exploiter 17 licences de paris sportifs mais aussi hippiques ou de poker. Si d'autres opérateurs sont prévus, ceux présents dans cette liste vont pouvoir profiter de l'aubaine qu'offre la Coupe du monde de Football.

Les gagnants sont d'ores et déjà La Française des jeux, le PMU (ancien monopole qui a trois mois pour opérer sa mutation), Illiad Gaming, Sajoo, Betclic, Beturf, BES SAS, Everest Gaming, France Pari, SPS Betting France et Table 14. Le président de l'Arjel, Jean-François Vilotte explique que « ceux qui ont obtenu aujourd'hui l'autorisation sont les dossiers qui étaient déjà complets et ne nécessitaient que notre validation. »

A propos de la sécurité des sites de paris, le président à laissé planer quelques critiques sur certaines plateformes déjà en place : « Certains sites ont dû accroitre leur niveau de sécurité car nous avons remarqué des vulnérabilités clairement visibles qui permettaient la captation de numéros de cartes bancaires par des tiers. »

C'est donc l'Arjel qui sera chargée de vérifier la conformité des activités de pari à la législation mais également de vérifier l'identité des parieurs et de lutter contre l'addiction aux jeux. Sur chaque site affilié sera désormais apposé un pictogramme « Arjel »afin d'éviter les fraudes.

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Alors que les sites de jeux en ligne commencent à pulluler sur le Web français suite à l'ouverture des paris en ligne le 8 juin dernier et l'autorisation des jeux de cercles le 28 juin dernier, un site de paris d'un nouveau genre vient d'ouvrir ses portes : MulteeGaming, c'est son nom, propose en effet aux adeptes de jeux de foot sur console de miser sur leurs propres performances.

Un modèle original

Imaginé l'année dernière par 5 jeunes diplômés issus de Télécom SudParis et Télécom École de Management, MulteeGaming s'est illustré en 2009 en gagnant le Challenge Projets d'Entreprendre organisé par Télécom SudParis. Le projet a ensuite demandé un an de développement avant d'être lancé samedi dernier. « C'est un projet qui s'inspire beaucoup de ce qui est fait dans le monde du poker en ligne » explique Yoann Saubot, responsable communication de la Start Up. « Dans le monde du poker, les gros joueurs peuvent vivre de leur passion. Mais dans le monde du jeux vidéo, les joueurs qui s'investissent beaucoup reçoivent souvent peu en retour. »

Ainsi est né MulteeGaming, sur lequel les joueurs peuvent proposer des paris sur des matchs dans lesquels ils prennent part : un utilisateur inscrit transfère sur son compte une somme d'argent, choisit ensuite le jeu – actuellement, seuls FIFA 10 et PES 10 sont disponibles -, l'horaire du match, la mise, et n'a plus qu'à attendre qu'un adversaire se déclare. Quand c'est le cas, rendez-vous est pris sur le Xbox Live ou le PSN – le service n'est pas présent sur PC « moins sûr et plus facile à pirater » -, dans le salon créé par MulteeGaming. Le match, qui doit impérativement être classé, se déroule, puis à la fin, le vainqueur retourne sur le site déclarer sa victoire et empocher les gains.

Parier sur son jeu, une démarche qui rappelle effectivement ce que propose le poker en ligne. Mais « paradoxalement, les deux systèmes n'ont rien à voir » commente Yoann Saubot. « Le poker est un jeu de hasard, alors que les jeux vidéo sont des jeux de compétences où le talent et la stratégie sont prépondérants ». Et la différence est de taille, puisqu'en France, miser sur des jeux de compétences est autorisé depuis longtemps, et la pratique ne dépend pas de l'Arjel, - l'autorité de régulation des jeux en ligne – et de sa liste conséquente de restrictions. Par conséquent, même s'il surfe sur la mode du jeu en ligne, MulteeGaming n'a pas grand chose à voir avec les sites qui émergent actuellement dans ce sens.

Des jeux sous surveillance

Reste que l'absence du spectre de l'Arjel ne signifie pas que le joueur se retrouve livré à lui-même sur le site : « Nous avons une politique de jeu responsable qui se veut innovante » explique Yoann Saubot. Un utilisateur nouvellement inscrit ne pourra pas exemple pas miser immédiatement la somme maximale autorisée (50 euros) et devra gagner des niveaux sur le site pour débloquer des paliers, actuellement au nombre de 3. A l'inverse, un joueur qui multiplie les défaites verra son palier maximum baisser, de sorte à l'empêcher de perdre trop d'argent. A noter également que, comme sur un site de poker, le nouvel inscrit devra prouver qu'il est majeur en envoyant une copie d'une pièce d'identité par mail ou par courrier.

Par ailleurs, dans la mesure où les paris se basent sur les compétences des joueurs, il ne fallait pas défavoriser les plus faibles au profit des plus forts : le site adopte en ce sens un système de handicap qui oblige un joueur de niveau supérieur à parier plus, s'il est confronté à un joueur de niveau inférieur. Si un joueur de niveau 1 qui mise 10 euros est opposé à un joueur de niveau 2, ce dernier devra miser 14 euros. Le gagnant reporte alors les 24 euros.

Enfin, autre enjeu est pas des moindres : celui d'empêcher la triche sur la plateforme. « C'est le problème numéro un » avoue Yoann Saubot, qui identifie deux types de fraude : la fausse déclaration de victoire, et le « lag forcé » du jeu par un adversaire en train de perdre.

Dans le premier cas, un système de contestation permet au joueur lésé de déposer une requête pour rectifier l'issue du match. Un système qui oblige cependant le joueur en question à fournir au service son login et son mot de passe Xbox Live ou PSN, pour permettre aux modérateurs de vérifier l'information directement sur son compte. Dans le second cas, si l'un des joueurs fait laguer sa connexion pour être déconnecté et ainsi ne pas terminer le match, il perd tout simplement la mise engagée. La perte des gains est d'ailleurs automatique en cas de déconnexion en cours de match, si l'adversaire déclare le match comme non terminé pour cette raison. Gare donc aux connexions bancales !

Des précautions qui, selon Yoann Saubot, ont prouvé leur efficacité lors de la bêta privée du site, réalisée en mai dernier, durant laquelle entre 1 et 2% des matchs réalisés ont fait l'objet de contestations.

Des ambitions affichées

Ouvert depuis moins d'une semaine, le site compte à l'heure actuelle environ 500 membres, et des partenariats réalisés avec de « gros forums communautaires » devraient permettre à la communauté de se développer. « Notre objectif pour le moment est de l'ordre de 20 à 50 joueurs en ligne, en permanence » explique le responsable de la communication, qui espère également « plusieurs centaines de paris par semaine ». Une évolution nécessaire pour l'entreprise, puisqu'elle prélève 10% sur chaque pari. A l'heure actuelle, la mise moyenne est de 5 euros, pour des paliers allant de 1 à 50 euros.

Pour le moment axé sur la France, MulteeGaming dispose néanmoins d'ores et déjà d'une version anglaise de son site : la Start Up compte en effet commencer sa communication en Angleterre et en Allemagne dès septembre. Quant aux jeux proposés sur le service, s'ils sont pour le moment très limités, ils devraient s'étoffer début 2011 avec d'autres jeux, a priori principalement sportifs.
Le site EurosportBet a pris un peu d'avance sur l'instruction de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), hier soir, en dévoilant la version de son futur site de paris sportifs, hippiques et de poker à la presse. Partenariat entre TF1 et Eurosport, EurosportBet.fr sera une déclinaison du site anglais du même nom.

Un partenariat qui fait sens, selon Laurent-Eric Le Lay, président d'Eurosport. « Eurosport est un pilier important du groupe TF1, avec une dimension européenne. Un tel site est assez naturel, car nous nous intéressons à la fois au marché du jeu, mais aussi au sport. Nous avons des valeurs proches du sport et des fédérations sportives, ce qui nous pousse à mettre en avant le côté convivial. » Pour lui, « quand on parie sur un événement sportif, même 5 euros, on a une émotion différente, et on voit tout de suite différemment un événement sportif. »

Le site, qui se veut donc facile à utiliser pour toucher un large public, aura donc pour but de « pimenter l'expérience », selon le directeur général d'EurosportBet, Olivier Ou Ramdane. « On évalue à deux millions le nombre de Français qui font du pari sportif sur Internet, et à 400 000 le nombre de joueurs de poker. A cela s'ajoutent les six millions de turfistes. »

Du côté du site, plusieurs innovations sont annoncées sur l'offre illégale ou étrangère existante. Le live-betting, notamment, doit permettre d'effectuer des paris en direct. « Ca ouvre le champ à une expérience très immersive. On peut imaginer qu'un parieur est devant son écran télé pendant qu'il a sur les genoux un ordinateur portable ou un iPad pour parier, » selon Olivier Ou Ramdane. Autres nouveautés annoncées par Caroline de Fontenay, directrice marketing d'EurosportBet, une navigation horizontale empruntée à Eurosport, qui permet d'éditorialiser le site, un système de pari express grâce à la possibilité de parier sans changer de module sur le site, et la notion de multiplex. « L'ergonomie du site permet de suivre plusieurs événements en parallèle, sans avoir besoin d'ouvrir et de fermer des fenêtres pour aller chercher ce qui nous intéresse. »

La communication officielle du site concernant l'agrément est que rien n'est joué au niveau de l'Arjel. Les dossiers sont en effet en cours d'instruction - EurosportBet a fait les demandes pour les paris sportifs et le poker, et prépare son dossier sur les paris hippiques. Les responsables se sont toutefois montrés confiants, assurant même que le premier pari spécial serait le match Uruguay-France. « Pour 10 euros pariés, si le match se termine par 0-0, nous rembourserons tous les paris perdants. »

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