Le sénateur Masson s'attire les foudres du Web

le 03/06/2010 à 23:32
Le sénateur Masson s'attire les foudres du Web
Manœuvre politique hasardeuse ou erreur de communication, le sénateur Jean-Louis Masson est désormais la risée d'une partie du Web. L'homme politique ex-UMP et désormais non-inscrit a commencé par faire parler de lui en introduisant un nouveau projet de loi visant les blogs. Le sénateur de la Moselle estime que le droit de réponse n'est pas appliqué sur Internet et a donc cherché à rendre les blogueurs responsables de leurs écrits, en levant leur anonymat.

Suite à cette proposition, la sphère politique a commenté cette position peu innovante et difficile à mettre en place. Même la majorité UMP n'a pas donné son aval en diffusant le lendemain de la proposition sa propre vision de l'Internet. Au détour d'un rapport initié par Jean-François Copé, la majorité a exposé deux visions contradictoires à savoir « assurer l'identification de l'internaute » tout en cherchant à « protéger son identité ». La position du sénateur Masson semblait politiquement mort-née.

Au delà de ce désaveu, un torrent de critiques s'est abattu sur le sénateur. Interrogé par RMC, il a tenu des propos qui montrent combien ses préoccupations sont éloignées du numérique. Ainsi il admet : « Twitter, je ne connais pas, je ne cherche pas à savoir. Deezer et l'iPad, cela ne m'intéresse pas non plus ». Il va même plus loin : « Je ne me sers, enfin ma secrétaire ne se sert d'Internet que pour envoyer », coupé par le journaliste, il tente ensuite d'adoucir son propos. Jean-Louis Masson estime alors qu'il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste ou un technicien pour avoir un avis sur le sujet.

Pourtant, si le sénateur Masson admet en partie son ignorance, il oublie également de se rappeler certains coups de règle sur les doigts. Alors élu local, Jean-Louis Masson était déjà au centre d'une polémique portant également sur l'anonymat. L'Express sort des cartons un article évoquant les élections municipales de 2001 à Metz. On apprend alors qu'« il a fait rédiger en 1983 un faux tract auto-diffamant dont il a cherché à attribuer la paternité à Jean-Marie Rausch (également candidat de l'époque, ndr), avant que le pot aux roses ne soit découvert. Procédurier, difficilement contrôlable, il s'est fâché peu à peu avec tous les élus de la ville et, notamment, avec le premier d'entre eux. »

Désormais sénateur, Jean-Louis Masson s'attire donc logiquement la colère des internautes mais aussi de ses confrères politiques. Sa proposition de loi aurait peut-être du rester anonyme.

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Fin mai, le sénateur Masson (Moselle) s'était attiré les foudres des internautes en suggérant que soit levé l'anonymat derrière lequel peuvent se retrancher les auteurs d'un blog. Ses arguments n'ont semble-t-il pas échappé au député UMP André Wojciechowski (Moselle également), puisque ce dernier vient de demander, par le biais des questions écrites au gouvernement, que l'on s'interroge sur les dérives qu'est susceptible d'entrainer l'anonymat « dans les discussions sur Internet ». Lui s'intéresse tout particulièrement aux messageries en ligne.

« L'évolution constante des réseaux proposés sur le web incite les internautes à communiquer de plus en plus ouvertement sur des sites de discussion. Le couvert d'un certain anonymat laisse s'installer un régime de liberté de parole qui va à l'encontre du droit et occasionne quelques fois des écrits qui peuvent être considérés comme diffamatoires », indique le député dans une question adressée au ministère de la Prospective et de l'économie numérique.

« Afin de rendre plus responsables les utilisateurs du dialogue sur Internet », le député Wojciechowski se demande donc « si le Gouvernement envisage de proposer l'instauration de la personnalisation des messageries Internet par l'obligation de déclarer sa véritable identité ».

Les risques inhérents à la divulgation de son identité en ligne ne lui sont toutefois pas inconnus puisque dans une seconde question écrite, adressée à Nathalie Kosciusko-Morizet, il s'appuie sur une étude pour indiquer « que les jeunes qui communiquent fréquemment sur Internet n'hésitent pas à donner des informations personnelles sans savoir à qui ils s'adressent précisément » et invite à prendre en compte les dérives que pourrait entrainer le « recoupement de ces informations par des personnes mal intentionnées ». De simples questions donc, pour l'instant, qui contribueront sans doute à alimenter l'épineux débat autour de l'anonymat sur Internet.

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