La Cnil rappelle Google au respect de la vie privée

le 20/04/2010 à 19:43
La Cnil rappelle Google au respect de la vie privée
La Cnil, accompagnée de neuf autres autorités de protection des libertés sur Internet, adresse un carton jaune aux grandes sociétés éditrices de sites et applications communautaires. Google est particulièrement visé par la lettre car la Cnil met sérieusement en doute son respect de la loi française. L'identité des autres entreprises visées n'a pas été communiquée.

A la loupe, les critiques formulées par les Cnil de la France mais aussi d'Allemagne, d'Irlande, d'Israël, d'Italie, des Pays-Bas, d'Espagne, du Royaume-Uni, du Canada et de la Nouvelle-Zélande mettent l'accent sur Google Buzz, le réseau social du géant de Mountain View. Buzz se montrait peu au fait de la protection des données personnelles en attribuant automatiquement à l'utilisateur un réseau d'amis en fonction des conversations fréquemment entretenues avec ses contacts. Chacun pouvait ainsi voir les amis qu'il "préférait". De même, l'application était disponible automatiquement à tout détenteur de compte Gmail.

Google s'est excusé puis a retiré la fonction critiquée mais le mal était fait. La Cnil témoignait à l'époque avoir "été troublée par votre lancement récent de l'application de réseau social Buzz, qui a été fait dans le mépris des normes et des lois fondamentales en matière de protection de la vie privée".

La Cnil prend cet exemple pour affirmer que ces sociétés "doivent respecter les lois dans chacun des pays où elles déploient des produits et services en ligne." De même, l'autorité estime que Google a le devoir de montrer l'exemple aux autres sociétés en tant que "chef de file du monde virtuel."

A ce titre, la Cnil souhaite que Google intègre la protection de la vie privée dès la phase de conception de ses futurs produits. Par exemple, avec l'instauration de nouveaux moyens visant à mieux obtenir le consentement des utilisateurs ou bien encore des procédures simplifiées et irrévocables de suppression de compte.

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Pour une fois, ce n'est pas le caractère intrusif des photos prises pour Street View par le géant du net qui est mis en cause, mais le scannage des réseaux Wi-Fi par les voitures de Google.

Peter Shaar, le responsable de l'équivalent de la CNIL en Allemagne, pointe du doigt cette pratique qu'il considère comme une violation de la vie privée. Il accuse en effet Google de ne pas se limiter au référencement des points d'accès, mais également de recueillir les noms des réseaux Wi-Fi, ainsi que les adresses MAC des appareils émetteurs.

« Je suis consterné. Je demande à Google de supprimer immédiatement les données personnelles concernant les réseaux sans fil, récoltées illégalement, et d'arrêter de circuler pour alimenter Street View », a-t-il annoncé.

De son côté, Google s'est défendu auprès du quotidien allemand Spiegel en expliquant n'avoir jamais caché cette pratique, effectuée depuis plusieurs années dans le but de cartographier les hotspots Wi-Fi sur Google Maps. Le moteur de recherche indique également qu'il ne publie pas les informations personnelles, tels que les noms de réseaux. Par ailleurs, en Allemagne, les adresses MAC ne sont pas considérées comme des "données personnelles", puisqu'associées à des appareils et non à des personnes.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul organisme à recenser les accès Wi-Fi en Allemagne. Skyhook Wireless, entre autre, le fait depuis 2003 sans subir les foudres des défenseurs de la vie privée.

A l'heure actuelle, Google ne propose pas encore sa cartographie des hotspots Wi-Fi sur le territoire allemand, et compte la lancer d'ici à la fin de l'année. Mais cette nouvelle affaire autour du non-respect de la vie privée de la part de la firme de Mountain View qui, malgré un certain souci de transparence, n'en fini plus de se faire épingler pour son attitude, pourrait l'obliger à changer ses plans.

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