Après l'iPad, bientôt une tablette Google ?

le 12/04/2010 à 18:59
Après l'iPad, bientôt une tablette Google ?
Google serait à la veille de lancer sa propre tablette. Cet outil serait, selon le New York Times qui a eu l'information, « un lecteur électronique qui fonctionnerait comme un PC. » C'est en tous cas ce qu'aurait dit Eric Schmidt, le PDG de Google, à des amis « au cours d'une soirée à Los Angeles. » Selon le New York Times, « Google travaille déjà avec plusieurs fabricants de matériel, et espère mettre sur pied son propre magasin d'applications pour les tablettes. »

Un tablet-PC, à l'instar de l'iPad ou du Slate d'HP, donc. La tablette devrait faire tourner Android, et non Chrome OS. Un choix jugé étrange, étant donné que Google est engagé en faveur de Chrome OS sur les netbooks. Mais Android est déjà bien développé, avec des fonctionnalités facilement transposables depuis les smartphones, qui permettront au géant du net d'amener un produit au niveau de l'iPad d'Apple.

Google serait déjà en négociations avec des éditeurs pour proposer des livres et des magazines électroniques. Pour la partie logicielle, on peut déjà compter sur de nombreuses applications maisons : Gmail, Google Maps, Google Books, Google Reader et Google Voice, entre autres. Ce serait donc un pas de plus pour le géant du net vers la distribution de matériels. La compétition avec Apple en serait sans doute renforcée, sur un marché qui devrait connaître une certaine effervescence : Microsoft travaillerait également sur son propre produit, ainsi que Nokia, et plusieurs autres entreprises.

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Après le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne, Brightcove lance sa plate-forme de stockage de vidéos dans le cloud en France. Pas de diffusion des vidéos sur un site comme Dailymotion ou Youtube, mais une forte orientation vers les entreprises : Brightcove permet stockage, transcodage et diffusion dans tous les formats courants, compatibles avec Flash player ou Html 5. Aux Etats-Unis, on trouve parmi ses clients le New York Times et Fox News, et en France, Brightcove se lance avec Société générale ou Audi France, par exemple. Entretien avec son PDG, Jeremy Allaire.

Bonjour Jeremy Allaire. La France n'a pas de média de la taille du New York Times, ou de Fox News, par exemple. Pourquoi viser spécifiquement ce marché, et pas l'Europe entière ?

Quand nous réfléchissons à entrer sur un marché, nous regardons plusieurs points. Y a-t-il une adoption significative d'Internet ? Du haut-débit ? De la vidéo en ligne ? Est-ce que les entreprises dans le secteur marketing ou dans la publicité investissent dans le numérique ? Et si toutes ces conditions sont remplies, nous considérons que le marché est une opportunité pour nous. Donc nous tirons avantage du marché européen dans son ensemble, notamment parce que nous avons une infrastructure conçue pour l'Europe entière, tant du point de vue technique que des ventes. Par exemple, certains de nos datacenters sont à l'Ouest de l'Europe, pour stocker du contenu et éviter les allers-retours des données aux Etats-Unis, ce qui permet une publication plus rapide des vidéos. Nous avons aussi des partenaires dans tous les pays européens. Tout ça fait que nous pouvons nous lancer dans tous les pays. Après, la stratégie est de nous concentrer sur des marchés nationaux clés.

Mais pour vous donner quelques chiffres, le marché européen, aujourd'hui, représente 25% de notre revenu, et il continue de croître. Nous estimons qu'il sera à plus de 30% cette année. Ce sont les trois quarts des 40% de notre revenu issu du marché international. C'est donc une grande opportunité pour nous. La France est un marché particulièrement intéressant pour nous. Toutes les conditions sont remplies, et nous pensons que le marché est suffisamment important pour nous permettre de développer un business de plusieurs millions d'euros.

Vous misez beaucoup sur les entreprises marketing, les médias et notamment les pure players, qui commencent vraiment à percer selon vous. Pour autant, la plupart ont accès à Dailymotion, une solution gratuite...

Pour la plupart, nos clients se concentrent sur le contrôle de leur marque, de l'endroit où leur contenu peut être distribué, de leur stratégie de publicité. Ils veulent des outils professionnels pour gérer et intégrer tout ça. Les sites gratuits, avec du contenu créé par les utilisateurs, ne leur donnent aucune de ces fonctionnalités. Par exemple, la première source de clients pour notre produit d'entrée de gamme, Brightcove Express, est Youtube. Les petites entreprises se disent qu'elles peuvent mettre des vidéos sur Youtube, et c'est tout, mais quand elles réalisent que si elles veulent contrôler leur image, leur marque, et avoir une bonne intégration de leurs vidéos sur leurs sites, elles veulent des outils professionnels. Nous ne voyons donc pas ces services gratuits comme des concurrents.

Nous sommes même engagés en faveur d'une intégration plus poussée avec l'environnement de Youtube par exemple, pour que les gens qui veulent les avantages de Youtube - essentiellement en terme de visibilité et d'audience - puissent le faire avec notre système. Il pourrait y avoir une opportunité similaire ici avec Dailymotion. C'est la même chose pour les grands comptes, qui ont leurs propres serveurs. Ce n'est pas un frein pour nous. Avec ce type de solutions, les utilisateurs finaux sont généralement très frustrés. Ils n'ont pas de flexibilité avec ces outils, alors qu'ils veulent de nouveaux players, de nouvelles solutions de publicité, de nouvelles solutions de rapport, une meilleure expérience de publication... Les organisations IT sont très lentes à répondre à ces demandes, elles ne sont pas innovantes. Le coût pour tenter de rester à jour est très élevé pour elles, c'est un fardeau pour elles. Avec des services de cloud, comme Brightcove, il suffit de payer une souscription annuelle, qui correspond à un pourcentage très réduit par rapport à la mise en place et à l'entretien d'une solution interne.

Le New York Times, AOL... Ils ont tous décidé de se débarrasser de leurs infrastructures existantes et de travailler avec nous. Ils ne peuvent pas nous concurrencer sur les possibilités de la plate-forme. Parfois nous allons voir des clients potentiels, et ils sont heureux de nous trouver pour changer de solution. Parfois, il faut juste attendre un peu que leur solution vieillisse pour qu'ils se décident... Ils peuvent d'ailleurs utiliser leur propre infrastructure dans le cloud de Brightcove, avant de passer à une solution entièrement chez nous lorsque leur matériel est obsolète. Les clients perdent certains avantages de notre solution, cependant, comme le transcodage dans le cloud, par exemple. Mais c'est tout à fait possible.

Système de transcodage qui semble avoir fait son choix dans le débat actuel sur Flash et le Html 5... Pour vous, c'est Flash, et le codec .H264, et c'est tout ?

Mais Flash a encore du temps devant lui ! Aujourd'hui, quand nous développons des solutions, nous proposons des boîtes à outils pré-intégrées dans notre back-end pour leur permettre de publier sur n'importe quel appareil. Du .H264 pour l'iPad et l'iPhone, bientôt les solutions Flash qui vont être intégrées nativement dans la nouvelle version d'Android... Nous soutenons les standards clés qui vont être adoptés par le monde mobile, comme le Html 5. Comme producteur de contenu, vous avez le web sur PC, les applications mobiles, et le web mobile avec à la fois Flash et le Html 5. Il y a une fragmentation, qui fait que les producteurs ont besoin d'une solution cross-platform, que Brightcove fournit. La semaine du lancement de l'iPad, nous avons dévoilé une nouvelle façon d'inclure du code pour afficher des vidéos en Html 5 et diffuser sur la tablette.

Pour le Html 5, c'est vrai que nous développons des solutions basées sur le .H264. Pas de Theora pour nous, mais je pense qu'un nouveau format vidéo open-source va être annoncé bientôt. Je pense que lors de la conférence I/O, Google annoncera un codec standardisable, suffisamment ouvert pour être accepté par Firefox, et pourquoi pas intégré dans les codecs de Flash Player. Mais ce ne sera pas le Theora, ce sera autre chose...

Jeremy Allaire, je vous remercie.

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