Ballot screen : Opera satisfait, pas les petits éditeurs

le 18/03/2010 à 18:24
Ballot screen : Opera satisfait, pas les petits éditeurs
Proposé aux utilisateurs européens de Windows depuis le 1er mars dernier, l'écran de choix de navigateur internet reçoit un accueil en demi-teinte. Opera a ainsi constaté un accroissement significatif des téléchargements depuis l'Europe, tandis que six des sept éditeurs du second rang réclament une meilleure mise en avant.

Les éditeurs du second rang protestent

Tel qu'il apparait aux internautes qui l'ont volontairement installé, l'écran de choix, dit aussi ballot screen, ne présente effectivement que les cinq premiers navigateurs du marché : Internet Explorer, Firefox, Chrome, Opera et Safari, dans un ordre théoriquement aléatoire et non selon ce classement par part de marché ni par ordre alphabétique.

Il faut en revanche faire défiler une barre de défilement horizontal pour afficher la liste des sept autres navigateurs, affichés à leur tour dans un ordre aléatoire et non dans cet ordre alphabétique : Avant Browser, Flock, GreenBrowser, K-Meleon, Maxthon, SlimBrowser et Sleipnir. Six des éditeurs de ces navigateurs (tous à l'exception de celui de K-Meleon) ont donc saisi la commission européenne car ils estiment "que la présentation de l'écran de choix ne permet pas à la majorité des usagers de savoir qu'il y a plus de cinq navigateurs parmi lesquels choisir".

Ils ne réclament ni l'affichage immédiat de leurs navigateurs, ni même l'installation obligatoire et mondiale de l'écran de choix, mais "seulement le simple ajout d'un texte ou d'un élément visuel qui indiquerait à l'internaute moyen qu'il existe d'autres choix à droite de la partie visible de l'écran".

La commission européenne s'est pour l'heure contentée de transmettre cette demande à Microsoft, qui aurait promis de répondre dans les plus brefs délais.

Opera double le nombre de téléchargements

Opera, qui est d'ailleurs à l'initiative de la plainte dont découle ce ballot screen, indique quant à lui que plus de la moitié des téléchargements du navigateur internet éponyme proviennent directement de celui-ci. Le nombre de téléchargements a même triplé au cours des premiers jours, ce qui témoignerait selon Opera de l'intérêt de susciter la curiosité des utilisateurs.

"Ceci confirme que lorsqu'on donne vraiment le choix aux utilisateurs du logiciel le plus important de leur ordinateur, le navigateur internet, ils essaient les alternatives," fanfaronne ainsi Hakon Wium Lie, directeur technique d'Opera Software. Et de rejoindre le discours de Mozilla : "Une multitude de navigateurs rendra l'Internet plus standardisé et plus accessible".

Conformément à la décision de la commission européenne, les acquéreurs de nouveaux ordinateurs sous Windows seront invités à choisir parmi l'un de ces navigateurs au premier démarrage de leur ordinateur pendant au moins cinq ans. La mise à jour pour les utilisateurs existants continuera quant à elle à être proposée sur la base du volontariat. Les éditeurs réclament enfin que cette initiative soit étendue au monde entier, et non à la seule Union Européenne.

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Sur le salon Solution Linux, qui se déroule actuellement à Paris, c'est l'occasion pour les petits et grands éditeurs de présenter leur logiciel open source. Parmi les exposants, la fondation Mozilla continue de faire la promotion de son navigateur Firefox et du gestionnaire de courriers électroniques Thunderbird.

La semaine dernière, nous avions rencontré Charles McCathieNevile, responsable de la prise en charge des standards chez Opera. Ce dernier avait l'air plutôt satisfait de l'assistant d'installation (ballot screen) mis en place par Microsoft suite à la plainte de l'éditeur norvégien déposée auprès de la Commission Européenne. En revanche, chez Mozilla, la prudence est de mise. Interrogé par nos soins, Tristan Nitot avoue rester perplexe sur l'efficacité réelle de cet écran d'installation : « on ne peut pas mesurer l'efficacité de la chose ». Et d'ajouter : « Microsoft ne propose pas la mise à jour à tout le monde, ils n'ont pas ouvert le robinet en grand ».

Mozilla affiche donc une certaine prudence et notamment à l'égard de Microsoft. « Il y a des subtilités qui font que concrètement la chose est biaisée », explique-t-il. Il prend comme exemple l'édition Windows XP N que Microsoft fut obligé de distribuer suite à une enquête précédente par les autorités européennes. Pour rappel, cette dernière fut commercialisée au même prix que la version normale et pourtant dépourvue du logiciel multimédia Windows Media Player. Pour cette raison, lors de l'investigation sur la plainte déposée par Opera Software, Mozilla a formulé certaines demandes et notamment que Microsoft ne change pas les choix de l'utilisateur, par exemple via une mise à jour.

Par ailleurs, si le ballot screen fut l'une des propositions avancées par Opera Software, Mozilla avoue ne pas avoir été conquis par cette idée, jugée peu ergonomique voire fondamentalement inutile. « Déjà les utilisateurs ne lisent pas les boîtes de dialogue, ils cliquent sur OK et c'est tout », déclare M. Nitot en précisant que la plupart des internautes ne savent même pas ce qu'est un navigateur. C'est notamment la raison pour laquelle la fondation a décidé de mettre en place le site Internet Opentochoice.org afin d'éduquer l'utilisateur.

Finalement c'est sur la prise en charge du HTML 5 que la fondation semble rejoindre Opera Software. Le président de Mozilla Europe souhaiterait qu'Internet Explorer 9 affiche une véritable compatibilité. Il conclut d'ailleurs : « Microsoft a tout intérêt à miser sur cette technologie et à abandonner complètement Silverlight ; je croise les doigts ».

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