24 heures de vidéo envoyées chaque minute sur YouTube

le 18/03/2010 à 18:24
24 heures de vidéo envoyées chaque minute sur YouTube
YouTube a aujourd'hui annoncé que 24 heures de vidéo étaient transmises sur sa plateforme de vidéo à la demande chaque minute. Soit, d'après nos savants calculs, une moyenne de près de 1 500 heures de vidéo par heure, ou encore près de 35 000 heures chaque jour. La progression, d'ailleurs étonnement linéaire, n'est pas fulgurante, puisque la plateforme ingurgitait déjà 20 heures par minute il y a un peu moins d'un an, en mai dernier, mais c'est tout de même un cap.

À défaut de communiquer sur l'audience ou sur les finances de sa plus grosse acquisition, Google communique donc fréquemment sur sa popularité. Aux dernières nouvelles, le site internet racheté la modique somme de 1,65 milliards de dollars en 2006 n'était toujours pas rentable. YouTube continue en tout cas d'explorer de multiples pistes de monétisation, telle que la vente de vidéos, pour absorber ses frais de fonctionnement colossaux.

Plus encore que la bande passante requise pour diffuser ces milliers d'heures de vidéos, c'est la puissance de calcul requise pour les traiter au fil de l'eau, y compris celles qui ne seront vues que par quelques proches, qui impressionne… Le site de partage de vidéo tente d'ailleurs de concurrencer des plateformes de vidéo à la demande telles que Hulu, sur lesquelles l'audience se concentre sur une minorité de contenus.

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De passage à Paris, Hunter Walk, directeur du développement de YouTube, a présenté fin juin l'un des futurs services que proposera dans les mois à venir le numéro un mondial de la vidéo en ligne. Baptisé Leanback et accessible en ligne depuis jeudi matin, ce nouveau mode d'accès aux contenus diffusés par le portail est pensé comme une véritable grille de programmes personnalisés selon les goûts et les centres de l'intérêt de l'utilisateur. Un peu comme une mosaïque TV qui piocherait parmi des millions de vidéos celles qui sont susceptibles de vous intéresser ou de vous divertir.

« J'aimerais que les gens passent moins de temps à faire des recherches et plus de temps à regarder les contenus », a expliqué Hunter Walk. YouTube, qui représente aujourd'hui le deuxième moteur de recherche au monde en volume de recherches (derrière sa maison mère, Google), oeuvre depuis déjà plusieurs années en ce sens, en multipliant les fonctionnalités de partage ou de syndication des vidéos par affinités ou proximité thématique.

Leanback veut aller plus loin. Plutôt que de s'ouvrir sur une page d'accueil référençant une foule de contenus, le service lance directement en plein écran une vidéo correspondant aux attentes de l'internaute. Sur la partie inférieure de l'écran, une série de vignettes permettent d'accéder à des "canaux" thématiques plus ou moins verticaux devant coller aux goûts exprimés par l'utilisateur enregistré, mais aussi à son historique de navigation ou aux suggestions effectuées par ses contacts en ligne. L'ensemble est pensé pour qu'il ne soit plus indispensable d'effectuer la moindre recherche. Bref, une interface qui conviendrait parfaitement à la navigation à l'aide d'une télécommande et qui tirera sans doute à terme parti de technologies comme la transcription écrite à la volée ou la traduction automatique, déjà en test. Sur ordinateur, YouTube Leanback impose pour l'instant une navigation au clavier.

Sans grand risque, on peut supposer que Leanback prendra tout son sens aux alentours de la rentrée de septembre, date à laquelle doivent apparaitre les premiers boitiers Google TV (voir La Google TV (Chrome + Android + Flash) dès cet automne aux USA et Logitech annonce Revue, sa box Google TV).

En matière de contenus, Leanback reflètera la diversité dont témoigne aujourd'hui YouTube qui, aux côtés des centaines de millions d'heures de vidéos envoyées par les internautes développe une offre de films et de programmes issus des chaines du petit écran. Le portail, qui à ses débuts reposait exclusivement sur des vidéos amateur, a très largement diversifié son offre et accueille aujourd'hui bon nombre de productions professionnelles. Reportages, clips, longs métrages, ils n'ont dans certains cas rien à envier aux programmes d'une chaine de TV classique, laquelle fonctionne sur un modèle d'achat de contenus, de production, de rémunération et de diffusion n'offrant que peu de flexibilité.

Si Google ne communique pas sur les résultats financiers de YouTube (certains estiment que le portail pourrait avoir engendré 460 millions de dollars de pertes en 2009), lui revendique 24 nouvelles heures de contenus... chaque minute, et sait aujourd'hui adapter les modalités de monétisation de ces vidéos aux circonstances : location payante dans un pays, publicité contextuelle dans un autre, séquence sponsorisée chez un troisième. Peut-être ne lui manque-t-il plus que la légitimité, le confort et les habitudes de consommation qu'implique l'écran du salon pour s'imposer comme l'égal des chaines de télévision ?Article initialement publié le 1er juillet, mis à jour le 8 pour signaler l'ouverture du service.

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