Avec le système Chrome OS Google mise sur la sécurité

le 09/03/2010 à 17:00
Avec le système Chrome OS Google mise sur la sécurité
Lors d'une conférence sur la sécurité informatique organisée par le cabinet RSA, l'ingénieur Will Drewry de Google a levé le voile sur les mesures de protection qui seront embarquées au sein du système Chrome OS. Finalement, deux déclinaisons de l'OS seront proposées : la première sera destinée au grand public et verra le jour en fin d'année tandis que la seconde, prévue pour 2011, devrait offrir des outils de gestion plus adaptés aux besoins de l'entreprise.

Tous les ordinateurs seront livrés avec une puce TPM (Trusted Platform Module). Développée par le Trusted Computing Group, cette dernière permet d'authentifier les composants de la machine et le contenu devant être exécuté en comparant leurs signatures numériques stockées sur la puce. L'ingénieur rappelle que Chrome OS embarque non seulement un système de mise à jour automatique mais également une architecture permettant de placer chaque onglet au sein d'un processus dédié. Rappelons tout de même que le mois dernier, le hacker Christopher Tarnovsky a trouvé le moyen de contourner le système de chiffrement couplé aux puces TPM. Il expliquait alors : « vous aviez confiance en cette puce pour garder vos secrets, en vérité, elle n'est pas si sécurisée ».

Outre l'aspect open source de Chromium qui ajoute une dynamique au développement en cas de problème, il sera possible d'activer un mode « développeur » en pressant un bouton caché sous la batterie du netbook. Destiné aux personnes averties, ce dernier désactivera certaines mesures de sécurité afin d'offrir une plus grande souplesse par exemple pour modifier un composant du système.

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Lorsque le Web part à la rencontre du logiciel... Après le lancement d'une suite bureautique en ligne, puis d'un navigateur Web, Google poursuit ses incursions dans le domaine du logiciel avec l'annonce, dans la nuit de mardi à mercredi, d'un système d'exploitation conçu par ses soins : Google Chrome OS. Destiné dans un premier temps aux netbooks mais compatible avec tout ordinateur personnel, ce système d'exploitation open source se veut particulièrement léger, centré autour du navigateur Web et des services en ligne. Le code source sera publié d'ici la fin de l'année, pour une mise à disposition générale dans le courant du second semestre 2010.

Une annonce surprenante ? Peut-être pas. Depuis 2006, la rumeur prête à Google l'intention de concevoir un système d'exploitation minimaliste, entièrement tourné vers le Web et les services en ligne : Gmail pour la messagerie, Google Talk pour les communications, Google Docs pour la bureautique et le travail collaboratif, etc. Seule manquait à Google la pierre angulaire permettant de porter ces applicatifs hébergés sur le poste client, une case aujourd'hui comblée par le navigateur Web maison, Chrome.

Si le futur OS de Google tire son nom de ce navigateur, c'est qu'il occupera une place centrale au coeur du système, composé d'un simple noyau Linux auquel la firme de Mountain View greffera une interface utilisateur fenêtrée, et minimaliste. "Rapidité, simplicité et sécurité sont les aspects clé de Google Chrome OS", promettent Sundar Pichai, vice président produit et Linus Upson, responsable de l'ingénierie, sur le blog officiel de Google. "Comme nous l'avons fait avec notre navigateur Google Chrome, nous revenons aux fondamentaux et repensons complètement l'architecture qui sous-tend l'ensemble du système, de façon à ce que les utilisateurs n'aient pas à se préoccuper des virus, des malwares ou de mises à jour de sécurité. Ca doit simplement fonctionner".

"Pour les développeurs d'applications, le Web sera la plateforme. Toutes les applications en ligne fonctionneront automatiquement, et de nouvelles pourront être écrites à l'aide de vos technologies Web favorites", ajoutent les représentants de Google, selon qui la grande force de ce modèle viendra de ce que les applications écrites avec Chrome OS en ligne de mire pourront également fonctionner avec tous les autres systèmes du marché, dans la mesure où elles seront accessibles au travers du navigateur.

Compatible aussi bien avec les processeurs x86 (ordinateurs ) qu'avec l'architecture ARM (smartphones), Google Chrome OS est présenté comme un projet distinct d'Android, le système d'exploitation mobile de la firme. "Bien qu'il y ait certaines zones sur lesquelles Google Chrome OS et Android se chevauchent, nous pensons que la possibilité de choisir motivera l'innovation, pour le bénéfice de tous, y compris de Google", explique la firme.

Alors que les premiers netbooks ont fait leur entrée sur le marché équipés de distributions Linux, l'industrie est progressivement repassée à Windows. XP tout d'abord, puis bientôt 7, puisqu'une version du futur système d'exploitation de Windows sera tout spécialement réservée aux netbooks. Le secteur pourrait toutefois faire machine arrière, surtout s'il se voit offrir la possibilité d'intégrer un système d'exploitation gratuit, léger, et porté par une marque forte comme celle du numéro un mondial de la recherche en ligne, dont le navigateur est déjà utilisé par trente millions d'internautes dans le monde.

Le fait que ce système d'exploitation soit dévoilé cette semaine, plus d'un an avant la date prévue pour sa sortie, n'est peut-être pas un hasard : Microsoft tient à partir du 13 juillet prochain sa Worldwide Partners Conference, lors de laquelle les responsables de la firme devraient procéder à d'importantes annonces relatives à Windows 7 (mise à disposition de la RTM) ainsi qu'à la stratégie de l'éditeur en matière de services hébergés et accessibles au travers du navigateur. "Dans la mesure où nous sommes déjà en discussion avec nos partenaires à propos de ce sujet, et travaillerons bientôt avec la communauté open source, nous voulions partager notre vision des choses dès maintenant de façon à ce que tout le monde sache ce que nous essayons de réaliser", se contente d'affirmer Google.
Ce soir, Google a tenu une conférence de presse très attendue au sujet de son prochain système d'exploitation baptisé Chrome OS. Annoncé au début du mois de juillet, Chrome OS est basé sur un kernel de Linux auquel viendra se greffer une interface fenêtrée relativement minimaliste. Le système est premièrement destiné aux netbooks.

Sundar Pichai, vice-président du développement des produits chez Google, commence par revenir sur le parcours du navigateur Google Chrome introduit au mois de septembre 2008. Il précise ainsi : « Google Chrome est la fondation de tout ce que nous faisons ici » avant d'ajouter : "40 millions d'utilisateurs utilisent Chrome en tant que navigateur principal sur leurs machines". Grâce à son moteur JavaScript Chrome serait 39 fois plus rapide qu'Internet Explorer. La version pour Mac est toujours en développement et sera bientôt publiée, même chose en ce qui concerne Chrome pour Linux, lequel est d'ailleurs la fondation principale pour Chrome OS. L'OS démarrerait en 7 secondes et la connexion lors de l'identification de l'internaute prendrait 3 secondes.

A l'image du navigateur, Chrome OS est basé sur trois idées : la rapidité, la simplicité et la sécurité. Notons ainsi que l'ensemble des applications au sein de Chrome OS seront des applications web. "Il n' y a pas besoin d'installer quoique ce soit, ce n'est qu'un navigateur modifié », explique M. Pichai. Puisqu'il s'agit de services en ligne toutes les données sont hébergées à distance, la prise en charge du HTML5 permettant pour sa part des opérations de mise en cache. En cas de perte du netbook l'internaute devrait être capable de racheter une autre machine, s'identifier et retrouver instantanément l'ensemble de ses applications favorites lesquelles sont listées au sein d'une page spéciale configurable par l'utilisateur.

Une fois ouverte, l'application sera donc placée au sein d'un onglet dédié mais pourra également être présentée dans un petit panneau en bas à droite de l'écran. En ce sens, Google reprend l'idée du module de chat ou de la liste de tâche implémentés au sein de Gmail. M. Pichai explique que les développeurs ont intégré un système de bureaux virtuels, c'est à dire la possibilité d'avoir plusieurs fenêtres principales et donc plusieurs listes d'onglets ouverts.

Lorsque l'utilisateur branche un appareil photo numérique, le système ouvrira une petite fenêtre listant les images, lesquelles pourront ensuite être placées dans différents onglets. Google avoue par ailleurs que la suite bureautique hébergée de Microsoft est particulièrement performante, pour cette raison, si l'internaute reçoit par email un fichier au format Excel, ce dernier s'ouvrira au sein d'Office Online. En cas de plantage, le système serait capable de lancer de lui-même un processus d'auto-réparation.

Notons cependant que le système d'exploitation n'est compatible qu'avec des netbooks dotés d'une mémoire SSD. Par ailleurs il ne sera pas possible d'installer Chrome OS sur une machine existante, l'utilisateur devra premièrement investir dans un netbook sur lequel Chrome OS se trouve pré-installé. La firme de Mountain View est actuellement en discussion avec différents partenaires pour prendre en charge un plus grand nombre de cartes réseau.

Pour l'industrie, le pari d'un OS made in Google semble gagné d'avance. En effet, quelques jours après l'annonce de Chrome OS, Sundar Pichai, vice-président du développement des produits chez Google, précisait que la firme de Mountain View avait déjà signé plusieurs partenariats de distribution OEM avec différents fabricants. Parmi ces derniers nous retrouvons Acer, Adobe, ASUS, Freescale, Hewlett-Packard, Lenovo, Qualcomm, Texas Instruments et Toshiba. D'ici la fin de l'année prochaine, les premières machines équipées de Chrome OS devraient voir le jour, "juste avant Noël", précise Sundar Pichai.

L'engouement général n'est d'ailleurs pas pour plaire à tout le monde, à commencer par certains autres éditeurs de Linux. C'est ainsi que Mandriva avait réagi directement à l'annonce de Google en rappelant dans un communiqué que la société est un "leader européen des éditeurs de distributions open source. (S)a dernière version Mandriva Linux Spring 2009 va bien au-delà des exigences des utilisateurs actuels de netbooks (...) et s'adapte à tous, particuliers et entreprises. " . Interrogée par nos soins à ce sujet, Anne Nicolas vice-président de l'ingénierie chez Mandriva, expliquait : "Ils savent faire passer leur technologie simplement en communiquant. Ils ont beaucoup de produits très populaires. On se doit d'occuper le terrain et de réagir".

Google a également publié le code source de Chrome OS auprès des développeurs sur le site officiel de Chromium.

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