Lipdub : les jeunes UMP pas tout à fait en règle

le 15/12/2009 à 22:03
Lipdub : les jeunes UMP pas tout à fait en règle
Le désormais fameux "lipdub" des jeunesses de l'UMP, mis en ligne vendredi dernier et déjà vu plusieurs centaines de milliers de fois, n'aurait pas tout à fait été réalisé dans les règles du droit d'auteur. Dans un communiqué, les responsables des « Jeunes Populaires » avouent en effet mardi avoir été saisi d'une requête par les ayant-droits du titre utilisé pour la bande son, la chanson "Tous ceux qui veulent changer le monde". Cette nouvelle affaire intervient quelques mois après que l'UMP a été condamné pour avoir utilisé sans consentement préalable une chanson du groupe MGMT lors de certains de ses événements. Le parti avait alors accepté de verser quelque 30.000 euros à une association caritative en guise de dédommagement.

A moins de vivre en complète autarcie, vous n'avez pu passer à côté de ce lipdub - qui n'a d'ailleurs de lipdub que le nom puisqu'il ne s'agit pas d'un plan séquence - dans lequel on voit les jeunes UMP chanter un titre de Luc Plamondon et Christian Saint Roch, entourés de différentes personnalités de l'UMP. Chat échaudé craignant l'eau froide, les Jeunesses Populaires ont pris soin d'obtenir l'accord des auteurs avant de réaliser leur vidéo. « Avant le lancement du lipdub le vendredi 11 décembre, Luc Plamondon et Christian Saint Roch, auteur et compositeur de la chanson, et leurs éditions Plamondon Publishing et Vibrations ont accordé aux Jeunes Populaires les droits de reproduction et de diffusion » associée au morceau, expliquent les Jeunes Populaires.

Problème, la bande son utilise une version remixée du morceau, réalisée par Marie-Mai qui, en tant qu'interprète, dispose également de droits moraux et entend bien les faire valoir.

« En raison d'un malentendu sur la version du morceau utilisée comme fond sonore dans le lipdub entre la création de 1976 et celle remixée d'aujourd'hui, les Jeunes Populaires ont été saisis d'une demande concernant les droits moraux de Marie-Mai, artiste interprète de la version remixée », explique le mouvement, qui ajoute qu'un « accord devrait intervenir dans les prochaines heures consistant notamment dans le versement d'une somme au profit d'une association reconnue d'utilité publique ».

Bis repetita placent ? Vous pourrez retrouver la vidéo ce lipdub dans notre dernière revue de Web.

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L'hôpital qui se fout de la charité ? Frédéric Lefebvre, pourtant fervent défenseur du respect du droit d'auteur, a effectivement "pillé" un article du site internet Slate concernant le lipdub des jeunes UMP, sur lequel ils n'étaient d'ailleurs pas tout à fait en règle. Si on pouvait s'attendre à ce que le porte parole de l'UMP soit irréprochable sur la question, il s'est au contraire à nouveau permis de reprendre sur son propre site internet l'intégralité d'un contenu protégé par le droit d'auteur.

Frédéric Lefebvre a effectivement repris et modifié cet article, duquel il a supprimé la quinzaine de liens, y compris celui menant à la source, qui n'a donc pas donné son accord. La loi interdit pourtant la reproduction d'un contenu sans l'autorisation de son auteur. Seule un court extrait est toléré, tandis que la coutume veut qu'un lien vers l'original accompagne ce dernier. L'article a depuis été retiré.

Un peu plus tôt, le grand partisan de la loi Création et Internet avait publié l'intégralité de l'émission "Ce soir ou jamais", à laquelle il avait participé dans le cadre d'une émission "Faut-il contrôler Internet ?", par le biais de son compte Dailymotion.

Du côté de la rédaction de Slate, "on s'étonne que le porte-parole de l'UMP qui a défendu avec une telle vigueur Hadopi méconnaisse les règles les plus évidentes qui régissent le droit d'auteur".

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