Grand emprunt : 4,5 milliards pour le numérique

le 14/12/2009 à 22:00
Grand emprunt : 4,5 milliards pour le numérique
Sur les 35 milliards d'euros qu'entend lever le gouvernement grâce au grand emprunt, 4,5 milliards iront au développement de l'économie numérique, a révélé lundi matin Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse. Les deux chantiers prioritaires seront la démocratisation des accès haut débit à Internet et la numérisation du patrimoine.

« Notre premier effort doit être d'assurer la couverture du territoire en haut débit. L'initiative privée ne peut y suffire, l'exigence d'aménagement du territoire impose l'intervention d'un schéma de déploiement du très haut débit arrêté par l'Etat », a déclaré le président de la République. « Il s'agit de faire pour le haut débit ce que notre pays a fait avec un peu de retard dans les années 1970 pour le téléphone ». Le plan d'action précis devrait être dévoilé dans les jours à venir.

750 millions d'euros issus de cette enveloppe globale dédiée au numérique seront réservés à la mission de numérisation, a-t-il par ailleurs indiqué, affirmant à ce sujet que « Nous allons monter un grand partenariat public-privé, tout en gardant la maîtrise de notre patrimoine ». Là encore, les modalités de mise en oeuvre exactes ne sont pas encore connues. Christine Albanel, ex ministre de la Culture, a justement été mandatée début décembre par Matignon pour élaborer les premiers axes de travail de ce chantier.

Le reste des 35 milliards d'euros du grand emprunt sera réparti comme suit : 11 milliards pour l'enseignement supérieur, dont 5 pour la création d'un campus en région parisienne, sorte de Silicon Valley à la française qui réunira les 10 grandes écoles de Paristech (HEC, Polytechnique, etc...) mais également l'Université Paris XI (Orsay) ou encore l'école normale supérieure de Cachan. 6,5 milliards iront à l'industrie et aux entreprises, avec un focus particulier sur les domaines liés au transport (automobile, ferroviaire, aéronautique, navale). 8 milliards d'euros iront à la recherche, et 5 seront destinés au développement durable.

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Invitée du Forum Netexplorateur pour une table ronde avec différents acteurs de l'économie française, Nathalie Kosciusko-Morizet a appelé de ses voeux jeudi la mise en place d'une véritable politique européenne en matière de numérique.

"Il est difficile de créer un "marché commun" tel que celui de la voiture, le numérique et les usages touchent à des différences culturelles et linguistiques qui ne se posent pas dans d'autres secteurs", a fait remarquer la secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique, selon qui certains exemples montrent toutefois que l'objectif n'a rien d'utopique.

"On marche pas mal sur la question du dividende numérique et sur le partage des fréquences", a ajouté NKM, prenant l'exemple de l'extinction de la télévision analogique en Alsace, où les changements sont gérés de façon coordonnée avec l'Allemagne voisine.

L'exemple du dividende numérique n'est pas anodin. Plusieurs mois après qu'une consultation publique a été lancée sur le sujet, le problème du partage des fréquences résultant de l'extinction programmée de la télévision analogique resterait, aujourd'hui encore, un sujet réservé aux spécialistes, dont les hommes politiques peinent à s'emparer.

En attendant que l'Europe entende cet appel, NKM ne pouvait pas manquer de revenir sur la part du grand emprunt consacrée au numérique. Estimée à 4,5 milliards d'euros environ, elle doit se répartir entre développement des infrastructures (2 milliards, sans compter les investissements conjoints opérés par les sociétés privées et les collectivités locales) et financement de projets liés aux usages, aux contenus et aux pratiques.

« 0,8 à 1% de PIB est perdu faute d'investissements dans le numérique », a fait valoir celle qui se félicite qu'on la considère désormais comme la secrétaire d'Etat à la « société numérique ». Une notion qui parait encore bien virtuelle sur le plan politique, en France comme en Europe.Le Forum Netexplorateur, qui se tient au Sénat les 4 et 5 février, réunit quelques centaines d'acteurs de l'économie numérique invités à découvrir une sélection de projets innovants susceptibles de faire émerger de nouveaux usages. Le grand prix du forum a cette année été remporté par les éditeurs hollandais du navigateur mobile Layar, reposant sur le concept de réalité augmentée.

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