Google : l'avenir de la recherche par Marissa Mayer

le 09/12/2009 à 23:29
Google : l'avenir de la recherche par Marissa Mayer
De passage à Paris pour la conférence LeWeb '09, Marissa Mayer, vice-présidente du département de la Recherche, a présenté quelques points clés qui dessineront l'avenir du moteur de recherche. Pour Google France c'est aussi l'occasion de faire le point sur les attentes des français en publiant les résultats d'une étude.

Cinq grandes tendances

Si sur Internet la plupart des requêtes sont effectuées à l'aide d'un mot-clé, Google réfléchit à différentes manières de découvrir le web. C'est ainsi que la société a décliné sur plusieurs smartphones son application de recherche vocale. Pour l'instant en anglais, en chinois et très récemment en japonais, Google Voice Search devrait être disponible au premier trimestre 2010 en France. Hier nous apprenions également le lancement de l'application Goggles pour Android permettant d'obtenir différentes informations à partir d'une simple image. L'accessibilité de la requête semble ainsi l'un des points clés pour Google.

"Nos résultats de recherche doivent impérativement refléter le web et sa richesse ", explique Marissa Mayer, en précisant que cela se traduira par une plus grande variété des médias proposés directement au sein de la page des résultats. Récemment Google y a par exemple introduit la possibilité d'écouter des chansons en streaming ou de lire des vidéos. Il faut dire que les mots-clés Music et Lyrics se placent respectivement en seconde et neuvième position des requêtes les plus effectuées sur le moteur.

Tout juste inaugurée, la recherche en temps réel devrait également connaître un formidable essor. Google intègre ainsi l'interface de programmation de Jaiku, Twitter et FriendFeed afin de rafraîchir automatiquement les mises à jour publiées et correlatives à un mot-clé donné. Le géant de Mountain View a également signé des accords similaires avec Facebook et MySpace et devrait proposer sa propre interface de programmation afin de laisser les autres services se greffer aux résultats dynamiques.

Google mise également sur le potentiel des outils de traduction. "L'idée est de pouvoir trouver le meilleur résultat d'une requête quelle que soit la langue utilisée", explique M.Mayer en précisant qu'il s'agit également d'une opportunité pour diffuser du contenu dans des langues peu communes sur la Toile tels que l'arabe. Enfin la société souhaite également pouvoir retourner des résultats toujours plus personnalisés avec des outils de géolocalisation mais également en analysant l'entourage d'un internaute via ses réseaux sociaux ou ses contacts de Gmail.

Etude : l'avenir de la recherche par les français

Google en profite également pour publier les résultats d'une étude menée conjointement avec le cabinet Directpanel sur 1002 internautes français. Au travers de ce rapport il apparaît que l'usage d'un moteur de recherche sur un appareil mobile connaît un succès grandissant et est pratiqué par 26% des participants à l'étude ; un quart de ces derniers effectueraient même plusieurs requêtes chaque jour. S'ils sont généralement satisfaits des résultats retournés par Google, 48% des français interrogés estiment que ces derniers "pourraient probablement s'améliorer de façon significative ».

Parmi les fonctionnalités jugées les plus attractives, notons la présentation et l'affichage des résultats, la requête d'assistance et l'intéractivité offerte par le moteur. De leur côté les femmes apprécient particulièrement les options de personnalisation par exemple en fonction de leur profil ou leur localisation.

Enfin les Français ont également réfléchi à certaines fonctionnalités sorties tout droit du domaine du fantastique en classant ces dernières selon leur degré de faisabilité. Pour 18% des participants (soit 180 personnes) il est assez probable, voire très probable qu'un jour Google puisse "comprendre des requêtes mentales / lire dans mes pensées". Tout aussi étrange, 290 internautes estiment également probable ou très probable qu'à l'avenir Google puisse me "permettre de rechercher dans les souvenirs stockés dans ma mémoire" ; sur les 1002 personnes interrogées, 792 estiment que cette option aurait le plus d'impact sur leur vie quotidienne.

A lire également

Marissa Mayer, vice-présidente des services de recherche locale chez Google revenait hier sur les nouveautés présentées cette semaine et annonçait les initiatives à venir dans le domaine de la recherche et des outils communautaires.

Anciennement vice-présidente du département de la recherche, Mme Mayer travaille désormais avec près d'un millier de personnes notamment sur la nouvelle version 5.0 de Google Maps annoncée lundi dernier. Interrogé par un blogueur de Techcrunch sur les efforts de Google dans le domaine des réseaux communautaires, Marissa Mayer laisse entendre que la société parie sur le web social hyperlocal : « Il s'agit d'un investissement majeur chez Google ».

D'ailleurs, les ingénieurs planchent actuellement sur un dispositif de recherche contextuelle. "Nous souhaitons diffuser auprès des internautes des informations en complément de leur surf », explique Marissa Mayer. Ces résultats se baseront sur l'historique de recherche et sans doute d'autres données par exemple le surf de ses contacts. Elle ajoute que la géo-localisation fait également partie de la donne. Pour illustrer cette idée elle explique : "si vous êtes au restaurant nous pouvons vous présenter automatiquement le menu sur votre téléphone et même ce que vos contacts ont mangé à cet endroit ».Les premiers efforts de la société dans ce domaine restent cependant mitigés. En effet, Google Latitude, désormais implementé au sein de Google Maps, avait soulevé plusieurs problèmes dans le domaine de la vie privée en permettant de suivre à la trace ses contacts ayant choisi de partager leur position. La dirigeante admet que Latitude n'est pas encore au point et avoue qu'elle ne se sent véritablement à l'aise avec cette application qu'en partageant sa position avec un nombre limité de contacts. A l'avenir, de nouvelles couches devraient compléter ce service, notamment une fonctionnalité de check-in similaire à celle de Foursquare.

Dans les six mois à venir, Google devrait également procéder à davantage d'acquisitions. Si Mme Mayer n'a pas souhaité confirmer les supposées discussions avec Groupon, Yelp ou Twitter, elle admet cependant que les rachats sont de plus en plus difficiles au fur et à mesure que la firme de Mountain View grossit sa masse salariale. "Faut-il procéder à une intégration des salariés ? Si oui, dans quel département ? C'est très compliqué et pour chaque affaire nous dessinons une stratégie bien précise ».

Enfin concernant les efforts globaux de Google dans le web social, Marissa Mayer admet également que la firme n'a pas su s'imposer. Elle n'en reste pas moins optimiste : "nous sommes les premiers sur la recherche, sur la publicité » et concernant le web social "nous voulons vraiment faire les choses bien cette fois ».
Autrefois simple moteur de recherche qui aurait pu se faire avaler par Yahoo!, Google a su diversifier ses activités sur le web mais également dans le domaine des logiciels. Cet empire numérique n'est pas pour plaire à tout le monde, et outre les procès relatifs à Google Books ou Google News, la société est également accusée d'entretenir une politique relativement floue concernant les données personnelles des utilisateurs. Pour certains, l'avenir du web passe d'ailleurs par la fin de l'anonymat.

De la transparence d'une société...

Au cours d'un entretien recueilli la semaine dernière par le magazine Der Spiegel, la ministre de la justice allemande Sabine Leutheusser-Schnarrenberger a partagé ses craintes vis-à-vis de Google en expliquant qu'au fil des années la firme de Mountain View avait accumulé beaucoup trop de puissance. « Globalement, ce qui se passe ici, c'est la naissance d'un nouveau monopole comparable à Microsoft », explique la ministre avant d'ajouter : « je veux créer plus de transparence et m'assurer que les internautes savent où vont leurs données ». Pour Mme Leutheusser-Schnarrenberger Google doit changer immédiatement sa politique sans quoi elle n'hésitera pas à avoir recours à « des actions en justice ».

Interrogé par le magazine, Philipp Schindle, vice-président du département des ventes en Europe chez Google, explique : « nous ne vous espionnons pas, nous ne vendons pas vos données à des sociétés tierces. Nous ne sommes pas intéressés par vous en tant que personnes. Nous ne connaissons ni votre nom ni vos données personnelles, ni votre compte en banque (...) seul votre fournisseur d'accès à Internet possède votre vrai nom ».

Cependant ces positions ne garantissent pas pour autant la sécurité des informations personnelles. Le 7 décembre dernier, Eric Schmidt, le PDG de Google, rappelait que les moteurs de recherche retenaient des informations pendant un certain temps et que selon la loi en vigueur dans le pays, certaines données pouvaient être partagées avec les autorités.

... à celle de l'utilisateur

Lorsque l'on parle de transparence, il semblerait que les sociétés souhaitent plutôt recentrer la question sur les internautes eux-mêmes. C'est ainsi que Marissa Mayer, vice-présidente du département de la Recherche chez Google, expliquait au mois de juillet que le monde virtuel suivrait la même évolution que le monde physique. « Il y a très peu de choses que vous pouvez faire sous le couvert de l'anonymat dans le monde physique. Je pense qu'avec le temps, sur Internet, il y aura également de moins en moins d'anonymat, et je pense que c'est une bonne chose », déclare-t-elle en ajoutant qu'il s'agit aussi de responsabiliser les internautes.

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, partage des positions similaires. Au mois de décembre, le réseau communautaire a changé sa politique en matière de vie privée. Si de nouveaux paramètres ont été ajoutés afin de régler plus finement les droits de lecture et d'écriture de ses contacts, le profil de quelque 350 millions d'internautes est soudainement devenu public par défaut. Interrogé ce weekend à ce sujet par le magazine Techcrunch, M. Zuckerberg explique qu'il s'agit-là de « la nouvelle norme sociale ». Il ajoute que ces 5 ou 6 dernières années, les internautes ont pris l'habitude de partager des informations personnelles via les blogs ou les réseaux sociaux. « Les gens sont devenus plus enclins non seulement à publier des informations de différentes natures, ils le font également de manière encore plus ouverte et avec plus de personnes. La norme sociale a évolué avec le temps ».

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