AOL, un système pour la production de contenu en masse

le 30/11/2009 à 23:24
AOL, un système pour la production de contenu en masse
Si les concepts du prochain logo d'AOL circulent partout sur la Toile, Tim Armstrong, le chef exécutif du portail Internet, a levé le voile sur la stratégie du groupe en matière de contenu. En effet, la société serait en train de finaliser un système permettant la production en masse d'articles de différentes natures. Cette initiative vise bien sûr à attirer les internautes mais également les régies publicitaires, au point de flouter les frontières entre le journalisme et l'annonce publicitaire.

Interrogé par le Wall Street Journal, le PDG déclare ainsi : "le contenu est l'un des aspects du web qui n'a pas été exploité à hauteur de son potentiel". La technologie permet d'analyser les requêtes effectuées au travers des moteurs de recherche ainsi que plusieurs autres données afin de déterminer précisément ce que les internautes ont envi de lire et donc de proposer des places de rêves pour les annonceurs. L'équipe rédactionnelle d'AOL travaillera donc en étroite collaboration avec les publicitaires, même s'il semblerait que ces derniers n'auront pas le droit de contrôler ce qui est rédigé.

D'autres sociétés utilisent une technologie similaire telles qu'Associated Content et Demand Media. Selon plusieurs sources Tim Armstrong posséderait d'ailleurs plusieurs actions chez ces start-ups. En 2009, le chiffre d'affaire de Demand Media est estimé entre 200 et 300 millions de dollars avec plus d'un million d'articles rédigés et en pôle position des contributeurs sur YouTube. AOL souhaite donc suivre cet exemple et en plus des 500 rédacteurs permanents du groupe s'ajouteront 3000 pigistes du réseau seed.com. Lorsqu'un sujet aura été identifié par le système d'analyse, plutôt que de produire un seul article, AOL sera maintenant en mesure d'en proposer plusieurs sous différents angles d'approche. Une fois l'article soumis par le pigiste, différents filtres seront appliqués afin de s'assurer que le contenu n'a pas été plagié ou ne comporte pas de mot inapproprié. L'article sera ensuite soumis à un éditeur qui sera chargé de le relire puis de le publier.

Outre la prédiction de sujets potentiellement traitables, le système d'AOL est également capable de déterminer le prix qu'un annonceur potentiel serait prêt à payer pour apposer ses publicités à côté d'un article ou d'une vidéo. C'est d'ailleurs ce calcul qui va déterminer le salaire du pigiste. AOL promet, au minimum, de partager les revenus publicitaires et jusqu'à plus de 100 dollars par pige.

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La société Yahoo! poursuit ses efforts pour recentrer sa stratégie sur Internet et entend bien s'imposer comme une place de médias incontournable. Après avoir racheté le portail s'actualités sportives Citizen Sports et publié la série de clips vidéo quotidiens Who Knew ?, la firme de Sunnyvale annonce le rachat du groupe Associated Content.

Créé en 2005, Associated Content est un portail d'actualités invitant les utilisateurs à partager leur savoir et leur expertise dans un domaine précis pour être payé en contrepartie. Les contenus soumis par les contributeurs sont rémunérés entre 2 et 15 dollars avant publication puis 1,5 dollar à chaque millier de pages vue enregistré. Associated Content bénéficierait aujourd'hui de 380 000 membres et 30 millions de visiteurs uniques mensuels. Chaque mois ce sont 50 000 nouvelles publications (tous types de médias confondus) qui sont publiés sur Associated Content.

Dans un communiqué officiel, la PDG Carol Bartz déclare : "la combinaison de notre équipe éditoriale mondialement reconnue avec Associated Content changera véritablement la donne. Ensemble nous allons créer plus de contenu susceptible d'intéresser nos utilisateurs et créer de nouvelles opportunités pour les publicitaires souhaitant annoncer auprès des utilisateurs du réseau".

Estimée entre 90 et 100 millions de dollars, cette acquisition si elle venait à être véritablement intégrée au sein du portail Internet ,devrait alors profondément changer la nature du portail Yahoo! qui développer également plusieurs partenariats avec différents réseaux communautaires (Facebook, Twitter). Reste à savoir si les internautes continueront d'être rémunérés pour la production de contenu. De son côté AOL entend également développer sa partie médiatique. La société, qui a récemment gagné son indépendance du groupe Time Warner, est en train de finaliser un système baptisé Demand Media permettant la production en masse d'articles de différentes natures. Cette initiative vise bien sûr à attirer les internautes mais également les régies publicitaires.
La société AOL continuera-t-elle d'assumer son indépendance ? Rien est moins sûr. En effet, hier le portail a levé le voile sur ses résultats financiers pour son second trimestre. Si les estimations de Wall Street étaient loin d'être démesurées, AOL n'a pas su faire le poids. Avec des revenus de 584,1 millions de dollars, la société enregistre une baisse de 26% par rapport au trimestre précédent. Wall Street tablait de son côté sur 602 millions de dollars.

Chez AOL on explique cette baisse par un déclin des revenus publicitaires, notamment en France et en Allemagne, deux pays au sein desquels AOL a récemment fermé boutique. AOL précise par ailleurs que les coûts liés à certains produits ont également influé sur ses revenus trimestriels. C'est le cas du réseau communautaire Bebo, racheté pour 850 millions de dollars et bradé pour à peine 10 millions de dollars ainsi que du logiciel de messagerie instantanée ICQ, également revendu.

Les activités Internet d'AOL continuent aussi leur déclin. Le FAI enregistre toujours moins d'abonnés et affiche une baisse de 27% par rapport à l'année dernière. Le PDG Tim Armstrong se veut cependant rassurant. Depuis son arrivée à la tête du groupe l'ancien employé de Google recentre la stratégie du portail en multipliant les investissements pour diversifier les activités purement médiatiques. C'est ainsi que la firme a développé un système de production de contenu en masse grâce à un algorithme capable de déterminer les dernières tendances du web et une armée de journalistes. AOL mise aussi sur l'hyperlocal avec Patch.org ou en investissant au sein d'OpenStreetMap.

La société saura-t-elle redresser la situation ? Quoiqu'il en soit chez AOL on ne se voile pas la face. C'est par exemple le cas de Brad Garlinghouse, anciennement chez Yahoo! et président des départements web et mobile chez AOL qui a récemment déclaré : "AOL, nous avons un p*tain de problème, il n'y a aucun doute la dessus".

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