Free Mobile est le seul candidat à la 4ème licence 3G

le 29/10/2009 à 22:17
Free Mobile est le seul candidat à la 4ème licence 3G
Les sociétés intéressées par la 4ème licence 3G avaient jusqu'à midi pour déposer leur dossier de candidature auprès de l'Arcep.

Et alors que Free Mobile, filiale à 100% d'Iliad - le propriétaire du FAI Free -, a déposé son dossier dès hier, aucun autre acteur du marché n'a finalement souhaité être candidat pour l'acquérir au prix de 240 millions d'euros. Un temps intéressés par cette licence, Orascom, Bolloré Telecom, Kertel, Hutchinson, Virgin Mobile et Numericable ont jeté l'éponge ces dernières semaines.

Tout comme au mois de juillet 2007, date limite de dépôt des dossiers lors du premier appel d'offres de l'Arcep, Iliad est le seul a avoir déposé un dossier. Mais entre temps, le gouvernement a changé les modalités d'attribution de la 4ème licence 3G. Alors qu'il y a deux ans, il s'agissait d'une licence - la même que celle d'Orange, de SFR et de Bouygues Telecom - exploitant un bloc de fréquences 15 Mhz au prix de 619 millions d'euros, il s'agit aujourd'hui d'un seul bloc de fréquences 5 Mhz au prix de 240 millions d'euros.

Cela reste "suffisant pour lancer une offre mobile avec une couverture nationale", précisait Iliad en janvier dernier. Le futur opérateur n'aura en revanche pour obligation de couvrir d'ici 2 ans que 25% de la population. Pour le reste, Jean-Ludovic Silicani, le président de l'Arcep précisait il y a quelques jours que si Free est le seul candidat, la décision autorisant ou non Iliad à acquérir cette licence sera rendue "avant Noël". "L'Autorité va désormais procéder à son examen, selon la procédure prévue par l'appel à candidatures", précise ce soir sans plus de précisions l'Arcep dans un communiqué de presse.

Mais même avec un seul candidat, la licence pourrait ne pas être attribuée pour plusieurs raisons : d'abord si Free Mobile ne remplit pas les conditions nécessaires pour l'acquérir (crédibilité financière du projet, obligation de couverture réseau, ...) et ensuite si les 3 opérateurs historiques réussissent à faire pression pour rendre caduc cet appel d'offres. Car ces derniers ont saisi le Conseil d'Etat et la Commission européenne pour contester le prix de la 4ème licence 3G et pour annuler l'arrêté qui autorise le lancement de l'appel à candidatures.

Quoiqu'il en soit, même si Free Mobile devient le 4ème opérateur national, il devrait être nécessaire d'attendre au plus tôt l'été 2011 pour que ses premières offres soient proposées. Le temps pour Orange, SFR et Bouygues Telecom de préparer une contre-offensive ?

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Lundi dernier, lorsque le premier ministre François Fillon a annoncé qu'un appel d'offre pour l'attribution d'une 4eme licence 3G sera lancé avant l'été, les médias se tournèrent immédiatement vers Free, la filiale de l'Iliad.

En effet, lors d'un précédent appel d'offre en 2007, le fournisseur d'accès à Internet fut le seul candidat à déposer un dossier. Cependant, l'Arcep, le régulateur des Télécoms, estima que Free Mobile n'avait pas respecté le cahier des charges prédéfini et que la société aurait du mal à payer le prix de la licence (619 millions d'euros).

Maxime Lombardini, PDG d'Iliad, la maison mère de Free, multiplie les entretiens et, comme si la bataille était gagnée d'avance, se montre déterminé à chambouler le marché actuel de la téléphonie mobile détenu en majorité par les trois opérateurs Orange, Bouygues Telecom et SFR. Interrogé par L'Express sur d'éventuels concurrents qui postuleraient à l'obtention de la 4eme licence 3G, Maxime Lombardini explique : "aujourd'hui je ne vois pas de concurrent de taille. Avec nos 4 millions d'abonnés et notre volonté depuis 3 ans de devenir opérateur mobile, nous sommes légitimes pour obtenir cette 4e licence mobile.".

Sur le marché des fournisseurs d'accès à Internet, Free a changé la donne en proposant un forfait mensuel à 29,90 euros. La firme entend suivre le même chemin et révolutionner les offres de téléphonie mobile.

Interrogé par 01Net, Maxime Lombardini regrette que la bande de fréquence attribuée par le gouvernement ne soit que de 5 MHz au lieu des 10 MHz espérées par Free. " Il ne s'agit pas de faire un réseau qui serait limité à quelques villes" explique le PDG, " simplement, cela veut dire que l'on ne peut mettre que 7, 8 ou 10 millions d'abonnés sur 5 Mhz, mais cela laisse de la marge ". Le patron de Free se montre clairement agressif envers Orange, Bouygues Telecom et SFR qui vont devoir ajuster et améliorer leurs offres sur trois aspects, à savoir, les prix, la simplicité et la fluidité.

Quid des MVNO ?

En comparaison au reste de l'Europe, la part des MVNO en France ne représente que 4,9 % sur marché de la téléphonie mobile (contre 25% en Allemagne). Les MVNO - ou opérateurs virtuels - rachètent en gros des minutes de communication aux acteurs principaux pour les revendre sous forme de forfaits différents.

Grégory Gosset, PDG de Tele2 Mobile, explique à l'AFP que : "pour la concurrence sur le marché, avoir quatre acteurs au lieu de trois, a priori sur le long terme c'est une bonne décision". Orange, Bouygues Telecom et SFR étoufferaient-ils ce marché alternatif ? C'est en tout cas ce que pense Maxime Lombardini qui en profite pour affirmer : "si d'aventure, nous étions le quatrième opérateur, nous serions très heureux d'accueillir (les MVNO) dans des conditions plus favorables que le font les opérateurs mobiles aujourd'hui."

Qui pourrait être éligible à la quatrième licence 3G ?

Si Free semble déjà se porter en vainqueur, il existe cependant d'autres acteurs tout aussi crédibles qui pourraient être candidats à cette quatrième licence. Si Numéricâble préfère rester discret et refuse de se prononcer à ce sujet, Arnaud Polaillon, secrétaire général du FAI, se déclarait toujours intéressé par cette quatrième licence. Numéricâble compte aujourd'hui 4 millions d'abonnés et possède quelques milliers de clients sur son MVNO de Bouygues Telecom.

Parmi les autres candidats potentiels, notons le néerlandais KPN présent dans de nombreux pays d'Europe du Nord et qui s'est récemment allié à Bouygues Telecom pour lancer Simyo, une offre de téléphonie mobile à bas coût.

Enfin mentionnons aussi le groupe de Vincent Bolloré dont la filiale Bolloré Telecom est très active dans l'Internet sans-fil Wimax et qui pourrait donc être tenté de postuler à cette licence.

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