3G : Free Mobile a déposé sa candidature à l'Arcep

le 28/10/2009 à 23:02
3G : Free Mobile a déposé sa candidature à l'Arcep
C'est officiel. A la veille de la clôture des dépôts de candidature pour la quatrième licence 3G, le groupe Iliad a annoncé avoir déposé son dossier auprès de l'Arcep, l'autorité en charge de la régulation des télécoms françaises.

Fidèle à son image d'opérateur à bas coût, Free mobile rappelle sa volonté de diminuer la facture des consommateurs. "Le Groupe Iliad souhaite obtenir une licence de télécommunications mobiles pour accélérer l'essor du multimédia mobile et répondre à la forte attente des consommateurs vis-à-vis d'offres plus simples, moins chères et plus innovantes." explique le groupe dans un communiqué.

Mais en ces temps de flambée du chômage, le groupe cherche également à rassurer les pouvoirs publics sur sa capacité à investir dans l'économie. "Le projet Free Mobile s'il est retenu dynamisera le marché français des télécommunications mobiles, déclenchera dès 2010 un important volume d'investissement en France et sera fortement créateur d'emplois." ajoute la société qui attend le feu vert de l'Arcep avant la fin de l'année.

Une promesse d'investissements massifs qui inquiète en tout cas les marchés financiers puisque le cours du groupe Iliad, maison mère de Free Mobile, était en baisse de 1,55% ce matin à la bourse de Paris.

A lire également

Désormais officiellement amené à recevoir la quatrième licence 3G du paysage mobile français, le futur Free Mobile n'a pour l'instant pas révélé quelle serait la nature des forfaits qu'il lancera lorsqu'il se sera acquitté des exigences de couverture minimales. Via l'avis d'attribution (PDF) publié vendredi matin par l'Arcep, on découvre toutefois quelques éléments d'information sur les offres qui accompagneront l'ouverture commerciale des services mobiles d'Iliad, via les engagements pris par l'opérateur. Dans le lot, il est notamment fait mention d'un forfait entrée de gamme assurant plus de trois heures de communication vers les lignes fixes et mobiles en France métropolitaine pour un montant inférieur à 20 euros par mois. Ce tarif, similaire à ce que proposent déjà certains opérateurs ou MVNO, est la seule mention chiffrée d'un éventuel tarif. En revanche, services et conditions d'abonnement sont plus largement évoqués.

Contrairement à ce que laissaient entendre certains commentateurs, Free ne se lancera pas dans le mobile avec un forfait unique comme il l'a fait dans l'ADSL. La décision de l'Arcep confirme que le futur opérateur mobile construira une offre graduelle basée, en ce qui concerne la voix et les services de type SMS, sur au moins trois forfaits : entrée et milieu de gamme, puis "offre d'abondance" pour une formule qui combinera vraisemblablement l'ensemble des usages mobiles, à commencer par l'accès à Internet. « Chacune des offres sera proposée sans engagement pour les abonnés qui souhaitent une carte SIM seule », affirme l'avis de l'Arcep.Free tentera-t-il le tout illimité à prix fixe ? Pour l'instant, rien ne permet de l'affirmer, mais dans la mesure où les trois acteurs déjà en place tendent à se rapprocher de ce modèle (cf. les récents forfaits Neo3 de Bouygues Telecom), il n'est pas impossible que l'illimité voix et data soit devenu un standard en 2012 lorsqu'Iliad investira le marché. L'opérateur devra donc trouver quelques arguments lui permettant de se différencier des offres déjà installées. « Free Mobile a identifié un certain nombre de restrictions dans les offres actuelles qu'il dit vouloir lever », indique l'Arcep dans sa décision.La voix sur IP accessible sur mobile ? Les limitations imposées par les opérateurs au niveau des usages en data mobile sont sans doute l'une des pistes que tentera d'explorer Free qui, selon l'Arcep, prône l'application du principe de neutralité des réseaux à l'univers mobile. « Free Mobile semble attaché à une neutralité sans précédent en termes de services offerts à ses clients », affirme l'Arcep, « et donnera accès sans discrimination à tous les services disponibles sur le Web (y compris la messagerie instantanée, la voix sur IP, etc.) ». Paiement mobile par SMS ou services de type sans contact (technologie NFC) feraient également partie des pistes envisagées pour développer une offre attrayante.Prépayé et clés 3G ? Dès le lancement, Free proposera un forfait prépayé ainsi qu'une formule d'accès à Internet reposant sur des clés 3G. Cette dernière présente selon l'Arcep « les limites classiques des offres de clés 3G mais est sensiblement plus généreuse que les offres existantes ».Et la qualité de service ? Parfois décrié dans le domaine de l'ADSL à ce sujet, Free a pris auprès de l'Arcep un engagement de qualité de service correspondant à un taux de réussite des connexions, au lancement commercial, de 96% pour toutes les classes de service qu'il prévoit d'offrir, ce taux étant défini comme le pourcentage de connexions établies dans un délai inférieur à une minute. C'est notamment sur ce dernier point que sera attendu le nouvel entrant.

Avec un lancement programmé pour le premier semestre 2012, Free Mobile risque toutefois d'être amené à réviser les positions avancées dans le dossier de candidature déposé auprès de l'Arcep. En deux ans, le marché mobile évoluera de façon sensible, et les opérateurs déjà installés prépareront sans doute une riposte adaptée aux ambitions affichées par Iliad. Reste à voir si le consommateur en sortira bien gagnant.
Iliad, via sa filiale Free Mobile, a été la seule société a avoir déposé un dossier de candidature auprès de l'Arcep pour tenter d'acquérir la 4ème licence 3G proposée en France, les trois autres étant détenues par les opérateurs historiques : Orange, SFR et Bouygues Telecom.

Mais après avoir vu sa candidature rejetée, Iliad attendait un geste de la part du gouvernement pour faire baisser le prix de la licence - proposée à 619 millions d'euros - ou échelonner son paiement dans le temps. Et si Bercy annonçait en fin d'année dernière qu'il pourrait être possible d'étaler ce paiement, aucun fait nouveau n'a aujourd'hui été dévoilé pour aller dans ce sens.

Mais cela n'empêche pas Thomas Reynaud, le nouveau directeur financier d'Iliad - maison mère de Free -, de confirmer que la société est toujours intéressée par cette 4ème licence 3G. "On est toujours intéressés par cette licence. Il y a un intérêt stratégique et industriel à entrer dans la téléphonie mobile et on a les atouts pour entrer dans ce marché", a-t-il annoncé à Reuters.

Et détail intéressant, si Numéricable n'avait pour sa part pas déposé de dossier de candidature, la société s'intéresse désormais également à cette licence comme le précise à Reuters Arnaud Polaillon, secrétaire général de Numéricable : « On est toujours intéressés par la 4e licence si le paiement de la licence est lié a la capacité de déploiement du réseau ». Reste à savoir désormais si le gouvernement français entend faciliter l'acquisition de cette licence 3G avec un étalonnement de son paiement dans le temps, voire un nouvel appel à candidature pour s'en porter acquéreur.

Commentaires

Ecrire

Ecrire un message

Votre message vient d'être créé avec succès.
LoadingChargement en cours