Le W3C planche sur un "web de confiance"

le 02/09/2009 à 23:58
Le W3C planche sur un "web de confiance"
Le consortium W3C, chargé de réguler l'usage des langages de programmation web, vient de publier un nouveau standard baptisé Powder. Ce protocole permet au développeur de décrire précisément le contenu de son site Internet et de certifier la qualité de son architecture. Grâce à un jeu de métadonnées l'internaute peut ainsi trouver plus rapidement une information à partir d'un moteur de recherche. Cette initiative devrait contribuer à dynamiser le web sémantique car Powder utilise le langage d'ontologie web OWL et RDF servant précisément à décrire le contenu de certains documents.

Phil Archer, président du groupe de travail Powder, explique ainsi : "Aujourd'hui, le W3C prend des mesures pour construire un Web de confiance afin de découvrir de manière efficace du contenu pertinent et de qualité. Lorsque les fournisseurs de contenus utilisent Powder, le protocole permettant d'établir une description, ils aident les gens dans leurs recherches par exemple pour les informations médicales ou dans leur quête d'un revendeur sérieux".

Le standard Powder peut aussi bien être utilisé pour décrire le contenu que le contenant. Ainsi, un développeur souhaitant mettre en avant la version mobile de son site Internet peut tirer parti de protocole qui procèdera dans ce cas à une vérification auprès du validateur W3C MobileOK. Si l'architecture du site est bien conforme aux recommandations du W3C, il générera un label de garantie apposé aux pages du site en question.

Reste à savoir la manière dont Powder sera utilisé et si cette technologie ne sera pas abusée par une personne malintentionnée souhaitant attirer les internautes vers des sites Internet frauduleux en rendant ces derniers encore plus visibles au sein des moteurs de recherche. Retrouvez de plus amples informations sur le site officiel du groupe de travail Powder.

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Crée en 1994 par le britannique Tim Berners-Lee - l'inventeur du World Wide Web - l'organisme du W3C est chargé de la standardisation des technologies web. Plus de 1500 participants planchent sur l'élaboration de ces standards au travers de 60 groupes de travail dont le HTML Working Group. Ce dernier rassemble 40 sociétés membres qui acceptent de mettre à contribution leurs travaux respectifs, par exemple via le partage de brevets. De passage en France, Dominique Hazaël-Massieux, responsable de la division Mobile Web Initiative Activity et Philippe Le Hégaret, chargé du groupe W3C Architecture Domain reviennent sur le HTML 5 et les initiatives qui en découleront.

A l'origine, c'est l'ingénieur Ian Hickson, alors employé d'Opera Software, qui s'est penché sur ce projet. En 2004, Opera, Mozilla et Apple ont ainsi formé une première communauté de réfléxion baptisée WHATWG. Cette dernière fut ensuite fusionnée au W3C à la réouverture du HTML Working Group en 2007. Parmi les nouveautés particulièrement populaires - et ce, malgré les débats autour des codecs - la balise permet au développeur de s'affranchir du lecteur Flash. Lors du MIX 2010, Microsoft a d'ailleurs souligné l'introduction de cette balise au sein d'Internet Explorer 9. D'autres fonctionnalités restent bien moins implémentées, par exemple l'usage des forms pour la création de formulaires plus poussés. Retrouvez une liste de toutes les nouveautés.Quand CSS s'inspire de Flash et JavaScript

Concernant la partie CSS (utilisée pour styliser l'architecture HTML) M. Le Hégaret déclare : "énormément de travail reste à fournir, cela va nous occuper pendant au moins les dix prochaines années ". En effet, si à l'heure actuelle le W3C ne souhaite pas intégrer les bibliothèques JavaScript existantes (jQuery, YUI ou MooTools), le but est bien de répliquer certaines de leurs fonctionnalités directement sur la feuille de style. Cette méthode permet notamment un gain au niveau des performances. Une démonstration des possibilités peut par exemple être visualisée ici. Sur cette page l'agencement des blocs de texte est dynamique en fonction de la taille de l'écran de l'utilisateur. Notez par ailleurs que l'effet hover sur le menu de navigation est également effectué via CSS, là où les technologies Flash puis JavaScript étaient précédemment employées.La croissance du smartphone s'accompagne d'une série de réflexions et notamment en ce qui concerne l'usage de services Internet pour supplanter les logiciels natifs (locaux). A mi-chemin nous retrouvons ces fameux widgets qui ne sont finalement que des applications web empaquetées au sein de fichiers compressés. Parmi les avantages des widgets, le développeur peut continuer d'employer des technologies web, obtenir les signatures de distribution des différentes logithèques et déployer leurs applications en faisant abstraction du navigateur sur le smartphone.Applications web vs applications locales

Au travers d'un sondage effectué par le cabinet GIA, les deux principales raisons données par les développeurs pour la création d'applications locales sont la possibilité d'offrir une meilleure interface utilisateur et de pouvoir tirer parti de l'accélération matérielle ou de l'accéléromètre. Dominique Hazaël-Massieux explique que ces deux points-là sont en passe d'être implémentés directement au sein des technologies web. Concernant l'interface utilisateur, il déclare ainsi : "les technologies web sont en train de former des plateformes de plus en plus riches (NDLR : voir cette démonstration". L'accès en mode déconnecté est assuré par les systèmes de mise en cache (Web Storage, Indexed Database), par exemple sur Gmail. Pour répondre aux besoins d'intéraction avec le système et le matériel, le W3C travaille également sur une série d'interfaces de programmation (API).Des API pour innover

La plus connue de ces API est illustrée par la géolocalisation. Aujourd'hui, plusieurs terminaux sont en effet capables d'effectuer une triangulation cellulaire ou Wi-Fi et de localiser une personne via Google Maps par exemple. D'autres API devraient également voir le jour d'ici deux à trois ans afin de communiquer avec le système de messagerie du téléphone, le calendrier, le microphone, le carnet d'adresses, l'appareil photo (ou la webcam) ou encore la batterie. "En couplant plusieurs de ces API, on devrait voir de nouvelles applications", déclare M. Hazaël-Massieux. C'est ainsi que l'accès à la géolocalisation et à l'appareil photo du smartphone peuvent constituer une base pour des solutions de réalité augmentée. De son côté le système de messagerie et le carnet d'adresses pourraient être utilisés par un développeur souhaitant mettre en place une page web à partir de laquelle le mobinaute serait en mesure d'envoyer un SMS à l'un de ses contacts.Un web interactif mais sécurisé

M. Hazaël-Massieux précise tout de même que cela pose plusieurs problèmes de confiance. "Le navigateur sait avec qui je suis, où je suis, ce que je dis. Il obtient une capacité de surveillance qui fait peur". Pour cette raison, le W3C planche également sur une autre API baptisée Securing Device API. Pour cette dernière, les ingénieurs tentent de clarifier les autorisations des éditeurs tiers. "On essaie d'éviter les boites de dialogues qui ne fonctionnent pas pour tout le monde", déclare-t-il ainsi avant d'ajouter : " beaucoup de gens cliquent sur le mauvais bouton involontairement ". Pour contourner le problème d'autres solutions seront ainsi mises en place. Par exemple le développeur n'aura accès à l'API de l'appareil photo que si l'utilisateur presse le bouton activant déclencheur sur son téléphone. L'un des autres exemples de sécurité est également illustré sur le site people.mozilla.com que nous avions déjà évoqué le mois dernier.

Puisque qu'Internet explorer 9 prendra en charge les technologies du HTML 5, M. Le Hégaret estime qu'il faudra entre 5 et 7 ans pour que ces dernières se déploient réellement. Pour le développeur le travail devrait progressivement se simplifier au cours des prochaines années en faisant de moins en mons faire appel au JavaScript pour contourner les problèmes de compatibilité. Retrouvez l'intégralité de la présentation ici.

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