Humeur : Windows 7 E ou l'OS sans navigateur web

le 30/06/2009 à 22:39
Humeur : Windows 7 E ou l'OS sans navigateur web
Parce qu'il est parfois frustrant de commenter l'actualité tout en s'astreignant à une certaine réserve, la rédac' vous propose régulièrement des billets d'humeur qui nous permettent d'offrir un regard plus personnel sur l'actualité de l'univers high-tech, au travers d'articles parfaitement subjectifs qui ne reflètent finalement que l'avis de leur auteur. Cette semaine, nous revenons sur l'édition E de Windows 7, une version garantie 100% compatible avec la Commission Européenne, et avec 0% de navigateur web dedans...

Si tout se passe bien, à l'heure où nous écrivons ces lignes, la version 3.5 de Mozilla Firefox devrait voir le jour en fin d'après midi. Petit conseil de la rédac : téléchargez cette version, et mettez la de côté sur une clé USB ou sur un CD vierge. Car, si vous faites partie des 76 000 chanceux qui parviendront à décrocher une version de Windows 7 à un prix préférentiel, vous n'aurez même pas le plaisir d'utiliser Internet Explorer une seule et unique fois pour télécharger Firefox, Opera ou Google Chrome. Comme vous le savez peut être, histoire de ne pas s'attirer les foudres de la Commission Européenne, Microsoft a en effet décidé de commercialiser Windows 7 dans une version spécifique pour l'Europe, la version E, dénuée de tout navigateur web. Et il ne s'agit pas d'une version supplémentaire que personne n'osera mettre en rayon, comme la tristement célèbre version N, non non ! Cette fois, vous n'aurez pas le choix ! Ou plutôt, vous aurez le choix de votre navigateur web, puisque vous pourrez installer celui que vous préférez. Encore faut-il pouvoir le télécharger, car si les constructeurs auront le choix d'inclure n'importe quel navigateur sur leurs machines équipées de Windows 7, les détenteurs des versions boite devront télécharger Internet Explorer ou tout autre navigateur par leurs propres moyens !

Alors on pourrait se dire que Microsoft favorise l'ouverture, qu'ils vont faciliter la tâche à leurs clients, que l'on va avoir droit à un menu incluant des liens vers le navigateur de son choix au premier démarrage de notre super édition collector. Pensez, déjà que vous avez eu le privilège de précommander votre version, il ne faudrait pas en plus qu'on vous mâche le travail. Non, la réalité est beaucoup plus drôle. Voici en toutes lettres ce que l'on peut lire sur le site français de Microsoft au sujet de la précommande de Windows 7 : "Les éditions Windows 7 E ne comprennent pas de navigateur Internet. Nous vous recommandons de vous procurer un navigateur Internet auprès de Microsoft ou d'un autre fournisseur et de l'avoir à disposition sur un CD / DVD ou autre périphérique, prêt à être installé après l'installation complète de Windows 7". Vous avez bien lu, nous voilà de retour en 1995, on se demande même si on va pouvoir obtenir des CD d'Internet Explorer 8 par la poste comme au bon vieux temps !

Oh, oui, bien entendu, on pourrait me répondre que ça n'est qu'un détail, et que l'on n'est pas bête au point de ne pas savoir comment utiliser une clé USB. Et de toute façon, ça n'est pas la faute de Microsoft, pas vrai ? Si Opera, Mozilla et Google n'étaient pas des gros méchants jaloux, on n'en serait pas là, diront les mauvaises langues. Plus sérieusement, il y aurait matière à dire sur la Commission Européenne... Alors oui, certes, c'est un détail, mais qui conduit à quelque chose que l'on ne pensait plus voir depuis Windows 95 : un système d'exploitation vendu sans navigateur, à l'heure du web 2.0 ! La situation est tout aussi absurde que celle qui entourait l'inclusion de Windows Media Player et qui a débouché sur la sortie de la version N. Le cas de WMP est très intéressant car on a pu voir que malgré tous les efforts de Microsoft pour imposer son lecteur multimédia, ça n'a nullement empêché des millions d'utilisateurs d'installer la version Windows d'iTunes. On pourrait dire la même chose d'Internet Explorer : il est toujours inclus à toutes les versions actuelles de Windows, pourtant Mozilla Firefox arrive à lui faire de l'ombre et même beaucoup plus dans certains pays comme l'Allemagne où il fait jeu égal avec IE !

Que prouvent ces deux exemples ? Qu'au final, les utilisateurs ne sont pas si asservis à Microsoft qu'on le dit, et qu'ils peuvent très bien lui préférer d'autres logiciels si un concurrent arrive à sortir un meilleur produit et à le faire savoir. Permettre la désinstallation totale d'Internet Explorer 8 sous Windows 7 est une preuve d'ouverture. Ne pas l'inclure dans les versions européennes pousse davantage vers une situation plus risible qu'autre chose. Si Apple cherche un scénario pour leur prochaine publicité Mac/PC, entre les prix en trois temps, les multiples éditions et ce fiasco européen, la firme de Cupertino a l'embarras du choix !

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Parce qu'il est parfois frustrant de commenter l'actualité tout en s'astreignant à une certaine réserve, la rédac' vous propose régulièrement des billets d'humeur qui nous permettent d'offrir un regard plus personnel sur l'actualité de l'univers high-tech, au travers d'articles parfaitement subjectifs qui ne reflètent finalement que l'avis de leur auteur. Alors que la Commission Européenne et Microsoft viennent enfin de s'entendre sur l'inclusion d'Internet Explorer 8 dans Windows 7, nous revenons sur la guerre des navigateurs web...C'était un des feuilletons Microsoft de l'été dernier : Windows 7 allait il inclure d'autres navigateurs qu'Internet Explorer 8 ? Avec un casting de choix : dans le rôle du méchant empereur dominant la galaxie sans partage, le vil Internet Explorer. Dans le rôle des gentils rebelles résistant encore et toujours à l'envahisseur, Opera Software et la fondation Mozilla, rejoints par Google. On le sait, Microsoft est dans le collimateur de la Commission Européenne. Déjà saisie pour l'inclusion jugée abusive de Windows Media Player, elle avait accouché d'une souris : l'édition N de Windows, une version sans Media Player, sans obligation de vente et, au final, sans le moindre impact. Cette fois ci, c'est l'inclusion d'Internet Explorer 8 dans Windows 7 qui est reprochée, suite à une plainte des trois compétiteurs cités plus haut. Après avoir considéré le retrait pur et simple d'Internet Explorer 8 dans les versions européennes de Windows 7, Microsoft est heureusement revenu en arrière avec un compromis : un écran d'accueil permettant de télécharger le navigateur de son choix.

Problème : la première version présentait les navigateurs par ordre alphabétique, mettant Safari (Apple) en tête de liste. De quoi énerver les concurrents. Finalement, alors que Windows 7 est sorti en Europe, sans écran de sélection et avec Internet Explorer 8, l'affaire est désormais réglée. La Commission Européenne a accepté la proposition de Microsoft et une mise à jour obligatoire proposera l'interface tant décriée… présentant désormais les navigateurs de façon totalement aléatoire.

On pourrait estimer la partie gagnée, mais au fond, est-ce vraiment important ? Même si Internet Explorer reste le navigateur web le plus utilisé au monde, il demeure en perte de vitesse, ce que montrent toutes les études de part de marché. C'est d'ailleurs la progression de Firefox qui a fini par réveiller Microsoft alors qu'Internet Explorer 6 stagnait : la fondation Mozilla avait su exploiter les faiblesses d'Internet Explorer de manière intelligente et proposer une alternative sérieuse qui a grignoté les parts de marché de Microsoft de manière significative. Preuve que c'est possible, même sans l'aide de la Commission Européenne. Depuis, Microsoft a fait évoluer Internet Explorer mais les versions 7 et 8 sont loin d'avoir fait l'unanimité. En face, en revanche, la concurrence s'aiguise, et Google peaufine un Chrome de plus en plus séduisant.Google Chrome : un concurrent de plus en plus gênant ?Chrome a vu le jour il y a à peine un an. Le butineur impressionnait à l'époque par sa rapidité et l'épuration rafraichissante de son interface mais accusait quelques lacunes : pas de gestionnaire de signets digne de ce nom, un gestionnaire de téléchargement posant problème avec certains sites, et aucune possibilité de personnalisation par des extensions ou des thèmes. En un an, Google Chrome a rattrapé son retard sur ces points. La version 4, actuellement en bêta, prend désormais en charge l'ajout d'extensions en plus des thèmes ajoutés à la version 3. Pour enfoncer le clou, Google Chrome s'attaque désormais à Mac OS X et à Linux.

Faut-il y voir un signe d'agacement dans la récente polémique lancée par Asa Dotzler, directeur des communautés autour du développement de Firefox chez Mozilla ? Réagissant aux propos d'Eric Schmidt, le CEO de Google, autour des risques de conservation de données personnelles sur les moteurs de recherche, Asa Dotzler en est arrivé à une conclusion choc : Bing, le moteur de recherche de Microsoft, respecterait davantage votre vie privée que Google ! Et Asa d'expliquer la marche à suivre pour faire de Bing son moteur par défaut sous Firefox. Cette sortie médiatique largement reprise sur le web est elle fortuite ? Après tout il ne s'agit que de l'avis personnel d'un représentant de Mozilla exprimé dans le cadre d'un blog. Néanmoins, elle est peut être révélatrice des relations entre Google et Mozilla. On ne peut pas nier que l'intégration de Google dans Firefox est une manne financière considérable pour Mozilla. En s'ouvrant à Linux et Mac OS X, et en se dotant d'extensions, Google Chrome attaque Mozilla Firefox de manière plus frontale que jamais. La route est encore longue pour Google, ne serait-ce que pour dépasser la part de marché de Firefox. Néanmoins, un an après sa sortie, Chrome est déjà devant Opera, et taquine Safari. Bientôt la fin de l'entente cordiale ?

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