TF1 : nouveau site et télévision de rattrapage

le 17/04/2009 à 22:26
TF1 : nouveau site et télévision de rattrapage
A l'instar de certains de ses concurrents, TF1 vient de lancer, à l'occasion de la mise en ligne de la nouvelle mouture de son portail tf1.fr, un service de "télévision de rattrapage", ou catch-up TV, qui permettra de revoir gratuitement sur le Web la plupart des contenus diffusés à l'antenne dans un délai de sept jours. Contrairement à M6 (éditeur de Clubic.com), qui a fait le pari d'un site et d'une marque dédiés sous la forme de M6Replay, TF1 intègre l'ensemble de son offre vidéo au sein de son nouveau portail qu'il veut plus simple, plus accueillant et plus interactif.

Articulé autour de deux thématiques reines, l'information et le divertissement, le nouveau tf1.fr offre divers flux d'actualités, thématiques ou généraux, ainsi qu'un ensemble de mini-sites dédiés à chacun des contenus que la chaine souhaite mettre en avant sur le Web : émissions de flux, séries ou journaux télévisés, avec à chaque fois une présentation des programmes, des intervenants, etc. ou des actualités dédiées. Le site se dote enfin d'un nouvel espace, baptisé "TF1 & Vous", permettant aux internautes et téléspectateurs de poser leurs questions à la chaîne, qui promet d'y répondre.

C'est toutefois la vidéo qui est au coeur de ce nouveau portail. La télévision de rattrapage permettra de retrouver environ 60% de la grille entre 18 et 24h (sont exclus cinéma, sport, et certaines séries américaines à succès proposées en vidéo à la demande payante). S'ajoutent quelque 16.500 programmes court, archives de la chaine et extraits de programmes populaires, ainsi qu'un zapping quotidien. Une partie des contenus premium tels que les séries est accessible en "HD".

En parallèle, TF1 entend développer le caractère communautaire de son site, avec des espaces de discussion ou la possibilité de laisser des commentaires. Le groupe prépare par ailleurs la mise en place d'un dispositif événementiel spécial : alors que la Une diffusera un programme sur son antenne et sur le web, les internautes pourront le commenter en direct depuis le réseau social, sur un modèle identique à ce qu'avait fait CNN aux Etats-Unis lors de l'inauguration présidentielle américaine. Le coup d'envoi devrait être donné le 28 avril prochain pour la Champions League.

Objectif affirmé : parvenir à augmenter aussi bien le trafic généré par son site que le temps passé par les internautes à le consulter. "L'heure est aux synergies et non plus aux combats entre nouveaux médias et TV", a lancé Nonce Paolini, PDG de TF1, lors de la présentation à la presse du nouveau tf1.fr. En parallèle, le groupe vient d'adopter un nouveau système de mesure d'audience fourni par Mediamétrie, qui vise à comptabiliser précisément le temps passé par chaque internaute sur une vidéo, de façon à exploiter au mieux cette dernière sur le plan publicitaire. Et ainsi de confirmer que l'idée selon laquelle la vidéo sur le Web n'a pas vocation à phagocyter les parts de marché de la télévision, mais bel et bien à les compléter, a fait son chemin.

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Free a aujourd'hui annoncé le lancement de "Freebox TVReplay", présenté comme l'offre de télévision de rattrapage "la plus complète". Ce nouveau service de catch-up TV réunit effectivement en un seul et même endroit certains des programmes de 33 chaînes, à voir ou à revoir dans les 7 jours suivant leur diffusion, "sous réserve de disponibilité".

Le service comprend notamment les chaines du groupe France Télévision (à partir du mois d'aout) et celles du groupe M6 (dès aujourd'hui), qui proposaient déjà de la télévision de rattrapage chez d'autres fournisseurs d'accès à internet mais pas encore chez Free ou Alice.

Freebox TVReplay marque aussi la première incursion dans le domaine de la catch-up TV de nombreuses autres chaines. La télévision de rattrapage est aussi disponible pour certaines chaines optionnelles, à la seule condition d'y être abonné. TF1 et Canal+, y compris pour les programmes diffusés en clair, manquent sans surprise à l'appel.

On en déduit donc que c'est Free qui se charge du pan technique du service, et qu'il ne se contente pas de reposer sur des offres existantes. L'accès au service est donc gratuit et requiert la dernière génération du décodeur TV HD de l'offre Freebox ou Alicebox. Il se fait depuis la page d'accueil de ces derniers après redémarrage.Vers une nouvelle manière de consommer la télévision ?

Annoncé modestement, encore en phase de bêta test et susceptible d'évolutions, ce service pourrait pourtant prétendre au titre d'"armageddon". La généralisation de la télévision de rattrapage pourrait effectivement modifier notre manière de consommer la télévision. On passerait ainsi d'une programmation linéaire, qu'on subit passivement, à de la télévision entièrement à la demande.Mise à jour du 29/06/2010 à 17 h 51 :

Le service est désormais accessible après redémarrage du décodeur TV HD de la Freebox ou de l'Alicebox, l'occasion d'y jeter un oeil et de préciser certains points.

Chacune des chaînes dispose donc de son propre espace, bénéficiant de son identité graphique le cas échéant. M6 a ainsi droit au classement et à l'interface incurvée commune au service M6 Replay sur toutes les plateformes (que ce soit au travers du site internet ou du service disponible sur Neufbox par exemple), tandis qu'Arte a droit à une interface aux couleurs du service Arte +7. Les chaines dont les débuts en catch-up TV se font à l'initiative de Free se contentent quant à elle d'une interface générique, partiellement éditorialisée toutefois.

Il n'y a donc aucune unification des contenus, aucun moyen de chercher un programme parmi toutes les chaines proposées.

(Article initialement publié le 29/06/2010 à 11 h 34)
TV, Web, mobile et maintenant TV sur IP : TF1 entend décliner ses programmes sur tous les écrans, quel que soit le moyen de diffusion. En témoigne cette semaine le lancement officiel sur le réseau ADSL de Bouygues Telecom de MyTF1, un service piloté à la télécommande qui réunit l'ensemble de l'offre de la première chaine en matière de contenus complémentaires au flux antenne, à commencer par la désormais fameuse télévision de rattrapage. Cette catch-up TV, qui permet chez TF1 de retrouver pendant une période de sept jours 50% de la grille antenne diffusée à l'antenne entre 18 et 24 heures, s'accompagne au sein de MyTF1 de l'offre de vidéo à la demande du groupe (TF1 Vision), ainsi que de contenus "bonus". Pour l'instant, seuls les abonnés Bbox de Bouygues peuvent en profiter, mais TF1 entend bien convaincre d'autres opérateurs, ce qui pourrait ne pas aller sans heurts. Décryptage.MyTF1, le guichet unique

Sur une télévision, pilotée sans clavier, la simplicité doit être le maitre mot, affirme Jean-François Mulliez, directeur délégué nouveaux médias chez TF1. Pour accéder à MyTF1, il suffit donc d'appuyer sur le bouton OK de sa télécommande lorsqu'on est sur le canal 1. On arrive alors sur une interface aux formes de portail Web, qui présente une sélection de contenus opérée par les équipes d'e-TF1. La page se compose de blocs, aisément identifiables, surmontés par un menu de navigation qu'on parcourt à la souris.

Le principal item, c'est "revoir", celui qui signe l'entrée de TF1 dans l'univers de la télévision de rattrapage directement sur le téléviseur. Comme sur le Web, on y retrouve les séries, les reportages, certaines productions maison, et les émissions de flux. En parallèle, le "vidéoclub" offre un accès au catalogue de contenus premium proposés à la location par TF1 : les quelque 3000 films de l'offre TF1 Vision, mais aussi les séries américaines, qui disposent d'un onglet dédié.

Aux côtés des contenus vidéo, on trouve une page "Info", ainsi qu'une page "Sport", qui là encore proposent de revenir sur des contenus diffusés à l'antenne, mais prodiguent également des flux de dépêches issus du site du groupe. En parallèle, les pages sont émaillées de vidéos réservées au Web et à l'IPTV : coulisses d'émissions, interviews de présentateurs, etc. Dans un second temps, TF1 inaugurera un dernier volet de son "univers", le Jeu, avec de petites applications payantes qui permettront par exemple de s'exercer à Qui veut gagner des millions.Un modèle économique hybride

Reste à monétiser rapidement et efficacement ce nouveau service. Les revenus se feront à trois niveaux. Le premier, c'est sans surprise celui de la publicité : d'un côté, des bannières telles qu'on en trouve sur le Web (le display) et de l'autre, des publicités intégrées avant, ou pendant, les contenus vidéo. Second niveau : les contenus premium, vidéo à la demande et jeux, pour lesquels les paiement s'effectueront par l'intermédiaire de la facture de l'opérateur.

C'est au niveau de ce dernier que se situera le troisième étage du modèle économique de MyTF1. La chaine compte en effet facturer aux opérateurs le fait d'intégrer son bouquet de contenus à leurs offres de TV sur IP. « La catch-up d'une grille qui vaut 980 millions d'euros n'est ni à donner, ni à brader », résume Jean-François Mulliez, selon qui MyTF1 devrait constituer un excellent produit de différenciation pour les premiers FAI qui signeront avec la chaine. La proposition de valeur pourrait être moins évidente pour des opérateurs qui refusent de se voir réduits au rang de simple tuyau et font face aux frais que génère l'explosion de la demande en bande passante.

Alors que M6 Replay (édité par M6 Web, comme Clubic), s'est frayé un chemin sur la Neufbox de SFR depuis le mois d'août, TF1 comble donc son retard, et se permet même de prendre une longueur d'avance en proposant une offre plus riche. Reste à voir quand cette dernière s'étendra au delà du parc somme toute limitée des abonnés Bbox (173.000 à fin setptembre), dont 70% environ sont éligibles à la télévision sur IP.

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