Universal fait un pas de plus vers le sans DRM

le 29/10/2008 à 23:59
Universal fait un pas de plus vers le sans DRM
Alors que le Sénat entamera aujourd'hui l'examen du projet de loi « Création et Internet", la maison de disques Universal prend les devants, et évoque, via le Figaro, son intention d'abandonner les mesures techniques de protection qui pourraient se révéler bloquantes pour l'utilisateur final. Dans le cadre des accords de l'Elysée, signés en novembre 2007, les producteurs et maisons de disque avaient pris l'engagement d'abandonner ces verrous anti-copie au plus tard un an après le passage de la loi. Tous, ou presque, ont déjà entamé la levée partielle des DRM, comme Universal qui en septembre dernier annonçait la distribution de son catalogue au format MP3 sur la plateforme anglaise 7digital.

Jusqu'ici limité à certains accords commerciaux, le sans DRM pourrait donc devenir la règle dans un avenir proche chez Universal. "Nous allons mener plusieurs expérimentations d'ici à la fin de l'année pour tester l'impact d'une telle mesure et voir si l'absence de verrous fait grimper le nombre de téléchargements", a déclaré Pascal Nègre au Figaro.

"Si le consommateur, sensibilisé par la loi, arrête de pirater, nous n'aurons plus besoin de protéger nos oeuvres. Le choix ne se fera plus entre le payant et le gratuit mais entre le payant et le risqué", explique le PDG d'Universal France. "Après ces tests et si la loi est votée, il y aura une généralisation à l'ensemble du catalogue et des plates-formes", confie-t-il encore, sans aller jusqu'à expliquer quelle serait la stratégie du numéro un des majors en cas d'échec.

La chose n'est pas précisée, mais il parait plausible que "l'abandon des DRM" soit à entendre comme la suppression des verrous numériques sur les fichiers audio achetés à l'unité sur les plateformes de vente en ligne. Le principe de DRM (Digital Right Management), qui correspond donc à la "gestion de droits numériques" et non forcément à de simples verrous, devrait quant à lui perdurer pour les services de type abonnement, au sein desquels il est prévu que l'internaute perde accès à la musique téléchargée lorsqu'il cesse de payer.

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La migration du "tout DRM" vers le "sans DRM" (ou verrou numérique) se poursuit. Aujourd'hui, c'est le service de vente de musique américain, Napster, qui fait savoir qu'il va vendre des morceaux MP3 à partir du second trimestre 2008.

Le service de vente de musique prend donc un nouveau tournant. Jusqu'à présent, Napster s'était toujours limité à la vente de fichiers audio avec DRM (format WMA DRM). Les morceaux MP3 présents sur Napster seront uniquement proposés à la vente. Le service de téléchargement illimité avec facturation d'un forfait mensuel sera toujours lié à des fichiers protégés. Cette nouvelle décision confirme la tendance actuelle, à savoir que bon nombre d'acteurs de la musique numérique se tournent à présent vers des formats dépourvus de limitations.

Les plus grandes maisons de disques (EMI, Vivendi Universal, Warner) proposent désormais leurs productions dans des formats sans DRM. Si tout va bien, Sony BMG devrait bientôt rejoindre ses petits camarades à ce sujet. Nul doute désormais que d'autres services de musique devraient proposer prochainement des offres similaires. A noter pour finir que Napster n'a pas précisé quelles maisons de disques allaient s'associer à son offre MP3.
Orange se renforce dans la musique à la fois fixe et mobile. Quelques jours après le lancement de l'offre de SFR à 12 euros par mois permettant de télécharger de façon permanente et illimitée des musiques depuis un mobile ou un PC parmi un catalogue de 500 000 titres, Orange lance aujourd'hui une offre similaire au même prix... mais avec un catalogue de titres multiplié par deux.

Baptisée "Musique Max", elle va permettre à l'opérateur de conquérir de nouveaux clients, de développer son chiffre d'affaires et d'offrir des contenus pour développer son audience web et mieux la monétiser. "Il s'agit de la première alternative crédible au piratage" précise Jérôme Hénique, le directeur du marché résidentiel de l'opérateur. Car Orange s'essaye depuis 2002 à la musique numérique et a généré en 2007 37 millions de téléchargement de titres depuis un PC et 16 millions de titres depuis un mobile.

La nouvelle offre de téléchargement illimité, de façon permanente, et à la fois depuis un PC et un mobile, va donc s'appuyer sur un catalogue de plus d'un million de titres. EMI Music France, Sony BMG, Universal, Warner Music France, Believe et Scorpio Music sont autant de maisons de disque qui ont donné leur accord pour proposer leurs musiques en téléchargement. "Nous sommes en cours de finalisation de négociation avec d'autres labels indépendants", a précisé de plus un représentant d'Orange. Tous les genres musicaux seront représentés à l'exception de la musique classique, Orange préparant une offre dédiée dans ce secteur qui verra le jour dans les prochains mois.

L'offre "Musique Max" s'appuie sur des musiques numériques avec MTP (mesures techniques de protection ou DRM) au format Windows Media, Orange proposant une synchronisation des titres depuis un logiciel propriétaire (Orange Media Player), un équivalent d'iTunes. Il sera possible de transférer ses musiques vers 5 supports au maximum (lecteur multimédia audio/vidéo, baladeur audio) mais il ne sera pas possible en revanche de les stocker sur un disque dur externe ou de les graver, "pour éviter le piratage", précise Orange. Une solution de synchronisation fixe/mobile est également prévue avec une livraison simultanée des titres sur le PC et sur le mobile, le portail Orange World se chargeant alors d'identifier le mobinaute et lui proposer ou re proposer le téléchargement des derniers titres sélectionnés, le tout par les airs. Les titres acquis seront définitivement acquis, même en cas de changement de PC ou de mobile. L'offre étant sans engagement (il est possible de s'abonner uniquement un mois), elle permettra donc de continuer à utiliser les musiques déjà téléchargées même après la fin de son abonnement.

"Musique Max" sera disponible à partir du 12 juin à un prix de 12 euros par mois (pendant l'été, les deux premiers mois sont offerts pour les nouveaux clients Origami Star ou Internet, tv et téléphonie ADSL). Seuls les PC sous Windows peuvent l'exploiter. Côté terminaux, 130 références de mobiles sont compatibles avec l'offre. L'iPhone d'Apple n'en fait pas partie.

Détail intéressant, la data mobile permettant d'accéder au portail Orange World, de synchroniser ses musiques ou de re télécharger des titres déjà acquis sera offerte - comprise dans le forfait -. A noter que l'opérateur propose une offre illimitée en nombre de titres téléchargés mais précise qu'une "limite" de 500 titres par mois est tout de même fixée pour éviter les "téléchargements massifs".

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