Fibre optique : un accord entre Orange et SFR

le 25/09/2008 à 23:30
Fibre optique : un accord entre Orange et SFR
SFR et Orange viennent de conclure un accord d'un nouveau genre afin de déployer plus rapidement la fibre optique en France. Selon les termes de ce contrat, Orange pourra louer les infrastructures de SFR et vice-versa. De son côté, Free juge cette pratique déloyale.

C'est le syndicat de votre immeuble qui choisira l'opérateur unique en charge de développer une infrastructure. L'AFP rapporte que par cette entente, l'habitant sera "totalement libre de s'adresser à l'opérateur de son choix, en fonction de l'offre commerciale qu'il préfère".

L'accord précise que le point de mutualisation, c'est-à-dire le noeud de branchement où les opérateurs viendront se raccorder à l'infrastructure principale, devrait être implanté le plus près possible du logement "en tenant compte des contraintes d'accessibilité et d'occupation du domaine public". Ce raccordement sur cette architecture monofibre (FFTH-GPON) sera installé au pied de l'immeuble en zone urbaine et dans le domaine public en zone pavillonnaire.

Selon la Loi de Modernisation de l'Economie (LME), à partir du 1er janvier 2010 les nouveaux immeubles de plus de 25 habitations devraient être équipés de lignes à très haut-débit.

Cependant, la filiale d'Iliad, Free, dénonce cette pratique. Maxime Lombardini, qui soutient une solution multifibre (FTTH -P2P) assurant 1 fibre par opérateur et par habitant, affirme : "cet accord ne garantit ni la concurrence, ni le libre accès des foyers aux différentes offres et est contraire à l'esprit des discussions entamées entre les opérateurs [ et ] contraire à la LME".

Si SFR assure que cet accord est juste et reste " ouvert à tous les opérateurs qui le souhaitent", Eric Besson, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, a invité les opérateurs a se retrouver le 23 octobre prochain pour entamer des discussions afin que cette mutualisation se fasse "de manière transparente et non discriminatoire".

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Dans le cadre de l'accord du 24 septembre dernier, Orange et SFR annoncent conjointement le déploiement prochain, à une date toutefois non précisée, d'une infrastructure très haut débit accessible aux opérateurs tiers qui le souhaiteront. Les deux opérateurs vont prévoir des fibres surnuméraires dans les immeubles qu'ils relieront sur deux zones d'essai à grande échelle, à savoir le 15e arrondissement de Paris et une zone de province à déterminer.

Cette décision répond en fait ni plus ni moins aux récentes recommandations de l'ARCEP, l'autorité de régulation invite effectivement les opérateurs à passer des accords de mutualisation. Elle préconise également que le premier opérateur installé pose pour le compte des autres opérateurs des fibres surnuméraires sur la partie terminale. Orange et SFR assurent vouloir « mettre en oeuvre rapidement différentes solutions dans l'intérêt des clients et des gestionnaires d'immeubles ». Ils ajoutent qu'ils « souhaitent vivement que d'autres opérateurs puissent les rejoindre dans cet esprit ».

Au moment de sa signature, Free avait dénoncé l'accord d'Orange et SFR. Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad, soulignait que l'accord ne garantissait pas la concurrence et était contraire à la Loi de modernisation de l'Économie. Il avait en revanche déclaré « adhérer totalement » aux recommandations de l'ARCEP, qui prône une mutualisation multifibre. Cette dernière préconise l'installation de plusieurs fibres entre les foyers raccordés et le pied des habitations ou des immeubles, chacune pouvant servir à un opérateur distinct. Free pourrait ainsi déployer sa solution point-à-point (FTTH-P2P) en parallèle de la solution point-multipoint (FTTH-GPON) d'Orange et SFR. La solution que soutient Free permet de raccorder chaque abonné à son réseau au travers d'une fibre optique dédiée chacun, tandis que celle d'Orange et SFR relie entre 8 et 64 abonnés par le biais d'une seule fibre. Bien que les deux solutions soient adaptées aux besoins en bande passante à court terme, le point-à-point permet une évolution plus pérenne du réseau.

Maintenant que l'ARCEP a tranché sur la solution à adopter entre le pied de l'immeuble et l'abonné, reste à plancher sur la méthode de raccordement des immeubles aux réseaux des opérateurs. Quoi qu'il en soit, si ces premiers essais d'envergure de la part d'Orange et SFR sont concluants, Orange risque fort d'avoir à revoir les installations monofibres et difficilement mutualisables de ses 14 200 foyers déjà raccordés. Contacté par nos soins, Orange a d'ailleurs indiqué que pour ces raisons, il avait volontairement ralenti le déploiement de son réseau fibré en l'absence de cadre juridique précis.
La première réunion du Comité de pilotage du déploiement de la fibre optique (aussi appelé Comité du très haut débit) s'est tenue ce matin. Free, Numericable, Orange et SFR se sont réunis sous l'égide de l'Arcep et du secrétaire d'État chargé du développement de l'économie numérique Eric Besson en vue de lancer l'expérimentation pour le développement du réseau.

Développement ralenti par la discorde entre Orange et SFR d'une part, et Free d'autre part, sur la méthode à utiliser sur la partie terminale (déploiement vertical). Eric Besson a ainsi annoncé qu'il « convient de lancer immédiatement l'expérimentation et la spécification des deux modèles de réseau ». Orange et SFR, auxquels vient de se rallier Numericable, défendent le mono-fibre et s'opposent à Free qui défend quant à lui le multi-fibres.Les premiers ont d'ailleurs annoncé à l'issue de cette réunion qu'ils allaient prolonger, désormais en compagnie de Numericable, l'accord conclu en septembre. Ces derniers mettront en oeuvre une solution mutualisée de type mono-fibre, tout en expérimentant comme le recommande le comité du très haut débit une solution multi-fibres, sur le 15e arrondissement de Paris notamment. Iliad a en revanche indiqué par le biais de son directeur général Maxime Lombardini que son fournisseur d'accès Free se concentrerait exclusivement sur le multi-fibres.

L'objectif est de choisir d'ici au 31 mars 2009 l'un des modèles de déploiement en tirant parti du bilan des différentes expériences menées et de rattraper le retard qu'a la France dans le domaine de la fibre optique, causé d'après le président de l'ARCEP par Orange.

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