Warner Music en faveur de la licence globale ?

le 28/03/2008 à 23:29
Warner Music en faveur de la licence globale ?
Les canots à la mer ? Le site Portfolio.com, relayé par le Washington Post et d'autres médias, rapporte que Warner Music aurait engagé le consultant Jim Griffin afin d'étudier un projet de taxe pour la musique en ligne. Cette taxe serait directement prélevée par les fournisseurs d'accès et mettrait fin à la politique actuelle du groupe en matière de musique illimitée. Jim Griffin souhaite ainsi mettre fin au "modèle économique à la Tarzan", actuellement en vigueur chez Warner Music Group. L'idée n'a rien de neuf. Connue en France sous le nom de licence globale, elle a fait l'objet d'âpres débats lors des votes relatifs à la loi DADVSI.

Le plan, imaginé par Edgar Bronfman Jr., PDG du Warner Music Group, serait la dernière solution pour à sauver l'industrie de la musique face au P2P et au déclin du CD. "Depuis deux semaines que Warner travaille sur ce projet, la société a été approchée par des fournisseurs d'accès qui veulent se décharger des risques. Éventuellement, la publicité pourrait compléter le système, les utilisateurs ne voulant pas de publicités payeraient alors l'abonnement, tandis que les autres ne payeraient qu'un euro symbolique", explique Jim Griffin.

Le modèle mènerait donc les fournisseurs d'accès Internet à instaurer un florilège de prélèvements, directement facturés à l'utilisateur, afin de rémunérer les artistes et les ayants droit, l'argument principal étant que les mises en demeure ne fonctionnent pas. La RIAA, Recording Industry Association of America, aurait ainsi envoyé près de 5.000 lettres de mise en demeure l'année dernière, pour 2.300 poursuites effectives et 2.465 restées sans réponse.

Cet abonnement s'élèverait à 5 dollars par mois et par utilisateur, soit un total de 20 milliards de dollars par an, le double de ce que représentent les revenus actuels de la musique enregistrée. D'ailleurs, pour certains, cette méthode s'assimile à du racket : "bientôt les labels se plaindront que les revenus ne sont pas assez hauts et demanderont une taxe plus élevée. Taxe qui augmentera, mais ne diminuera jamais. Il est trop tard pour faire payer ce que l'on obtient déjà gratuitement", explique par exemple Dabid Barrett, d'Akamai au site Techcrunch France. A long terme, la rémunération des artistes et leur promotion passeront certainement plus par Internet que par les labels, la licence globale pourrait donc être une solution. Reste effectivement à savoir qui va payer...

En parallèle de cette annonce, le New-York Post indique que Warner Music serait sur le point de signer un accord avec MySpace en vue du lancement d'un nouveau service de musique en ligne. Il devrait associer de la vente en téléchargement et de l'écoute intégrale financée par la publicité. MySpace, qui a proposé aux majors du disque de créer une co-entreprise à cet effet, accorderait une participation dans son capital à quatre majors au prorata de leurs parts de marché respectives.

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Qui aurait cru que l'un des cofondateurs du plus grand site de téléchargement illégal et une major du disque s'entendraient un jour sur un point ? Peter Sunde, cofondateur et ancien porte-parole de The Pirate Bay, a pourtant tout récemment lancé un service de paiement inspiré du mécénat global. Or Warner Music, qui défraie la chronique ces jours-ci, s'était justement prononcé il y a un an en faveur de la licence globale, dont le mécénat global est une alternative.

Flattr se définit comme un service de micro-paiement social. Le service part du constat qu'il n'existe pour l'heure aucune solution pour rétribuer le travail de nombreux créatifs "musiciens, vidéastes, photographes ou développeurs par exemple" qui partagent leurs créations sur internet, et tente de répondre à cette problématique.

Chacun de ses utilisateurs paie chaque mois une petite cotisation du montant de son choix (3 euros par exemple), qu'il reverse en parts égales aux créatifs de son choix, en cliquant sur le bouton que ces derniers ont apposé sur leurs sites internet. Si un internaute rétribue 10 personnes au cours d'un mois, chacun d'eux perçoit 30 centimes, mais la vidéo de démonstration rappelle à juste titre que "les petits ruisseaux font les grandes rivières".Flattr, dont le nom mêle le terme flat-rate (paiement forfaitaire) au verbe flatter, ne précise pas s'il s'octroie ou non une commission. Il est pour l'heure en beta privée, pour un lancement à une date inconnue.

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