Microsoft offre de racheter Yahoo 44,6 milliards $

le 01/02/2008 à 14:13
Microsoft offre de racheter Yahoo 44,6 milliards $
Après une série d'acquisitions visant à renforcer sa position dans le domaine de la publicité en ligne, Microsoft sort aujourd'hui l'artillerie lourde avec une offre de rachat du célèbre portail américain Yahoo pour 44,6 milliards de dollars. A 31 dollars par action Yahoo, cette offre représente une prime de 62% sur le cours de clôture du titre jeudi soir.

Dans un communiqué, le numéro un mondial des éditeurs de logiciels indique que cette acquisition permettrait de réaliser jusqu'à un milliard de dollars de synergies par an. Cette offre de rachat intervient alors que Yahoo vient de publier des résultats financiers qualifiés de décevants et d'annoncer son intention de procéder à une restructuration interne qui conduira à la suppression d'environ mille postes.

"Nous éprouvons un grand respect pour Yahoo ; ensemble nous pouvons proposer un incroyablement vaste choix de solutions pour les consommateurs, les éditeurs et les annonceurs tout en nous positionnant au mieux pour la compétition sur le marché des services en ligne", déclare Steve Ballmer, PDG de Microsoft. Dans une lettre ouverte adressée aux membres du conseil d'administration de Yahoo, il rappelle à ces derniers qu'une première proposition de rapprochement avait été formulée en février 2007, puis refusée, au motif que Yahoo avait dans les cartons de quoi reprendre la main sur le marché de la publicité en ligne, notamment grâce à sa plateforme Panama.

"Une année a passé, et la situation ne s'est pas améliorée", constate Steve Ballmer. "Nous avons discuté d'un certain nombre d'options allant d'un partenariant commercial à la fusion, que vous avez rejetées. Un partenariat commercial aurait pu faire sens pendant un temps, mais Microsoft pense maintenant que la seule alternative viable est le rapprochement que nous proposons", ajoute-t-il.

Google en ligne de mire ?

S'il est toujours le portail numéro un en termes d'audience aux Etats-Unis avec 136,6 millions de visiteurs sur le mois de décembre 2007, contre 132,9 millions pour son grand rival Google, Yahoo est à la traine du côté de la recherche en ligne, avec environ 23% des parts de marché contre près de 59% pour Google selon Comscore. Les différents sites du groupe Microsoft totalisent quant à eux 120 millions de visiteurs, alors que le moteur de recherche Live Search représente 9,8% des recherches effectuées aux Etats-Unis. Même au niveau mondial, Google resterait largement numéro un de la recherche en ligne en dépit de ce rapprochement. En décembre 2007, la firme de Mountain View aurait en effet représenté 62,7% des recherches en ligne dans le monde selon Comscore, contre 12,8% pour Yahoo et 2,9% pour Microsoft.

"Le marché de la publicité en ligne connait une croissance extrêmement rapide, de quelque 40 milliards de dollars en 2007 à près de 80 milliards en 2010 (...). Aujourd'hui, ce marché est largement dominé par l'un de ses acteurs. Ensemble, Microsoft et Yahoo sont en mesure d'offrir un choix concurrentiel tout en répondant aux besoins de leurs clients et partenaires", argumente l'éditeur de Redmond.

Bien qu'il pèse toujours plus de 300 milliards de dollars en bourse, Microsoft peine encore aujourd'hui à s'imposer sur Internet, un secteur sur lequel Google caracole en tête alors que Yahoo connait une certaine baisse de forme. A l'issue d'une éventuelle fusion, la nouvelle entité constituée serait en mesure de proposer un guichet unique à ses annonceurs, avec une offre allant du simple lien sponsorisé au marketing interactif que complèterait un bassin d'audience de plusieurs centaines de millions d'internautes.

Microsoft dit avoir bon espoir de réaliser cette fusion dans le courant du second semestre 2008, une fois que les autorités de contrôle auront donné leur accord. Dans un bref communiqué, Yahoo se contente d'indiquer que cette offre n'a pas été sollicitée, mais qu'elle sera soigneusement étudiée.

Mise à jour 15h00 :

A l'occasion d'une brève conférence téléphonique, Steve Ballmer et Ray Ozzie ont expliqué comment, de leur point de vue, Microsoft et Yahoo sortiraient grandis d'un tel rapprochement. Les deux sociétés profiteraient tout d'abord d'une force sans précédent en matière de recherche et développement, ont-ils affirmé, leur permettant d'innover aussi bien sur le plan des services en ligne que de la publicité. L'avenir des différentes marques du groupe n'est pas encore clair. Steve Ballmer a réaffirmé son attachement à la marque Live de Microsoft, et indiqué qu'il n'était pas question qu'elle disparaisse.

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Microsoft à la croisée des chemins ? Quatre jours après la fin de l'ultimatum lancé à Yahoo!, le conseil d'administration de l'éditeur de Redmond se serait, selon le Wall Street Journal, réuni sans parvenir à prendre de décision concernant la stratégie à adopter dans son entreprise de rachat du portail américain Yahoo!. D'après le quotidien économique, Microsoft réfléchirait à la possibilité de relever son offre de 31 à 33 dollars par action Yahoo, ainsi que de réserver 1,5 milliard de dollars de prime aux employés de Yahoo, de façon à les retenir si le rachat était conduit à son terme.

Bref rappel des faits : le 1er février, Microsoft formule une proposition de rachat de son concurrent Yahoo, à 31 dollars par action, soit un montant total de 44,6 milliards de dollars. L'intéressé refuse, estimant l'offre insuffisante. Au terme d'un bal de communiqués de presse et de lettres ouvertes, Microsoft ouvre alors les hostilités, en fixant à Yahoo un ultimatum de trois semaines pour accepter son offre, délai au delà duquel il menace de se lancer dans une offre publique d'achat (OPA) hostile. Autrement dit : passer outre le conseil d'administration de Yahoo, et racheter directement l'ensemble des titres Yahoo aux actionnaires du groupe.

Fixé au 26 avril dernier, l'ultimatum n'aura pas porté ses fruits, puisque le conseil d'administration de Yahoo campe toujours sur ses positions. Trois choix s'offrent alors à Microsoft : abandonner, lancer une OPA hostile, ou relever son offre d'achat. D'après les analystes, la direction de Yahoo pourrait accepter une offre comprise entre 35 et 37 dollars par titre.

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