YouTube est une nouvelle fois bloqué en Turquie

le 21/01/2008 à 18:34
YouTube est une nouvelle fois bloqué en Turquie
YouTube vient une nouvelle fois d'être bloqué en Turquie, suite à la diffusion de vidéos portant atteinte à l'image de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la République turque et héros national. Constaté par l'agence Associated Press, ce blocage se traduit par l'affichage d'un avertissement indiquant que l'accès à YouTube est bloqué suite à une décision de justice formulée par la cour d'Ankara le 17 janvier dernier. Deux blocages temporaires du célèbre service de vidéos en ligne ont déjà été prononcés en 2007 pour des motifs similaires, que d'aucuns considèrent comme autant d'atteintes à la liberté d'expression. S'il souhaite que se lèvent ces barrières, YouTube devra vraisemblablement supprimer les vidéos incriminées de son service.

Le service américain a récemment rencontré des problèmes similaires en Thaïlande, en raison de la diffusion sur son site d'une vidéo parodiant le monarque Bhumibol Adulyadej, ainsi qu'au Maroc, même si dans ce dernier cas, le blocage volontaire n'a jamais été admis, les autorités locales préférant invoquer un "problème technique".

A lire également

En 2009, la Turquie et la Russie rejoignent la liste des pays épinglés par l'association Reporters Sans Frontières (RSF). Dans son rapport « Ennemis d'Internet », elle revient à la charge contre les pays qu'elle accuse de restreindre la liberté d'expression en ligne, au moyen de dispositifs de censure ou de restrictions de l'accès à Internet.

« La liste des ennemis d'Internet établie par Reporters sans frontières réunit, cette année encore, les pires violateurs de la liberté d'expression sur le Net : l'Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Egypte, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, le Viêt-nam », résume l'association en préambule de son rapport.

Sont fustigés, entre autres, les dispositifs visant à restreindre l'accès à la libre information, ou sa diffusion, notamment dans les pays qui connaissent d'importants troubles sociaux ou politiques. Un temps réservés aux activistes ou cyber-dissidents, les espaces numériques sont aujourd'hui empruntés par les foules comme nouvelle scène de débat public et de sensibilisation de l'opinion, estime RSF, ce qui conduirait à de nouveaux actes de censure.

Si la queue du peloton reste occupée par des régimes autoritaires, l'association signale l'entrée de plusieurs démocraties dans sa liste des ennemis d'un Web sans barrières, à commencer par la Russie, où plusieurs blogueurs et dissidents auraient été arrêtés, ou la Turquie, qui pratique effectivement un filtrage sans ambages dès que l'on touche à certains sujets tels que celui de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la République turque et héros national (voir YouTube est une nouvelle fois bloqué en Turquie).

Egalement pointés du doigt, les lois et décrets adoptés ou en cours d'adoption, visant à lutter contre le téléchargement illégal ou la diffusion de contenus pédophiles (Hadopi ou Loppsi pour la France), sans oublier l'accord inter-état de lutte contre la contrefaçon, l'ACTA, qui selon RSF « pourrait instaurer des mesures potentiellement liberticides tel l'instauration d'un système de filtrage non soumis à une décision de justice ».

Commentaires

Ecrire

Ecrire un message

Votre message vient d'être créé avec succès.
LoadingChargement en cours