Musiline : musique en streaming gratuit chez Orange

le 18/01/2008 à 18:20
Musiline : musique en streaming gratuit chez Orange
Orange s'est associé à Lagardère Interactive pour mettre en place Musiline, un service d'écoute de musique en ligne gratuit, accessible à tous ses abonnés par l'intermédiaire de son portail Internet. Fonctionnant sur le mode du streaming, ou diffusion en temps réel, Musiline est présenté par les deux partenaires comme un service "éditorialisé et personnalisé", sur lequel l'internaute se verra proposer la conception de flux audio adaptés à ses goûts, ainsi qu'un contenu mis à jour de façon hebdomadaire à partir des suggestions d'un panel d'utilisateurs.

Basé sur la plateforme Yacast, Musiline diffuse en temps réel les contenus sans que ces derniers soient mis en cache sur le disque dur de la machine de l'utilisateur, explique Pierre-Louis Wennes, directeur exécutif d'Orange France, de façon à assurer la protection des ayants droits. Clairement tourné vers le grand public, Musiline n'offre pas pour le moment la possibilité de constituer des listes de lecture à la carte, où l'on rassemblerait par exemple tous les titres d'un artiste donné, mais fonctionne sur un mode similaire à celui des radios gratuites de Yahoo! Music.

Après une première recherche, portant sur un artiste, un genre ou un mot clé donné, le service retourne une sélection de titres censés correspondre aux attentes de l'utilisateur. Les actions de ce dernier, comme le fait de passer un titre ou de le marquer comme favori, ont une influence sur le choix des morceaux qui lui sont proposés, de façon à correspondre le mieux possible à ses attentes. Enfin, un "mode expert" permet d'affiner plus précisément ses desiderata.

Orange et Lagardère affirment que le service revêtira une dimension communautaire, avec le partage des programmes musicaux créés par les utilisateurs, et éditoriale, à l'aide d'actualités et de documents sur les artistes écoutés. Des passerelles seront logiquement établies entre Musiline et Jukebox, le service de vente de musique en ligne d'Orange. Musiline sera donc entièrement financé par la publicité, présente sur les pages Web du service mais également, à terme, dans le flux écouté par l'utilisateur. Orange ne cache pas son intention d'utiliser les informations transmises par l'utilisateur au gré de la personnalisation de ses programmes pour lui proposer des réclames ciblées selon ses goûts. En revanche, les deux associés ne souhaitent pas communiquer sur le volume de titres intégré au catalogue de Musiline.

"Orange apporte son audience, avec plus de cinq millions de visiteurs uniques par jour, et son expertise en tant que régie publicitaire sur Internet, tandis que Lagardère fournit son expertise éditoriale, enrichie de ses expériences en télévision et en radio", a résumé Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active et ancien PDG d'Orange France. La collaboration du groupe médias avec Orange restera exclusive jusqu'au 15 mai prochain, date à partir de laquelle le service sera probablement intégré à certains des sites du groupe Lagardère. La filiale Internet de France Télécom restera toutefois pendant trois ans le seul FAI à pouvoir proposer ce service.

Ouvert jeudi 17 janvier, Musiline aurait enregistré 40.000 visites d'une durée moyenne d'une heure lors de sa première journée d'existence, se félicitent les deux partenaires. Orange précise que ce service ne doit pas être perçu comme une tentative de réponse à l'offre Neuf Music de son concurrent Neuf Cegetel, et qu'une offre de téléchargement gratuit et légal pourrait un jour être lancée. L'opérateur indique enfin étudier les modalités du déploiement de Musiline vers les téléphones mobiles, dont l'iPhone d'Apple, ainsi que vers LiveRadio, son poste de radio connecté en WiFi.

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Qtrax, qui devait initialement voir le jour fin 2006, est présenté comme un ambitieux service permettant à tout un chacun de télécharger gratuitement et légalement de la musique au moyen d'un réseau de type peer-to-peer. Après de longs mois d'attente, Qtrax est aujourd'hui prêt à prendre son envol, du moins sous la forme d'une version bêta. Le catalogue de ce service qui se veut parfaitement légal afficherait 25 millions de titres, soit quatre fois plus que chez Apple et son iTunes Store, en vertu d'accords passés avec les principales maisons de disque du marché. A première vue, Qtrax réunit tous les arguments nécessaires pour ringardiser le téléchargement illégal.

En pratique, le tableau risque de se révéler nettement moins idyllique, à commencer par le catalogue. Les quatre grandes majors du disque que sont Universal, Warner, EMI et Sony BMG ont en effet démenti avoir passé un accord avec Qtrax. Faute de contrat, ce dernier risque donc d'éprouver quelques difficultés à se constituer un catalogue de 25 millions de titres.

Contrairement aux services de diffusion de musique en ligne tels que Deezer ou le récent Musiline lancé par Orange et Lagardère, Qtrax ambitionne de permettre le téléchargement définitif, gratuit et légal des morceaux. La publicité s'impose alors comme la contrepartie logique pour rémunérer les ayants droits. D'après les retours des quelques utilisateurs ayant pu accéder à cette première bêta, il semblerait toutefois que le système Qtrax impose d'importantes restrictions d'usage, à commencer par l'obligation d'écouter les titres téléchargés au sein du lecteur intégré à l'application, Songbird.

En attendant que des publicités soient intégrées directement aux morceaux téléchargés via Qtrak, forcer l'utilisation du lecteur intégré à l'application permettrait au service d'en gérer la diffusion. Dans un premier temps réservé à Windows, Qtrax devrait profiter dès le mois de mars prochain d'une version Mac OS, promet la firme sur son site. Puis devraient venir l'export des morceaux vers un baladeur MP3, y compris les iPod d'Apple. Pour garantir la juste rémunération des ayants droits, Qtrax devra intégrer à ses morceaux un système de gestion des droits numériques (DRM) qui ne sera pas celui d'Apple, mais la firme assure que son système sera tout de même fonctionnel sur iPod.

Si l'intégration de publicités aux morceaux parait une contrepartie inévitable dès lors qu'on parle de téléchargement et non de simple diffusion en streaming, le consommateur adhèrera-t-il à ce modèle contraignant ?

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