Des téléviseurs connectés à Google & YouTube ?

le 09/01/2008 à 21:13
Des téléviseurs connectés à Google & YouTube ?
Google confirme son intérêt pour le téléviseur et profite de sa présence au CES de Las Vegas pour annoncer un partenariat du même type avec le groupe japonais Matsushita. Propriété de ce dernier, le fabricant Panasonic présente ainsi lors du salon des téléviseurs dotés d'une technologie nommée Viera Cast et capables de se connecter aux différents services Google tels que YouTube ou Picasa. Concrètement, Viera Cast consiste à proposer, directement sur un téléviseur doté d'une connectique réseau, un environnement permettant de naviguer au sein des différents services Web rassemblés au sein d'une interface personnalisable.

D'autres partenaires, conscients de l'opportunité de rendre leurs contenus accessibles directement depuis l'écran du téléviseur, pourraient se greffer à cet accord. Les premiers modèles Viera Cast devraient voir le jour dans le courant du premier semestre 2008 à un prix non communiqué. La concurrence n'est pas en reste : Samsung présente également à l'occasion du CES des téléviseurs connectés, dotés d'une interface de ce type.

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Un système pour les connecter toutes. Eric Schmidt, patron de Google, s'est rendu à Berlin cette semaine pour présenter à l'ensemble de l'industrie de l'électronique grand public Google TV, le système d'exploitation que destine le numéro un mondial des moteurs de recherche à l'écran de télévision. Ce service de TV connectée, qui doit permettre d'accéder à l'ensemble des ressources du Web, sera lancé dès le mois d'octobre aux Etats-Unis. L'Europe devra pour sa part patienter quelques mois de plus : Eric Schmidt a en effet indiqué que Google TV ne serait pas commercialisé sur le Vieux Continent avant 2011.

Dévoilé en mai dernier, le projet Google TV ambitionne de doter les téléviseurs ou les boîtiers multimédia d'une couche logicielle leur permettant de se connecter et d'interagir avec les services Web - à commencer, bien sûr, par les produits maison tels que YouTube, qui a déjà dévoilé son interface dédiée à l'écran de TV.

« Vous ne voudriez pas d'un ordinateur qui n'ait pas un navigateur Internet aujourd'hui. Bientôt, vous ne voudrez plus d'une télévision sans navigateur », a promis Brittany Bohnet responsable du projet Google TV. Au centre du dispositif, on trouvera donc le navigateur maison, Chrome, installé sur la base du système Android et enrichi de tous les services développés par Google : recherche vocale ou sous-titrage automatique. Difficile de ne pas imaginer qu'à terme, Google TV s'ouvre également au kiosque d'applications Android Market ou à des interactions avec les téléphones munis du même système d'exploitation.

Pour distribuer Google TV, le moteur de recherche s'appuiera sur des partenaires issus du monde du hardware, au premier rang desquels Logitech, via un enregistreur numérique, et Sony, qui implémenta le système directement au sein de certaines de ses gammes de téléviseurs. LG et Samsung, qui planchent eux aussi sur le dossier des TV connectées, auraient également fait part de leur intérêt.

Comme il l'a fait dans le domaine de la téléphonie mobile avec Android, Google ambitionne ici de proposer une plateforme ouverte, sur laquelle chacun pourra venir greffer ses innovations ou ses propres services, rassurante en ceci qu'elle n'enferme aucun des partenaires dans une logique exclusive. Une démarche aux antipodes de celle retenue par Apple qui, autour de son Apple TV, construit un environnement fermé dans lequel les contenus n'arrivent qu'après négociations d'accords au cas par cas. Reste à voir comment Google tirera profit de la position centrale qu'il souhaite occuper.
Google a annoncé vendredi soir l'acquisition de son compatriote Widevine, spécialiste des solutions techniques de diffusion et de protection des contenus vidéo via Internet, que ce soit à destination des ordinateurs, des téléphones mobiles ou des appareils d'électronique grand public connectés au réseau.

Au coeur de l'offre Widevine, protégée par une soixantaine de brevets, on trouve une solution baptisée Multiplatform DRM, capable de gérer aussi bien l'identification des contenus (watermarking) que leur distribution sécurisée via chiffrement, sans oublier toutes les problématiques de type CAS (conditionnal access, soit la gestion des licences temporaires ou la prise en compte des accès conditionnés, par exemple, à la détention d'une carte à puce).

Fort de cette acquisition, Google deviendra rapidement un acteur incontournable sur le marché de la distribution des contenus vidéo dématérialisés : les solutions Widevine sont en effet employées par les plus grands noms du secteur : opérateurs (AT&T, Deutsche Telekom), acteurs de type over the top (Netflix, VOD BestBuy), fabricants de téléviseurs (Toshiba, LG, Samsung) ou diffuseurs traditionnels (NBC). Les solutions Widevine sont également compatibles PC, Mac, iPhone ou Android.

« Nous nous engageons à maintenir les accords déjà passés par Widevine et nous fournirons un support direct et de qualité à leurs clients actuels et futurs - et nous prévoyons de capitaliser sur la technologie de Widevine pour améliorer leurs produits et les nôtres », indique Mario Queiroz, vice président en charge de la gestion produit chez Google.

Récemment arrivé dans les salons américains par l'intermédiaire de sa Google TV, motorisée par Android, le numéro un mondial de la recherche en ligne ne disposait jusqu'ici d'aucune solution de bout en bout permettant d'assurer la distribution sécurisée de contenus vidéo, à l'exception des technologies déployées sur son portail vidéo phare, YouTube. La plus fameuse d'entre elles, ContentID, qui doit permettre de détecter de façon proactive les contenus protégés par le droit d'auteur mis en ligne par les internautes, ne permet pour l'instant pas à Google de se soustraire aux plaintes des ayant-droits.

Les actifs de Widevine devront donc permettre à Google de se rapprocher des éditeurs et producteurs de contenus, qu'il s'agisse des réseaux de télévision ou des studios, en leur assurant d'un côté une protection efficace du droit d'auteur via ses plateformes en ligne (un sujet sur lequel le moteur a cette semaine pris de nouveaux engagements) et, de l'autre, une proposition de valeur rassurante, susceptible de les amener à accepter autour de ses projets en matière de télévision connectée. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué.

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