La bibliothèque numérique européenne pour 2008 ?

le 29/11/2007 à 23:09
La bibliothèque numérique européenne pour 2008 ?
Lancé en 2006, le projet de bibliothèque numérique européenne (BNE) progresse lentement. Née d'un accord entre bibliothèques, archives et musées européens, une fondation dédiée vient d'être créée. Celle-ci a pour mission de coordonner les efforts engagés par ces acteurs afin de proposer un point d'accès commun et multilingue au patrimoine culturel européen sur Internet, indique Bruxelles dans un communiqué daté du 28 novembre 2007.

"Tous les citoyens européens devraient pouvoir profiter de la richesse de notre patrimoine culturel. Cette fondation (regroupement d'associations européennes du domaine) représente un premier pas important vers la réalisation de cet objectif", a déclaré Viviane Reding, commissaire en charge de la société de l'information et des médias. Selon la commissaire, cette initiative "traduit la volonté des institutions culturelles européennes de travailler ensemble et de permettre au grand public de consulter leurs collections via un point d'accès commun".

Méthode Coué ? L'UE des 27 peine tout de même à s'entendre sur le financement de la numérisation de masse par le biais de partenariats public-privé. Elle s'interroge sur les solutions à adopter pour rendre consultables les œuvres protégées par des droits d'auteur. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, une société privée, spécialiste des technologies de recherche et des liens sponsorisés, développe son propre projet de bibliothèque numérique avec succès.

Lancé fin 2004, le Google Library Project regroupe, à ce jour, 18 bibliothèques partenaires : la New York Public Library, les campus américains de Cornell, Harvard, Stanford, Princeton, Californie, Michigan, Virginie, Wisconsin-Madison, Texas-Austin, le consortium CIC, la bibliothèque de l'université Keio au Japon, les campus européens d'Oxford (UK), Complutense (Espagne), Catalogne (Espagne), Bavière (Allemagne), Lausanne (Suisse) et Gand (Belgique). Google mène également un projet pilote avec la très prestigieuse bibliothèque du Congrès des Etats-Unis.

Les institutions culturelles européennes, de leur côté, "envisagent de lancer un prototype de BNE en novembre 2008". En théorie, 2 millions de livres numériques, photographies, cartes, films et autres documents émanant de bibliothèques, archives et musées européens seront accessibles en ligne dans ce cadre. Ce chiffre devrait largement dépasser les 6 millions dès 2010, selon les prévisions de la Commission européenne.

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D'après le Figaro, Matignon devrait officialiser dans les heures à venir la nomination de Christine Albanel à la tête d'une mission d'information sur la numérisation des livres et le développement avec les éditeurs français d' « une offre légale attractive sur Internet ». Dans ce cadre, l'ex-ministre de la Culture et de la Communication aurait jusqu'au 1er avril 2010 pour rendre ses conclusions.

L'annonce aurait de quoi surprendre : elle intervient en effet quelques semaines seulement après que le ministère de la Culture a lancé sa propre mission de réflexion sur le sujet. Initiée par Frédéric Mitterrand, qui a remplacé Christine Albanel rue de Valois, elle a été confiée à Marc Tessier, ancien président de France Télévisions et actuel directeur général de Vidéo Futur, et doit notamment étudier l'opportunité et les modalités d'un éventuel accord avec un opérateur privé dans le dossier sur la numérisation des fonds patrimoniaux des grandes bibliothèques nationales. Deux missions sur un même sujet ?

Pour le Figaro, la réflexion confiée à Christine Albanel pourrait bien n'être qu'un préalable à son accession à la direction de la Bibliothèque nationale de France (BNF), dont elle pourrait prendre la tête dès le printemps prochain. Succédant à Jean-Noël Jeanneney, puis à Bruno Racine, elle aurait la lourde tâche d'orchestrer la politique de numérisation de cette institution, dossier dont elle ne pourrait s'emparer sans la préparation idoine. Il faudra notamment décider si la numérisation à la française se fera avec ou sans le recours à des partenaires privés, au premier rang desquels Google. Bruno Racine se disait favorable à cette solution, alors que Jean-Noël Jeanneney y était farouchement opposé.

Le dossier n'aura rien d'une sinécure. La numérisation à grande échelle est un chantier particulièrement onéreux, qu'il est difficile de financer sans la participation de géants industriels, mais d'aucuns craignent que confier cette tâche à Google revienne à laisser au numéro un mondial des moteurs de recherche la main-mise sur la Culture "à la française".

La divulgation du contrat passé entre la ville de Lyon et Google ne devrait pas arranger les choses. En 2008, la Bibliothèque municipale de Lyon avait passé un marché public avec le moteur de recherche pour la numérisation de quelque 500.000 ouvrages. Bien que Lyon s'y soit refusé pendant des mois, le contrat passé entre les deux partenaires vient d'être rendu public. France2.fr révèle qu'en échange des investissements consentis pour la numérisation des ouvrages, dont certains sont des pièces d'une valeur inestimable, Google devient selon les termes de cet accord « propriétaire, sans limitation dans le temps, des fichiers numérique qu'il a produits ».

Mise à jour, 18h30 : Matignon vient de confirmer l'information. Dans un bref communiqué, le premier ministre indique que les missions de Christine Albanel seront les suivantes :
- la coordination de notre politique de numérisation du livre avec celle de nos partenaires européens, en liaison avec la Commission européenne.
- l'adaptation du secteur de l'édition à la lutte contre le piratage
- le développement de l'offre légale numérique dans le secteur du livre.

Christine Albanel rendra les conclusions de son rapport en avril 2010.

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